Le grand désordre au sein du PS en Occitanie

Ce qu’il y a dans l’accord:

INFO LA DEPECHE. Accord PS-LFI : 6 circonscriptions sur 49 pour les socialistes en Occitanie

Elections législatives,  Occitanie,  Politique

Publié le 04/05/2022 à 16:05 , mis à jour le 05/05/2022 à 14:43 https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwj26rSn-8z3AhXH4IUKHStRBocQvOMEKAB6BAgFEAE&url=https%3A%2F%2Fwww.ladepeche.fr%2F2022%2F05%2F04%2Finfo-la-depeche-accord-ps-lfi-6-circonscriptions-sur-49-pour-les-socialistes-en-occitanie-10275165.php&usg=AOvVaw2SjnnAnd-hdeOoX4XJkPTc

l’essentiel

Selon un document de travail que La Dépêche du Midi a pu consulter, les discussions entre PS et LFI se sont soldées par l’attribution de 6 circonscriptions sur 49 en Occitanie à des candidats socialistes. « Cet accord ne sera pas respecté », avertit-on déjà dans la plupart des départements de la région…

La Dépêche du Midi s’est procuré l’esquisse de l’accord passé entre le PS et la France Insoumise, et le document que nous avons pu consulter ne présage rien de bon pour les socialistes de la région s’agissant des circonscriptions qui leur seraient réservées.

Dans 7 départements, le PS rayé de la carte

Selon le projet d’accord qui sera examiné ce jeudi 5 mai dans la soirée en Conseil national, le PS est balayé de l’Ariège où les deux députés Insoumis bénéficient logiquement de la prime au sortant. 

Dans les départements de l’Aveyron (trois circonscriptions), de l’Hérault(neuf circonscriptions), des Pyrénées-Orientales (quatre circonscriptions), des Hautes-Pyrénées (deux circonscriptions), du Lot ( deux circonscriptions), de la Lozère (une circonscription) ou encore du Tarn (trois circonscriptions), le PS est aussi purement et simplement rayé de la carte.

Sur les trois circonscriptions de l’Aude sous pavillon LREM, le PS obtiendra la deuxième. 

Dans le Gard, qui compte six circonscriptions, la quatrième détenue actuellement par Annie Chapelier sera réservée au Parti socialiste.

En Haute-Garonne, le PS a obtenu deux des dix circonscriptions : la sixième de la Marcheuse et ancienne socialiste Monique Iborra, et la huitième, dans laquelle le socialiste Joël Aviragnet bénéficie de la prime au sortant.

Dans le Gers, le PS parvient à sauver la deuxième circonscription détenue par Gisèle Biémouret, tout comme dans le Tarn-et-Garonne où Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste à l’Assemblée, doit recevoir l’investiture NUPES (Nouvelle union populaire écologique et sociale) en vertu de la prime au sortant.

La colère gronde

Ce projet d’accord est jugé inacceptable par de nombreux socialistes d’Occitanie, qui rappellent que des candidats sont désignés depuis un mois et sont déjà en campagne. « Ceux-là, pour la plupart, ne renonceront pas et braveront l’accord d’appareils si toutefois il est validé jeudi soir. Ils n’auront pas le label NUPES ou PS mais ils seront des candidats socialistes », avertit-on dans plusieurs départements d’Occitanie…

Accord LFI-PS: Dans le Tarn, Christophe Ramond dénonce un accord «mortifère»

Le président du Département pourrait prendre ses distances avec le PS.

Politique,  Elections législatives,  Albi

Publié le 04/05/2022 à 19:30 https://www.ladepeche.fr/2022/05/04/accord-lfi-ps-dans-le-tarn-christophe-ramond-denonce-un-accord-mortifere-10275553.php

La France insoumise et le Parti socialiste ont donc annoncé avoir conclu leur accord pour les législatives après être tombés d’accord sur la stratégie, le programme ainsi que les circonscriptions.

Un accord « mortifère » pour le président du Département, le socialiste Christophe Ramond. « Les idées et le programme défendus par Jean-Luc Mélenchon depuis de nombreuses années ne correspondent pas à l’histoire et à l’idéal du Parti socialiste, dénonce le président du Département. Ainsi, comment le PS, creuset de l’idéal européen et principal acteur de la construction de l’union européenne, notamment sous l’impulsion du couple franco-allemand, peut-il s’associer à un parti ouvertement eurosceptique ? »

Christophe Ramond tire à boulets rouges : « Il y a peu de convergences entre nos deux partis, mais beaucoup de divergences fondamentales. En proie à un malaise social et démocratique, notre pays n’a pas besoin d’une énième manœuvre électoraliste mais d’un rassemblement autour des idéaux républicains de gauche ».

Et d’illustrer ses propos sur le cas du département : « Dans le Tarn, le département de Jaurès, père du socialisme français, le PS ne pourra présenter aucun candidat en application de cet accord. C’est une aberration ! Comment demander aux militants, sympathisants et aux électeurs tarnais de soutenir des candidats qui s’opposent à tout projet de développement de notre territoire comme l’A69, axe autoroutier primordial pour le désenclavement du sud Tarn, ou encore les Portes du Tarn, projet alliant développement économique, emplois locaux et transition écologique ? »

Christophe Ramond quittera-t-il le PS ? Il semble plus que jamais prendre ses distances. « Fidèle au socialisme républicain et aux valeurs fondatrices de notre parti, je ne peux me résoudre à accepter cet accord national qui méprise l’ancrage territorial et le travail mené sur le terrain par les élus, militants et sympathisants socialistes », conclut-il.

Alexandre Ferrer
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Législatives : le PS rejoint l’Union populaire à gauche au prix d’une soirée longue et houleuse et de profondes divisions internes

Elections législatives,  Politique,  France – Monde

Publié le 06/05/2022 à 05:13

https://www.ladepeche.fr/2022/05/06/le-conseil-national-du-ps-valide-laccord-avec-lfi-au-prix-de-profondes-divisions-internes-10278436.php

l’essentiel

Le Conseil national du Parti socialiste a validé la nuit dernière l’accord électoral conclu pour les législatives avec La France insoumise. La séance a été longue et houleuse.

Le Conseil national du Parti socialiste a largement approuvé jeudi 5 mai en peu avant minuit par 62,31 % de oui l’accord électoral avec La France insoumise conclu mercredi. Le PS rejoint donc EELV et le PCF dans la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) lancée par Jean-Luc Mélenchon en vue des législatives des 12 et 19 juin. Le vote des 300 élus du Conseil a eu lieu après trois heures de débats houleux soulignant de profondes divergences.

