La situation des droits humains au Cambodge dénoncée par les Etats-Unis et par Human Rights Watch

Le gouvernement cambodgien consterné par les déclarations d’un expert de l’ONU 

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 29/08/2022 à 05:00 | Mis à jour le 29/08/2022 à 06:47 

Photo : Vitit Muntarbhorn

Vitit Muntarbhorn
  • le 26 août dernier.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Cambodge a exprimé sa profonde consternation suite à la déclaration de fin de mission de M Vitit Muntarbhorn, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, publiée le 26 août dernier.

A l’issue de sa première visite officielle au Cambodge, un expert des Nations Unies, Vitit Muntarbhorn, a publié un programme en 10 points visant à améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays, à ouvrir l’espace civil et politique et à ouvrir la voie à une réforme démocratique.

Vitit Muntarbhorn a été nommé rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Cambodge en mars 2021. C’est un professeur de droit thaïlandais qui a une longue expérience de travail pour l’ONU en matière de droits de l’homme. Il a déjà effectué différentes missions en Corée du Nord, en Côte d’Ivoire et en Syrie.

Au cours de sa visite dans le royaume, il a pu assister à une manifestation des travailleurs de NAGA World. Il a rencontré des représentants du gouvernement local à Sihanoukville pour s’informer de la situation de la cybercriminalité et de la traite des êtres humains. Il a aussi rencontré des membres du gouvernement et des membres de partis d’opposition et des commentateurs indépendants qui ont été victimes de poursuites judiciaires.

A l’issue de sa visite, il déclaré que le Cambodge, qui a commencé dans les années 1990 à se remettre de nombreuses années de guerre, avait réalisé des progrès substantiels en matière de droits de l’homme, notamment en ratifiant la plupart des principaux traités.

Pourtant, le Cambodge est confronté à un paradoxe omniprésent, a-t-il déclaré dans un communiqué. 

 Ce pays est promis à un bel avenir, mais il est confronté à un certain nombre de graves problèmes de droits de l’homme à l’approche des élections générales de l’année prochaine.

Un programme d’action en dix points

Vitit Muntarbhorn propose en matière de droits de l’homme la mise en place d’un programme d’action en 10 points qui comprend notamment :

  • l’ouverture de l’espace civique et politique
  • la suspension et la réforme de lois draconiennes
  • veiller à ce que le personnel chargé de la bonne tenue des élections soit indépendant des partis politiques
  • mettre fin aux poursuites contre les opposants politiques et les défenseurs des droits de l’homme. 

Le rapporteur a également recommandé d’abandonner les poursuites contre celles et ceux considérés comme des adversaires par les autorités. 

D’autres mesures comprennent la libération de tous ceux qui sont actuellement en prison et l’abandon des charges contre ceux qui sont considérés comme des adversaires par les autorités et l’amélioration de la qualité des agents chargés de faire respecter la loi.

Le problème du trafic humain au Cambodge

Vitit Muntarbhorn a aussi mentionné le trafic d’êtres humains, en évoquant le cas de personnes originaires de divers pays asiatiques qui ont été appâtés par des offres d’emploi alléchantes, puis piégées dans un état proche de l’esclavage, souvent forcées à participer à des escroqueries ciblant leurs compatriotes sur Internet.

La réfutation du gouvernement

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a trouvé que malgré sa reconnaissance limitée des progrès et des réalisations que le Cambodge a réalisés, la déclaration du rapporteur spécial restait largement biaisée, préjudiciable et sans fondement sur un certain nombre de questions.

Selon lui, le fait que le rapporteur spécial ait rencontré diverses parties prenantes, y compris celles qui critiquent le gouvernement, signifie que le Royaume tolère un examen libre et des points de vue opposés. Malheureusement, toujours selon lui, le rapporteur spécial a choisi sélectivement d’interagir avec certains partis d’opposition tout en discriminant beaucoup d’autres. De même, seule une poignée d’ONG financées par l’étranger et hautement politisées ont été sélectionnées pour ces dialogues. Une telle approche n’est pas propice à une évaluation professionnelle et impartiale des faits et au maintien de la confiance avec toutes les parties prenantes.

Le porte parole du gouvernement a repris ensuite point par point les critiques de Vitit Muntarbhorn, notamment sur le multipartisme.

Récemment, le fait que neuf partis aient remporté les sièges communaux lors d’élections libres et équitables est un autre témoignage de la démocratie multipartite et du pluralisme.

Le porte parole du gouvernement a aussi indiqué que le Cambodge n’a pas attendu la visite de Vitit Muntarbhorn pour s’occuper du problème de la traite d’êtres humains en affirmant que sur les huit premiers mois de cette année, 890 personnes ont été secourues tandis que 83 suspects ont été poursuivis.

