Résumé par les décodeurs du « Monde »: les 12 candidats

En résumé, ce qu’il faut savoir sur les 12 candidats à la présidentielle

De Yannick Jadot à Eric Zemmour, en passant par Nathalie Arthaud ou Valérie Pécresse, retrouvez les propositions des candidats à l’élection des 10 et 24 avril. 

Par Maxime Vaudano et Adrien Sénécat

Publié hier à 14h40, mis à jour à 10h17

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwj23ZWB6YH3AhUsxoUKHfc3CdwQFnoECAkQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fles-decodeurs%2Farticle%2F2022%2F04%2F06%2Fen-resume-ce-qu-il-faut-savoir-sur-les-12-candidats-a-la-presidentielle_6120876_4355770.html&usg=AOvVaw0r9DKR5h8RvnFu2bi-Qcfs

Avant le premier tour du scrutin, le dimanche 10 avril, Les Décodeurs font le point sur le parcours, les propositions et le patrimoine des douze candidats.

Cliquez sur un(e) candidat(e) pour accéder directement à sa fiche :

Nathalie Arthaud

52 ans

Soutenue par Lutte ouvrière (LO)

Qui est-elle ?

Engagée dès la fin des années 1980 à LO, Nathalie Arthaud a succédé à Arlette Laguiller en tant que cheffe de file du mouvement en 2008. Sur le plan professionnel, elle est enseignante, titulaire d’une agrégation d’économie et de gestion.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Conseillère municipale de Vaulx-en-Velin (de 2008 à 2014)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

L’intéressée résume l’objet de sa candidature sur son site Internet : « Je le dis d’emblée, je ne vise pas l’Elysée. Je ne me présente pas avec un programme de gouvernement parce que je ne veux pas être une gestionnaire de ce système qui ne fonctionne bien que pour les riches, je me bats pour le renverser ! »

Les grandes priorités de son programme

  • Fixer la retraite à 60 ans
  • Fixer les salaires, retraites et pensions à un minimum de 2 000 euros net
  • Permettre aux migrants de s’installer librement en France

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Patrimoine et revenus

Son patrimoine, évalué à 218 888 euros, se limite à un appartement de Seine-Saint-Denis, dont elle détient 50 %, ainsi que quelques comptes épargne et une voiture. Côté revenus, elle déclare de 20 000 à 30 000 euros annuels pour son emploi de professeure agrégée (à temps partiel). 

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Eric Zemmour

63 ans

Soutenu par Reconquête !, Via et le Centre national des indépendants et paysans

Qui est-il ?

Journaliste et polémiste au Figaro depuis 1996, Eric Zemmour se fait connaître pour ses interventions à la télévision et à la radio à partir des années 2000, d’abord sur i-Télé, puis France 2, RTL, Paris Première et CNews. Il construit cette deuxième carrière sur des prises de position conservatrices radicales, comme son essai antiféministe Le Premier Sexe (2006) ou son brûlot aux accents révisionnistes Le Suicide français (2014).

Cette campagne présidentielle est une première pour le journaliste. Convaincu de dresser les bons « constats» sur la société français depuis des décennies, sans que la classe politique ne s’en saisisse, Eric Zemmour se pense désormais légitime à « passer à l’action»

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Aucun.

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Eric Zemmour a longuement entretenu un faux suspense sur son entrée en campagne, multipliant de septembre à novembre 2011 les réunions publiques autour de son livre-projet La France n’a pas dit son dernier mot (Rubempré, 2021). Cette période lui a permis d’engranger les soutiens et de crédibiliser son entrée dans la vie politique, grâce à des sondages flatteurs, où il a virtuellement dépassé la barre des 10 % d’intentions de vote dès la fin 2021.

Tout l’enjeu de sa campagne officielle, démarrée début décembre, est de transformer cette candidature théorique en un réel mouvement politique. Un parti, Reconquête !, a été lancé et des cadres du Rassemblement national ont été débauchés, jusqu’à Marion Maréchal, la nièce de Marine Le Pen. 

