Le rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale de l’éducation, discrédite la création d’une faculté croate de médecine à Orléans, mais confirme la création d’un CHU

A Orléans, un rapport vise la création d’une fac de médecine indépendante à l’horizon 2025   

Par L. C. le 20-04-2022 

https://tracker.egora.fr/u/nrd.php?p=XYBlorZBtz_17317_3868417_1_26&ems_l=3811351&i=1&d=ZmJVSDVKN1RUeDd0TWFuWGolMkYzRzVOQ2JLUGtMbG16c0I5dmVGQXl6aE9tT0MzOUhRUlElMkJ5ZzF4ZE9mUVc2RXBXMHdzMjJNUVBJZEklMkJoQ3RFZkxtRGclM0QlM0Q%3D%7CRW4rQnJlZistK21lcmNyZWRpKzIwK2F2cmlsKzIwMjIrLStUT1VT%7CMjAyMg%3D%3D%7CMDQ%3D%7CMjA%3D%7CMTMwMDY0MTIz%7CWFlCbG9yWkJ0eg%3D%3D%7CNWQ0NjNjMjI2MDFiYzA0MDE%3D%7C&_esuh=_11_fd019cc04547b274f6eccf940689fffcb71b4d5195658853e3088fe71c5da3ba

Commandé par le Premier ministre Jean Castex, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales et de l’Inspection générale de l’éducation, rendu ce mardi 19 avril, recommande la création d’une faculté de médecine à part entière à Orléans à l’horizon 2025. 

Huit millions d’euros sur quatre ans. C’est l’enveloppe prévue par la mission réalisée par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igésr) en vue de transformer l’offre de formation en médecine à Orléans, où le manque de praticiens se fait terriblement sentir depuis plusieurs années déjà.

Le 22 février, le Premier ministre Jean Castex avait lui-même commandé cette mission après avoir été interpellé par les élus qui réclamaient l’augmentation du nombre d’étudiants en médecine formés dans le chef-lieu du Loiret. A ce moment-là, il avait donné son feu vert à l’ouverture d’un nouveau site universitaire de médecine à Orléans, sans préciser s’il s’agirait d’un site indépendant ou d’une antenne de l’université de Tours. 

La mission de l’Igas et de L’igésr devait alors permettre d’évaluer toutes les modalités de cette mise en place. Comme cela avait déjà été annoncé par l’Université d’Orléans à la mi-mars, le premier chantier de cette transformation consiste en l’ouverture de 105 places de Pass* dès la rentrée 2022 à la fac d’Orléans, ainsi que 90 places supplémentaires de LAS**.

Plus de 1000 étudiants déjà candidats à la première année de médecine à Orléans

« Concrètement, ces étudiants seront inscrits administrativement à l’université de Tours car le campus orléanais ne dispose pas encore d’une UFR de santé. Ils suivront également leurs cours à distance, dispensés par Tours. La composante mineure, elle, pourra être suivie sur place ou à distance », précise le quotidien Le Berryqui a consulté le rapport.

L’ouverture d’une PASS à Bourges à la rentrée 2023 est également envisagée par les auteurs du rapport. La création d’une deuxième année de médecine doit être « possible au plus tôt à partir de la rentrée 2023. » A l’horizon 2025, un deuxième cycle doit être mis en place à Orléans grâce à la création d’ »une faculté de médecine de plein exercice », indépendante de celle de Tours. Des stages hospitaliers à l’hôpital devront être proposés.

La question des internes

Concernant le troisième cycle, qui doit à terme voir le jour également à Orléans, la question de l’accueil des internes supplémentaires et leur répartition dans les différents établissements hospitaliers de la région pose encore problème.

L’objectif de ce vaste projet est de porter à 500 le nombre d’étudiants formés chaque année dans la région, contre 300 à l’heure actuelle. Le nombre d’internes doit être porté à 350 d’ici 2022. Au total, le nombre d’étudiants en médecine formés à Orléans passerait d’une centaine en 2021 « à un peu plus d’un millier en 2025 », rapporte France 3 qui se base sur une simulation réalisée par l’Igas.

En 2022, l’enveloppe a été évaluée à 370.000 euros afin d’accompagner l’ouverture des 195 places de première année (Pass et LAS) dès la rentrée prochaine. Un budget de 8 millions d’euros sur quatre ans est avancé. 25 postes d’hospitaliers titulaires et 21 postes de contractuels devront également être créés afin de permettre l’encadrement des étudiants et internes.

Comme l’avait annoncé le président de la région Centre-Val-de-Loire à Egora fin février, le CHR deviendra de fait un centre hospitalier universitaire (CHU). Quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle, cette mission et ce rapport ne peuvent être annulés et engagent l’Etat.