Il a aussi regretté que le Cambodge soit victime de discours de haine, de calomnie, de désinformation, d’incitation à la xénophobie et de provocation à la sédition sous le couvert de la liberté d’expression et que le rapporteur n’en ait pas parlé.

Il a déclaré : 

 Le Cambodge reste déterminé à continuer de travailler avec tous ses partenaires pour promouvoir et protéger les droits de l’homme pour tous dans le cadre de l’Etat de droit, et à poursuivre son parcours démocratique irréversible avec le pluralisme, y compris les élections de l’année prochaine, dans une atmosphère libre, équitable, ordonnée, pacifique et de manière transparente.

Le Cambodge dénonce le rapport des Etats-Unis sur la traite des êtres humains

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 26/07/2022 à 06:00 | Mis à jour le 26/07/2022 à 11:43 

Photo : Rapport américain annuel 2022 traite êtres humains  https://lepetitjournal.com/cambodge/actualites/cambodge-denonce-rapport-etat-unis-sur-traite-etres-humains-342834

index sur la traite des êtres humains

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Le gouvernement cambodgien estime qu’il est injuste que les États-Unis aient relégué le Cambodge au dernier rang de leur index sur la traite des êtres humains.

Le 19 juillet, les États-Unis ont ajouté le Vietnam, le Cambodge, Brunei et Macao à une liste noire sur la traite des êtres humains qui compte déjà la Malaisie, alléguant la faiblesse des efforts déployés pour mettre fin au travail sexuel forcé ou aider les travailleurs migrants.

Dans leur rapport annuel 2022 sur la traite des êtres humains, les États-Unis ont fait passer le Cambodge, le Vietnam, Macao et d’autres pays de leur liste de surveillance de niveau 2 au niveau 3, ce qui peut entraîner des sanctions.

Ils ont déclaré que le Cambodge avait été rétrogradé parce qu’il avait fait peu d’efforts et n’avait pas adhéré à la norme d’élimination de la traite des êtres humains.

Le rapport annuel 2022 sur la traite des êtres humains

On peut lire dans ce rapport :

Le gouvernement du Cambodge ne respecte pas entièrement les normes minimales pour l’élimination de la traite des personnes et ne fait pas d’efforts significatifs pour le faire, même en tenant compte de l’impact de la pandémie de COVID-19 sur le marché du travail. Le Cambodge a donc été rétrogradé en niveau 3. 

Le rapport reconnaît cependant que le gouvernement cambodgien a pris quelques mesures :

Malgré l’absence d’efforts significatifs, le gouvernement a pris quelques mesures pour lutter contre la traite des êtres humains, notamment en continuant d’arrêter, de poursuivre et de condamner les trafiquants, à rechercher et à identifier les victimes de manière proactive, et en aidant au rapatriement des victimes cambodgiennes et des personnes vulnérables à la traite à l’étranger.

La corruption facilite la traite

Le rapport dénonce une corruption endémique qui entrave les efforts visant à aider des milliers de personnes, notamment des enfants victimes de la traite vers des établissements de divertissement, des fours à briques et des opérations d’escroquerie en ligne. 

Cependant, la corruption endémique a continué d’entraver les opérations de maintien de l’ordre, la responsabilisation des trafiquants à rendre des comptes et la fourniture de services aux victimes. Les autorités n’ont pas enquêté sur les fonctionnaires impliqués dans la grande majorité des rapports crédibles de complicité, notamment avec des propriétaires d’entreprises sans scrupules qui ont soumis des milliers de personnes à la traite dans tout le pays dans des établissements de divertissement, des fours à briques et des opérations d’escroquerie en ligne.

Le Cambodge dénonce cette relégation

Mme Chou Bun Eng, citée par cambodianess, secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur et vice-présidente permanente du Comité national de lutte contre la traite des êtres humains (NCCT), a déclaré que ce classement était « absolument injuste » et a exhorté toute personne ayant connaissance de cas de traite des êtres humains à les signaler aux autorités.

Nous avons beaucoup de partenaires nationaux et internationaux pour faire ce travail, même dans la phase Covid-19. Nous poursuivons la tâche sans relâche. Nous essayons toujours de la prévenir.

Mme Chou Bun Eng, secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur et vice-présidente permanente du Comité national de lutte contre la traite des êtres humains
AKP

Elle a ajouté que la traite était un crime transnational qui nécessitait la coopération des pays étrangers. Depuis le début de l’année, l’ambassade des États-Unis avait promis de collaborer étroitement à la lutte contre la traite des êtres humains, jusqu’à ce que les États-Unis déploient un enquêteur avec un bureau auprès de la Commission nationale de police.

