Sondage santé et présidentielles (soignants et usagers) IFOP et FHF

LES ATTENTES DES FRANÇAIS ET DES SOIGNANTS POUR L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

https://www.ifop.com/publication/les-attentes-des-francais-et-des-soignants-pour-lelection-presidentielle/

CONDITIONS DE TRAVAIL DES SOIGNANTS, SITUATION DE L’HOPITAL PUBLIC, DIFFICULTES D’ACCES AUX SOINS : LE SYSTEME DE SANTE FRANÇAIS EN DANGER

https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2022/03/FEDERATION-HOSPITALIERE-DE-FRANCE-Les-attentes-des-Francais-et-des-soignants-pour-lelection-.pdf

Les professionnels de santé sont très fortement majoritaires à se déclarer fatigués par rapport à leur travail (83%) et à déplorer leurs conditions de travail (seuls 41% en sont satisfaits). Les plus jeunes, les femmes et les acteurs du secteur public sont particulièrement critiques sur ce point : 2 sur 3 sont insatisfaits de leurs conditions de travail.

Et pourtant ces derniers témoignent d’une forte fierté quant à leur profession (94%) et ils sont unanimement convaincus de l’utilité de leur métier pour la société (98%). Le fait de travailler dans un établissement public est un élément de fierté supplémentaire pour 79% des personnes concernées.

Mais après deux ans de crise sanitaire, les Français font preuve d’une grande inquiétude quant à la situation du système de santé français dont ils savent qu’il a tenu grâce à l’engagement sans limite des soignants.

Dans le détail, le manque de moyens, matériels mais surtout humains, est pointé comme le principal marqueur des faiblesses du système de santé aux yeux des Français et plus encore des professionnels de santé (respectivement pour 89% et 74% d’entre eux).

FACE A CE CONSTAT DE CRISE, DES ATTENTES FORTES DES FRANÇAIS ET DES SOIGNANTS

A la veille de l’élection présidentielle, Français comme professionnels de santé souhaitent que les sujets de santé occupent une place plus centrale dans les débats. En effet, 70% des Français et 82% des professionnels de santé estiment que cet enjeu n’est pas suffisamment évoqué. Un constat qui ne va pas en s’améliorant, cette enquête ayant été menée avant la guerre en Ukraine, et la prédominance de ce sujet aujourd’hui dans l’actualité.

Pourtant, les professionnels de santé font preuve de défaitisme quant à la capacité du politique à changer les choses : 81% estiment que le/la prochain(e) président(e) ne sera pas en mesure d’agir efficacement, un quart des professionnels de santé jugeant hautement improbable que le/ la futur(e) chef(fe) de l’Etat améliore leur ressenti. Ce pessimisme se traduit par des niveaux de confiance extrêmement bas à l’égard des candidats, chez les professionnels de santé comme chez les Français. Emmanuel Macron, en haut du podium, convainc à peine un tiers des soignants (32%). Les Français placent Marine le Pen en tête, mais ils ne sont guère plus confiants, seuls 38% se sentant convaincus par les capacités de la candidate RN.

En cohérence avec les faiblesses identifiées du système de santé, la nécessité de recruter des professionnels de santé est la mesure jugée la plus urgente par les professionnels de santé comme par la population française.

Le sondage IFOP-FHF

A l’occasion de son grand oral des candidats à l’élection présidentielle, la FHF dévoile les résultats d’un sondage Ifop sur les attentes des français en matière de santé, ainsi que les attentes des soignants et des professionnels de santé.

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Les constats posés par cette enquête sont sans appel :

  • Plus de 90 % des soignants et des Français sont préoccupés par la situation de l’hôpital public, le nombre de professionnels de santé en France et l’accompagnement des aînés en situation de dépendance ;
  • 7 français sur 10 (et 8 soignants sur 10) jugent que les questions de santé ne sont pas suffisamment présentes dans la campagne ;
  • Aucun candidat ne suscite une véritable confiance des Français sur les questions de santé.

Un constat partagé : la crise Covid-19 a mis en lumière la situation préoccupante de notre système de santé

Après deux ans de crises, les professionnels de santé se montrent fiers de leur activité (94 %) mais aussi fatigués (83 %). Pour 6 professionnels de santé sur 10, les conditions de travail dans leur secteur ne sont pas satisfaisantes.

