Des pyréthrinoïdes et du PCB* ont été retrouvés chez la quasi-totalité des femmes enceintes de la cohorte de bio surveillance des polluants organiques Elfe.

Environnement et santé : vers une pléthore de scores ?

Paris, le vendredi 22 avril 2022

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Des pyréthrinoïdes et du PCB* ont été retrouvés chez la quasi-totalité des femmes enceintes de la cohorte de bio surveillance des polluants organiques Elfe.

Chez tous les participants à l’étude Esteban on retrouvait les polluants étudiés (Bisphénols, phtalates, perfluorés, parabènes, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés), présents dans les produits courants. Il en était de même (et davantage) chez les enfants, du fait notamment de contacts buccaux plus fréquents et d’un moindre indice corporel que l’adulte.

Avéré, présumé, suspecté

La loi relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire et à l’économie circulaire (2020) introduit des dispositions relatives à l’information des consommateurs sur la présence de substances dangereuses dans les produits, dont les perturbateurs endocriniens (PE). Différentes parties prenantes ont été consultées sur deux projets de décrets d’application de l’article 13 de cette loi. Le premier prévoit de définir les substances jugées dangereuses, ou « extrêmement préoccupantes » et le deuxième de permettre au public d’identifier la présence de PE dans un produit.

Consulté sur le sujet, le HCSP** souligne son importance, illustrée par la présence de toxiques dans les produits issus du recyclage, notamment des jouets. Il insiste pour que soient intégrées les substances de catégorie B (pour les cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction) ainsi que les propriétés PE « suspectées », à côté des PE avérées et présumées, pour la complète information du public.

Surdose dans l’alimentaire ?

Critiquant la simple création d’une application pour l’accès aux informations (qui touchera les personnes déjà sensibilisées) et jugeant que l’obligation d’information n’est pas assortie d’une sanction assez sévère, le HCSP préconise l’élaboration d’un score de lecture simple, bien visible sur les produits, à l’image du nutriscore.

Mais dans la même loi, l’article 15 prévoit la conception et la mise en place d’un système d’affichage environnemental sur les produits alimentaires, indiquant le respect de l’environnement « à tous point de vue ». Un projet de score environnemental repris par la loi climat et résilience de 2021 … Si la santé publique dépend de l’environnement, s’ils sont liés, comme le montrent les PE à la fois dangereux pour l’une et l’autre, ou les projets One Health, il faut pouvoir les distinguer :  sur les aliments, à côté du nutriscore, un score environnemental qui s’ajouterait à un score de toxicité, nous menacerait de surdose… d’informations.

Une chose est sure, pour l’imprégnation aérienne (perfluorés et retardateurs de flamme) plus le logement est aéré, plus l’imprégnation est faible. Cela, aucun score ne l’indique.  Merci au HCSP de nous rappeler l’importance de nos comportements, et pas seulement d’achat.

* Polychlorobiphényles
**Haut conseil de la santé publique

Dr Blandine Esquerre

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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