Les candidats, l’hôpital, les soignants, la santé

Présidentielle 2022 : douze candidats au chevet de l’hôpital et des soignants

La santé revient en force dans les programmes électoraux, après des années de coupes budgétaires et une crise sanitaire. 

Par Camille Stromboni et Sabrina El Mosselli

Publié hier à 17h00, mis à jour hier à 18h21  

Temps de Lecture 2 min. 

https://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&cad=rja&uact=8&ved=2ahUKEwjH9-qzoen2AhUyyoUKHe0_BJEQFnoECAgQAQ&url=https%3A%2F%2Fwww.lemonde.fr%2Fpolitique%2Farticle%2F2022%2F03%2F27%2Fpresidentielle-2022-douze-candidats-au-chevet-de-l-hopital-et-des-soignants_6119367_823448.html&usg=AOvVaw1HIT7DynuhKhh8QzZ_ZOi6

Un membre du personnel soignant à l’hôpital de Tours (Indre-et-Loire ), le 2 avril 2021.
Un membre du personnel soignant à l’hôpital de Tours (Indre-et-Loire ), le 2 avril 2021.  GUILLAUME SOUVANT AFP

Former plus, embaucher plus, payer plus, ouvrir plus de lits… Les promesses pleuvent en direction des soignants. Dans le domaine de la santé, la crise sanitaire a eu ceci de notable qu’elle a remis au cœur des programmes l’hôpital, essoré par deux années de pandémie mais surtout par plus d’une décennie de régime sec budgétaire.

Désormais, l’unanimité semble de mise dans les rangs des candidats à l’élection présidentielle : il faut plus de médecins, d’infirmiers, d’aides-soignants… Chez Valérie Pécresse (LR), on envisage 25 000 postes de soignants de plus à l’hôpital et un doublement du nombre de médecins formés. C’est un « plan de recrutement massif » que défend Anne Hidalgo (PS), des augmentations de salaires ou encore un « moratoire sur les fermetures de lits », chez Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), comme pour la candidate d’extrême droite, Marine Le Pen (RN).

« Un tournant »

« Le sujet de la santé n’est plus mis de côté, il y a eu un tournant par rapport aux campagnes précédentes », a estimé Frédéric Valletoux, à la tête de la Fédération hospitalière de France, lors d’un grand oral des candidats sur la santé, jeudi 17 mars. « Néanmoins, il y a quand même de la déception, après deux ans d’une crise historique, et alors que la campagne coïncide avec le deuxième anniversaire du premier confinement, on n’a pas le grand débat qu’on espérait. La santé ne trouve qu’une place marginale dans cette campagne. »

Le sujet n’imprime pas et les solutions brandies déçoivent, à entendre certains médecins. « On peut multiplier par quatre, cinq, six… le nombre de personnels formés, ils ne viendront pas à l’hôpital, car augmenter le chiffre ne redonne ni l’envie, ni l’enthousiasme, ni le sens, étrille Djillali Annane, président du syndicat des réanimateurs et ancien conseiller ministériel sous la gauche. L’hôpital est à bout de souffle, tant qu’on ne dit pas quelle est sa place dans la société, tant que la seule question est de toujours “produire” plus de soins chaque année, les soignants continueront à le quitter, on l’a bien vu avec le Ségur de la santé [le plan du gouvernement acté à l’été 2020], qui n’a pas changé la situation. »

Une idée, qui n’a rien de nouveau, s’impose désormais chez de nombreux candidats, de droite comme de gauche : l’introduction d’une forme de coercition à l’installation

Dans les programmes des candidats, ces soignants supplémentaires sont aussi mis en avant pour lutter contre les « déserts médicaux » et les difficultés d’accès aux soins qui touchent de plus en plus de citoyensUne idée, qui n’a rien de nouveau, s’impose désormais chez de nombreux candidats, de droite comme de gauche : l’introduction d’une forme de coercition à l’installation. Et ce malgré la franche opposition qu’elle provoque chez les médecins, convaincus de son inefficacité en période de pénurie.Voir le comparateur :  Comparez les programmes des principaux candidats

Une contrainte en premier lieu orientée vers les jeunes médecins, les internes, auxquels on promet une quatrième année de stage en territoires sous-denses, comme « médecin junior » pour Valérie Pécresse, en tant que « médecin assistant » pour Anne Hidalgo, quand Yannick Jadot appelle à étendre cette obligation aux deux premières années d’exercice.

Emmanuel Macron demeure pour sa part rétif à toute obligation, hormis une légère inflexion : comme les camps écologistes ou communistes, il envisage désormais une forme de régulation en « stoppant les conventionnements dans les zones qu’on considère comme déjà dotées ».

Camille Stromboni et  Sabrina El Mosselli

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/28/quel-programme-sante-pour-emmanuel-macron/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/21/macron-menage-les-complementaires-et-renonce-a-la-grande-secu/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/28/melenchon-et-la-sante/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/20/jadot-ethique-sante-et-presidentielles/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/27/jadot-cogne-fort-contre-les-deserts-medicaux-derniere-annee-dinternat-leurs-et-les-deux-premieres-annees-dexercice-dans-une-zone-sous-dotee/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/26/le-programme-de-fabien-roussel-pour-la-sante/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/20/valerie-pecresse-et-la-sante/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/20/grand-oral-sante-de-la-presidentielle-organise-par-la-fhf/

https://environnementsantepolitique.fr/2022/03/20/sante-les-francais-veulent-ce-que-les-politiques-sont-incapables-de-leur-offrir/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire