Crise des urgences : Brigitte Bourguignon annonce une concertation avec les soignants pour « faire face à l’été »
Par L.C. le 25-05-2022

Alors que la crise des urgences fait la une de l’actualité – nationale comme locale, la nouvelle ministre de la Santé a annoncé qu’elle allait rencontrer les soignants ces quinze prochains jours avant de prendre des mesures pour « faire face à l’été ».
120 services d’urgences ont été forcés de limiter leur activité faute de bras. Une situation alarmante mise en évidence par ces chiffres de l’association Samu-Urgences de France, et qui laisse craindre un été catastrophique. La moitié de ces services ont même dû fermer leur porte, au moins de manière partielle. C’est le cas notamment à Bordeaux où l’accès aux urgences est désormais réservé aux cas les plus graves la nuit ; mais aussi à Dreux où les urgences n’assurent plus que « la prise en charge les urgences vitales et fonctionnelles non différables ».
A peine nommée ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon est interpellée de toute part sur cette crise historique qui se profile. Sur RTL, ce mercredi matin, celle qui succède à Olivier Véran a dit vouloir éviter de parler de « naufrage » ou de « catastrophe », des termes qu’elle juge « très anxiogènes ». Elle a toutefois assuré « ne pas nier la crise », déplorant « une pénurie globale de personnels, pas seulement de médecins » sur l’ensemble du territoire.
« Nous sortons d’une crise qui a affecté ces soignants, applaudis pendant des mois et qui sont maintenant très fatigués », a-t-elle reconnu.
Brigitte Bourguignon a détaillé sa « méthode » pour relever le navire, sans en préciser néanmoins les solutions. « Ma méthode sera celle de la concertation », a-t-elle déclaré, car « les situations ne sont pas toutes les mêmes partout ». « Je vais construire les solutions avec les gens qui sont sur le terrain. Je vais les rencontrer, j’ai quinze jours devant moi pour le faire. » Des rencontres déjà planifiées dans l’agenda de la ministre. « Je veux les écouter, parce que des chiffres à l’emporte-pièce, ça ne veut rien dire », a-t-elle souligné
Assurant que la santé est le chantier prioritaire du Président Macron, la ministre de la Santé a d’ores et déjà indiqué que des mesures « pour faire face à l’été » allaient être prises prochainement. Face aux demandes de précision du journaliste, Brigitte Bourguignon a déclaré : « Si vous attendiez de moi que je règle en 48 heures le problème des urgences, ce serait fait depuis longtemps par mes collègues. »
Cette dernière a déploré « un manque d’anticipation depuis des années sur la démographie médicale ». L’ancienne ministre déléguée chargée de l’Autonomie a cependant défendu les investissements faits par le Gouvernement dans l’hôpital et les salaires des soignants, mais « ce n’est pas suffisant parce que la crise est plus profonde que cela », a-t-elle reconnu.
Crise #Hôpital : « Concertation » avec les soignants, avant des mesures « pour faire face à l’été », annonce @BrigBourguignon dans #RTLMatin pic.twitter.com/i1oMiFfgRM
— RTL France (@RTLFrance) May 25, 2022
« L’obligation vaccinale demeurera le temps nécessaire »
Alors que des personnalités politiques et du monde médical plaident pour la réintégration des soignants suspendus car ayant refusé de se vacciner contre le Covid-19, la ministre s’est montrée ferme : l’obligation vaccinale « demeure et demeurera le temps nécessaire ». L’épidémie « n’est pas derrière nous », a-t-elle en effet avancé. « Ce n’est pas comme ça qu’on réglera le problème » des urgences.
« Aujourd’hui, ce que les Français ne peuvent plus comprendre, c’est qu’ils ne peuvent pas avoir accès » à des soins, a conclu la ministre de la Santé. « Il n’y a pas que les seules urgences et les hôpitaux, il y a aussi l’offre de santé sur les territoires. »
[avec RTL]