Sans attendre le vote, plusieurs personnalités ont décidé de quitter le parti comme l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve ou l’ancien président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone. D’autres, comme Carole Delga, avaient annoncé avant le Conseil national leur décision de voter contre l’accord. Mercredi soir, six maires de grandes villes, membres de « l’équipe de France des maires » de la campagne Hidalgo – Nathalie Appéré (Rennes), Benoît Arrivé (Cherboug-en-Cotentin), Olivier Bianchi (Clermont-Ferrand), Mathieu Klein (Nancy), Johanna Rolland (Nantes) et Cédric Van Styvandael (Villeurbanne) – ont appelé à ratifier l’accord. Ne manquait que le maire de Montpellier Michaël Delafosse, critique sur l’accord, qui a estimé jeudi que « La gauche peut faire progresser la justice sociale si elle n’embrasse pas l’extrémisme. »

La maire de Paris était elle aussi critique sur l’accord, mais face à « l’urgence démocratique, sociale et écologique », elle « ne souhaite pas empêcher un accord électoral qui vise à combattre la régression écologique et sociale ». La maire de Lille Martine Aubry était sur la même ligne. Malgré des « réserves concernant l’Europe », cette figure historique du parti a soutenu l’accord hier, estimant que « les électeurs de gauche ont exprimé lors du premier tour des élections présidentielles une forte aspiration au rassemblement et à l’unité. » Des eurodéputés socialistes dont Éric Andrieu ont également soutenu l’accord.

« Allons-nous redevenir le grand PS d’autrefois ? »

Tout au long de la journée de jeudi, les prises de position pour ou contre l’accord se sont ainsi multipliées avant le Conseil qui a démarré à 19 heures et était exceptionnellement ouvert à la presse. Pierre Jouvet, négociateur en chef de l’accord qui accorde en tout et pour tout 70 circonscriptions au PS (dont 6 en Occitanie où le parti n’a que 3 députés depuis 2017) a expliqué que sans accord 5 candidats étaient certains d’aller au second tour contre 85 % selon les projections de la direction.

Au micro se sont succédé des socialistes opposés ou favorables à l’accord. « Vous allez m’exclure si je suis dissidente ? », interroge l’ex-députée de Paris Lamia El Araaje contrainte de laisser sa place tandis que Patrick Mennucci s’insurge contre l’accord conclu avec le « leader maximo ». La sénatrice Laurence Rossignol aurait préféré un accord électoral circonscription par circonscription afin de « faire élire un maximum de députés de gauche ».

« Allons-nous redevenir le grand PS d’autrefois ? Celui que les gens aimaient ? Aucun d’entre nous n’a adhéré au PS pour appartenir à un groupuscule. À travers ce vote nous avons le choix entre la fin d’une histoire et le début d’une histoire » lance Laurent Baumel.

« Allez-vous exclure Delga qui soutient des dissidents ? On va tous les perdre. Aucun de nos cinq présidents de région ne soutient cet accord », grince François Kalfon. « Le débat c’est d’abord : est ce qu’on veut Macron ait tout les pouvoirs ou est ce qu’on propose une alternative ? Si notre seule obsession est le débat entre la gauche et la gauche, la seule alternative sera l’extrême droite. La gauche de gouvernement, c’est d’abord la gauche », a rappellé Olivier Faure.

Le PS rejoint donc l’Union à gauche mais en étant profondément désuni…

Carole Delga a voté contre

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie a annoncé son « vote contre » l’accord, jeudi 5 mai dans l’après-midi. « À bien des égards, l’accord proposé par la direction du Parti Socialiste ne correspond pas aux valeurs qui sont les miennes et à ma vision de notre société. J’entends la volonté d’union de la gauche et je la partage, mais j’entends aussi le besoin absolu de sincérité, de clarté, de cohérence et d’honnêteté. Je ne crois pas à la radicalité mais au contraire, au volontarisme et à l’accompagnement. Je suis pour l’union à gauche, mais pour une union claire, sincère, crédible et durable, pas pour une union de façade. Je soutiendrai donc les candidats de gauche qui s’engageront avec clarté, en fidélité avec nos valeurs communes. »

« Une victoire de l’union de la gauche n’est pas inenvisageable »

Frédéric Dabi IFOP

Elections législatives

Publié le 06/05/2022 à 05:13

https://www.ladepeche.fr/2022/05/06/une-victoire-de-lunion-de-la-gauche-nest-pas-inenvisageable-10278435.php

Cet accord entre LFI, EELV, le PC et le PS est-il réellement « historique » ?

Il sera historique s’il débouche sur un succès au moins relatif aux élections législatives. Mais on peut d’ores et déjà observer que depuis 1997, il n’y avait pas eu d’alliance aussi large à gauche. On assiste en fait à une reproduction au niveau national d’accords qui ont pu être noués localement, par exemple lors des régionales, entre LFI et les socialistes. Ce changement d’échelle est en effet historique.

Il doit toutefois être encore accepté par les électeurs d’un côté et les élus de l’autre…

Pour les électeurs, ça ne devrait pas poser de problèmes. Le sondage Ifop réalisé lundi montrait que 93 % des électeurs de gauche souhaitaient un accord. Du point de vue des grands élus, notamment au sein du parti socialiste, ça risque d’être plus compliqué. Parce que ces élus peuvent avoir des intérêts assez divergents de ceux de la direction nationale, à la fois parce qu’ils lui sont opposés dans le cadre des courants qui animent le PS mais également parce que leur intérêt local peut les conduire à vouloir temporiser en attendant les prochaines élections régionales et départementales, qui interviendront après 2027. De ce point de vue là, tenir en attendant que LREM s’affaiblisse avec le départ d’Emmanuel Macron peut être payant pour eux, plutôt que de faire alliance avec la gauche de la gauche.

On pourrait donc observer des attitudes dissidentes ?

Il est assez probable que dans un certain nombre de régions comme l’ouest ou l’Occitanie, il y ait des dissidences locales.

Cet accord pourrait-il signer la fin du PS ?

La fin du PS telle qu’on l’a connu est déjà actée. Le PS n’est plus ce grand parti attrape-tout capable de l’emporter sur son seul nom et de déclencher le vote utile au niveau national. Cette caractéristique ne fonctionne plus quand vous faites 1,8 % à la présidentielle. En fait, le parti socialiste se trouve face à un embranchement : soit il devient une sorte de Parti Radical, très implanté dans les collectivités territoriales, soit il attend 2027 en espérant pouvoir récupérer l’électorat social-démocrate orphelin d’Emmanuel Macron et redevenir une sorte de pilier du centre-gauche.

Cette coalition renforce-t-elle l’hypothèse de l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon à Matignon ?