Les professionnels de santé se montrent davantage alarmistes vis-à-vis de la situation du système de santé que le grand public, qui fait remonter des inquiétudes réelles mais plus mesurées : quand les premiers sont 60 % à considérer que notre système de santé est en détresse (contre 30 % en population générale), les Français sont plus prompts à parler de fragilisation (46 %).

Parmi les fragilités de notre système de santé révélées par la crise, Français et professionnels de santé s’accordent pour pointer, en première instance, un manque criant de moyens humains (65 % pour les professionnels de santé, 49 % du côté des Français).

D’un point de vue général, les soignants et l’ensemble de la population partagent un niveau de préoccupation élevé concernant le système de santé français, témoignant d’un sentiment de crise systémique :

  • Plus de 90 % des soignants et des Français sont préoccupés par la situation de l’hôpital public, le nombre de professionnels de santé en France et l’accompagnement des aînés en situation de dépendance ;
  • Idem pour la situation en matière d’accès aux soins, les écarts importants de rémunération entre les professionnels de santé du public et du privé et le niveau de reste à charge à payer, qui préoccupent près de trois quarts des professionnels de santé et des Français.
    Derrière ces préoccupations, se trouvent des expériences communes marquées par les difficultés d’accès aux soins pour une part non négligeable de la population : 3 Français sur 10 ont déjà renoncé à se faire soigner pour des raisons financières, tandis que 4 sur 10 ont déjà dû renoncer à une consultation médicale en raison de la difficulté à trouver un professionnel de santé là où ils habitent.

Un regard désabusé sur la campagne présidentielle : mais où sont donc les questions de santé ?

Sans surprise, les professionnels de santé (82 %) comme les Français (70 %) jugent que les questions de santé sont insuffisamment traitées dans le cadre de la campagne présidentielle.

Plus inquiétant, huit professionnels de santé sur dix expriment une forme de défaitisme quant à la capacité du politique à changer les choses, considérant que le/la prochain/e président/e de la République ne sera pas en mesure d’améliorer leur ressenti sur leur situation professionnelle.

Pour les Français et les soignants, quatre propositions semblent déterminantes concernant leur choix de vote : le recrutement des professionnels de santé, la revalorisation des salaires des soignants, l’investissement pour le Grand âge, et la réduction des inégalités territoriale d’accès aux soins.

Cette crise appelle également des modes de gestion différents et plus de concertation : 59% des Français souhaitent que le nouveau gouvernement réunisse les acteurs de santé dans le cadre d’Etat généraux, pour répondre à la problématique de l’accès au soin et des déserts médicaux. Ils sont 44% à juger prioritaire l’ouverture d’un débat national sur l’avenir du système de protection sociale.

Révélant une forte attente de concret, les mesures proposées par la FHF (qui représente les hôpitaux et Ehpad publics) font l’unanimité, avec toutefois une priorité accordée à l’augmentation du nombre de médecins et soignants formés chaque année. Parmi les autres mesures plébiscitées par les Français :

  • La mise en place dès le début du quinquennat une loi ambitieuse pour le grand âge et l’autonomie (91 %) ;
  • L’instauration d’un débat national sur l’avenir de notre système de protection sociale notamment sur le rôle des complémentaires santé (87 %) ;
  • La consécration de la prévention en axe majeur de développement des politiques de santé publique en créant à l’instar du PIB un indicateur politique fort mesurant l’espérance de vie en bonne santé (87 %).

Enfin, d’une manière générale, professionnels de santé (79 %) et grand public (84 %) s’entendent sur la nécessité que le financement public soit conditionné à des mesures de régulation fortes.

Des candidats qui gagneraient à aborder davantage les questions de santé

À ce stade, aucun candidat à la présidentielle ne parvient à convaincre largement la population, et les professionnels de santé se montrent particulièrement méfiants : les niveaux de confiance sont exceptionnellement bas quant à la capacité des candidats à répondre aux enjeux de santé en France. Emmanuel Macron, en tête, convainc à peine un soignant sur trois.