Le contexte international a perturbé la campagne d’Eric Zemmour. Du fait de la guerre en Ukraine, le candidat s’est vu rappeler ses déclarations pro-Poutine des dernières décennies. Il a également tenu des propos controversés sur l’accueil des réfugiés ukrainiens, craignant qu’ils ne « déstabilise[nt] la France » et préférant qu’ils « soient en Pologne ».

La campagne d’Eric Zemmour a également été marquée par deux décisions de justice. Il y a d’abord eu le 17 janvier une condamnation pour provocation à la haine raciale, visant des propos sur les migrants mineurs isolés tenus en septembre 2020 sur CNews (il a fait appel). Puis une seconde pour contrefaçon de droit d’auteur, pour avoir utilisé des extraits de vidéos sans autorisation dans son clip de candidature.

Les grandes priorités de son programme

  • Organiser un grand référendum sur l’immigration, la sécurité et la justice
  • Supprimer le droit au regroupement familial
  • Faire de l’Union européenne une « Europe des nations»
  • Baisser les impôts de production de 30 milliards d’euros par an
  • Diminuer les cotisations salariales pour donner un « 13e mois» aux travailleurs modestes 
  • Relancer la filière nucléaire
  • Mettre en place un « patrie-score» pour l’origine des produits
  • Relever l’âge du départ à la retraite à 64 ans et augmenter les petites retraites
  • Interdire le voile dans l’espace public

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Patrimoine et revenus

Eric Zemmour est le deuxième candidat le plus fortuné, avec un portefeuille immobilier d’une valeur totale de 2,6 millions d’eurosSa déclaration d’intérêts montre aussi que les années écoulées ont été fructueuses pour le journaliste, du fait de ses interventions sur Paris Première et CNews. Il s’est ainsi versé 500 000 euros via sa société Rubempré pour la seule année 2020.

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Fabien Roussel

52 ans

Soutenu par le Parti communiste français (PCF), le Mouvement républicain et citoyen, le Parti radical de gauche et la Nouvelle Gauche socialiste

Qui est-il ?

Après une première carrière de journaliste, Fabien Roussel s’est engagé dans la vie politique au sein du PCF. 

Il décroche son premier mandat en 2014, comme conseiller municipal de Saint-Amand-les-Eaux (Nord).

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Député du Nord (depuis 2017)
  • Secrétaire général du PCF (depuis 2018)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Le PCF ayant soutenu Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017, la dernière candidature communiste à l’élection présidentielle remontait à 2007, quand Marie-George Buffet avait récolté 1,9 % des voix. L’un des enjeux de la campagne de Fabien Roussel était donc de convaincre que son parti apportait une voix différente de La France insoumise dans le débat public.

Le candidat communiste a fait entendre un discours dissonant, dénonçant une gauche écologiste jugée urbaine et déconnectée de la vie des classes populaires, assumant un discours sécuritaire dur et se faisant le chantre de « traditions » françaises comme le steak-frites et la chasse.

L’image du candidat a été écornée par l’ouverture d’une enquête pour emploi fictif concernant son activité d’assistant parlementaire d’un député communiste, Jean-Jacques Candelier, entre 2009 et 2014. Dans cette affaire, révélée par Mediapart, Fabien Roussel est accusé d’avoir été rémunéré pour cet emploi jugé « pas trop net », selon les mots de son employeur de l’époque. Ce que M. Roussel conteste.

Les grandes priorités de son programme

  • Augmenter les salaires et les pensions : smic à 1 500 euros net, aucune retraite inférieure à 1 200 euros
  • Créer un droit universel à l’emploi
  • Revenir à la retraite à 60 ans 
  • Baisser les factures d’énergie de 30 % et baisser les taxes sur les carburants 
  • Créer un revenu étudiant de 850 euros par mois
  • Créer 500 000 postes dans les services publics

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Patrimoine et revenus

Le patrimoine du député du Nord s’élève à 316 484 euros : il est propriétaire ou copropriétaire de deux maisons. Ses revenus proviennent exclusivement de ses mandats, pour un montant d’environ 75 000 euros par an en moyenne.

