Les nouvelles promesses de Macron, qui jusqu’a présent étaient peu tenues

Pour son second quinquennat, Emmanuel Macron se veut moins « Jupiter »

Dans un entretien accordé à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale, le chef de l’Etat a détaillé ses objectifs. Pour les réaliser, il entend s’appuyer sur un « conseil national de la refondation », composé d’élus, de citoyens et de représentants des forces politiques, économiques, sociales et sportives. 

Par Claire Gatinois

Publié hier à 03h17, mis à jour hier à 10h07  

Temps de Lecture 5 min. https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/06/04/pour-son-second-quinquennat-emmanuel-macron-se-veut-moins-jupiter_6128896_823448.html

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Emmanuel Macron, à l'école Menpenti, à Marseille, le 2 juin 2022.
Emmanuel Macron, à l’école Menpenti, à Marseille, le 2 juin 2022.  LAURENCE GEAI/MYOP POUR « LE MONDE »

Emmanuel Macron entre en campagne. Enfin, diront ses troupes. Mais seul, observeront les Français. A une semaine du premier tour des élections législatives, le 12 juin, le chef de l’Etat se lance dans sa deuxième bataille électorale, tout aussi cruciale pour le destin qu’il entend se forger. Très absent de la scène nationale depuis sa victoire du 24 avril, le locataire de l’Elysée détaille les contours de ce que sera ce nouveau quinquennat dans un entretien accordé, vendredi 3 juin, à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale. Après un déplacement à Cherbourg (Manche) trois jours plus tôt consacré à la santé et un autre à Marseille, la veille, où il a esquissé la « méthode nouvelle » qu’il c

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Emmanuel Macron, qui, en 2017, promettait au pays la « révolution », n’a pas renoncé à son ambition. Mais le chef de l’Etat, qui dit « avoir appris » d’un mandat ponctué de crises et de révolte populaires (« gilets jaunes », retraites…), entend changer de paradigme. L’objectif est inchangé, mais la forme n’est plus la même. Le président de la République, décrit tel « Jupiter » décidant de tout depuis le palais de l’Elysée, compte maintenant s’appuyer sur « un conseil national de la refondation » qui réunirait « les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et des citoyens tirés au sort ».

Ce conseil serait chargé de définir les pistes permettant d’atteindre ses objectifs – l’indépendance (industrielle, militaire, alimentaire…), le plein-emploi, la neutralité carbone – et de repenser les services publics pour garantir l’égalité des chances. Enfin, lui serait aussi confiée la mission de penser grâce à une réforme institutionnelle.

« Paris doit être au service du terrain »

Emmanuel Macron n’hésite pas à établir un parallèle avec le Conseil national de la résistance. Instance qui avait porté, après la seconde guerre mondiale, les réformes économiques et sociales d’un pays démoli tant économiquement que moralement. « Nous vivons un temps comparable. Nous sommes dans une ère historique qui impose de changer profondément de modèle, et puis, la guerre est là », assure-t-il.

L’instance rappelle aussi le « conseil national de la République », que suggérait Jean-Louis Borloo, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, dans son texte « L’Alarme », rendu public avant le premier tour de l’élection présidentielle. On peut y voir également l’inspiration de la « chambre d’avenir » préconisée par l’essayiste David Djaïz dans son ouvrage Le Nouveau Modèle français (Allary, 2021).

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Quelle qu’en soit la genèse, cette idée devra, pronostique le chef de l’Etat, se concrétiser au lendemain des législatives et sera animée par la première ministre, Elisabeth Borne. « Il y aura une première séquence de plusieurs jours, puis des rendez-vous réguliers. Ce sera l’instance dans laquelle nous ferons vivre nos réformes », pour définir les objectifs et les moyens à mettre en œuvre, prévient Emmanuel Macron. Puis, « dès septembre, je souhaite que des discussions aient lieu sur le terrain, dans les 1 200 bassins de vie, auxquelles seront associées toutes les parties prenantes », promet-il. « Cette révolution culturelle part du terrain et associe tous les acteurs (…). Les Français sont fatigués des réformes qui viennent d’en haut. Ils ont plus de bon sens que les circulaires. Paris doit être au service du terrain », dit-il.

Une réforme des retraites « en vigueur dès l’été 2023 »

Voilà pour la forme. Pour le fond, le chef de l’Etat reste déterminé à mettre en place d’autres projets selon une méthode plus traditionnelle, comme la délicate réforme des retraites. S’il n’évoque pas explicitement le recul de l’âge de départ à 65 ans, il parle d’une réforme « indispensable au financement de nos transformations », qui « entrera en vigueur dès l’été 2023 ». Sur les institutions, la proportionnelle aux législatives, déjà promise en 2017, redevient d’actualité. « Je souhaite lancer cette réforme à l’automne et avoir les conclusions dès 2023 », dit-il.