Cela reste peu probable mais ce n’est plus impossible. Et le fait que ce ne soit plus impossible rend l’hypothèse probable… Le coup de force de Jean-Luc Mélenchon, c’est d’avoir su remobiliser son électorat autour de la possibilité de remporter une victoire. Or, avec un taux d’abstention élevé, ce n’est pas celui qui a l’électorat le plus large mais celui qui arrive le mieux à mobiliser ses électeurs. Une victoire n’est donc pas inenvisageable.

En cas de victoire, cet accord pourra-t-il « tenir » à l’Assemblée Nationale malgré les désaccords de fond, notamment sur l’Europe ?

Si l’Union populaire, écologique et sociale ne l’emporte pas, il n’y aura de toute façon pas grand intérêt à ce qu’un projet commun se prolonge. On aura des accords au cas par cas, mais il n’y aura pas d’accord global, ce qui pourra d’ailleurs permettre à chaque groupe formé par les partis d’opposition de se déterminer sans l’aval de LFI. Si en revanche on assiste à une victoire de cette gauche rassemblée, l’accord contient suffisamment de points pour que les premières années ne posent pas véritablement de problème. Ceux-ci surviendront lorsque la base de ce programme de coalition ne suffira plus et qu’il faudra aborder les points de tensions qui existent aujourd’hui, mais qu’on a temporairement remisés pour signer ces accords.

Cette union des gauches éclipse quasi totalement ce qui se joue au Rassemblement National ou chez les républicains. Cela veut-il dire qu’ils sont d’ores et déjà disqualifiés et que le match se joue entre L’union Populaire et LREM ?

Si on parle autant de cet accord, c’est aussi parce que les élections législatives donnent mécaniquement une prime aux alliances. Cette alliance des gauches devrait donc entraîner la présence de nombreux candidats de gauche au second tour, en évinçant potentiellement tantôt LREM, tantôt le RN ou les Républicains. Cela dit, ces derniers vont probablement être capables de sauver les meubles grâce à leur implantation locale. Pour le RN, ça va être plus compliqué, parce qu’il faut qu’il atteigne le second tour. Mais les choses vont se jouer à quelques points : si l’électorat RN se mobilise, on peut aussi avoir un nombre inédit de seconds tours opposant RN et Union Populaire, ce qui fragiliserait d’autant la République en Marche.

Législatives : dans la douleur, le Parti socialiste fait le pari gagnant de l’Union de la gauche

Elections législatives,  Occitanie,  Politique

Publié le 07/05/2022 à 05:04 , mis à jour à 07:57

https://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjGoJGqh833AhWsxIUKHaRvByIQFnoECAcQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.ladepeche.fr%2F2022%2F05%2F06%2Flegislatives-dans-la-douleur-le-parti-socialiste-fait-le-pari-gagnant-de-lunion-de-la-gauche-10279434.php&usg=AOvVaw2WjHLhoTBe1m491xzxGPMs

l’essentiel

Le parlement du PS a adopté jeudi soir à 62 % l’accord avec La France insoumise pour les élections législatives de juin, au terme de débats parfois tendus à propos de cette réorientation stratégique majeure pour l’ancien parti dominant de la gauche. La campagne de l’Union de la gauche démarre ce samedi avec une possibilité de victoire non négligeable.
 

L’accord de la NUPSE en Occitanie

Après trois heures de débats souvent houleux marqués par quelques noms d’oiseaux et autres « traîtres », « tu nous insultes » lancés entre camarades de bords opposés, c’est peut-être tout simplement le principe de réalité qui a prévalu au Conseil national du Parti socialiste, jeudi soir, au moment de valider par 62,1 % des voix des 300 membres l’accord électoral et programmatique négocié la veille avec la France insoumise (La Dépêche d’hier). Un principe de réalité qui acte qu’aujourd’hui le PS n’est plus la force motrice de la gauche qu’il a été par le passé. Sa candidate à l’élection présidentielle, Anne Hidalgo, n’a recueilli que 1,74 % des voix soit à peine plus de 600 000 voix, et, en partant seul aux législatives, c’était la Bérézina assurée avec la perspective de perdre le groupe parlementaire à l’Assemblée. Sauf à vouloir transformer le PS en un agrégat de baronnies locales, le rendant de facto totalement absent de la scène politique nationale, l’union à gauche était bien la seule solution.

Chiffres implacables

Porte-parole du parti, Pierre Jouvet, négociateur en chef de l’accord qui accorde 70 circonscriptions au PS (dont 6 en Occitanie où le parti n’a que 3 députés depuis 2017) a parfaitement résumé la situation : sans accord, 5 candidats socialistes étaient certains d’aller au second tour contre 85 % d’entre eux avec accord selon les projections de la direction. « Il n’y avait que 12 circonscriptions où Anne Hidalgo avait dépassé les 3 %. Dans les 12, aucune où elle ne dépassait les 5 % », a rajouté Olivier Faure, le patron du parti.

L’accord de la NUPSE en Occitanie

Électoralement la démonstration était donc imparable et même si le nombre de circonscriptions attribuées au PS peu paraître faible, il correspond bien au poids actuel du parti au plan national.

Restait bien sûr l’aspect programmatique de l’accord avec la France insoumise. Toutes les divergences n’ont pas été levées, mais LFI a fait des compromis, notamment sur des points de blocage comme l’Europe ou la laïcité. La haine réciproque, presque physique, entretenue depuis 14 ans entre Jean-Luc Mélenchon et ses anciens camarades « éléphants » du PS aurait pu constituer un puissant frein, Mais, là aussi, en dépit des déclarations indignées de François Hollande, Stéphane Le Foll ou Jean-Christophe Cambadélis accusant l’actuelle direction du PS de brader le parti ; en dépit du départ de quelques personnalités – Bernard Cazeneuve, Claude Bartolone – le principe de réalité s’est appliqué. D’une part, une jeune garde socialiste – épaulée par quelques figures lucides comme Martine Aubry, Laurence Rossignol et même Anne Hidalgo – souhaitait ouvrir une nouvelle page de l’histoire du parti en menant des combats communs avec les autres formations de gauche ; et d’autre part, depuis des mois, les sympathisants de gauche réclament une union de la gauche, un souhait qu’il devenait de plus en plus difficile à ignorer.

