Anne Hidalgo (Parti socialiste), Eric Zemmour (Reconquête!), Yannick Jadot (Europe écologie – Les Verts), Valérie Pécresse (Les Républicains), Marine Le Pen (Rassemblement national), Fabien Roussel (Parti communiste) ont répondu présent
Présidentielle 2022 : aucun candidat ne suscite une véritable confiance des Français sur les questions de santé (Sondage Ifop)
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17/03/2022
Émis par : FHF, Ifop
A l’occasion de son grand oral des candidats à l’élection présidentielle, la FHF dévoile les résultats d’un sondage Ifop sur les attentes des français en matière de santé, ainsi que les attentes des soignants et des professionnels de santé.
Le sondage IFOP-FHF
Les constats posés par cette enquête sont sans appel :
- Plus de 90 % des soignants et des Français sont préoccupés par la situation de l’hôpital public, le nombre de professionnels de santé en France et l’accompagnement des aînés en situation de dépendance ;
- 7 français sur 10 (et 8 soignants sur 10) jugent que les questions de santé ne sont pas suffisamment présentes dans la campagne ;
- Aucun candidat ne suscite une véritable confiance des Français sur les questions de santé.
Un constat partagé : la crise Covid-19 a mis en lumière la situation préoccupante de notre système de santé
Après deux ans de crises, les professionnels de santé se montrent fiers de leur activité (94 %) mais aussi fatigués (83 %). Pour 6 professionnels de santé sur 10, les conditions de travail dans leur secteur ne sont pas satisfaisantes.
Les professionnels de santé se montrent davantage alarmistes vis-à-vis de la situation du système de santé que le grand public, qui fait remonter des inquiétudes réelles mais plus mesurées : quand les premiers sont 60 % à considérer que notre système de santé est en détresse (contre 30 % en population générale), les Français sont plus prompts à parler de fragilisation (46 %).
Parmi les fragilités de notre système de santé révélées par la crise, Français et professionnels de santé s’accordent pour pointer, en première instance, un manque criant de moyens humains (65 % pour les professionnels de santé, 49 % du côté des Français).
D’un point de vue général, les soignants et l’ensemble de la population partagent un niveau de préoccupation élevé concernant le système de santé français, témoignant d’un sentiment de crise systémique :
- Plus de 90 % des soignants et des Français sont préoccupés par la situation de l’hôpital public, le nombre de professionnels de santé en France et l’accompagnement des aînés en situation de dépendance ;
- Idem pour la situation en matière d’accès aux soins, les écarts importants de rémunération entre les professionnels de santé du public et du privé et le niveau de reste à charge à payer, qui préoccupent près de trois quarts des professionnels de santé et des Français.
Derrière ces préoccupations, se trouvent des expériences communes marquées par les difficultés d’accès aux soins pour une part non négligeable de la population : 3 Français sur 10 ont déjà renoncé à se faire soigner pour des raisons financières, tandis que 4 sur 10 ont déjà dû renoncer à une consultation médicale en raison de la difficulté à trouver un professionnel de santé là où ils habitent.
Un regard désabusé sur la campagne présidentielle : mais où sont donc les questions de santé ?
Sans surprise, les professionnels de santé (82 %) comme les Français (70 %) jugent que les questions de santé sont insuffisamment traitées dans le cadre de la campagne présidentielle.
Plus inquiétant, huit professionnels de santé sur dix expriment une forme de défaitisme quant à la capacité du politique à changer les choses, considérant que le/la prochain/e président/e de la République ne sera pas en mesure d’améliorer leur ressenti sur leur situation professionnelle.
Pour les Français et les soignants, quatre propositions semblent déterminantes concernant leur choix de vote : le recrutement des professionnels de santé, la revalorisation des salaires des soignants, l’investissement pour le Grand âge, et la réduction des inégalités territoriale d’accès aux soins.
Cette crise appelle également des modes de gestion différents et plus de concertation : 59% des Français souhaitent que le nouveau gouvernement réunisse les acteurs de santé dans le cadre d’Etat généraux, pour répondre à la problématique de l’accès au soin et des déserts médicaux. Ils sont 44% à juger prioritaire l’ouverture d’un débat national sur l’avenir du système de protection sociale.
Révélant une forte attente de concret, les mesures proposées par la FHF (qui représente les hôpitaux et Ehpad publics) font l’unanimité, avec toutefois une priorité accordée à l’augmentation du nombre de médecins et soignants formés chaque année. Parmi les autres mesures plébiscitées par les Français :
- La mise en place dès le début du quinquennat une loi ambitieuse pour le grand âge et l’autonomie (91 %) ;
- L’instauration d’un débat national sur l’avenir de notre système de protection sociale notamment sur le rôle des complémentaires santé (87 %) ;
- La consécration de la prévention en axe majeur de développement des politiques de santé publique en créant à l’instar du PIB un indicateur politique fort mesurant l’espérance de vie en bonne santé (87 %).
Enfin, d’une manière générale, professionnels de santé (79 %) et grand public (84 %) s’entendent sur la nécessité que le financement public soit conditionné à des mesures de régulation fortes.
Des candidats qui gagneraient à aborder davantage les questions de santé
À ce stade, aucun candidat à la présidentielle ne parvient à convaincre largement la population, et les professionnels de santé se montrent particulièrement méfiants : les niveaux de confiance sont exceptionnellement bas quant à la capacité des candidats à répondre aux enjeux de santé en France. Emmanuel Macron, en tête, convainc à peine un soignant sur trois.
