Après l’académie des sciences allemande Léopoldine, c’est le Conseil d’Analyse Economique qui affirme gérable pour l’Union européenne l’arrêt du gaz russe

Se priver de gaz russe serait « gérable » pour l’Union européenne, selon le Conseil d’analyse économique

La perte potentielle de revenu serait comprise entre 0,2 et 0,3 % en moyenne, à l’échelle du continent, d’après le CAE. L’impact pour la France se circonscrirait à « une baisse d’environ 0,15 à 0,3 % » du revenu national brut. 

Par Adrien PécoutPublié aujourd’hui à 10h36, mis à jour à 10h47  

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https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/04/07/se-priver-de-gaz-russe-serait-gerable-pour-l-union-europeenne-selon-le-conseil-d-analyse-economique_6121000_3234.html

En pleine guerre en Ukraine, un embargo de l’Europe sur les livraisons russes d’énergie punirait-il davantage la Russie… ou bien l’Europe elle-même ? Selon le Conseil d’analyse économique (CAE), rattaché aux services du premier ministre, prendre une telle sanction n’aurait qu’un « un impact relativement faible » sur les pays de l’Union européenne (UE) et serait donc « gérable » pour celle-ci. Chargée d’éclairer le gouvernement, l’instance évoque une perte potentielle de revenu comprise entre 0,2 et 0,3 % en moyenne, à l’échelle du continent. Soit environ 100 euros par adulte, selon la note signée, lundi 4 avril, par quatre économistes, David Baqaee, Benjamin Moll, Camille Landais et Philippe Martin.

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Autant les Etats-Unis ont décrété, dès le 8 mars, un embargo sur les hydrocarbures, autant l’Europe n’en est pas encore là. Hormis les pays baltes : laLituanie indique avoir cessé les importations depuis avril, l’Estonie et la Lettonie s’y préparent.

A la différence des Américains, qui n’en achètent pas, le gaz russe représente encore une part considérable dans la consommation des Européens. Pourquoi, alors, annoncer un impact limité en cas d’embargo ? L’étude l’explique « par le fait que, même à court terme, les entreprises et l’économie dans son ensemble peuvent substituer (même très partiellement) des sources d’énergie à d’autres et des biens intermédiaires ou finaux à d’autres ».

D’après le CAE, les conséquences d’un embargo pourraient s’avérer « beaucoup plus importantes » dans certains pays et supposeraient « une solidarité européenne »

D’après les coauteurs, l’impact pour la France se circonscrirait à « une baisse d’environ 0,15 à 0,3 % »du revenu national brut. Dans le cas de l’Allemagne, les scénarios vont d’une baisse de 0,3 % à 3 % pour le plus pessimiste. La première économie de la zone euro dépend davantage des combustibles fossiles et notamment du gaz, là où la France s’appuie surtout sur le nucléaire pour sa production électrique. Couper court aux importations de gaz russe « nous nuirait plus qu’à la Russie », estimait ainsi, lundi, le ministre allemand des finances, Christian Lindner.

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D’après les projections du CAE, les conséquences d’un embargo pourraient s’avérer « beaucoup plus importantes » dans certains pays et supposeraient « une solidarité européenne ». C’est le cas pour la Bulgarie, la Slovaquie, la Finlande, la République tchèque. L’étude va même jusqu’à prévoir une baisse de 5 % du revenu national brut de la Lituanie.

L’impact sur le pouvoir d’achat

Une alternative à un embargo total passerait par une réduction drastique des importations (environ 80 % en moins) et par une taxation des livraisons restantes. Cette solution serait moins douloureuse pour les pays les plus tributaires des approvisionnements russes, dont la Lituanie et la Bulgarie, selon les coauteurs de l’étude.

Dans l’ensemble, « il s’agit d’une note optimiste », commente Jacques Percebois, professeur émérite d’économie à l’université de Montpellier. Reste cependant à résoudre la question primordiale du pouvoir d’achat, en particulier pour les plus vulnérables : « Si les prix augmentent, ils risquent d’entraîner des inégalités dans les comportements des ménages. » D’autant plus lors du prochain hiver, principale période de chauffage chaque année. « La demande en gaz étant extrêmement saisonnière, il serait crucial de définir la temporalité d’un embargo pour en étudier ses impacts », fait remarquer Anna Creti, directrice de la chaire Économie du climat à l’université Paris-Dauphine.

Entre autres possibilités, le CAE mentionne celle d’« un plafonnement des prix sur
le marché européen qui permettrait de contrer la pression spéculative ».

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Adrien Pécout

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/16/allemagne-concernant-larret-du-gaz-russe-le-prix-a-payer-serait-eleve-mais-tolerable-selon-un-rapport-publie-par-lacademie-des-sciences-leopoldine/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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