Une union… sans unité

Mais l’union se fait aussi… sans l’unité : la minorité contre l’accord n’est, en effet, pas négligeable (38 % des votants du Conseil national). Au-delà du tournant idéologique incontestable de l’accord vers une radicalité éloignée de la social-démocratie, tournant que certains contestent fortement, la répartition des circonscriptions réservées au PS ne passe pas pour plusieurs élus, notamment les présidents socialistes de région qui estiment que la réalité de l’ancrage territorial local du PS n’a pas été respectée. Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie dénonce ainsi dans l’interview qu’elle nous accorde (lire page suivante) l’absence de candidats PS dans l’Hérault et dans le Tarn, patrie de Jaurès. Des mauvaises manières qui ont aussi touché la 15e circonscription de Paris. Le Conseil national a d’ailleurs adopté à une écrasante majorité une motion pour demander que soit réparée l’injustice faite à la députée PS sortante Lamia El Aaraje, contrainte de s’effacer devant l’insoumise Danielle Simonnet.

Enfin, certains font remarquer que la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) ne comprend pas toute la gauche. Le PRG a ainsi refusé de l’intégrer. « Nous ne pouvons pas mettre l’étiquette du PRG à côté de candidats contre l’universalisme européen », avait expliqué Guillaume Lacroix, son président. Hier le PRG a d’ailleurs tendu la main « à tous les candidats de la gauche libre » qu’il se propose de fédérer sous « une bannière commune : la gauche du réel » ; réel comme « Républicaine écologiste européenne laïque. »

La campagne NUPES lancée aujourd’hui

Le PS étant désormais dans la NUPES, sera-t-il confronté à des candidatures dissidentes ? Voire. Certains candidats socialistes aux législatives, désignés avant l’accord ou pressentis, se disaient prêts à entrer en dissidence, sans forcément mesurer le coût financier d’une campagne sans l’aide du parti et le risque d’apparaître comme les diviseurs de la gauche.

Car les chances de victoire de la NUPES sont réelles. Un sondage Cluster17 la place à 34 % d’intentions de vote au 1er tour, des projections donnent ses candidats qualifiés au second tour dans 471 circonscriptions, et Jean-Luc Mélenchon, qui aspire à aller à Matignon, est désormais la 2e personnalité préférée des Français selon une enquête Elabe.

C’est sur cette dynamique naissante que la NUPES, qui lance sa campagne aujourd’hui, entend surfer en se rappelant ce que disait François Mitterrand, « La victoire, vous ne la rencontrerez que si vous la forcez. »

Accord LFI-PS: « Je ne vois pas comment le PS pouvait faire autrement » selon Frédéric Dabi, directeur opinion de l’IFOP

Elections législatives,  Politique

Publié le 07/05/2022 à 06:25

l’essentiel Frédéric Dabi, le directeur général opinion de l’IFOP, analyse l’accord passé entre le PS et LFI dans le cadre de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES). Interview. 

Cette alliance à gauche est-elle une surprise ?
C’est plutôt une demi-surprise car quand on regarde sur le temps long, c’est vrai que l’on voit deux gauches irréconciliables. Mais après le premier tour de la présidentielle, un rapport de force hégémonique à gauche s’est créé au profit de la France Insoumise. Contrairement à 2017, LFI a tendu la main aux autres partis.

Ce rapport de force, et l’échec de très peu de Jean-Luc Mélenchon aux portes du second tour ont obligé les partis de gauche à faire un pas les uns vers les autres.


Une victoire de l’Union populaire est-elle possible aux législatives ?
L’effet de souffle présidentiel aux législatives est une réalité. On a deux élections tellement proches en termes de calendrier. Cet effet de souffle en faveur du gagnant de la présidentielle a joué à chaque élection depuis 2 002 et même en 1981 et 1988. Ce sera sans doute moins fort qu’après l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. En tout cas, c’est la première bonne nouvelle pour le peuple de gauche depuis longtemps. Si l’abstention est forte, les triangulaires seront très rares. Il était indispensable pour la gauche de partir unie. De là à dire que la gauche va gagner les élections législatives, je n’y crois guère. Le score de 2017 peut progresser mais sans doute pas au point d’obtenir une majorité…

Cet accord est-il un succès pour Jean-Luc Mélenchon et LFI ?
Indéniablement, c’est historique. Depuis 1972, la gauche unie tourne autour du pôle socialiste.C’est la première fois que la gauche s’organise autour d’un autre bloc, celui des Insoumis. Jean-Luc Mélenchon avec sa phrase Elisez-moi Premier ministre a acté symboliquement cette domination. Cette phrase n’a pas de sens d’un point de vue institutionnel, mais c’est un très bon coup politique.


Est-ce qu’il y a un risque d’implosion du PS ?
Olivier Faure a quand même réussi à faire passer l’accord assez confortablement.Il faut rappeler qu’Anne Hidalgo ne dépasse les 5 % dans aucune circonscription, atteint 3% dans seulement 12 circonscriptions. Du point de vue du rapport électoral, je ne vois pas comment le PS pouvait faire autrement que cet accord avec les Insoumis.

Mais il y a aussi des questions programmatiques : un PS qui revient comme dans les années 80 à la retraite à 60 ans, s’allie avec un parti europhobe.Il y a aussi la question de la livraison d’armes à l’Ukraine, la laïcité, l’islamo-gauchisme. Et puis il y a un aspect symbolique. Avec cet accord, le PS sera absent de 500 circonscriptions.Il ne va pas imploser tout de suite mais il entre dans un chemin de crise. Est-ce qu’il va mourir comme la SFIO de sa belle mort ? Est-ce que ce sera la bonne surprise aux législatives où le PS obtient entre 25 et 30 députés ? La crise du PS, ce n’est pas la conséquence de cet accord, mais c’est son mauvais score de la présidentielle.


Cet accord c’est une mauvaise ou bonne nouvelle pour la majorité ?
L’épouvantail Mélenchon peut permettre aux candidats d’Ensemble d’être une sorte de réceptacle des électeurs de centre gauche qui ne voudront pas de cette hégémonie mélenchonienne. Même logique du côté des électeurs républicains et de centre droit qui voteront sans problème pour des candidats Macron pour faire barrage à la gauche.
 Propos recueillis par Eric Berger

Propos recueillis par Lionel Laparade

ENTRETIEN. Carole Delga : « Je veux créer un mouvement d’union de la gauche républicaine« 

Carole Delga. / archives

Politique,  Elections législatives

Publié le 06/05/2022 à 19:24 , mis à jour à 20:37

l’essentiel

Quelques heures après la ratification par le Conseil national du PS de l’accord avec LFI, EELV et le PCF, la présidente de la région Occitanie prend acte de sa position minoritaire dans les instances du parti. Réaffirmant son opposition à ce qu’elle considère comme « une liquidation du PS », Carole Delga annonce son intention de réunir les militants qui partagent sa vision, puis d’organiser des états généraux de la gauche républicaine cet été. 