Dans l’ordre, les Français ont confiance pour répondre aux enjeux du système de santé en France en :
- MarineLePen – 38%
- Emmanuel Macron – 35 %
- Valérie Pécresse – 32 %
- Jean-Luc Mélenchon – 32 %
- Jean Lassalle – 28 %
- Éric Zemmour – 27 %
- Fabien Roussel – 25 %
- Philippe Poutou – 24 %
- Nathalie Arthaud – 23 %
- Yannick Jadot – 23 %
- Anne Hidalgo – 23 %
- Nicolas Dupont-Aignan – 22 %
Pour Frédéric Valletoux, président de la FHF :
« La situation est très préoccupante. On a passé deux ans à gérer l’urgence et tout se passe comme si les candidats voulaient faire l’impasse sur l’après. L’avenir de notre système de santé mérite un débat devant les soignants et les Français. Leurs jugements sur la campagne et la crédibilité des candidats sur la santé en atteste largement.
J’espère que le Grand Oral que nous organisonspermettra de remettre ce sujet crucial sur la table. Nos blouses blanches ne comprendraient pas que cela ne soit pas le cas. Je me réjouis que tous les candidats aient répondu à notre invitation avec le regret qu’Emmanuel Macron tienne sa conférence de presse au même moment et que Jean-Luc Mélenchon ait jugé qu’il avait d’autres priorités. Il lui reste 24H pour se libérer et répondre à l’appel du monde de la santé ».
Contacts presse : Havas – communicationfhf@havas.com
Liberté d’installation, financement de l’hôpital, dépendance… Ce qu’il faut retenir du Grand oral santé des candidats
Par Sandy Bonin, Louise Claereboudt, Aveline Marques le 18-03-2022

A l’invitation de la Fédération hospitalière de France (FHF), Marine Le Pen (RN), Anne Hidalgo (PS), Yannick Jadot (EELV), Valérie Pécresse (LR) et Fabien Roussel (PC) se sont succédé jeudi 17 mars, journée nationale d’hommage aux soignants, face aux représentants du monde de la santé pour présenter les lignes directrices et les mesures les plus emblématiques de leur programme santé. Le ministre Olivier Véran était présent pour représenter le candidat Macron. L’occasion de préciser leurs positions sur la liberté d’installation des médecins, sur les moyens alloués à la santé ou encore sur le devenir des ARS. Egora a suivi pour vous ce rendez-vous majeur de la campagne présidentielle.
Anne Hidalgo
« Nous sortons d’une pandémie qui a mis par terre notre économie et a révélé nos fragilités, a déclaré la candidate socialiste, qui ouvrait le bal de ce Grand Oral. Les conditions de travail dans les hôpitaux, dans les Ehpad, sont inacceptables, inhumaines. Les sages-femmes se retrouvent dans une situation où elles ont l’impression d’être maltraitantes. »
« La logique de l’hôpital entreprise nous a fait beaucoup de mal, a-t-elle déploré. Je propose de rompre avec ce système, de partir des besoins de santé de la population pour évaluer les besoins de financement de notre système de santé. »
Principale préoccupation des Français, les déserts médicaux ont également été évoqués par les candidats. « On a besoin de 15.000 médecins par an face aux déserts médicaux. Oui le numerus clausus a sauté, mais dans les faits il faut des places dans les formations universitaires, arrêter ce massacre sur Parcoursup qui ne permet pas d’aller chercher des jeunes motivés. »

Anne Hidalgo au Grand oral santé. Capture FHF
« Je ne suis pas pour une obligation à aller dans des zones où les jeunes ne veulent pas aller. Je propose que la 4e année d’internat (de MG) soit une année de professionnalisation dans les déserts. Ces jeunes doivent être payés correctement. Dès 2020, nous pouvons avoir 4000 jeunes dans les déserts, accompagnés par les départements. »
« Notre système de santé a tenu grâce à l’abnégation des médecins. En contrepartie, 7500 lits ont été supprimés. »
« Il faut également accompagner les nouvelles pratiques des médecins : beaucoup de jeunes souhaitent soit pratiquer dans les maisons de santé, soit être salariés. »
« Pendant longtemps la santé des femmes françaises était une fierté. Aujourd’hui, on a des sages-femmes qui se sentent maltraitantes vis-à-vis des patientes, ce n’est pas possible. Ce pacte républicain est rompu. Il faut plus de sages-femmes (1250 en plus chaque année) et une 6e année de formation pour tenir compte de ce qu’est devenu, ce que va devenir, le métier. »
« Je m’engage à recruter au minimum 40.000 personnes en Ehpad, mais j’ai conscience qu’il faut aller au-delà. Il faut mettre en place des tarifications sociales dans les Ehpad. »
Emmanuel Macron a-t-il tenu ses promesses en matière de santé ? L’heure du jugement
Olivier Véran
Olivier Véran est intervenu pour vanter le bilan santé du Président Macron : les revalorisations du Ségur de la santé, la fin du numerus clausus, les consultations psy remboursées, l’innovation en santé – et notamment dans le cadre du numérique en santé (Mon Espace Santé…), mais aussi la gratuité des tests de dépistage du Covid-19, etc. « Nous poursuivrons les mêmes ambitions », a-t-il déclaré, ajoutant que « le président, candidat, a souhaité faire de la santé l’un des grands chantiers du quinquennat à venir ».
