« Le torchon brûle entre les pompiers et les urgentistes »
Date de publication : 11 mai 2022
C’est ce que titre Le Figaro, qui relève qu’« alors qu’un décret va autoriser les hommes du feu à administrer des médicaments et accomplir certains actes, le monde médical s’insurge ».
Angélique Négroni observe ainsi : « Les pompiers y voient une avancée bénéfique pour les personnes en détresse. Les médecins urgentistes considèrent au contraire qu’il s’agit d’une dégradation supplémentaire de l’offre de soins. Bientôt, les sapeurs-pompiers vont pouvoir réaliser certains actes et administrer des traitements qui jusqu’alors étaient la chasse gardée du monde médical ».
La journaliste explique que selon ce décret, les sapeurs-pompiers « pourront, quand ils sont appelés pour une intervention chez un particulier, prendre la température, le pouls et la tension artérielle. Sur prescription du médecin régulateur à distance, ils pourront aussi recourir aux aérosols en cas d’asthme aigu grave, donner des médicaments en cas d’allergie ou encore des antalgiques pour calmer la douleur ».
Angélique Négroni relève que « cette percée des hommes du feu dans le monde médical s’inscrit pour la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) dans une logique liée à l’évolution de leurs missions, largement dévolues au secours des personnes, soit «4 millions d’interventions sur un total de 4,5 millions», rappelle Éric Florès, vice-président de la fédération ».
Le colonel Christian Poirel, médecin-chef des pompiers des Bouches-du-Rhône, remarque que « dorénavant, si on est appelé par une personne victime d’une crise d’asthme, on pourra utiliser l’aérosol et retarder l’aggravation de son état ».
Angélique Négroni observe qu’« il évoque des situations passées insupportables qui, grâce à ce texte, espère-t-il, n’auront plus cours. Comme ces scènes où des pompiers se retrouvaient désemparés face à une personne qui, en insuffisance respiratoire, s’épuisait au risque de perdre la vie ».
La journaliste ajoute que « pour lui, «l’ère du tout médecin est révolue», tandis que la France possède un maillage exceptionnel en matière de secours avec plus de 6300 casernes abritant 251.900 hommes ».
Le colonel Poirel déclare qu’« aujourd’hui, on ne trouve plus de médecin et il faut tenir compte de cette réalité. Ainsi, les Smur ne sortent plus pour apaiser la douleur d’une personne ».
Angélique Négroni remarque que « ces nouvelles compétences sont par ailleurs rendues possibles grâce aux nouvelles technologies, comme la télémédecine. Ainsi, les secouristes vont pouvoir réaliser des électrocardiogrammes et envoyer les données au médecin régulateur du Samu pour qu’il puisse les analyser et décider des suites à donner ».
La journaliste souligne toutefois que « ce point de vue est loin d’être partagé par l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) qui estime que ce texte marque un recul ».
La Dr Emmanuelle Seris, médecin urgentiste et porte-parole de l’association, réagit ainsi : « Il acte la faillite de notre système de santé. Pour pallier l’insuffisance des médecins, on délègue des tâches à des personnes qui n’ont pas la formation nécessaire, soit 11 années d’études ».
Angélique Négroni ajoute que « ce texte ouvre la voie, selon elle, à de possibles erreurs médicales. Au contraire, selon la FNSPF, ces nouvelles attributions vont donner plus de sens aux missions des pompiers. […] Mais avant d’endosser ces nouvelles responsabilités, les pompiers vont devoir être formés. Un prochain arrêté est attendu pour définir les modalités ».
Le torchon brûle entre les pompiers et les urgentistes
Publié hier à 20:02, mis à jour hier à 20:02

Alors qu’un décret va autoriser les hommes du feu à administrer des médicaments et accomplir certains actes, le monde médical s’insurge.
Les pompiers y voient une avancée bénéfique pour les personnes en détresse. Les médecins urgentistes considèrent au contraire qu’il s’agit d’une dégradation supplémentaire de l’offre de soins. Bientôt, les sapeurs-pompiers vont pouvoir réaliser certains actes et administrer des traitements qui jusqu’alors étaient la chasse gardée du monde médical.
Concrètement, selon un récent décret qui liste ces nouvelles missions, ils pourront, quand ils sont appelés pour une intervention chez un particulier, prendre la température, le pouls et la tension artérielle. Sur prescription du médecin régulateur à distance, ils pourront aussi recourir aux aérosols en cas d’asthme aigu grave, donner des médicaments en cas d’allergie ou encore des antalgiques pour calmer la douleur.
À LIRE AUSSI L’hôpital public sous perfusion de médecins intérimaires
Cette percée des hommes du feu dans le monde médical s’inscrit pour la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) dans une logique liée à l’évolution de leurs missions, largement dévolues au secours des personnes, soit
Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 74% à découvrir.