Comment accueillez-vous le vote du Conseil national du PS qui valide l’accord électoral avec La France insoumise ?

Je reste résolument opposée à cet accord, à la négation de nos valeurs et de notre projet socialiste et je prends acte – qu’à ce jour – je suis minoritaire dans le parti.

À la lecture de ce résultat, envisagez-vous de quitter le PS ?

Je suis profondément socialiste et je considère avoir encore toute ma place dans ce parti qu’il faut transformer. Je ne suis pas moins socialiste qu’Olivier Faure. Je vais donc continuer à travailler avec tous les militants et sympathisants qui partagent mes idées et me témoignent leur soutien. Evidemment, je serai porteuse d’une vision différente de celle de la direction du parti.

« Je ne suis pas moins socialiste qu’Olivier Faure, je ne quitterai pas le parti »

Comment voyez-vous alors l’avenir du PS et quel rôle entendez-vous jouer ?

Dans un premier temps, je vais rassembler prochainement toutes ces personnes qui n’acceptent pas la liquidation du PS.

Faut-il conclure que vous pourriez présenter une motion au prochain congrès du PS ?

Ma feuille de route est claire et précise : réunir d’abord toutes celles et tous ceux qui, comme moi, ne peuvent pas se résoudre à l’anéantissement de l’héritage socialiste, du travail accompli par les militants, les élus locaux et nationaux pour défendre et promouvoir nos valeurs ; Ensuite consacrer toute mon énergie pour qu’un maximum de candidats de gauche l’emportent aux législatives et puissent constituer une opposition forte à la politique d’Emmanuel Macron ; Et enfin, réunir cet été des états généraux de la gauche républicaine, européenne et écologiste en France car je pense en effet qu’un grand rassemblement est nécessaire, mais sur des bases claires. C’est aussi ce que réclame le peuple de gauche qui, en récusant cet accord, dit « non » aux compromissions, « non » aux omissions sur des sujets majeurs tels que la question européenne, l’Ukraine, la laïcité, la lutte contre le communautarisme, la relation à l’entreprise ou le vivre ensemble. Voulons-nous une société de l’affrontement, de la désobéissance, de la violence, de la rupture, ou voulons-nous plutôt une société progressiste, ambitieuse sur le partage des richesses et rassemblée ? C’est de ces sujets dont nous aurons à parler…

Le rendez-vous sera fixé en Occitanie ?

Le lieu importe peu et je n’y ai pas encore réfléchi. Ce qui compte, ce sont les principes énoncés et les bases qui doivent être claires et solides car ce qui se dessine, c’est un mouvement de rassemblement et d’union de la gauche républicaine. J’en suis convaincue et cela doit donc se faire avec sérieux, sincérité et cohérence. Toutes celles et tous ceux qui, à gauche, ont envie de participer à un nouvel élan seront les bienvenus.

« Les responsables politiques d’aujourd’hui s’occupent surtout de leurs petites comptabilités électorales et pas assez de la comptabilité des fins de mois difficiles »

Voyons-nous apparaître à grands traits dans vos propos l’esquisse d’un nouveau parti ?

Il faut sortir de ces logiques de chapelles mortifères. Avant toute chose, il faut travailler sur les idées. Le cadre, la structuration juridique, tout cela vient ensuite, ce n’est pas le plus important. Parlons en premier du projet pour la vie des gens. C’est cela qui guide mon engagement, et c’est pourquoi je fais de la politique. Les injustices de notre société, les périls environnementaux ne trouvent pas vraiment de réponse et pour ce qui nous concerne, l’explication est évidente : la gauche et le PS n’ont pas travaillé, et les Français nous ont sévèrement sanctionnés par les urnes à la présidentielle ! Ma priorité c’est donc de rassembler cette gauche républicaine, écologique, européenne. Travaillons sur un projet de société ambitieux, un nouveau contrat social, et nous verrons ensuite sur quoi débouche cette dynamique. Soyons humbles. Je m’oppose à cette politique de la personnalisation et je veux le dire clairement : l’objectif n’est pas de créer un parti au service de Carole Delga, alors qu’en vérité, les 17 millions de Français qui se sont détournés des urnes nous reprochent de ne pas assez parler d’eux et de ne pas travailler assez pour eux. Les responsables politiques d’aujourd’hui s’occupent surtout de leurs petites comptabilités électorales et pas assez de la comptabilité des fins de mois difficiles.

Revenons à l’accord LFI / PS ? Fallait-il consulter les militants ?

C’était évidemment indispensable, car il s’agit d’un changement de ligne politique majeur. Le timing imposé par La France insoumise ne l’a pas permis, je le regrette, et c’est aussi pour cette raison que je vais réunir et donner la parole à tous ceux qui refusent la liquidation du Parti socialiste. Parlons vrai, d’ailleurs, sur la nature de cet accord qui n’est pas applicable, comme chacun doit raisonnablement en convenir. Il n’a que deux objectifs : le premier est purement électoraliste, c’est-à-dire comment on se partage les circonscriptions et les places à l’Assemblée. Le second est stratégique, puisqu’il consiste à désigner Jean-Luc Mélenchon comme seul opposant à gauche à Emmanuel Macron. Mais j’avertis ces messieurs : je suis aussi une opposante de gauche à Emmanuel Macron, ils pourront compter sur moi !

« J’entends déjà les menaces qui visent les éventuels candidats dissidents. C’est la direction du PS qui a créé cette situation incompréhensible »

Sur les 49 circonscriptions d’Occitanie, 6 ont été attribuées au PS selon l’accord conclu. Encouragez-vous les candidats socialistes déçus à entrer en dissidence ?

Je récuse ce terme de dissidence. Des militants socialistes d’Occitanie ont travaillé avec sincérité et abnégation pour le parti et n’acceptent pas la décision de la direction nationale. Certains n’excluent pas, en effet, de se présenter. J’entends déjà les menaces qui visent les éventuels candidats « dissidents ». C’est la direction du PS qui a créé cette situation incompréhensible. Comment pouvez-vous expliquer qu’aucun candidat socialiste ne peut se présenter dans l’Hérault ? Comment peut-on expliquer que le Tarn, département de Jaurès, a zéro candidat PS ? La direction du parti a créé cette situation d’injustice, c’est à elle qu’il appartient de la régler. Il lui reste 15 jours jusqu’au 20 mai, date limite du dépôt des candidatures…

Propos recueillis par Lionel Laparade

Réaction de Georges Méric, président PS du conseil départemental de la Haute-Garonne « Oui au rassemblement à gauche.