« Nos soignants ne sont pas suffisamment payés. Nous avons accordé plus de 10 milliards d’euros de revalorisations, c’est historique. Oui, nos établissements sont vétustes : nous avons réalisé plus de 19 milliards d’euros d’investissement. Il reste beaucoup à faire, nous le ferons. »
« Nous avons besoin d’embaucher plus, d’ouvrir davantage de lits, Je ne veux pas de soignants qui se demandent si on aura besoin d’eux dans 10 ans », a-t-il ajouté faisant référence aux craintes de fermetures d’établissement.

Olivier Véran, au Grand oral santé. Capture FHF
Il a également annoncé qu' »Emmanuel Macron organisera une grande conférence sur le système de santé s’il est réélu en avril à la présidence de la République ». La question des rémunérations, notamment pour l’exercice libéral, serait mise sur la table à cette occasion. Il a évoqué « un plan ambitieux autour de la santé de la femme », en particulier sur les sujets de l’infertilité, la ménopause et le post-partum, ainsi que « des bilans de santé complets et gratuits aux âges clés de la vie » pour améliorer la prévention.
« Nous allons former 20% de soignants en plus. 13.500 places en plus en Ifas (Institut de formation des aides-soignants) et en Ifsi (Institut de formation en soins infirmiers) vont être ouvertes. Nous faciliterons également les passerelles entre les métiers. »
Sur la question de la dépendance et du scandale des Ehpad, Olivier Véran a estimé que ça n’est pas « une question de public contre privé ». « Nous avons augmenté de 10% le nombre de personnels dans les ehpad, et nous avons revalorisé les salaires. Nous allons y renforcer la coordination médicale ».
Yannick Jadot
« Qui décide des politiques de santé ? Un récent rapport a montré que les cabinets d’expertise de consultants ont totalement gangrené les politiques publiques, c’est choquant. Ces derniers ont expliqué combien de lits il fallait fermer, sont allés dans les ARS. Dans mon projet, il y a une loi de séparation de l’intérêt général et l’intéret privé. Il va être temps de rendre à la puissance publique son pouvoir de décision en matière de santé », a déclaré le candidat écolo devant les acteurs de santé.
Ce dernier a indiqué vouloir mener « une très grande politique de prévention, une politique de lutte contre l’obésité, mais aussi imposer des plans santé au travail qui accompagneront la remise en oeuvre du compte pénibilité, supprimé durant ce quinquennat ».
Il veut « identifier les besoins en santé par territoire, et c’est sur cette base que l’on définira le budget de la santé. »
« Aujourd’hui, 8 millions de Français n’ont pas accès à un médecin. Durant une période transitoire, il faut un conventionnement sélectif, mais aussi une obligation d’installation. J’assume totalement, je n’ai pas peur de le dire », a-t-il déclaré, largement applaudi par l’assemblée. « Ce n’est pas simple après dix années d »études: vous avez déjà tellement donné. On accompagnera en termes de rémunérations », a-t-il rassuré.

Yannick Jadot, au Grand oral santé. Capture FHF
La question de la médecine scolaire a également été abordée : « Il faut remettre de la médecine à l’école. Le retrait total des infirmiers et médecins en milieu scolaire est une catastrophe. Nous recruterons 3000 médecins, 1000 assistants sociaux et 3000 infirmières. »
Sur la dépendance, Yannick Jadot a annoncé que s’il était élu, il interdirait « toute nouvelle demande de création d’Ehpad privé à but lucratif ». « On va obtenir 8 à 9 milliards d’euros sur l’impôt sur les successions des grandes fortunes : cet argent servira pour la perte d’autonomie, l’accompagnement à domicile, pour les Ehpad. Nous voulons aller vers un taux 1 pour 1 (1 personnel pour 1 résident). »
Il s’est aussi exprimé sur la question de l’attractivité des métiers : « 180.000 infirmières en capacité d’exercer ne le font plus. On peut faire revenir du monde. Mais ça veut dire mieux payer. Pour être sur la moyenne OCDE, il faut une augmentation d’au moins 10%. Au quotidien, ces personnels ont l’impression d’y sacrifier leur vie privée. Pour les médecins hospitaliers, là aussi ya une question de rémunération. Il faut mieux rémunérer les médecins hospitaliers si on ne veut pas payer 2, 3, 4 fois plus cher en interim. »
« Je ne suis pas pour la grande Sécu car il s’agirait de mettre la santé et la Sécu à Bercy. Bien sûr il faut travailler sur la question des frais des mutuelles. Mais les mutuelles ont un rôle majeur à jouer en matière de prévention, sur les territoires. Je suis favorable au maintien d’un système avec deux acteurs. La Sécu c’est le coeur, mais humainement ça patine un peu. »
Valérie Pécresse
« On a un système de santé qui sort lessivé des dix années qui viennent de s’écouler », a regretté Valérie Pécresse, candidate LR, qui estime que « la considération des professionnels de santé passe par autre chose que de simples revalorisations catégorielles. Il faut les toucher au coeur et pas forcément au portefeuille ». « Pour les infirmiers, le Ségur n’a pas eu d’impact sur leur désir de quitter la profession. Aujourd’hui, il y a un système tenu à bout de bras par les personnels à bout de souffle. »
« Je propose un projet de reconstruction de notre système de santé, avec l’objectif d’augmenter notre espérance de vie en bonne santé de 3 ans en 10 ans. »
« Pour ma politique de santé, je veux une approche de santé globale. Le rôle des patients doit être mis en avant. » Leur avis doit notamment être pris en compte dans le financement de l’hôpital. »
Afin d’améliorer l’accès aux soins, Valérie Pécresse entend « revaloriser l’exercice en ville » et veut « un investissement massif en faveur de la formation ». « Il faut une 4e année de spécialité pour les étudiants en médecine générale pour augmenter la capacité des généralistes dans les territoires. J’ai choisi de garder la liberté d’installation, avec une contrepartie : que la dernière année se fasse dans les territoires carencés », a-t-elle expliqué. « C’est donnant-donnant : il y aura une revalorisation des actes. » Elle veut en effet porter le C à 30 euros, et que « les autres actes soient aussi augmentés ».
