Fondation Hugot – Collège de France
17 Février 2017
Deux cours prononcés au Collège de France par Alain Supiot : le premier s’intitulait « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres » (2012) et le second « Les figures de l’allégeance » (2013
La gouvernance par les nombres est le titre d’un livre paru chez Fayard en 2015, qui rend compte d’une série de deux cours prononcés au Collège de France par Alain Supiot : le premier s’intitulait « Du gouvernement par les lois à la gouvernance par les nombres » (2012) et le second « Les figures de l’allégeance » (2013). Chapitré et illustré, le film La gouvernance par les nombres, tiré du livre, est la résultante d’un long entretien avec le professeur Supiot.
Exposé synthétique divisé en sept chapitres, il permet d’accéder avec fluidité au déroulement d’une pensée complexe qui nous ouvre les portes de l’histoire du Droit et du mode de gouvernement des hommes. Nous découvrons comment le droit a toujours participé, avec l’art et la science, de l’imaginaire des hommes, véritable lien entre le réel et l’idéal, qui porte les civilisations. Mais l’imaginaire industriel a fait son temps, et nous entrons aujourd’hui pleinement dans l’ère de l’imaginaire cybernétique, qui répond au vieux rêve occidental d’une harmonie fondée sur le calcul. Un discours qui vise la réalisation efficace d’objectifs mesurables plutôt que l’obéissance à des lois justes, ne laissant aux hommes, ou aux États, d’autre issue que de faire allégeance à plus fort qu’eux, au mépris du droit social. Véritable manifeste contre le Marché total et les usages normatifs de la quantification économique, ce film est un formidable outil pédagogique qui nous permet de pénétrer dans les arcanes du droit, les dysfonctionnements qui frappent l’Europe, et de mieux comprendre les soubresauts institutionnels qui bouleversent notre époque.
https://www.youtube.com/watch?v=xeG-azZ41f8&list=PLwl60Z8ihqF48o9Z3QYoHaAAlgHB0CcWx
Commentaire Devailly Jean-Pascal
C’est un intense plaisir intellectuel d’entendre Supiot remettre le management et la comptabilité à une place trop souvent négligée dans la construction de la réalité et trop méprisée par les médecins au risque de se tromper d’ennemi.
La critique du mauvais management est légitime, salutaire, vitale mais ne doit pas amener à une confusion des fins et des moyens.