Enfin, le rapport a commenté le projet d’association avec l’université de médecine de Zagreb, le qualifiant « d’incertain ». « Si la volonté des élus est compréhensible eu égard à la situation du territoire […] un tel partenariat conduirait à tendre la situation en termes de terrains de stage, déjà critique, sans que cela puisse être piloté par l’État au niveau déconcentré. La mission considère qu’il convient plutôt de soutenir les acteurs engagés dans le projet de développement de la formation médicale sur Orléans, qui est déjà — notamment concernant les stages, ambitieux. »

[avec France Bleu et France 3]

*Pass : Parcours spécifique accès santé.

**Las : Licence accès santé.

Un rapport d’inspection générale discrédite le projet d’antenne croate de médecine à Orléans

La mission d’inspection générale fixe, à « l’horizon 2025 », la création d’une faculté de médecine pleine et entière à Orléans, à l’issue d’une montée en charge progressive

Par Soazig Le NevéPublié le 20 avril 2022 à 19h14  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/04/20/un-rapport-d-inspection-generale-discredite-le-projet-d-antenne-croate-de-medecine-a-orleans_6123003_3224.html

Comment endiguer la pénurie de médecins qui affecte la région Centre-Val-de-Loire ? Fin février, Jean Castex avait commandé un rapport à l’inspection générale des affaires sociales et à l’inspection de l’éducation, du sport et de la recherche.

Remis au premier ministre, mardi 19 avril, ce document préconise la création progressive d’un cursus de médecine, qui doit être complet à l’horizon 2025. Le rapport détaille les voies et moyens nécessaires pour y parvenir.

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En Centre-Val de Loire, la densité est de 350 praticiens pour 100 000 habitants, soit la plus basse de métropole, et la situation est particulièrement préoccupante en médecine générale, avec 98 médecins pour 100 000 habitants – contre 124 pour 100 000 à l’échelle nationale. Cette situation avait conduit, mi-février, une délégation d’élus locaux et de parlementaires de la région à sommer le gouvernement d’apporter « une réponse forte à la hauteur des enjeux humains et sanitaires ».

La mission d’inspection préconise la création, dès la rentrée de septembre, d’un « département de la formation médicale » pour 105 étudiants de première année, en préfiguration d’une faculté de médecine pleine et entière « à l’horizon 2025 ». Pour préparer l’accueil de 500 étudiants en deuxième année de médecine en 2025 – contre 300 aujourd’hui dans la région –, le rapport prévoit un renforcement des moyens de l’université de Tours (avec 10 à 16 postes d’enseignants hospitalo-universitaires supplémentaires) et la création, « à partir de 2023 », d’un premier cycle de formation à Orléans, doté de 25 postes de titulaires et de 21 contractuels. La mission estime que ce déploiement correspondrait à un coût de « 7,8 millions d’euros supplémentaires à intégrer de manière pérenne ».

« Nous avons été entendus »

Parallèlement, le CHR d’Orléans sera transformé en CHU dès fin 2022, en sus de celui déjà existant à Tours, avec l’appui d’une mission d’accompagnement, confiée à Michel Mondain, ancien doyen de faculté de médecine et à Daniel Moinard, ancien directeur général de centre hospitalier universitaire. Car « le modèle proposé est unique, relève Patrice Diot, le doyen de la faculté de médecine de Tours. Il n’existe aucune région avec deux CHU, deux facultés et une unique subdivision d’internat. » Un schéma que préconisent les inspections générales, soucieuses d’« imposer un dialogue plus constant entre les deux pôles régionaux hospitalo-universitaires ».

Le scénario proposé est « le meilleur qui soit », selon Eric Blond, président de l’université d’Orléans. « J’avais la crainte qu’on aille trop vite, mais nous avons été entendus. Nous travaillerons en bonne intelligence avec la faculté de Tours pour démarrer les trois premières années jusqu’à avoir une faculté, après une évaluation par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, ce qui est un gage de sérieux », expose-t-il.

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Chef de file de la mobilisation des élus, le président du conseil régional, François Bonneau (Parti socialiste), se félicite d’une « avancée historique ». « Nous demandions 500 médecins formés dans la région : ce rapport valide cette trajectoire », souligne-t-il dans un communiqué. « Le cap est donné, salue à son tour Patrice Diot, tout en restant prudent sur l’échéancier. Une faculté en 2025 me paraît peu probable, au regard des moyens alloués : 25 enseignants titulaires, ce n’est pas considérable, car n’oublions pas que les hospitalo-universitaires ont aussi des activités de recherche et de soin. »

Manquements d’ordre juridique

Sans ambages, les inspections générales balaient le projet, lancé fin janvier par le maire d’Orléans, Serge Grouard (Les Républicains), visant à ouvrir une antenne de l’université de Zagreb pour que 50 étudiants du Loiret et de la région, sélectionnés sur concours, se forment à la médecine à la rentrée, au tarif de 12 000 euros l’année. Le rapport relève des manquements d’ordre juridique, puisque l’ouverture de cours ou d’un établissement d’enseignement supérieur pour des formations de médecine n’est possible qu’à condition de disposer d’une convention, approuvée par le ministre chargé de la santé, et d’un agrément conjoint des ministres chargés de l’enseignement supérieur et de la santé. « Un protocole d’accord qui aurait été signé entre l’université de Zagreb et la mairie d’Orléans aurait dû être suivi par la conclusion d’une convention préparée à l’occasion d’un déplacement à Zagreb du 24 au 27 mars. Cette visite n’a toutefois pas donné lieu à la signature de cette convention », acte la mission.