Concernant le pouvoir d’achat et les inquiétudes liées à l’inflation, un texte « de simplification et d’urgence pour les projets d’énergie » sera voté dès cet été. Sans donner son montant, le président évoque aussi le chèque alimentaire, qui sera « versé en une fois ». Et garantit aux automobilistes que la remise de 18 centimes sur les prix de l’essence décidée en avril sera prolongée au moins jusqu’en août. « Oui. Il faut qu’il y ait une visibilité pour nos compatriotes. Je vous la donne », explique-t-il.

La situation des hôpitaux, décrite comme calamiteuse par les personnels soignants, fera également l’objet d’une attention particulière. « Les personnels hospitaliers ont le sentiment d’un tunnel dont ils ne sortent jamais. Il faut regarder service d’urgence par service d’urgence et SAMU par SAMU, territoire par territoire, où il y a des besoins », dit-il, jugeant que la question de la rémunération, déjà abordée lors du Ségur de la santé, n’est pas seule en cause. Quant à la mission flash annoncée le 31 mai, critiquée par certains observateurs qui n’y voient qu’un énième rapport, elle est, à ses yeux, pleinement justifiée. « Sinon quoi ? Je me contente de lire les articles de presse ? », rétorque le président.

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« Le désordre » ou « la solidité »

Résolument pragmatique, Emmanuel Macron, qui, en 2018, défendait la limitation de vitesse à 80 km/h, semble aujourd’hui prêt à répondre favorablement à l’initiative de son ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, afin que les excès de vitesse de moins de 5 km/h ne donnent plus lieu à la perte d’un point de permis de conduire. « Cette philosophie, qui consiste à garder notre exigence en matière de sécurité routière et à avoir du bon sens, est une bonne philosophie », juge-t-il.

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Quant à l’écologie, qu’il avait pensé incarner en 2017 grâce à la « prise de guerre » d’un Nicolas Hulot faisant son entrée au gouvernement, le chef de l’Etat, ici encore, change de logiciel. Peu importe qu’Amélie de Montchalin, ministre de la transition écologique, et Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique, n’aient pas les faveurs des associations environnementales. L’essentiel résiderait dans la charge de la planification écologique, qui échoit désormais à la première ministre. « C’est dans son titre, et ça va tout irriguer. C’était une demande des écologistes et des scientifiques, qui préfèrent avoir une bonne organisation à la tête de l’Etat plutôt qu’une personnalité qui ne prend pas les bonnes décisions et n’a pas les moyens d’agir », se persuade-t-il.

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Tandis que ses ministres sont soumis au devoir de réserve édicté par Matignon, Emmanuel Macron égraine ainsi, une à une, les prérogatives de son gouvernement. Et lance l’offensive contre Jean-Luc Mélenchon, devenu son principal adversaire pour les législatives. Au leader de la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes), qui harangue les foules en lançant « Elisez-moi premier ministre ! », sans toutefois présenter sa candidature dans une circonscription, il répond : « Il y a une Constitution. Il est rare de gagner une élection à laquelle on ne se présente pas. Le président choisit la personne qu’il nomme premier ministre en regardant le Parlement. Aucun parti politique ne peut imposer un nom au président. »

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A quelques jours du premier tour d’une élection qui ne passionne guère les Français, conscient qu’il n’aura pas « de semaines folles ou des mois heureux », le chef de l’Etat brandit à nouveau la menace du chaos porté par les « extrêmes ». « Notre système est imparfait. Le projet de Jean-Luc Mélenchon ou de Marine Le Pen, c’est le désordre et la soumission », assure-t-il, ajoutant : « Je souhaite que, dans la continuité de l’élection présidentielle, les Français fassent le choix de la solidité : d’une majorité stable et sérieuse pour les protéger face aux crises et pour agir pour l’avenir. » Une façon d’essayer de mobiliser les électeurs du « camp de la raison » derrière ses candidats.

Claire Gatinois

Création d’un Conseil national de la refondation : la société civile, prête à se mettre autour de la table, attend des actes

Des responsables associatifs accueillent positivement l’annonce faite vendredi par Emmanuel Macron, malgré le goût d’inachevé du précédent quinquennat. 

Par Isabelle Rey-LefebvreMattea Battaglia et Louise CouvelairePublié hier à 10h45, mis à jour hier à 14h46  

Temps de Lecture 3 min. 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/06/04/creation-d-un-conseil-national-de-la-refondation-la-societe-civile-prete-a-se-mettre-autour-de-la-table-attend-des-actes_6128935_823448.html

L’annonce, par Emmanuel Macron, vendredi 3 juin, de la création du Conseil national de la refondation associant les forces politiques, économiques, sociales, associatives et des citoyens tirés au sort est, dans l’ensemble, bien accueillie par les acteurs de la société civile. Mais sans enthousiasme débordant pour autant. Les grands débats, les Grenelle et Ségur du précédent quinquennat ont laissé un goût d’inachevé et ont un peu épuisé les bonnes volontés.

