Les plans Ecophyto successifs n’ont pas suffi à réduire de façon draconienne l’usage de produits phytosanitaires.

En cartes : comment a évolué l’utilisation de pesticides dans les communes françaises depuis 2017 ?

Par Romain Imbach et Luc Martinon

Publié le 17 avril 2022 à 11h00 – Mis à jour le 19 avril 2022 à 20h56

FACTUEL

Les plans Ecophyto successifs n’ont pas suffi à réduire de façon draconienne l’usage de produits phytosanitaires. La situation a évolué diversement selon les territoires.

Depuis quatorze ans, la France se donne officiellement l’objectif de réduire rigoureusement sa consommation de produits phytosanitaires. Si l’objectif fait consensus, les débats sont plus âpres sur les moyens d’y parvenir et aucun des trois plans Ecophyto successifs n’a été capable d’enclencher une dynamique de baisse.

Comment mesure-t-on la quantité de pesticides utilisés ?

Les volumes de produits phytosanitaires vendus ne suffisant pas à mesurer les quantités de produits phytosanitaires utilisées, un nouvel indicateur a été mis en place au moment du lancement du premier plan Ecophyto : le nombre de doses unités (NODU). Il combine les quantités vendues et l’efficacité de chaque substance selon les préconisations des fabricants et s’exprime en nombre d’hectares traités. En revanche, il ne tient pas encore compte des traitements des semences enrobées, qui ne sont pas comptabilisées dans la base de données des ventes de produits phytosanitaires.

En excluant les surfaces agricoles bio, ce sont près de 102 millions d’hectares qui ont été traités chaque année entre 2017 et 2019, c’est à dire que chaque hectare de surface agricole a reçu en moyenne 4,16 traitements par an.

Comment a évolué la consommation de produits phytosanitaires depuis 2008 ?

La base de données des ventes de produits phytosanitaires catégorise les substances selon leur niveau de dangerosité estimmé, pour l’homme et l’environnement. Le graphique ci-dessous tient compte de l’ensemble de ces substances et reflète l’intensité de consommation de ces produits depuis 2008 en France.

2008 : lancement d’Ecophyto I

A la suite du Grenelle de l’environnement, et en application d’une directive européenne, la France lance le premier plan Ecophyto, qui vise à diviser par deux le recours aux produits phytosanitaires à l’horizon 2018. Le plan ne comporte pas de mesures contraignantes, ni pour les agriculteurs ni pour les distributeurs de pesticides.

En 2014, un premier constat d’échec

Un rapport parlementaire constate l’échec du plan Ecophyto : le NODU a augmenté de 5 % en six ans. Le député Dominique Potier (PS) émet des recommandations pour un nouveau plan, il suggère notamment une obligation de résultat pour les distributeurs de produits phytosanitaires.

En 2015, lancement du plan Ecophyto II

Ce deuxième plan fixe un objectif de réduction de 25 % d’ici à 2020, puis de 50 % d’ici à 2025. Le plan comporte initialement des mesures contraignantes, mais celles-ci seront attaquées en justice, puis annulées par le Conseil d’Etat, et ne seront donc jamais mises en œuvre.

En 2018, certains aspects du plan renforcés

Le plan Ecophyto II+, qui renforce certains programmes du plan Ecophyto II, est lancé en 2018. Un nouvel objectif est par ailleurs fixé : se passer du glyphosate d’ici à 2020, là encore sans mesures contraignantes.

En 2020, pas de baisse globale par rapport à 2008…

Après douze ans et deux révisions du plan Ecophyto, le nombre total d’hectares traités par des produits phytosanitaires reste 10 % plus élevé qu’en 2008, et aucune dynamique de diminution n’a été enclenchée. Les plans Ecophyto ont, au total, coûté 700 millions d’euros.

… ni de réduction d’utilisation du glyphosate

La consommation de glyphosate, si elle semble toutefois amorcer une légère décrue depuis 2014, est loin d’avoir atteint l’objectif d’une consommation nulle en 2020.A

Sources : Ministère de la transition écologiqueProjet CRATerLe Monde

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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