« Les tarifs actuels ne reflètent pas la valeur des actes. Qui peut croire qu’une consultation de généraliste vaut 25 euros? » a-t-elle demandé, sans que cela ne provoque l’indignation dans la salle.

Valérie Pécresse au Grand oral santé. Capture FHF
La candidate de droite veut par ailleurs « doubler les dépenses de prévention ». La politique de prévention sera « donnée aux départements ». « Il faudra s’appuyer sur les pharmaciens qui veulent aller plus loin dans le dépistage et la prévention. »
Au sujet de l’attractivité des métiers du soin, elle souhaite que « chaque professionnel de santé puisse évoluer durant sa carrière. L’heure est venue de reconnaître les compétences : deux ans de formation pour devenir IPA, c’est trop. Il faut libérer les énergies. »
A l’hôpital, Valérie Pécresse promet de « redonner une partie des clés aux soignants », « accorder plus d’autonomie grâce à un statut rénové ».
Dans le champ de la dépendance, elle souhaite, comme de nombreux autres candidats, privilégier le maintien à domicile, mais aussi « mettre en place une vraie charte de qualité et humaniser les Ehpad avec des nouveaux critères, comme le passage de 6 à 8 personnels pour 10 résidents ».
La candidate – dont les trois causes du quinquennat seraient la santé des femmes, les cancers pédiatriques et la santé mentale – veut passer de 10.000 médecins formés par an à 20.000 « d’ici la fin du quinquennat ».
Elle se dit également favorable à « une grande loi de décentralisation », souhaitant que les ARS soient « présidées par les régions ». « Les départements deviendront les bras armés de la lutte contre les déserts. On définira la politique qui conviendra le mieux en fonction des territoires. »
Elle veut également permettre des stages pour les étudiants en médecine dans les hôpitaux privés et augmenter le nombre de maîtres de stage en ville.
Enfin, elle compte « supprimer 200.000 postes de fonctionnaires dans les administrations administrantes » et créer « 25.000 » postes dans la santé.
Marine Le Pen
« Je veillerais sur la santé des Français aussi bien mentale que physique », a promis la candidate d’extrême droite, énumérant les défis auxquels la France doit faire face : la pandémie et ses conséquences, les maladies chroniques, et le vieillissement de la population.
« L’insuffisance de prise en charge en ville des soins non programmés et de la permanence des soins a conduit à une crise des urgences. La gouvernance doit être décentralisée à l’échelle départementale, voire du bassin de vie. Les ARS seront supprimées », a-t-elle indiqué. Elles « sont inefficaces, c’est très lourd et ça coûte une fortune », a-t-elle jugé, plébiscitant « une démocratie sanitaire locale. »
Elle entend renforcer l’hôpital public grâce à la mise en place d’une « direction bi-céphale : administrative et médicale ». « Un moratoire sur la fermeture des lits sera par ailleurs instauré. » Aux urgences, elle veut mettre en place « des équipes plus stables (30% d’intérimaires actuellement) ». Par ailleurs, elle s’est opposée à la T2A. « La dégradation de l’hôpital tient pour une large part à ces réformes comptables. La T2A n’est pas adaptée à de nombreuses prises en charge. » Elle plaide pour un retour à une dotation annuelle.
Concernant les déserts, elle s’est montrée « hostile aux mesures contraignantes d’installation ou de conventionnement sélectif », « qui ne fonctionnent pas », mais est « favorable à des mesures incitatives ». « Il faut revaloriser les consultations en zones sous-dotées ou des aides fiscales ». Elle appelle en ce sens à « un débat pour savoir quelles sont les mesures les plus incitatives ». Ces mesures doivent être couplées à « une politique d’aménagement du territoire » pour attirer les jeunes médecins.
Autre réponse aux déserts médicaux : « l’extension du périmètre de compétences des professionnels du premier recours (pharmaciens, infirmières, sages-femmes) », a-t-elle fait valoir. « Il faudrait 30.000 contrats d’assistants médicaux », a-t-elle plaidé. D’autres revalorisations sont envisagées pour les médecins, notamment pour les visites à domicile et la PDSa.
« Il faut installer des cabinets libéraux à côté des urgences, où les patients ne relevant pas de prise en charge hospitalière seront réorientés. » Elle veut aussi revaloriser le salaire des infirmières de 10% pour qu’il atteigne « le niveau européen ».
Elle a souligné d’autres défis. D’abord, la santé mentale. « Il y a une urgence pour une loi santé mentale et psychiatrie. Le taux de suicide en France est supérieur à la moyenne de l’OCDE. Les troubles anxio-dépressifs croissent de façon alarmante. Il faut une meilleure remunération des psychothérapeutes et un remboursement de leur activité. » Puis, le Grand âge. Elle appelle de ses voeux des mesures en faveur du « maintien à domicile, du taux d’encadrement et de la médicalisation des Ehpad ».