Dans l’ordre, les Français ont confiance pour répondre aux enjeux du système de santé en France en :

  • MarineLePen – 38%
  • Emmanuel Macron – 35 %
  • Valérie Pécresse – 32 %
  • Jean-Luc Mélenchon – 32 %
  • Jean Lassalle – 28 %
  • Éric Zemmour – 27 %
  • Fabien Roussel – 25 %
  • Philippe Poutou – 24 %
  • Nathalie Arthaud – 23 %
  • Yannick Jadot – 23 %
  • Anne Hidalgo – 23 %
  • Nicolas Dupont-Aignan – 22 %

Pour Frédéric Valletoux, président de la FHF :

« La situation est très préoccupante. On a passé deux ans à gérer l’urgence et tout se passe comme si les candidats voulaient faire l’impasse sur l’après. L’avenir de notre système de santé mérite un débat devant les soignants et les Français. Leurs jugements sur la campagne et la crédibilité des candidats sur la santé en atteste largement.

J’espère que le Grand Oral que nous organisonspermettra de remettre ce sujet crucial sur la table. Nos blouses blanches ne comprendraient pas que cela ne soit pas le cas. Je me réjouis que tous les candidats aient répondu à notre invitation avec le regret qu’Emmanuel Macron tienne sa conférence de presse au même moment et que Jean-Luc Mélenchon ait jugé qu’il avait d’autres priorités. Il lui reste 24H pour se libérer et répondre à l’appel du monde de la santé ».

Obligation de garde et régulation de l’installation : les Français veulent serrer la vis aux médecins libéraux

Par A.M. le 14-03-2022

https://www.egora.fr/actus-pro/acces-aux-soins-societe/72587-obligation-de-garde-et-regulation-de-l-installation-les?utm_source=ownpage&utm_medium=email&utm_campaign=20220320&_ope=eyJndWlkIjoiOGFhNDgzMzIwMWE0MDhlOGE1ZDc3NmFjMGI4NDRiYmMifQ%3D%3D

D’après une étude Ifop réalisée pour le compte de la Fédération hospitalière de France (FHF), 56% des Français sont favorables à la régulation de l’installation des médecins libéraux. Près de 8 sur 10 plébiscitent le rétablissement de l’obligation de garde.  

En amont du grand oral de la santé organisé ce jeudi 17 mars par la FHF et 55 organisations du secteur sanitaire et médico-social, qu‘Egora suivra en direct, le Journal du dimanche (JDD) publie les résultats d’un sondage mené auprès d’un échantillon de 1001 personnes représentatives de la population française. Premier enseignement : 76% des répondants jugent que le système de santé est « fragilisé », voire en « détresse ». Ils se montrent en particulier inquiets de la pénurie de soignants (91%), de la difficulté à accompagner les ainés en situation de dépendance (90%) et de la situation des hôpitaux publics (89%). 

Face à ce constat, 7 Français sur 10 pensent que les questions de santé ne sont pas assez évoquées par les candidats à la présidentielle. Interrogés sur la confiance qu’il place en chacun des 12 hommes et femmes politiques briguant les suffrages pour répondre aux enjeux du système de santé, les Français placent Marine Le Pen en tête (31% lui font confiance), devant Emmanuel Macron (29%). Viennent ensuite Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse, à égalité (25% chacun), et Eric Zemmour (22%). Le fait qu’aucun candidat n’atteigne la majorité est pour Frédéric Dabi, directeur général de l’Institut Ipsos, le révélateur d’un « désenchantement global ». « Ça montre que le sujet central de la santé est insuffisamment abordé par les candidats », confirme-t-il au JDD.

Qui est le nouveau Monsieur santé de la campagne de Macron? 

Les Français interrogés attendent notamment des candidats qu’ils s’engagent à recruter des professionnels de santé (89% jugent cette proposition déterminante dans leur choix), à investir dans l’accompagnement des personnes âgées (85%), à revaloriser les salaires des soignants (82%), à réduire les inégalités d’accès aux soins entre les territoires (81%) ou encore à accroître la part des remboursements pris en charge par l’Assurance maladie (77%). 

Ils sont par ailleurs 79% à appeler au rétablissement de l’obligation de garde des médecins libéraux et 56% à se prononcer en faveur d’une régulation de l’installation de ces derniers pour lutter contre les déserts médicaux. « Pour gérer la pénurie médicale, il faut changer de période et revoir l’équilibre entre les droits et les responsabilités de chacun, mieux partager les tâches entre le public et le privé, bousculer les conservatismes », commente Frédéric Valletoux, président de la FHF. Ce jeudi, les candidats à la présidentielle seront sur le grill… et les médecins libéraux aussi.  

[avec Le Journal du dimanche

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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