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Valérie Pécresse

54 ans

Soutenue par Les Républicains, l’Union des démocrates et indépendants et les Centristes

Qui est-elle ?

Enarque et haut fonctionnaire, Valérie Pécresse commence sa carrière politique comme conseillère de Jacques Chirac, en 1998. Plusieurs fois ministre sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, elle s’empare de la présidence de la région Ile-de-France en 2015.

En désaccord avec la ligne jugée trop droitière de LR sous la présidence de Laurent Wauquiez, elle quitte le parti pour lancer son propre mouvement, Libres !, en 2019.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Présidente de la région Ile-de-France (depuis 2015)
  • Ministre de l’enseignement supérieur (2007-2011)
  • Ministre du budget et porte-parole du gouvernement (2011-2012)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

A l’automne 2021, Valérie Pécresse reprend sa carte des Républicains pour participer à la primaire organisée par le parti. Elle défie les pronostics et remporte l’investiture à l’issue d’un duel serré avec Eric Ciotti. 

Le scrutin est toutefois entaché de soupçons de manipulations. Parmi les nouveaux adhérents LR qui ont voté, le quotidien Libération a ainsi découvert de nombreux militants fictifs ou morts, et même un chien, ce qui suggère une opération visant à « gonfler le corps électoral »Mediapart a aussi raconté comment un proche de Mme Pécresse avait joué le rabatteur pour inciter des électeurs étrangers, d’origine chinoise, à s’inscrire pour voter pour elle à la primaire.

Les semaines suivant la désignation de la candidate lui ont été plutôt favorables, mais les derniers mois ont été plus délicats. Mme Pécresse a cherché un point d’équilibre entre une position centriste, proche d’Emmanuel Macron, et des propositions plus droitières, sous la pression d’Eric Zemmour et d’Eric Ciotti, qui a pesé dans sa campagne après son très bon score à la primaire. En février, elle a été vivement critiquée pour avoir repris le lexique de l’extrême droite, en parlant de « grand remplacement » et de « Français de papiers »

Les grandes priorités de son programme

  • Repousser l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans
  • Conditionner le revenu de solidarité active (RSA) à quinze heures d’activité par semaine
  • Supprimer le droit du sol automatique et instaurer des quotas d’immigration
  • Augmenter les petits salaires de 10 %
  • Défiscaliser les successions jusqu’à 200 000 euros
  • Supprimer 200 000 postes de fonctionnaires, mais en créer 50 000 dans des secteurs prioritaires (comme la santé)
  • Construire six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR
  • Supprimer la redevance audiovisuelle

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Patrimoine et revenus

D’après sa déclaration de patrimoine, elle est la plus fortunée des douze candidats : le patrimoine qu’elle détient avec son mari s’élève à 10,7 millions d’euros. Elle a par ailleurs déclaré un revenu moyen annuel de 58 306 euros sur les cinq dernières années.

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Philippe Poutou

55 ans

Soutenu par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA)

Qui est-il ?

Philippe Poutou a été ouvrier à l’usine Ford de Blanquefort en Gironde. Il est au chômage depuis la fermeture du site et son licenciement économique, en 2019.

Militant trotskiste dès les années 1980, il a été délégué CGT au sein de son usine. 

Il a déjà été candidat du NPA aux présidentielles de 2012 (1,2 % des voix) et 2017 (1,1 %). Il siège également dans l’opposition municipale à Bordeaux depuis 2020.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Conseiller municipal de Bordeaux (depuis 2020)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

En 2017, Philippe Poutou s’était fait remarquer lors du débat à 11 candidats, interpellant François Fillon (« Que des histoires ! Plus on fouille, plus on sent la corruption ») et Marine Le Pen « qui se dit antisystème [mais] se protège grâce aux lois du système, grâce à l’immunité parlementaire ».