Marine Le Pen, au grand oral santé. Capture FHF
Comme Anne Hidalgo, elle veut renforcer « le rôle de la sage-femme dans la prise en charge de la santé de la femme » et réclame le ratio 1 femme pour 1 sage-femme. « Il est aussi impératif d’augmenter les effectifs des services de pédiatrie hospitaliers et de la santé scolaire. »
Sur la recherche et l’innovation, elle entend renforcer les moyens des CHU et des IHU, augmenter le salaire des chercheurs, donner la priorité à l’approvisionnement en matériel et médicaments.
Elle s’est aussi montrée sceptique sur l’embauche de praticiens à diplôme hors Union européenne. « Les pays sont privés eux mêmes de l’accès aux soins. » « Il faut à nouveau effectuer un contrôle national de la maîtrise de la langue plutôt que laisser ça aux ARS, qui peuvent être influencées par des besoins urgents locaux », a-t-elle ajouté.
Pour financer ces mesures (10 milliards de revalorisations salariales et 10 milliards pour l’investissement), Marine Le Pen veut s’attaquer à la fraude (15 milliards d’euros d’économies prévues), et « mettre en place une politique restrictive d’immigration (16 milliards d’économies) ». Elle souhaite aussi « mobiliser le Fonds souverain français, qui va permettre aux Français d’être actionnaires de la maison France. Pour investir dans la relocalisation des entreprises, mais aussi pour financer le plan IRM scanner. »
« J’ai beaucoup de respect pour les médecins, mais il n’y a pas que les médecins. Il faut que l’ensemble des professionnels soient associés », a-t-elle conclu.
Fabien Roussel
« La situation de l’hôpital public et de tous les établissements médico-sociaux est dans toutes les têtes depuis la crise. Mais elle s’est construite bien avant, avec les politiques d’austérité ces dernières années, un manque de reconnaissance pour les personnels, et une crise liée à l’adaptation à l’allongement de la durée de la vie, aux nouveaux risques », a regretté Fabien Roussel en préambule de son oral critiquant la recherche de rentabilité de l’hôpital. « Il faut changer le regard et le raisonnement vis-à-vis de l’hôpital public. Il a besoin d’une grande loi de rénovation ».
« L’Assurance maladie doit etre financée à la hauteur des besoins de la population. Je veux un remboursement de tous les soins à 100%. Il faut rétablir, voire augmenter les cotisations : arrêter les exonérations patronales, augmenter les salaires. » Le candidat communiste dénonce par ailleurs que « l’Etat prélève aujourd’hui plus d’argent sur l’hôpital public qu’il n’en lui apporte ». Il propose de fait de reprendre la dette des établissements de santé (30 milliards) et « un remboursement des frais liés au Covid ».
Il plaide pour « un moratoire sur la fermeture de tous les services, établissements et maternités ». Fabien Roussel veut embaucher 100.000 personnels sur trois ans. « Il faut revoir les besoins de formation et prévoir des modalités de promotion professionnelle par validation des acquis de l’expérience ». Il veut aussi augmenter les salaires.
A l’instar de ses concurrents, il défend une démocratie sanitaire. « Je veux mettre en place des conseils territoriaux de santé avec des pouvoirs de décision permettant de définir les besoins et d’y mettre les moyens. »
Fabien Roussel prévoit de remettre sur la table l’obligation de garde des médecins libéraux s’il est élu.

Fabien Roussel, au Grand oral de la santé. Capture FHF
Il appelle à la création d’un ministère dédié au Grand âgé. « Le privé lucratif doit être chassé du secteur. Il faut recruter 300.000 emplois pour correspondre aux normes européennes : un salarié pour 3 résidents. » Il a dit qu’il ne voulait « plus entendre parler de réduction de la dépendance publique » au sujet de la dépendance et de la prévention de la perte d’autonomie.
Le candidat a également été interrogé sur la santé mentale des soignants. « C’est terrible d’interroger les candidats pour savoir comment soigner les soignants… Peut être qu’avant il fallait en passer par là, que ce soit dur, qu’il fallait en chier pour devenir médecin. Peut être qu’il faut changer d’époque, qu’il faut respecter un peu plus l’humain. Les jeunes qui sortent après 12 ans d’études n’ont pas envie de travailler 70 heures par semaine, ils veulent une vie de famille, être heureux tout en exerçant leur métier avec passion, mais normalement. Il faut mieux les protéger dans le cadre de leur formation, via la médecine du travail. Modifier le système de garde des internes pour qu’ils ne s’abîment pas. »
Pour les jeunes qui se dirigent vers des études en santé, le candidat PCF propose de les « pré-recruter. « On leur paie un salaire pendant la formation. En retour, on leur demande de s’engager durant dix ans pour les services publics. Cela va de pair avec une revalorisation des salaires, de meilleures conditions de travail. Et surtout pas d’allongement de date de départ à la retraite : les soignants doivent pouvoir partir à 55 ou 60 ans. »
[LIVE] Suivez le Grand oral santé des candidats à l’élection présidentielle
A lire à l’envers
Par La rédaction le 17-03-2022

Deux ans après le début de la crise du Covid, et alors que la santé est la grande absente de cette campagne électorale, la Fédération hospitalière de France (FHF) et 55 organisations des secteurs sanitaire et médico-social ont convié les candidats à la présidentielle à un « Grand oral ». Six d’entre eux présenteront leur programme santé et répondront aux questions des soignants dans la salle. Un événement à suivre en direct aujourd’hui sur Egora, à partir de 11h30.
