La FMF dénonce un gâchis financier à propos du centre de santé départemental de Saine-et-Loire

Salariat dans les déserts : une concurrence déloyale et une solution hors de prix ?

Paris, le mercredi 30 mars 2022

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– Le salariat en zone sous-dense est parfois présenté par les pouvoirs publics (et certains candidats à l’élection présidentielle) comme une panacée contre les déserts médicaux. Ainsi, régulièrement, les départements créent des centres de santé pour médecins salariés.

La FMF (Fédération des médecins de France) s’est penchée sur le cas du département de Saône-et-Loire qui a, en 2017, créé le premier du genre qui compte désormais 70 médecins, et continue de recruter.

La FMF ne le cache pas « du point de vue des médecins salariés, c’est alléchant » avec un appui administratif de 30 secrétaires médicales, la présence de 13 paramédicaux, des droits sociaux étendus avec 7 semaines de congés payés et bien sûr une rémunération fixe.

Pour la FMF cette vision idyllique obère le point de vue comptable.

« Le budget 2021 de la Saône-et-Loire comprend évidemment une annexe pour son centre de santé. Qui met en exergue des revenus de 3 200 000 € pour des dépenses de 8 800 000 € dont 8 000 000 € pour les seuls frais de personnels ! Soit une nécessité de 5 500 000 € de subventions pour équilibrer le budget » rapporte le syndicat de Corinne le Sauder.

« Si on rapporte à l’activité médicale, les recettes représentent au maximum 128000 consultations. Et encore, si on n’intègre dans le chiffre d’affaire du centre ni forfait médecin traitant ni aucun autre versement forfaitaire, ce qui semble très étonnant », soit une quarantaine de consultations hebdomadaires par praticien. Sous la plume du docteur Richard Talbot, la FMF compare ces chiffres décevants à l’activité moyenne de 4600 actes par an pour 50 heures de travail hebdomadaires des libéraux.

Aussi, la FMF parle de « concurrence déloyale » qui met en évidence que « les tarifs actuels de la médecine libérale ne (…) permettent pas ce genre de conditions de travail, puisqu’elles nécessitent que les 2/3 du budget soient constitués de subventions ».

On pourra également ajouter que le « tout-salariat » que certains appellent de leurs vœux aboutirait, sans doute, à une gabegie financière, sans pour autant élargir l’offre de soins, compte-tenu de la faible « productivité » (on nous pardonnera ce mot mal adapté à la médecine) de ces centres de santé.

F.H.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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