En 2022, il a déploré l’absence de débat entre les douze candidats : « C’est là où il y a des vérités qui peuvent sortir, quand même. »

Les grandes priorités de son programme

  • Exproprier les grandes entreprises 
  • Lancer un plan de sobriété énergétique
  • Fixer le Smic à 1 800 euros net
  • Créer un revenu d’autonomie pour les 18-25 ans à 75 % du Smic
  • Passer à la semaine de 32 heures sur quatre jours
  • Fixer la retraite à 60 ans
  • Passer au scrutin proportionnel intégral à toutes les élections

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Patrimoine et revenus

Avec 121 589 euros, il est le moins fortuné des candidats. Il déclare une Peugeot 308 et 50 000 euros sur son compte courant (provenant principalement de son indemnité de licenciement).

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Marine Le Pen

53 ans

Soutenue par le Rassemblement national (RN)

Qui est-elle ?

Après une brève carrière d’avocate, Marine Le Pen entre en 1998, année de ses 30 ans, au service juridique du Front national, dirigé à l’époque par son père, Jean-Marie. Elle commence alors son ascension politique dans l’ombre de celui-ci, jusqu’à reprendre les rênes du parti début 2011. 

2022 marque sa troisième campagne présidentielle. Troisième du premier tour avec 17,9 % des voix en 2012, Marine Le Pen parvient à se qualifier pour le second tour en 2017, avec 21,3 % des suffrages. Mais son débat raté face à Emmanuel Macron et son score final de 33,9 % ternissent largement ce relatif succès.

Marine Le Pen est toujours mise en examen dans l’affaire des assistants parlementaires pour « abus de confiance» et « détournements de fonds publics». Dans ce dossier, qui touche également à divers degrés La France insoumise et le MoDem, le RN est accusé d’avoir employé de manière fictive des assistants parlementaires pour le compte de ses eurodéputés.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Députée du Pas-de-Calais (depuis 2017)
  • Présidente du Front national puis du Rassemblement national (de 2011 à 2021)
  • Députée européenne (de 2004 à 2017)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Les premiers mois de campagne de Marine Le Pen ont été bousculés par l’irruption d’Eric Zemmour sur la scène politique, qui a débauché plusieurs cadres du RN : Gilbert Collard, Nicolas Bay et même Marion Maréchal, sa propre nièce

Le déclenchement de la guerre en Ukraine a mis en lumière les positions complaisantes de Marine Le Pen vis-à-vis de Vladimir Poutine ces dernières années. Mais la candidate du RN a paradoxalement profité de cette situation en se démarquant de son rival à l’extrême droite Eric Zemmour sur l’accueil des réfugiés ukrainiens, et en insistant sur le volet social de son projet.

Les grandes priorités de son programme

  • Organiser un référendum sur l’immigration
  • Baisser la TVA sur les produits énergétiques de 20 % à 5,5 %
  • Exonérer de cotisations les salaires jusqu’à trois fois le smic
  • Exonérer les moins de 30 ans d’impôts sur le revenu ou sur les sociétés
  • Renationaliser les autoroutes et privatiser l’audiovisuel public
  • Instaurer le référendum d’initiative citoyenne
  • Instaurer la proportionnelle aux élections législatives
  • Lancer un plan d’urgence pour la santé de 20 milliards d’euros 

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Patrimoine et revenus

Marine Le Pen dispose d’un patrimoine immobilier d’environ 1,3 million d’euros, constitué de parts dans plusieurs biens immobiliers en France. Ses revenus sont exclusivement le fruit de ses activités politiques : députée (70 000 euros annuels environ), conseillère départementale du Pas-de-Calais (20 000 euros) et présidente du RN (60 000 euros).

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Yannick Jadot

54 ans

Soutenu par Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Génération écologie, Génération·s, le Mouvement des progressistes et Les Nouveaux Démocrates

Qui est-il ?

Yannick Jadot commence sa carrière comme militant associatif, dans le mouvement altermondialiste, puis au sein de l’ONG écologiste Greenpeace. 

