« À Metz, les « divas » de l’hôpital réclament la tête de leur directrice »
Date de publication : 7 avril 2022 Le Point fait savoir que « plus de 1500 soignants ont déjà signé la pétition lancée sur la plateforme change.org par «l’association d’alerte et assistance pour les praticiens de l’hôpital public», afin de réclamer «le départ» de la directrice du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville (Moselle), Marie-Odile Saillard ».
Le magazine explique : « «Nous sommes tous capricieux. Les médecins le sont particulièrement, ce sont des divas.» Cette petite phrase, glissée au cours d’une interview accompagnant la diffusion, le 16 mars, d’un documentaire de France 3 traitant des difficultés du service public hospitalier, est à l’origine de cette bronca ».
Le Point note que « le hashtag #jesuisunediva crépite depuis sur les réseaux sociaux tandis que la communauté hospitalière de Moselle ne parle plus que de cela. […] Un urgentiste a posté sur [Twitter] la photo de son lit de garde, avec ses lattes manquantes et son matelas taché et lacéré tandis qu’un de ses confrères évoque ses vacations interminables, photo de son plateau-repas à l’appui : «Je suis une diva, je mets du sel dans mes pâtes et de la mayo sur mes œufs durs», grince-t-il ».
Le magazine observe que « l’association à l’origine de la pétition, qui regroupe une centaine de médecins et plus de mille soignants, parle de «mépris infligé à une communauté hospitalière en grande souffrance» ».
Le Dr Jean-Marc Pérone, chef du service d’ophtalmologie, déclare ainsi que « les gens se sentent maltraités », évoquant « un management brutal et agressif, fonctionnant par la peur et l’intimidation », qui « épuise les équipes ».
« Comme ses collègues et les signataires de la pétition, ce chirurgien estime que la directrice, à ce poste depuis 7 ans, «doit partir» », note Le Point.
Un anesthésiste observe : « On était non seulement pressurés, nous sommes à présent insultés. Je crains le jour où nous serons nous-mêmes soignés par l’hôpital public. C’est affolant ».
Le Point relève que de son côté, « Marie-Odile Saillard estime s’être «fait piéger» par le journaliste de France 3, qui a «découpé un petit morceau de son propos »».
La directrice indique : « J’ai utilisé ce terme (de diva, NDLR) de manière un peu taquine, mais tout à fait amicale. Ce n’était pas une insulte et si j’ai pu heurter qui que ce soit, j’en suis sincèrement désolée. […] J’ai simplement voulu dire que le raisonnement de certains médecins était marqué parfois d’une certaine impatience. Rien de plus. Visiblement, ils ne l’ont pas lu comme ça et je le regrette. […] Je suis parfois un peu cash, je parle sans langue de bois, mais personne ne peut douter de mon engagement et de ma sincérité ».