Pour Georges Méric , le ralliement à la gauche unie permettra au Parti Socialiste de survivre et de se reconstruire. DDM – DDM, Laurent Dard

Publié le 05/05/2022 à 13:09 , mis à jour à 13:11 

https://www.ladepeche.fr/2022/05/05/reaction-de-georges-meric-president-ps-du-conseil-departemental-de-la-haute-garonne-oui-au-rassemblement-a-gauche-10276951.php

l’essentielGeorges Méric, président PS du conseil départemental de la Haute-Garonne, réagit ce jeudi suite aux accords PS-  La France Insoumise, dans le cadre des législatives. Il s’inscrit à son tour dans la gauche unie, estimant qu’avec cet accord, le Parti Socialiste y trouvera une voie de survie et de reconstruction.

  » Lors du premier tour des élections présidentielles, les deux partis de gouvernement qui ont structuré la vie politique française durant un demi-siècle ont été marginalisés. Le Parti Socialiste a obtenu 1,75 % des voix malgré son ancrage local. Les mois et les années à venir appellent à l’humilité, au travail et au rassemblement des socialistes. Toute scission serait irresponsable, toute dissidence serait une faute politique.

Le rassemblement de la gauche est acté dans un accord électoral permettant de faire élire le plus grand nombre de députés de gauche, afin d’empêcher le Président Macron de poursuivre sa politique de président des riches.

La violence de la crise sociale et l’urgence du défi environnemental ont soudé les formations de progressistes, sans effacer nos divergences, notamment sur l’Europe, la laïcité ou la politique étrangère.

Un ancrage à gauche

Nous, socialistes, affirmons ainsi notre engagement progressiste et notre ancrage à gauche. Nous refusons d’être les complices zélés du néolibéralisme mondialisé qui démontre chaque jour ses injustices, ses marginalisations et ses exclusions. Nous affirmons notre volonté d’œuvrer à l’avènement d’une société de partage, de solidarité, d’émancipation mettant l’humain au cœur du projet et non les dividendes.

Dans cette période difficile de la vie politique, demeurons rationnels et gardons notre sang-froid. Dans cet accord, le Parti Socialiste ne perd pas son âme, il recherche une efficacité pour sa survie et sa future reconstruction. En cela, les responsables de l’option sociale-libérale du quinquennat Hollande devraient avoir une certaine réserve, notamment dans leur volonté de scission du parti. Le rassemblement demeure toujours un combat mais il est une nécessité.

Les urgences sociales et environnementales sont devant nous. Sans cet accord, nous laisserions le libéralisme débridé accomplir ses basses œuvres. Il permettra aussi à notre parti, dans sa spécificité, d’exister au Parlement grâce à un groupe socialiste.

Le temps du bilan des 20 dernières années et de la reconstruction de notre parti arrivera. Aujourd’hui, les divisions et les scissions seraient irresponsables. Dans le rassemblement des socialistes et avec la dynamique du rassemblement des forces de gauche,  allons à la bataille et gagnons », conclut-il.

Sur les dix circonscriptions du département de la Haute-Garonne, six sont promises aux Insoumis, deux au Parti Socialiste, une à Europe-Ecologie-Les Verts et une à Génération.s.

Joël Aviragnet, le seul député socialiste sortant, qui avait émis quelques réserves su r sa compatibilité avec les Insoumis, accepterait également les termes de l’accord de la nouvelle union populaire et son investiture.

L’union à gauche trouve des soutiens mais fait débat dans l’Aude

Hélène Sandragné, présidente du Département. Claude Boyer

E. Menassi, maire de Trèbes. NAV                                                                                 Alix Soler-Alcaraz, premier secrétaire fédéral. L’Indépendant

Elections législatives,  Narbonne,  Carcassonne

Publié le 07/05/2022 à 05:11

l’essentiel

L’officialisation de l’accord à gauche unissant insoumis, écologistes, communistes et désormais socialistes en vue des législatives suscite des réactions tranchées. Au PS audois, qui a fait l’expérience de l’union aux Départementales 2021, ce rapprochement bénéficie de soutiens importants… même s’il ne fait pas ici non plus l’unanimité.

« Mon principal adversaire, c’est le Rassemblement national, parti que je considère fondamentalement anti-républicain, lance Eric Menassi. Tout mon engagement politique tourne autour de ce combat contre le FN/RN ». Une manière pour le maire de Trèbes de bien signifier d’emblée qu’il ne se trompera pas d’ennemi dans le cadre des législatives qui s’annoncent. Pour autant, l’élu socialiste rappelle aussi être « un homme libre », et se confie sans détour sur l’accord finalement conclu entre le PS et (notamment) La France Insoumise. Un accord qui, globalement, ne fait pas l’unanimité au sein du parti socialiste… entre ceux qui le jugent nécessaire en vue du prochain scrutin, et des militants, élus ou responsables qui voient dans ce rapprochement le reniement de plusieurs valeurs clés du socialisme. Éric Menassi est de ceux-là.

« Le principe républicain de laïcité ou la notion de construction européenne sont à mes yeux des choses qui n’entrent pas dans le champ des négociations. Ces points ne sont pas négociables. Dès lors, l’accord avec LFI mettant à mal ces valeurs, je ne m’y reconnais pas le moins du monde ». Ça a le mérite d’être clair même si, du coup, le positionnement au sein du PS de ceux qui adoptent cette analyse reste incertain. « Je me sens aussi mal et serein que lorsque j’ai apporté mon soutien, au second tour, au Président réélu », poursuit Eric Menassi, qui confirme « partager la même analyse que Carole Delga », avec laquelle il a « échangé à plusieurs reprises ». Avant d’ajouter : « Je ne sais pas, à ce stade, quel sera mon avenir au PS ».

Localement, l’accord avec La France Insoumise suscite cependant aussi beaucoup d’espoir dans les rangs socialistes. Présidente du Département, Hélène Sandragné assume pleinement soutenir la démarche. « Je suis une femme d’union », rappelle l’élue, qui a remporté les départementales de 2021 en s’alliant à d’autres forces de gauche. « Bien sûr, les compétences d’un département ne sont pas celles d’un Etat. Mais même à notre échelle, on n’est pas toujours d’accord sur tout ! Nous échangeons, jusqu’à trouver des convergences qui nous font avancer. Je pense être quand même bien placée pour pouvoir dire ce qu’est l’union ! » Or pour la « patronne » de l’Aude, la recette est simple : « Avant de regarder nos différences, concentrons-nous sur ce qui nous rapproche ».