Il adhère au parti Les Verts en 1999, mais ne s’engage pleinement en politique qu’en 2008. Il est élu député européen sous les couleurs d’EELV l’année suivante.

En 2016, il remporte la primaire écologiste en vue de l’élection présidentielle, mais renonce finalement à sa candidature et soutient le socialiste Benoît Hamon.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Député européen (depuis 2009)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Après avoir tenté en vain un rapprochement avec les autres candidats de gauche, il se déclare à l’été 2021. Il est désigné candidat d’EELV après une victoire de justesse à la primaire écologiste à l’automne.

Le début de sa campagne est marqué par des tensions avec Sandrine Rousseau, la finaliste de la primaire, qui regrette que ses idées et ses troupes ne soient pas davantage prises en compte. Elle est finalement exclue de l’équipe de campagne. 

Yannick Jadot concentre une partie de ses forces à attaquer le bilan écologique d’Emmanuel Macron, qui n’a selon lui « rien fait » sur le sujet, mais peine à installer le thème de l’écologie dans la campagne.

La guerre en Ukraine accentue ses divergences avec Jean-Luc Mélenchon, dont il critique la complaisance à l’égard du régime de Vladimir Poutine, mais aussi les positions sur la Chine ou l’Europe.

Les grandes priorités de son programme

  • Sortir progressivement du nucléaire et atteindre le 100 % d’énergies renouvelables en 2050
  • Interdire la vente de véhicules thermiques neufs en 2030 et investir dans le vélo et le train
  • Passer au septennat non renouvelable et instaurer le scrutin proportionnel aux législatives
  • Mettre fin à l’élevage industriel en dix ans
  • Instaurer un impôt de solidarité sur la fortune climatique
  • Augmenter le smic de 10 %
  • Légaliser le cannabis

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Patrimoine et revenus

Selon sa déclaration, il dispose de 411 760 euros de patrimoine, principalement constitué d’avoirs bancaires et d’une assurance-vie. Son mandat de député européen lui assure des revenus de 108 900 euros brut par an.

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Anne Hidalgo

62 ans

Soutenue par le Parti socialiste (PS)

Qui est-elle ?

Anne Hidalgo est initialement inspectrice du travail. Elle prend sa carte au PS dans les années 1990 et travaille dans plusieurs cabinets ministériels du gouvernement Jospin.

Elue conseillère municipale à Paris pour la première fois en 2001, elle succède au socialiste Bertrand Delanoë comme maire de Paris en 2014, avant d’être réélue en 2020.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Maire de Paris (depuis 2014)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Après avoir mûri l’idée d’une candidature pendant tout le quinquennat Macron, Anne Hidalgo s’est déclarée en septembre 2021. Soutenue par la direction du PS, elle a reçu l’investiture du parti après un vote interne des militants, remporté à 72 % en octobre 2021 face à l’ex-ministre Stéphane Le Foll. 

Elle a tenté en vain d’organiser une primaire de la gauche, puis un temps songé à participer à la Primaire populaire, avant d’y renoncer face aux fins de non-recevoir opposées par les autres principaux candidats de gauche.

Sa campagne a été longtemps perturbée par la concurrence d’autres candidatures sur le créneau social-démocrate, comme Arnaud Montebourg et Christiane Taubira, et par l’éventualité d’une candidature de François Hollande. 

L’abandon de ces trois prétendants n’a pas pour autant mis fin à ses difficultés, car elle a toujours peiné à s’imposer face à ses autres rivaux de gauche, Yannick Jadot, Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon.