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Outre ces prérequis réglementaires « qui seraient à lever »« un tel partenariat avec l’université de Zagreb conduirait à tendre la situation, en termes de terrains de stage, déjà critique », indique également le rapport.

La question des stages, et surtout de leur encadrement, est un rouage essentiel, alertent les inspections générales qui suggèrent d’anticiper la création de lieux de stages en ambulatoire et dans des établissements de santé hors CHU, comme les hôpitaux de Blois, Montargis (Loiret), Chartres et Bourges, qui ne sont pas habilités à accueillir des internes. Et de prévenir : « Le nombre actuel de maîtres de stage des universités ne suffira pas pour absorber l’augmentation à venir des stages de médecine générale. »

Les urgences d’Orléans toujours dans la tourmente

Le service des urgences du centre hospitalier régional d’Orléans demeure quasiment à l’arrêt. Les patients sont en grande partie réorientés vers d’autres hôpitaux et cliniques, hormis pour les urgences vitales. Depuis le 29 mars, près de 90 % des soignants sont en arrêt-maladie. En cause : « l’état d’épuisement et de mal-être », selon les représentants syndicaux.

Au 20 avril, seuls neuf infirmiers ont repris le travail, sur 80, selon l’équipe médicale. Les médecins urgentistes restent, eux, en grève – ils travaillent sur réquisition – depuis le 8 avril. Parmi leurs revendications : avoir 40 lits libres chaque jour dans l’établissement, pour hospitaliser leurs patients, alors que les urgences sont engorgées faute de places disponibles. « Aucune mesure concrète n’est sur la table », déplore Matthieu Lacroix, le porte-parole des médecins urgentistes.

Soazig Le Nevé

Publié le 22/04/2022

La création d’une faculté de médecine à Orléans confirmée par l’IGAS

Paris, le vendredi 22 avril 2022 –

https://hubtr.newsletter.jim.fr/clic132/6039/1244477/17?k=8bab0b2f8ddfefe33f1995b118148433

Fin février, Jean Castex annonçait la création d’une faculté de médecine à Orléans et la transformation du CHR en CHU. Il chargeait parallèlement l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) d’un rapport sur la faisabilité du projet, qui n’était donc pas aussi certain d’aboutir que les déclarations du premier ministre pouvaient le laisser penser.  

Mais dès le préambule de son rapport, l’IGAS semble favorable à cette nouvelle faculté. L’institution souligne ainsi l’urgence d’agir alors que le Centre-Val de Loire est le premier « désert médical » de France métropolitaine et que seuls 2,8 % des internes y sont affectés alors que la région représente 4 % de la population française. L’IGAS met également en lumière le fait que le Centre-Val de Loire se caractérise par « un très fort taux de fuite entre le 2e et 3e cycle ».Pire, une fois le DES fini, 42 % des jeunes diplômés décident de s’installer en dehors de la région, « le plus fort taux national ».

Aussi, l’IGAS soutient l’initiative gouvernementale de créer dès la rentrée prochaine, 105 places de PASS et 90 places de L.AS à l’université d’Orléans.  Pour cette première année les cours de PASS seront dispensés en visio à Orléans, en direct de la fac de Tours, Orléans sera alors une antenne de Tours et non une faculté de plein droit. Pour l’avenir, l’IGAS recommande de recruter 25 postes d’hospitalo-universitaires (HU) titulaires et 21 postes de HU non titulaires d’ici à 2025, pour qu’Orléans devienne un véritable CHU. Les recrutements pourraient commencer dès cette année « quitte à les pourvoir dans un premier temps par des personnels contractuels ».

Aujourd’hui Orléans, demain Bourges ?

Le nombre de futurs médecins formés chaque année devrait augmenter jusqu’en 2025, pour atteindre 550 dans la région, contre 300 à l’heure actuelle. « Ainsi, en 2025, 30 % dunumerus apertus de la région serait alloué à Orléans, et 1 028 étudiants pourraient étudier la médecine (sur l’ensemble du premier cycle) sur le site d’Orléans, contre 96 en 2021 (comptant les étudiants PASS et de L.AS) », détaille l’Igas, qui anticipe même la possibilité « d’ouvrir un PASS à Bourges à la rentrée 2023 ».

L’IGAS propose également « d’améliorer la répartition des internes sur le territoire régional tout en assurant la qualité de leur formation » et de mieux répartir les internes entre CH et CHU.

La facture totale du projet est estimée à 7,8 millions d’euros d’ici à 2025.

Une autre mission sera chargée de régler plus avant les détails de la fondation de cette nouvelle fac de médecine.

Emmanuel Haussy

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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