16h59 : « L’attractivité d’une ville est aussi importante. Aujourd’hui, il faut entendre les aspirations à exercer différemment des jeunes. »
16h58 : « Les maisons de santé coûtent une blinde aux communes et aux dépenses publiques. »
16h50 : « Il faut mettre des moyens pour que les services publics soient efficaces. Il faut remettre de l’humain dans la santé publique. Nous proposons aux jeunes de les pré-recruter, on leur paie un salaire pendant la formation. En retour, on vous demande de vous engager durant dix ans pour les services publics. Cela va de pair avec une revalorisation des salaires, de meilleures conditions de travail. Et surtout pas d’allongement de date de départ à la retraite : les soignants doivent pouvoir partir à 55 ou 60 ans. »
16h48 : « Il ne faut pas maintenir de secteur privé lucratif dans les Ehpad. Cela ne veut pas dire que tout doit être public. Il y a des associations, des mutuelles qui s’investissent… à partir du moment où on engraisse pas les actionnaires. Pas de fonds de pension américain, canadien, qui se fassent du beurre sur les épinards de nos aînés. »
16h44 : « Nous exigeons qu’il y ait un service public dédié à la dépendance et à la prévention de la perte d’autonomie. Je ne veux plus entendre parler de réduction de la dépense publique. Moi je veux augmenter le budget de l’Etat, de la Sécurité sociale. La prise en charge de l’autonomie et de la dépendance est estimée à 6 à 9 milliards d’euros par an. Il faut une égalité des citoyens face à l’allongement de la durée de la vie. Il faut augmenter la cotisation sociale employeur, il n’y a pas d’autre moyen pour financer cette prise en charge de la dépendance. Cela coûte plus cher, mais demain les Français seront pris en charge. »
16h41 : « On a supprimé les CHSCT [Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail], il faut les rétablir. »
16h39 : « C’est terrible d’interroger les candidats pour savoir comment soigner les soignants… Peut être qu’avant il fallait en passer par là, que ce soit dur, qu’il fallait en chier pour devenir médecin. Peut être qu’il faut changer d’époque, qu’il faut respecter un peu plus l’humain. Les jeunes qui sortent après 12 ans d’études n’ont pas envie de travailler 70 heures par semaine, ils veulent une vie de famille, être heureux tout en exerçant leur métier avec passion, mais normalement. Il faut mieux les protéger dans le cadre de leur formation, via la médecine du travail. Modifier le système de garde des internes pour qu’ils ne s’abîment pas ainsi. Il faut penser à un syndicat CGT chez les étudiants. »
16h36 : « Pour le grand âge je propose de créer un ministère dédié. Le privé lucratif doit être chassé du secteur. Il faut recruter 300.000 emplois pour correspondre aux normes européennes : un salarié pour 3 résidents. »
16h35 : « Je suis pour remettre sur la table l’obligation de garde des médecins libéraux. »
16h35 : « Je veux la démocratie sanitaire, mettre en place des conseils territoriaux de santé avec des pouvoirs de décision permettant de définir les besoins et d’y mettre les moyens. »
16h33 : « Le besoin d’embauches est urgent : je propose l’embauche de 100.000 personnels sur trois ans. Il faut revoir les besoins de formation et prévoir des modalités de promotion professionnelle par VAE [validation des acquis de l’expérience]. Il faut aussi augmenter les salaires. »
16h33 : « Je mettrais en place un moratoire sur les fermetures de tous les services, établissements, maternités. »
16h32 : « L’Etat aujourd’hui prélève plus d’argent sur l’hôpital public qu’il n’en lui apporte. Je propose que les 30 milliards d’euros de dette des établissements fassent l’objet d’une reprise. Je propose un remboursement des frais liés au Covid. »
16h30 : « L’hôpital ne doit pas être obnubilé par une recherche de rentabilité. Il faut changer le regard et le raisonnement vis-à-vis de l’hôpital public. Il a besoin d’une grande loi de rénovation. L’Assurance maladie doit etre financée à la hauteur des besoins de la population. Je veux un remboursement de tous les soins à 100%. Il faut rétablir, voire augmenter les cotisations : arrêter les exonérations patronales, augmenter les salaires. »
16h28 : « La situation de l’hôpital public et de tous les établissements médico-sociaux est dans toutes les têtes depuis la crise. Mais elle s’est construite bien avant, avec les politiques d’austérité ces dernières années, un manque de reconnaissance pour les personnels, et une crise liée à l’adaptation à l’allongement de la durée de la vie, aux nouveaux risques. »
16h25 : Fabien Roussel prend la parole avec quelques minutes de retard.