Vendredi, dans son entretien à la presse quotidienne régionale, le chef de l’Etat a estimé que les Français étaient « fatigués des réformes qui viennent d’en haut » et s’est engagé à mettre autour de la table, après les élections législatives, de nombreux acteurs pour réfléchir aux « cinq » objectifs du nouveau quinquennat : « l’indépendance (industrielle, militaire, alimentaire…), le plein-emploi, la neutralité carbone, les services publics pour l’égalité des chances et la renaissance démocratique avec la réforme institutionnelle ».

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Les associations de lutte contre la pauvreté se disent partantes. « Après avoir, durant le premier quinquennat, enjambé les corps intermédiaires, il fallait que le président de la République change de méthode et c’est ce qu’il semble faire », estime Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre et porte-parole de 64 associations, syndicats et mutuelles groupées dans le Pacte du pouvoir de vivre. « Dès le lendemain de sa réélection, nous avions écrit en ce sens au chef de l’Etat et nous prenons cette annonce comme sa réponse, poursuit-il. Mais il faut, dès les premiers jours, se mettre d’accord sur les objectifs, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la lutte contre la pauvreté et contre la précarité énergétique et la production de logements sociaux, très malmenée depuis cinq ans… Une fois d’accord sur un plan d’actions, nous devons les évaluer et les ajuster dans le long terme. »

« Une bonne approche »

Pour Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (700 associations), « il était temps de changer de méthode et c’est une bonne approche », mais il prévient aussi : « Elle doit s’ancrer dans les territoires, comme le suggère le chef de l’Etat, et faire confiance aux acteurs, à commencer par les travailleurs sociaux, les bénévoles et les bénéficiaires de ces actions, en leur donnant du “pouvoir d’agir”. »

La réaction des élus de banlieue, par la voix de Thierry Falconnet, maire socialiste de Chenôve (Côte-d’Or) et président de l’association des maires Ville et Banlieue, est, elle, circonspecte : « Est-ce un effet d’annonce à quelques jours de premier tour des élections législatives ?, s’interroge-t-il. Quel sera le rôle de ce Conseil, son périmètre de réflexion et d’action, son fonctionnement et ses objectifs réels ? Si nous sommes bien dans la production de solutions, alors notre association d’élus s’inscrira dans une démarche de coconstruction avec le gouvernement. »

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France Asso Santé, qui représente les malades, se réjouit de l’initiative : « C’est la bonne idée, réunir les acteurs dans les 1 200 bassins de vie pour refonder une offre de santé qui corresponde aux nouveaux besoins de la population, juge son président Gérard Raymond. Cela va dans le sens de notre souhait de créer des parlements sanitaires mais nous serons attentifs à la mise en œuvre. »

« Pseudo-concertations »

La communauté éducative se dit, elle, un peu surprise par cette initiative découverte par voie de presse, alors que le chef de l’Etat lui a déjà promis une « grande concertation ». Ce Conseil de la refondation vient-il en parallèle ? En amont ? « Nous ne laisserons pas de chaise vide, assure Stéphane Crochet du SE-UNSA. Mais nous avons beaucoup de doute sur la volonté présidentielle d’écouter. »

« Notre participation sera mise en débat dans nos instances de décision mais elle est loin d’être garantie, prévient Jean-Rémi Girard, du SNALC. Nous ne supportons plus de subir ces pseudo-concertations alors que nos problèmes – pouvoir d’achat, conditions de travail, dévalorisation de nos métiers – sont parfaitement identifiés. Nous avons déjà participé à un interminable Grenelle de l’éducation, sous le quinquennat précédent, qui n’a servi à rien ! »

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Pour la porte-parole du SGEN-CFDT Catherine Nave-Bekhti, « s’appuyer sur des associations, les syndicats, des praticiens et des chercheurs, et faire émerger du commun, ça peut être intéressantMais le modèle du grand débat n’a pas nos faveurs. S’il s’agit de mettre en scène uniquement des individus face au gouvernement, ça ne nous convient pas ». Dans les rangs du SNES-FSU, majoritaire dans les collèges et lycées, comme du SNUipp-FSU, qui l’est aussi en primaire, on en est encore à décrypter l’interview présidentielle. « Je découvre ce Conseil de la refondation et son calendrier, confie Sophie Vénétitay, du SNES, tandis que, depuis notre rencontre, le 24 mai, avec le nouveau ministre Pap Ndiaye, nous n’avons pas de retour sur les questions de fond. » « Cette concertation va durer des mois pour donner quoi, finalement ? Sans doute rien, alors que l’on sait ce qu’attendent les enseignants et qu’il y a urgence », pointe Guislaine David, du SNUipp.

Les représentants des parents d’élèves se disent eux aussi dans l’expectative : « La FCPE souhaite une véritable concertation quotidienne, régulière, explique Carla Dugault, porte-parole de cette fédération majoritaire parmi les parents d’élèves. Les représentants associatifs doivent être davantage associés sur la question des politiques publiques et attention à ne pas répéter ce qui a été fait lors du précédent mandat, avec un grand débat qui n’a donné aucun résultat. »

Isabelle Rey-Lefebvre,  Mattea Battaglia et  Louise Couvelaire

Macron au défi du partage des responsabilités

ÉDITORIAL

Le Monde

Le chef de l’Etat a annoncé, dans un entretien accordé à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale, son intention de créer un « Conseil national de la refondation ». Flou à ce stade, ce projet est une tentative de réponse collective à la dureté du moment.

Publié hier à 10h43    Temps de Lecture 2 min. Read in English  https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/06/04/macron-au-defi-du-partage-des-responsabilites_6128934_3232.html

Anouveau quinquennat, nouvelle méthode de travail. Celle qu’Emmanuel Macron a tracée, vendredi 3 juin, lors d’un entretien avec la presse régionale, a de quoi laisser dubitatifs ceux qui l’ont vu présider le pays entre 2017 et 2022. Même la tenue du grand débat national au lendemain du mouvement des « gilets jaunes » n’a pas atténué l’impression que tout, dans cette république présidentielle, dépend de la volonté d’un homme : le président de la République.

Instruit par les blocages auxquels il s’est confronté cinq ans durant, Emmanuel Macron en est arrivé à l’indéniable conclusion que « les Français sont fatigués des réformes qui viennent d’en haut ». A rebours de tout ce qu’il a incarné, il propose désormais de les associer à travers un « Conseil national de la refondation » qui regrouperait « les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et des citoyens tirés au sort ». Réuni plusieurs jours au lendemain des élections législatives puis convoqué pour des rendez-vous réguliers, ce Conseil aurait pour mission de rendre possibles les grands chantiers de réformes tracés par le candidat Macron durant la campagne présidentielle pour tenter d’atteindre le plein-emploi, viser la neutralité carbone, réformer les services publics (éducation, santé, en priorité) et améliorer le fonctionnement de la vie démocratique.

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Tout reste encore très flou dans la proposition présidentielle. Ainsi, la liste précise des acteurs conviés n’est pas fournie, la nature de l’exercice non plus. Simple concertation ou réelle collaboration, avec quels moyens ? Selon quelle méthode ? A ce stade, seule l’appellation est fixée, directement inspirée du Conseil national de la Résistance, qui, en 1944, était parvenu à poser les jalons de la reconstruction du pays par-delà les querelles partisanes.

Tâtonnement

Depuis la crise sanitaire, le chef de l’Etat rêve d’un grand moment d’unité nationale pour contrecarrer le repli citoyen et la montée des extrêmes. Malgré le retour du tragique dans l’histoire, il ne l’a pas trouvé et en est réduit à tâtonner pour tenter d’élargir ses soutiens, au moment où le pays encaisse le choc de la guerre en Ukraine, la reprise de l’inflation et la remontée des taux d’intérêt

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Le schéma proposé est une tentative de réponse collective à la dureté des temps qui s’annonce. Il tient compte de la faiblesse des forces en présence : l’exécutif est privé d’état de grâce, le Parlement est démonétisé, les syndicats sont faibles et les forces vives atones. Tous sont sollicités pour entrer de nouveau dans le jeu et se revivifier au côté d’autres acteurs, associations et citoyens tirés au sort. Là encore, le tâtonnement est manifeste, à la hauteur de la crise démocratique que traverse le pays.

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Dans l’épreuve, le partage des responsabilités est en passe de devenir le thème majeur du nouveau quinquennat. A la main tendue par le chef de l’Etat, beaucoup d’acteurs vont être tentés de répondre par la négative en raison du passif qui s’est créé durant son précédent mandat. Deux considérations devraient cependant les inciter à réfléchir. D’abord, il y a urgence à inventer collectivement les moyens de redonner confiance à deux services publics en grande difficulté : l’éducation nationale et l’hôpital public. A ce jour, aucun gouvernement n’est parvenu à les remettre sur pied. Ensuite, il est vital d’inventer en dehors des sentiers battus le moyen de revivifier la démocratie. Si l’occasion en était réellement offerte, il n’y aurait rien à perdre à essayer.

Le MondeContribuer

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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