Alix Soler-Alcaraz ne contredira pas Hélène Sandragné. Jeudi 5 mai, dès 19 heures, le premier secrétaire fédéral audois du PS postait sur sa page Facebook un texte détaillant pourquoi il s’apprêtait à voter « en faveur de la proposition d’accord avec les partis de gauche et écologistes ». Une « décision mûrement réfléchie » mais qui, pour sa part non plus, « ne souffre d’aucun état d’âme »« Des considérations locales et personnelles auraient pu m’amener à rechigner ou rejeter cette proposition, car dans l’Aude cet accord nous demande des concessions, en l’occurrence deux circonscriptions avec des candidats de grande qualité ». Mais pour Alix Soler-Alcaraz, « l’enjeu n’est pas seulement là » : d’une part, « les gens ne peuvent se permettre de patienter cinq ans de plus pour bénéficier de mesures en faveur de la justice sociale » ; d’autre part, « le Parti socialiste a rendez-vous avec son histoire, l’occasion de réaffirmer son camp, celui de la gauche ; sa stratégie, l’union de la gauche, qui permet de prendre le pouvoir de manière démocratique ».

« Chaque fois qu’il y a eu par le passé union de la gauche, elle s’est construite autour de valeurs communes et républicaines, estime pour sa part Eric Menassi. Là ce n’est pas une union, c’est une soumission ». Pas assez de socialisme dans le contenu de l’accord ? Hélène Sandragné tempère. « Sur l’Europe par exemple, Eric Andrieu, député européen socialiste, dénonce la PAC depuis des années, mais ce n’est pas pour en sortir ! Le but est au contraire de rester pour la transformer ! La volonté n’est pas de trahir nos principes, mais au contraire de les affirmer au travers d’un projet partagé, dans lequel chacun reste ce qu’il est ». Quant à la place prise par LFI et son leader, la présidente du Département se veut lucide : « Dans l’Aude, Mélenchon a fait 21 %, Hidalgo 3 %. Dans l’Aude encore, le PS a perdu 2 500 militants en cinq ans. Il faut se demander pourquoi ! Nous ne représentons plus cette volonté de transformation sociale : nous devons répondre à nouveau aux besoins du peuple de gauche ».

S. Calmon : « J’ai voté pour l’union sans savoir si je serais retenue »

Lorsque les socialistes audois se sont réunis pour acter ou non du principe de candidatures uniques à gauche, Sophie Calmon y a été immédiatement favorable. « Il était évident qu’il fallait une seule candidature de gauche sur mon secteur », explique celle qui avait déjà été investie comme candidate socialiste aux législatives sur la première circonscription… mais qui, à l’issue de ces rapprochements, aurait pu être priée de se désister au profit d’une autre formation.« J’ai voté pour l’union sans savoir si je serais retenue même si, politiquement, il y avait une possibilité pour une candidature socialiste sur cette circo ». Celle qui avait déjà franchi le barrage de la primaire socialiste se serait pliée à cette nouvelle règle du jeu quelle que soit l’investiture définitive :« Cette étape s’est imposée à nous car ce sont les électeurs qui ont tranché ; même dans notre département, ils ont voté utile ».

Lionel Ormières

Législatives : Martine Aubry appelle le PS à valider l’accord avec La France Insoumise

Martine Aubry souhaite « barrer la voie au projet défendue par Emmanuel Macron » Wikimédia Commons

Elections législatives,  Politique,  France – Monde

Publié le 05/05/2022 à 11:28

https://www.ladepeche.fr/2022/05/05/legislatives-martine-aubry-appelle-le-ps-a-valider-laccord-avec-la-france-insoumise-10276672.php

l’essentielL’ancienne secrétaire du Parti Socialiste Martine Aubry appelle le PS à valider l’accord avec LFI. Elle détaille ses motivations dans un communiqué. 

La maire de Lille et ancienne ministre Martine Aubry a, dans un communiqué, appelé le Parti Socialiste à « valider la proposition d’accord » avec La France Insoumise. Bien que le projet divise fortement au sein du PS, elle souhaite être « au rendez-vous » de ce que « les femmes et les hommes de gauche attendent » pour « barrer la voie au projet défendue par Emmanuel Macron et les candidats(e)s de la République en Marche. »

A lire aussi : Législatives : l’accord LFI-PS peut-il faire imploser le Parti socialiste ?

De son côté, le conseil national du PS doit se réunir dans la soirée pour valider le projet d’adhésion à la « Nouvelle union populaire écologique et sociale ». 

Mon communiqué à la suite du projet d’accord entre le @partisocialiste et @FranceInsoumisepic.twitter.com/0HX8M6YJwc

— Martine Aubry (@MartineAubry) May 5, 2022

Martine Aubry précise également que « les 42% des suffrages exprimés vers l’extrême droite menacent gravement notre démocratie et notre République ».

« Cet accord ne correspond pas en tout point à mes convictions profondes »

Favorable à l’entente mais contre certaines propositions, la maire de Lille écrit que « cet accord ne correspond pas en tous points » à ses « convictions profondes ». Elle affirme notamment avoir quelques « réserves majeures » sur l’Europe, mais se définit comme profondément européenne. 

Elle enchaîne en critiquant le « système de fonctionnement actuel de l’Europe » favorisant « la libéralisation de l’économie » et sans protéger « les plus fragiles exposés aux ravages de la mondialisation ». 

L’ex secrétaire du Parti Socialiste ne manque pas de souligner qu’il faut désormais « se remettre au travail » et « engager la reconstruction et la refondation » du projet du parti pour une « République Sociale, laÏque et démocratique. »

En Ariège, la Nupes bénéficie du retrait du pôle écologiste

Michel Larive peut compter sur une coalition élargie de gauche. Photo DDM, Émile Gaubert.

Politique

Publié le 07/05/2022 à 05:10

l’essentielAprès Florence Cortes, c’est Cyrus Farhanghi, autre investi du pôle écologiste, qui se retire en faveur du député sortant Michel Larive.

https://www.ladepeche.fr/2022/05/07/en-ariege-la-nupes-beneficie-du-retrait-du-pole-ecologiste-10280237.php

La Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) compte, depuis la nuit de jeudi à vendredi, un nouveau membre. Le conseil national du Parti socialiste a entériné l’accord passé avec La France insoumise (LFI), le pôle écologique et le Parti communiste français (PCF). Pour autant, certains des membres du PS local ont décidé de maintenir leur candidature, avec l’appui des leaders des conseils départemental et régional, Christine Téqui et Carole Delga. Martine Froger et Laurent Panifous. « Mon éthique me fait ne pas participer à l’accord national, explique le dernier nommé. Pour tout ceux qui m’ont soutenu et me soutiennent encore, je leur annonce que je serai candidat le 12 juin lors du premier tour des législatives. »

Du côté de la coalition, Michel Larive appuie sur le fait que Mme Froger et M. Panifous « sont dissidents, puisque le PS est à l’intérieur de l’accord national. » Il préfère se féliciter du retrait des deux candidats écologistes, puisque Cyrus Farhangi, investi dans la deuxième circonscription, où M. Larive vise une réélection, a décidé de se retirer. Il ne devrait donc y avoir que trois candidats de gauche dans cette deuxième circonscription: le député sortant, Laurent Panifous (dissident, ex-PS) et Théodora Testard (Lutte ouvrière).