16h15 : « J’ai beaucoup de respect pour les médecins, mais il n’y a pas que les médecins. Il faut que l’ensemble des professionnels soient associés. »
16h13 : « Je consacrerais 10 milliards de revalorisations salariales, 10 milliards pour l’investissement. Je vais faire des économies sur les fraudes (15 milliards d’économies) et mettre en place une politique restrictive d’immigration (16 milliards d’économies), mais aussi mobiliser le Fonds souverain français, qui va permettre aux Français d’être actionnaires de la maison France. Pour investir dans la relocalisation des entreprises, mais aussi pour financer le plan IRM scanner. »
16h08 : « La multiplication de l’accueil des médecins à diplôme étranger est une mauvaise manière que l’on fait à ces pays. Les pays sont privés eux mêmes de l’accès aux soins. Il faut éviter de continuer sur cette stratégie. Deuxièmement, la stratéfie qui a consisté à faire passer des concours régionaux plutôt qu’au niveau national a été une mauvaise chose. Il faut à nouveau effectuer un contrôle national de la maîtrise de la langue plutôt que laisser ça aux ARS, qui peuvent être influencées par des besoins urgents locaux. »
16h04 : « La démocratie sanitaire est une demande. Il faut faire la place aux patients. Je pense que la région est trop vaste. Au pire, ce sera le niveau départemental, au mieux une intercommunalité ou un bassin de vie. »
16h : « J’ai dit mon opposition à la T2A. La dégradation de l’hôpital tient pour une large part à ces réformes comptables. La T2A n’est pas adaptée à de nombreuses prises en charge. Je suis favorable à une réforme du financement avec une suppression de la T2A, et au retour d’une dotation annuelle. La politique de rabot vise à diminuer l’offre pour diminuer la demande. Il faut changer de paradigme : la santé humaine doit être un investissement. »
15h58 : « Concernant la recherche et l’innovation, je renforcerais les moyens des CHU et IHU. Le salaire des chercheurs sera revalorisé. Le salaure des chercheurs est trop bas dans notre pays. D’ailleurs, bien souvent, ils nous quittent. L’approvisionnement en matériel et médicaments critiques sera une priorité. Il faut une chaîne de production pharmaceutique sous pilotage public sur le modèle des armées qui produisent les comprimés d’iode. »
15h56 : « Je ne veux pas oublier la maternité (nombre de maternité divisé par 3 en 40 ans) et la périnatalité. Le rôle de la sage-femme dans la prise en charge de la santé de la femme doit être reconnu, renforcé. Il est aussi impératif d’augmenter les effectifs des services de pédiatrie hospitaliers et de la santé scolaire. »
15h55 : « Autre grand défi : la loi grand âge et autonomie avec des mesures pour le maintien à domicile, le taux d’encadrement et la médicalisation des Ehpad. »
15h54 : « Il y a une urgence pour une loi santé mentale et psychiatrie. Le taux de suicide en France est supérieur à la moyenne de l’OCDE. Les troubles anxio-dépressifs croissent de façon alarmante dans notre pays. Il faut une meilleure remunération des psychothérapeutes et un remboursement de leur activité. »
15h53 : « Je prévois une revalorisation des infirmières de 10% pour être au niveau européen. »
15h51 : « Je renforcerais les soins ambulatoires : 9 millions de concitoyens sont aujourd’hui sans médecin traitant. Le passage du numerus clausus au numerus apertus est insuffisant. Dans les zones sous dotées, je suis hostile aux mesures contraignantes d’installation ou de conventionnement sélectif, mais favorable à des mesures incitatives. Il faut revaloriser les consultations en zones sous-dotées ou des aides fiscales. Il faut un débat pour savoir quelles sont les mesures les plus incitatives. Pour attirer les médecins et les professionnels, il nous faut aussi une politique d’aménagement du territoire : la culture, les services publics, un emploi pour un conjoint. Il y a un écosystème qui dépend de la politique d’aménagement de l’Etat. Je veux une démétropolisation. L’extension du périmètre de compétences des professionnels du premier recours (pharmaciens, infirmières, sages-femmes) constitue une réponse aux déserts médicaux. Il faut aussi développer le métier des assistants médicaux. Il faudrait 30.000 contrats. Une revalorisation financière des visites à domicile et de la PDSa me paraît également nécessaire. Il faut installer des cabinets libéraux à côté des urgences où les patients ne relevant pas de prise en charge hospitalière seront réorientés. »
15h50 : « Je veillerais au renforcement des urgences, avec des équipes plus stables (30% d’intérimaires actuellement). Je favoriserai le dialogue et la complémentarité entre public et privé. »
15h49 : « Le renforcement de l’hôpital public passe par une direction bi-céphale : administrative et médicale. Un moratoire sur la fermeture des lits sera instauré. »
15h48 : « L’insuffisance de prise en charge en ville des soins non programmés et de la permanence des soins a conduit à une crise des urgences. La gouvernance doit être décentralisée à l’échelle départementale, voire du bassin de vie. Les ARS seront supprimées. Les ARS partent dans tous les sens. Chaque patron d’ARS a son avis. Ils sont inefficaces, c’est tres lourd et ça coûte une fortune. Il faut mettre en place une démocratie sanitaire locale, avec tous les acteurs. »
15h47 : « Nous sommes face à trois grands défis : nous devons faire face à la pandémie et à ses conséquences – celles des déprogrammations, de la santé mentale, et de la prise en charge des covid longs – ; au défi des maladies chroniques – dont souffrent près de 20 millions de nos compatriotes ; et au défi du vieillissement de la population. Près de 2.5 millions de personnes âgées sont fragiles et à risque de perte d’autonomie. La prise en charge de la dépendance reste pourtant un impensé de nos gouvernements. »
15h45 : « Je veillerais sur la santé des Français aussi bien mentale que physique. »
15h43 : Marine Le Pen prend la parole.
15h42 : Eric Zemmour n’interviendra pas, comme cela avait pourtant été annoncé, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon.
15h07 : Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop, revient sur les résultats d’un sondage mené pour le compte de la FHF auprès d’un échantillon de 1001 personnes représentatives de la population française.