Les grandes priorités de son programme

  • Augmenter le smic de 15 %
  • Augmenter le minimum vieillesse à 1 000 euros net et le minimum contributif à 12 000 euros net 
  • Atteindre 100 % d’énergies renouvelables aussi rapidement que possible
  • Sanctuariser la retraite à 62 ans
  • Rétablir l’impôt sur la fortune pour financer la transition écologique 
  • Baisser l’impôt sur les successions pour 95 % des Français, l’augmenter pour les grands patrimoines 
  • Augmenter la rémunération des enseignants 
  • Créer un minimum jeunesse à partir de 18 ans sous conditions de ressources

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Patrimoine et revenus

Elle est propriétaire d’une maison dans la capitale estimée à 1,4 million d’euros, dont elle détient la moitié des parts. Pour le reste, ses revenus viennent exclusivement de son mandat de maire de Paris, soit environ 55 000 euros par an « après le prélèvement à la source ».

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Emmanuel Macron

44 ans

Soutenu par Soutenu par La République en marche, Agir, Horizons, le Modem et le Parti radical

Qui est-il ?

Enarque, inspecteur des finances, ancien sympathisant de Jean-Pierre Chevènement puis du Parti socialiste, il se fait remarquer en 2007, comme rapporteur de la commission Attali, nommée par Nicolas Sarkozy pour formuler des propositions pour « libérer la croissance française».

Il se met ensuite en disponibilité de la fonction publique pour devenir banquier d’affaires à la banque Rothschild & Co, où il s’occupe pendant quatre ans de plusieurs dossiers de fusion-acquisition.

Il revient dans le public en 2012, comme secrétaire général adjoint de l’Elysée du président socialiste François Hollande. Il passe de l’ombre à la lumière en 2014, lorsqu’il est nommé ministre de l’économie. Puis il fonde son propre mouvement, En marche ! et est élu président de la République en 2017 à l’issue d’un duel de second tour contre Marine Le Pen.

Son quinquennat est marqué par de multiples crises : l’affaire Benalla, le mouvement des « gilets jaunes», le conflit social autour de la réforme des retraites, la pandémie et la guerre en Ukraine. Le président sortant peut se targuer de certains succès économiques, avec une baisse du chômage, une hausse du pouvoir d’achat et une augmentation de l’attractivité de la France. Ses opposants dénoncent toutefois ses choix fiscaux, comme la suppression de l’impôt sur la fortune, l’insuffisance de sa politique environnementale, ainsi que des positions sur la sécurité et la laïcité plus dures que prévu par son programme.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Secrétaire général adjoint de l’Elysée sous François Hollande (2012-2014)
  • Ministre de l’économie (2014-2016)
  • Président de la République (depuis 2017)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Emmanuel Macron est entré dans l’arène très tardivement, en se déclarant candidat le 3 mars. Il a mené une campagne minimaliste, avec peu de déplacements et de meetings. 

Invoquant le poids de ses responsabilités vis-à-vis du conflit en Ukraine et le risque d’une « foire d’empoigne », il a refusé de se plier à l’exercice du débat avec ses onze adversaires du premier tour.

Son positionnement politique de 2022 penche beaucoup plus à droite qu’en 2017. Son programme pour un second quinquennat, très succinct, puise abondamment dans les mesures-phares de Valérie Pécresse.

Sa fin de campagne est marquée par la polémique sur le recours massif de son gouvernement aux cabinets de conseil, notamment à celui de McKinsey, dont il est réputé proche.

Les grandes priorités de son programme

  • Augmenter l’âge légal de départ à la retraite à 65 ans
  • Verser les aides sociales à la source, mais conditionner le RSA à quinze heures d’activité par semaine
  • Augmenter le salaire des enseignants en contrepartie de l’élargissement de leurs missions
  • Augmenter la prime pouvoir d’achat jusqu’à 6 000 euros
  • Instaurer un grand débat permanent avec les citoyens
  • Introduire une dose de proportionnelle pour les élections législatives
  • Durcir l’accès aux titres de séjour
  • Alléger les droits de succession
  • Construire de nouvelles centrales nucléaires
  • Supprimer la redevance audiovisuelle

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Patrimoine et revenus

D’après sa déclaration, son patrimoine s’élève à 675 257 euros. Une somme qui n’a guère progressé au cours du quinquennat, malgré un revenu moyen de 180 000 euros par an. Comme en 2017, le faible niveau de son patrimoine a suscité beaucoup de questions et de rumeurs. Si le président se refuse toujours à livrer des explications détaillées sur le sujet, on peut rappeler que son patrimoine a été contrôlé par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui affirme n’avoir détecté aucune irrégularité.