Florent Duprat

Narbonne. D. Godefroid cède la place à Viviane Thivent

La candidate socialiste soutiendra Viviane Thivent. Ch. B.

Elections législatives,  Narbonne

Publié le 07/05/2022 à 05:11

l’essentielC’est bien la candidate écologiste Vivaine Thivent qui portera la candidature de la nouvelle alliance de gauche NUPES sur la deuxième circonscription de l’Aude. Une décision qui fait grincer des dents dans les rangs du PS narbonnais.

Hier matin, le téléphone de Dominique Godefroid n’arrêtait pas de sonner. La candidate PS sur la deuxième circonscription a en effet appris que finalement ce n’était pas elle qui était retenue dans l’accord des partis de gauche. « Les militants sont sidérés. Du jour au lendemain, on découvre que finalement ce n’est plus la 2e circonscription, celle de Blum, qui va aux socialistes mais la 1re », confie-t-elle en regrettant que cela se passe d’une telle manière. Mais pas question de s’appesantir sur son sort. « Le sens de ma candidature était de travailler pour l’intérêt général, de soutenir le combat des femmes et de lutter contre le Rassemblement national et je vais continuer. Je m’inscris dans cette dynamique nationale et j’appelle à rejoindre Viviane Thivent pour qu’on ait une femme députée à l’Assemblée nationale », reprend-elle.

L’ambiance est beaucoup plus mitigée chez les secrétaires de section de la deuxième circonscription qui dans un communiqué commun avec Marie-Hélène Fabre, ancienne députée, déplorent « ces tambouilles politiciennes ». Satisfaits de la première décision confirmant Dominique Godefroid, le revirement a été très brutal. « Nous nous révoltons donc contre ces pratiques d’un autre âge et le favoritisme qui règne au sein des instances socialistes départementales. En effet, force est de constater que les critères qui ont conduit au choix de la première circonscription pour le PS, au détriment de la deuxième, sont on ne peut plus suspects et le mot est faible », déclarent-ils.

Une fracture semble même se dessiner entre Narbonnais et Carcassonnais. « Il semble également que la menace de dissidence qui avait été brandie côté carcassonnais, dans un premier temps, ait pu faire changer de position les responsables fédéraux et certains grands élus, étrangement muets et pourtant concernés par ce choix, par ailleurs. Alors, ce sera à notre tour de réfléchir sérieusement à entrer en dissidence, ou à emprunter massivement la sortie du PS », poursuivent-ils. Une réaction que le premier fédéral juge « exagérée », alors qu’il salue la position « sage et responsable » de Dominique Godefroid.

Caroline Lemaitre

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Législatives 2022 : le PS gersois suit l’accord national, Bernard Ksaz se retire au profit de Pascal Levieux (LFI)

Pascal Levieux (LFI) sera le candidat de la Nouvelle union de gauche dans la 1re circonscription du Gers. DDM – NEDIR DEBBICHE

Elections législatives,  Gers

Publié le 06/05/2022 à 16:31

https://www.ladepeche.fr/2022/05/06/legislatives-2022-le-ps-gersois-suit-laccord-national-bernard-ksaz-se-retire-au-profit-de-pascal-levieux-lfi-10279128.php

l’essentiel

Le PS gersois ayant acté l’accord national avec LFI, Bernard Ksaz ne sera pas candidat aux législatives dans la 1re circonscription, où Pascal Levieux (LFI) portera la Nouvelle union de la gauche.

Après avoir laissé entendre qu’il se retirerait dans la course aux législatives en cas de validation de l’accord LFI-PS, Bernard Ksaz a confirmé ce vendredi 6 mai qu’il ne sera pas candidat dans la 1re circonscription du Gers. Le conseiller départemental depuis 2011 (Gascogne Auscitaine) et président de l’OPH32 avait pourtant préparé sa campagne depuis plusieurs semaines après avoir été désigné comme « délégué » par ses pairs dès le mois de février.

C’était sans compter le premier tour de la présidentielle, qui a largement rebattu les cartes à gauche jusqu’à entraîner une union inédite entre La France Insoumise, Europe Ecologie Les Verts, le Parti Communiste et le Parti Socialiste, qui a entériné l’accord avec LFI dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’issue d’une réunion du Conseil national qui aura duré plus de trois heures.

Bernard Ksaz se range à l’accord validé par le Conseil national du PS. DDM – NEDIR DEBBICHE

Loyal, Bernard Ksaz accepte cette décision et se range aux côtés de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES). « Ma candidature n’a plus de pertinence compte tenu de cet accord, acquiesce-t-il. On ne présentera pas de candidature dissidente comme certains peuvent le faire en Occitanie. Il faut revenir sur les fondamentaux, ce pour quoi on s’engage en politique. Moi, je me suis engagé en politique pour améliorer les gens et ceux qui sont en difficulté. Partant de là, si la base a décidé que c’était le meilleur outil, on va utiliser cet outil pour continuer le travail. »

« Les rencontres bilatérales ont commencé »

Dans la 1re circonscription, la candidature pour la NUPES 32 sera donc portée par l’Insoumis Pascal Levieux, candidat aux élections régionales l’an dernier pour la liste Occitanie Populaire. L’informaticien de 53 ans et militant de la Ligue des droits de l’homme aura pour suppléante Annabel Hemery. « L’objectif est évidemment de ne pas reprendre cinq ans de macronisme avec le représentant local qui est Jean-René Cazeneuve (ce dernier n’a toujours pas confirmé sa candidature, NDLR) », livre l’intéressé.

Dans la 2e circonscription, comme le prévoyait l’accord national, le candidat socialiste David Taupiac voit son investiture confirmée et recevra le soutien du NUPES 32. Le plus dur commence à présent : réunir toutes les forces vives pour battre campagne. « Les rencontres bilatérales ont commencé, le calendrier est calé pour les prochaines heures et jours pour qu’on se rencontre, de manière qu’on soit tous autour de la même table pour lancer la campagne. L’idée principale, c’est d’indiquer à tous les électeurs gersois, quelle que soit la circonscription, que la NUPES se met en place dans le Gers avec tout ce que cela implique en termes de programme et de changement de vie de tous les Gersois », conclut Pascal Levieux.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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