« Covid-19 : la cinquième vague en Afrique du Sud, prémices de ce qui nous attend ? »
Date de publication : 11 mai 2022

C’est ce que se demande Le Parisien, qui observe que « le pays africain est touché par une très forte reprise épidémique, portée par deux nouveaux sous-variants d’Omicron ».
Nicolas Berrod explique ainsi qu’« en 3 semaines, le nombre de personnes testées positives chaque jour vient de passer de 1200 à 6500. L’augmentation est très rapide, même si l’on reste encore loin du pic de la vague précédente (plus de 20 000 cas quotidiens mi-décembre). Dans le même temps, le taux de positivité atteint déjà 25%, contre 6% il y a un mois et jusqu’à 35% mi-décembre ».
Le journaliste relève que « tout cela envoie des «signes clairs de cinquième vague en Afrique du Sud», a indiqué l’épidémiologiste Tulio de Oliveira samedi. Avec son équipe, il avait identifié fin novembre le variant Omicron, qui a progressivement supplanté toutes les autres souches du SARS-CoV-2 sur la planète. La situation épidémiologique en Afrique du Sud peut «guider le monde entier» vers l’avenir de la pandémie et le préparer à vivre avec le Covid et ses futurs variants, d’après le scientifique ».
Nicolas Berrod précise qu’« à force de circuler, Omicron a en effet donné naissance à de nombreux «petits», des sous-lignages dont la structure génomique est plus ou moins différente. Ils sont nommés BA.2, BA, 3, BA.2.1, etc. En Afrique du Sud, BA.4 et surtout BA.5 « portent » cette nouvelle vague ».
Il note que « parmi les éléments qui les distinguent, BA.4 et BA.5 possèdent notamment les mutations L452R et F486V dans la protéine Spike (la porte d’entrée du virus pour infecter nos cellules). Celles-ci pourraient rendre ces deux variants plus transmissibles et échappant davantage à l’immunité ».
« On estime qu’ils sont autour de 20% plus transmissibles que BA.2, largement majoritaire en France. La principale raison viendrait de leur capacité à réinfecter des habitants qui ont déjà attrapé BA.1 il y a plusieurs mois, surtout s’ils ne sont pas vaccinés, d’après une étude publiée le 1er mai (mais pas encore relue par des pairs) », explique Nicolas Berrod.
Il poursuit : « La grande question est de savoir quel impact cette recrudescence des infections aura en termes de formes graves. Le nombre de nouvelles admissions à l’hôpital repart à la hausse en Afrique du Sud, tout en restant encore beaucoup plus bas que lors des pics précédents. C’est la même chose pour le nombre de décès ».
«Ces courbes devraient grimper, vu qu’il y a toujours un décalage de 10 à 30 jours entre les infections et les formes sévères de la maladie. Si BA.4 et BA.5 provoquent une vague de cas positifs, «la vaccination augmente la capacité neutralisante contre ces variants émergents et devrait protéger contre les formes sévères de la maladie», rassurent néanmoins les auteurs du preprint », continue le journaliste, qui note que « pour le moment, ces deux « cousins » au sein de la famille Omicron semblent très peu présents en France. Seuls 2 cas de BA.4 et 6 cas de BA.5 y ont été identifiés au 2 mai et ils sont « en cours d’investigation », rapporte Santé publique France ».
Covid-19 : la cinquième vague en Afrique du Sud, prémices de ce qui nous attend ?
Le pays africain est touché par une très forte reprise épidémique, portée par deux nouveaux sous-variants d’Omicron. L’expérience vécue sur place « peut guider le monde entier » et l’aider à se préparer à vivre avec le Covid, estime un épidémiologiste sud-africain réputé.

Par Nicolas Berrod
Le 10 mai 2022 à 12h52
Depuis deux ans, le même phénomène survient tous les cinq à six mois. À intervalle régulier, une nouvelle vague de cas positifs déferle sur l’Afrique du Sud. En trois semaines, le nombre de personnes testées positives chaque jour vient de passer de 1 200 à 6 500. L’augmentation est très rapide, même si l’on reste encore loin du pic de la vague précédente (plus de 20 000 cas quotidiens mi-décembre). Dans le même temps, le taux de positivité atteint déjà 25 %, contre 6 % il y a un mois et jusqu’à 35 % mi-décembre.