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Nicolas Dupont-Aignan

61 ans

Soutenu par Debout La France (DLF)

Qui est-il ?

Enarque, Nicolas Dupont-Aignan a été administrateur civil, puis a travaillé pour plusieurs cabinets ministériels. Membre du RPR (l’ancêtre du parti Les Républicains), il est élu maire d’Yerres (Essonne) pour la première fois en 1995.

Le tournant de sa carrière politique se situe dans la foulée de l’élection présidentielle de 2007. Nicolas Dupont-Aignan quitte alors la majorité pour fonder son parti Debout La République. Après un premier score modeste à la présidentielle de 2012 (1,79 %), il récolte 4,7 % en 2017. Au second tour, face à Emmanuel Macron, il soutient alors Marine Le Pen, qui promet d’en faire son premier ministre. Cette alliance ne survit toutefois pas à la défaite de la candidate frontiste.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Député de l’Essonne (depuis 1997)
  • Maire d’Yerres (Essonne, de 1995 à 2017)
  • Président de Debout la France (depuis 2008) 

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Les candidatures concurrentes d’Eric Zemmour et Marine Le Pen compliquent la donne pour le candidat de Debout la France, affaibli par la fuite de nombreux cadres chez ses deux rivaux d’extrême droite. Comme à son habitude, le député a tenté de susciter plusieurs polémiques pour tenter d’attirer l’attention sur sa campagne. D’abord en s’opposant au passe vaccinal, combat qui a suscité le ralliement de Florian Philippot, puis en dénonçant une élection « truquée ».

Il assure n’envisager aucun ralliement pour le second tour, contrairement à 2017.

Les grandes priorités de son programme

  • Réduire fortement l’immigration, suspendre le droit du sol et le regroupement familial
  • Créer un référendum d’initiative citoyenne à partir de 500 000 signatures
  • Augmenter les salaires de 8 % 
  • Supprimer définitivement tout passe sanitaire ou vaccinal
  • Diviser par deux l’impôt sur les sociétés

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Patrimoine et revenus

Troisième candidat le plus fortuné, Nicolas Dupont-Aignan est principalement un investisseur immobilier, avec un patrimoine de l’ordre de 2,2 millions d’euros. Côté revenus, il vit essentiellement de son indemnité de député (70 000 euros par an) et de celle de conseiller municipal (7 500).

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Jean Lassalle

66 ans

Soutenu par Résistons

Qui est-il ?

Fils de bergers transhumants, Jean Lassalle a d’abord été technicien agricole, avant de monter une petite entreprise de conseil en aménagement du territoire. 

Il se lance en politique à l’âge de 21 ans, en remportant la mairie de Lourdos-Ichère (Pyrénées-Atlantiques), son village natal. Elu conseil général, puis député, il se fait connaître en 2006 avec une grève de la faim de trente-neuf jours menée pour protester contre la délocalisation d’une usine de sa circonscription.

Proche de François Bayrou, il le soutient lors de ses deux candidatures présidentielles (2007 et 2012), mais leurs chemins commencent à diverger quand Jean Lassalle choisit Nicolas Sarkozy face à François Hollande au second tour, en 2012.

Il quitte le MoDem en 2016 pour créer son propre mouvement, Résistons, et se présenter à la présidentielle de 2017, où il récolte 1,2 % des voix. 

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Maire de Lourdios-Ichère (de 1977 à 2017)
  • Député des Pyrénées-Atlantiques (depuis 2002)
  • Président de Résistons (depuis 2016)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

« Cette campagne, mais c’est une campagne de merde ! Vous comprenez ? » Invité de BFM-TV fin février, le candidat de Résistons déplorait la pauvreté des débats, et n’en démord pas depuis. « Cette élection n’a aucun sens »a-t-il déclaré aussi mi-mars. Après avoir laissé entendre qu’il pourrait abandonner la campagne, il a finalement maintenu sa candidature, où il assure porter la voix des territoires ruraux et des identités régionales.