Elle s’est interrogée :

Si les États-Unis ont apporté leur aide en tant que partenaire dans la lutte contre la traite des êtres humains; ne devraient-ils pas partager la responsabilité lorsque le Cambodge tombe en troisième position sur sa liste des trafiquants ?

Le gouvernement cambodgien rejette les conclusions du rapport de Human Rights Watch

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 17/01/2022 à 18:15 | Mis à jour le 18/01/2022 à 10:09 

Chin Malin, porte-parole du ministère de la Justice et vice-président du Comité cambodgien des droits de l'homme Photo de Facebook 2

Photo : Chin Malin, porte-parole du ministère de la Justice et vice-président du Comité cambodgien des droits de l’homme Photo de Facebook

Photo : PHNOM PENH – Le gouvernement cambodgien a rejeté le rapport de l’ONG Human Rights Watch sur la situation dans le pays en 2021, affirmant qu’il ne reflétait pas la réalité et n’avait pour but que de ternir la réputation des autorités.

Le rapport Human Rights Watch « Cambodge, événement 2021 »

« Ce rapport a été réalisé de manière aveugle et non technique », a déclaré Chin Malin, porte-parole du ministère de la Justice et vice-président du Comité cambodgien des droits de l’homme, le 13 janvier.

Il ne reflète pas les situations réelles au Cambodge.

Publié le 13 janvier, le rapport de Human Rights Watch intitulé « Cambodge, événement 2021″ décrit les événements qui se sont produits et les actions du gouvernement, allant de la poursuite d’individus pour violation des mesures COVID-19 – les peines possibles pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison – à la condamnation de cinq activistes environnementaux de Mother Nature Cambodia à 18 et 20 mois de prison. En outre, selon le rapport,  » au moment de la rédaction du présent rapport, le gouvernement détenait au moins 24 défenseurs des droits de l’homme en prison « .

Parmi les autres mesures, le sous-décret relatif à la création de la passerelle Internet nationale, indique le rapport, « après son entrée en vigueur en février 2022, permettra au gouvernement de surveiller toutes les activités sur Internet et accordera aux autorités de larges pouvoirs pour bloquer et déconnecter les connexions Internet. »

En ce qui concerne le pays dans son ensemble, Human Rights Watch a déclaré dans son rapport que  » la pandémie a révélé l’absence d’un système de protection sociale robuste, laissant les ménages à faibles revenus disproportionnellement touchés par l’impact économique et les blocages de Covid-19 sans filet de sécurité. «  Cependant, l’ONG a noté que « le Cambodge se classe parmi les pays ayant les pourcentages les plus élevés de personnes entièrement vaccinées.« 

Un rapport pour dénigrer le gouvernement selon Chin Malin

Selon Chin Malin, Human Rights Watch a présenté la situation actuelle sous un jour négatif avec une intention politique de dénigrer le gouvernement cambodgien.

Par exemple, l’ONG a critiqué les réglementations et les mesures relatives au COVID-19 sans tenir compte des aspects techniques et n’a pas examiné les résultats obtenus par le Cambodge en matière de prévention du COVID-19, a-t-il déclaré.

Certains pays ont mis en œuvre des mesures de prévention de la propagation du coronavirus plus strictes que celles du Cambodge, mais International Human Rights Watch n’en a pas parlé, a déclaré M. Malin.

Chak Sopheap, directrice exécutive du Centre cambodgien des droits de l’homme (CCHR), a déclaré que le rejet des allégations est une habitude du gouvernement cambodgien, qui vise à protéger sa réputation et ses pratiques.

Au lieu de cela, a-t-elle dit, le gouvernement devrait réfléchir à ses véritables obligations telles qu’elles sont énoncées dans la constitution du pays, et il est crucial que le gouvernement et la population du pays travaillent ensemble pour surveiller et améliorer la situation des droits de l’homme au Cambodge.

« Nous devrions examiner la situation réelle », a déclaré Sopheap.

Si nous continuons à nous battre, nous ne remplirons pas les obligations stipulées dans la constitution et les texte internationaux… Il est important pour nous d’accepter la réalité et de travailler à résoudre les vrais problèmes du Cambodge.

En tant que président de l’ASEAN en 2022 et avec les prochaines élections communales et nationales en 2022 et 2023, le gouvernement cambodgien doit respecter l’État de droit et les droits de l’homme de manière régulière, comme c’est son mandat, a déclaré Sopheap. « C’est encore plus important lorsque le Cambodge joue le rôle de président de l’ASEAN, car il doit être un modèle pour la région. »

Teng Yalirozy

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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