Urgences: malgré la hausse des passages aux urgences ces dernières années, les embauches n’ont pas été à la hauteur

Au moins un quart des services d’urgences au bord de la rupture, alerte l’Amuf 

Par L.C. le 19-04-2022 

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Dans un entretien accordé au quotidien La Montagne, la porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France, Emmanuelle Seris, constate que malgré la hausse des passages aux urgences ces dernières années, les embauches n’ont pas été à la hauteur. « 80.000 lits ont été supprimés en vingt ans » alors que la situation se dégradait à vue d’œil. 

Le constat est sans appel : « au moins 25% des services d’urgences en France sont, aujourd’hui, au bord de la rupture », déplore le Dr Emmanuelle Seris, porte-parole de l’Amuf, dans un entretien accordé à La Montagne. Au bord de l’implosion avant l’épidémie de Covid-19, les urgences ont connu en 2019 un vaste mouvement de grève, initié par les personnels à bout de souffle. « Après la pandémie, on se rend compte que les décisions n’ont pas été à la hauteur de ce qui était nécessaire pour combler à la fois les carences en lits et le nombre de soignants insuffisant », juge le Dr Seris.

Nombre de services sont actuellement en grève ou en situation de rupture faute de personnels ou de capacités de soigner leurs patients dans des conditions optimales. C’est le cas notamment à Orléans où les médecins ont entamé un mouvement de grève le 8 avril pour dénoncer les dysfonctionnements qui ont poussé la quasi-totalité du personnel infirmier du service des urgences adultes du CHR à se mettre en arrêt. Partout en France, de nombreux soignants, éprouvés par deux ans de lutte contre le Covid-19, sont en arrêt pour burn-out.

Crise aux urgences d’Orléans : 55 soignants en arrêt, dont la « quasi-totalité » du personnel infirmier

Pour la porte-parole de l’Amuf, « nous sommes arrivés au point de rupture », après un été marqué par des fermetures massives de services. La faute à la faiblesse des politiques publiques menées ces dernières années, estime-t-elle. Face à l’afflux de patients, la praticienne déplore qu’il n’y ait pas eu d’effectifs supplémentaires ni d’ouvertures de lits. « Voici le résultat de 20 ans de politiques visant à créer un système de santé libéral avec, son corollaire, une remise en cause des valeurs d’entraide, de sécurité sociale, d’accès aux soins pour tous et gratuit. On s’oriente vers le système du Royaume-Uni. Une catastrophe sanitaire. »

La porte-parole de l’association avance que « 80.000 lits » ont été supprimés en vingt ans. « Une des conséquences de ces suppressions réside dans la durée de séjours aux urgences. Il y a désormais des secteurs d’hospitalisation aux urgences en raison du manque de lits d’aval… »

Le Dr Seris appelle ainsi à redonner de l’attractivité aux urgences en revalorisation le salaire des paramédicaux, les gardes de nuit et les week-ends pour les médecins, et à rouvrir des lits. Autre souhait : « rendre la parole aux professionnels de terrain ».

[avec lamontagne.fr]

Publié le 20/04/2022

Mes urgences vont craquer

Clermont-Ferrand, le mercredi 20 avril 2022

https://hubtr.newsletter.jim.fr/clic132/6015/1244477/12?k=8bab0b2f8ddfefe33f1995b118148433

– Selon l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), les deux tiers des services d’urgences sont en difficulté et un quart sont au bord de la rupture.

C’est un constat que l’on entend malheureusement de plus en plus souvent dans les discours des professionnels de santé, celui d’un hôpital public qui s’enfonce dans la crise et qui fait face à des difficultés de plus en plus insurmontables. Cette semaine, c’est l’Amuf qui tente d’alerter sur la situation extraordinairement difficile de son secteur. Le Dr Emmanuelle Seris, médecin urgentiste dans le Grand Est et porte-parole de l’Amuf, dresse un état des lieux très sombre de l’état des 474 services d’urgence que compte notre pays dans un entretien accordé au journal La Montagne.

25 % des services d’urgences au bord de la rupture

La situation est bien connue : les médecins urgentistes doivent faire face à un afflux de patients toujours plus important avec toujours moins de personnel et de moyens. Le nombre annuel de passages aux urgences augmente de 15 % chaque année, en raison notamment de la baisse du nombre de médecins généralistes. En parallèle, le nombre d’urgentistes et de lits n’a pas augmenté, bien au contraire. « Il n’y a pas eu d’effectifs supplémentaires, ni d’ajout de lits, voici le résultat de 20 ans de politique visant à créer un système de santé libéral » dénonce le Dr Seris. « Environ 80 000 lits ont été supprimés en 20 ans ».  

Face à cette charge de travail croissante, de nombreux médecins et infirmiers sont à bout. « Aujourd’hui beaucoup de services sont en grève ou en situation de rupture, beaucoup de personnes sont en burn-out ou en arrêt, on constate de l’épuisement, du cumul de tâches par défaut d’effectif » explique la porte-parole de l’Amuf. « Nous sommes arrivé au point de rupture, des services ont été obligés de fermer la nuit ou plusieurs jours ». L’urgentiste prend notamment l’exemple du service des urgences d’Orléans, en grève depuis le 8 avril et où 40 % des soignants s’étaient mis en arrêt de travail fin mars.

Les accords de Ségur insuffisants ?

La situation dégradée des services d’urgences n’est pas nouvelle. En 2019, de nombreux hôpitaux ont été touchés par une grève des urgentistes. Si la pandémie de Covid-19 a mis en lumière ces difficultés, le Dr Seris estime que les décisions des autorités publiques « n’ont pas été à la hauteur ».

Les solutions avancées par l’Amuf ne sont pas nouvelles : il faut augmenter le nombre de lits et les effectifs « afin que les équipes soient mieux dimensionnés » ce qui passe par une revalorisation des salaires. « Avec le Ségur, le salaire des infirmiers est passé de la 26èmeplace en Europe à la 18ème, c’est encore insuffisant » explique le Dr Seris qui demande aussi de « revaloriser les gardes de nuits et les week-ends pour les médecins ».  

La porte-parole de l’Amuf n’est pas très optimiste pour l’avenir et dénonce une « catastrophe sanitaire ». « Il y a actuellement une distorsion importante entre nos valeurs et ce qu’on fait, c’est d’une tristesse totale » conclut-elle amèrement.

Nicolas Barbet

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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