Les grandes priorités de son programme

  • Renforcer l’attractivité des zones rurales et l’agriculture
  • Elargir le RSA jeunes
  • Revaloriser le statut et le salaire des aidants
  • Revaloriser le Smic à 1 400 euros net
  • Baisser la TVA sur les hydrocarbures de 20 % à 5,5 %
  • Revaloriser le salaire et le statut des enseignants

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Patrimoine et revenus

D’après sa déclaration, son patrimoine s’élève à 835 385 euros. Il est composé de quatre maisons, un appartement, des terres agricoles et un salaire de député. Ses revenus sont tous issus de son activité de député, dont il tire 93 000 euros par an.

Les articles à lire

Jean-Luc Mélenchon

70 ans

Soutenu par La France insoumise (LFI)

Qui est-il ?

Titulaire d’un Capes de lettres modernes, Jean-Luc Mélenchon a été enseignant, puis journaliste, avant de se consacrer à la politique à partir de la fin des années 1970, au Parti socialiste (PS). Le tournant de sa carrière arrive en 2008 : il quitte le PS pour fonder le Parti de gauche, puis La France insoumise en 2016, devenant le chef de file d’un des principaux mouvements à la gauche du PS.

Candidat à la présidentielle 2012, il termine en quatrième position avec 11 % des voix. En 2017, il termine de nouveau quatrième, mais réunit 19,6 % des suffrages. Il assure que 2022 sera, quoi qu’il arrive, sa dernière campagne.

Principaux mandats et fonctions occupés

  • Ministre délégué à l’enseignement professionnel (de 2000 à 2002)
  • Sénateur (de 1986 à 2000 puis de 2004 à 2010)
  • Député européen (de 2009 à 2017)
  • Député (depuis 2017)

Ce qu’il faut retenir de sa campagne

Fort de son résultat de 2017, Jean-Luc Mélenchon se pose en « vote utile » à gauche, estimant être le seul candidat susceptible d’accéder au second tour. Mais cette entreprise est compliquée par des différends de fond avec les autres candidats, notamment sur les questions internationales. « Nos positions sur le conflit ukrainien, nos positions historiques sur Vladimir Poutine » sont irréconciliables, estimait récemment sur Europe 1 Yannick Jadot, accusant Jean-Luc Mélenchon de complaisance vis-à-vis de Moscou.

L’affaire des comptes de campagne de 2017 a rattrapé récemment le candidat « insoumis ». L’association L’Ere du peuple, prestataire du candidat en 2017, a été mise en examen début février pour faux, usage de faux, escroquerie et tentative d’escroquerie aggravée. Les soupçons portent sur les remboursements des dépenses du candidat avec l’argent public, les marges de l’association étant jugées trop élevées. Jean-Luc Mélenchon conteste toute infraction dans ce dossier.

Les grandes priorités de son programme

  • Convoquer une Assemblée constituante pour instaurer une VIe République
  • Généraliser une sixième semaine de congés payés
  • Rétablir la retraite à 60 ans 
  • Revaloriser le smic à 1 400 euros net et garantir une retraite minimale à ce niveau
  • Bloquer les prix des produits de première nécessité, du gaz et de l’électricité 
  • Investir 200 milliards d’euros pour la transition écologique 
  • Rétablir l’impôt sur la fortune (ISF) et rendre l’impôt sur le revenu plus progressif 

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Patrimoine et revenus

Jean-Luc Mélenchon n’a pas d’activité professionnelle ou d’intérêts hors de la politique. Selon sa déclaration de patrimoine, il détient deux résidences – un appartement à Paris et une maison individuelle dans le Loiret – pour un total de 1,5 million d’euros.

Les articles à lire

Maxime Vaudano et  Adrien Sénécat

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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