« Pour les Français, la santé est un enjeu majeur de la présidentielle »
15h05 : « Je suis la seule candidate qui fait deux fois plus d’économies que de dépenses. Je fais toutes les réformes que la droite voulait faire dans ce pays. Il faut supprimer 200.000 postes de fonctionnaires dans les administrations administrantes. En revanche, il faut créer des postes dans la santé: 25.000. Si on ne fait pas ces réformes (celle des retraites notamment), on ne peut pas financer la refondation du système de santé. »
15h03 : « l faut pouvoir faire des stages dans les hôpitaux privés et il faut plus de maîtres de stage en ville. Cela nécessite plus de moyens et d’enseignants, mais c’est possible. »
15h : « Je pense qu’il faut arrêter de partir d’une démarche qui se décide d’en haut et partir d’en bas, des territoires. Je suis favorable à une grande loi de décentralisation. On va faire des alliances de santé dans les territoires. Les agences régionales de santé (ARS) seront présidées par les régions. Les départements deviendront les bras armés de la lutte contre les déserts. Selon les territoires, on définira la politique qui conviendra le mieux. Dans certains territoires, certains infirmiers libéraux seront en pratique avancée. Dans d’autres, des médecins continueront en cumul emploi-retraite (il faut les aider). Dans certains territoires, on mettra de la télémédecine avec des professionnels référents. Dans d’autres, on fera venir tel ou tel spécialiste. »
14h57 : « La suppression du numerus clausus n’a rien changé car nous n’avons pas donné les moyens aux universités. Nous souhaitons passer de 10.000 médecins formés par an à 20.000 d’ici la fin du quinquennat. »
14h55 : « Les trois grandes causes du quinquennat seront : la santé des femmes, les cancers pédiatriques, et la santé mentale. Je souhaite notamment créer un institut national de la santé mentale sur le modèle de l’Inca. Le rôle des généralistes en matière de santé mentale me semble fondamental. Là aussi, il faut mieux les former, mais aussi développer la branche de la pédopsychiatrie. »
14h54 : « Il faut privilégier le maintien à domicile qui permettra que l’Ehpad devienne le lieu de la fin de vie. Il faut mettre une vraie charte de qualité et humaniser les Ehpad avec des nouveaux critères, comme le passage de 6 à 8 personnes pour 10 résidents. »
14h53 : « A l’hôpital, il faut redonner une partie des clés aux soignants, accorder plus d’autonomie grâce à un statut rénové et prévoir une délégation de gestion pour les chefs de service. »
14h53 : « Il faut que l’on investisse massivement dans les soins de ville, avec une revalorisation des actes médicaux. »
14h49 : « Il faut prendre soin de ceux qui nous soignent. Je veux une politique globale d’attractivité et de fidélisation dans la santé. Il faut que chaque professionnel de santé puisse évoluer durant sa carrière. L’heure est venue de reconnaître les compétences : deux ans de formation pour devenir IPA, c’est trop. Il faut libérer les énergies. »
14h47 : « Je veux doubler le budget en matière de prévention, et en faire une politique centrale. On va doubler les dépenses de prévention. La politique de prévention sera par ailleurs donnée aux départements. Il faut aussi renouer avec la politique de prévention scolaire. Il faudra s’appuyer sur les pharmaciens qui veulent aller plus loin dans le dépistage et la prévention. »
14h46 : « Je veux améliorer l’accès aux soins avec la revalorisation de l’exercice en ville et un investissement massif en faveur de la formation. Il faut une 4e année de spécialité pour les étudiants en médecine générale pour augmenter la capacité des généralistes dans les territoires. J’ai choisi de garder la liberté d’installation, avec cette contrepartie : que la dernière année se fasse dans les territoires carencés. C’est donnant-donnant : il y aura une revalorisation des actes. Je souhaite que la consultation du généraliste passe à 30 euros et que les autres actes soient aussi augmentés. Les tarifs actuels ne reflètent pas la valeur des actes. Qui peut croire qu’une consultation de généraliste vaut 25 euros? »
14h45 : « Pour ma politique de santé, je veux une approche de santé globale. Le rôle des patients doit être mis en avant. L’avis des patients doit être pris en compte dans le financement de l’hôpital. »
Hôpital : Valérie Pécresse veut que les patients aient leur mot à dire sur la tarification
14h43 : « Je propose un projet de reconstruction de notre système de santé, avec l’objectif d’augmenter notre espérance de vie en bonne santé de 3 ans en 10 ans. »
14h41 : « La considération des professionnels de santé passe par autre chose que de simples revalorisations catégorielles. Il faut les toucher au coeur et pas forcément au portefeuille. Pour les infirmiers, le Ségur n’a pas eu d’impact sur leur désir de quitter la profession. Aujourd’hui, il y a un système tenu à bout de bras par personnels à bout de souffle. »
14h40 : « On a un système de santé qui sort lessivé des dix années qui viennent de s’écouler. L’hôpital s’écroule. »
14h38 : Valérie Pécresse prend la parole.
14h32 : « Je ne suis pas pour la grande Sécu. Il s’agit de mettre la santé et la Sécu à Bercy. Bien sûr il faut travailler sur la question des frais des mutuelles. Mais les mutuelles ont un rôle majeur à jouer en matière de prévention, sur les territoires. Je suis favorable au maintien d’un système avec deux acteurs. La Sécu c’est le coeur, mais humainement ça patine un peu. »
14h30 : « 180.000 infirmières en capacité d’exercer ne le font plus. On peut faire revenir du monde. Mais ça veut dire mieux payer : pour être sur la moyenne OCDE, il faut une augmentation d’au moins 10%. Au quotidien, ces personnels ont l’impression d’y sacrifier leur vie privée. Pour les médecins hospitaliers, là aussi ya une question de rémunération. Il faut mieux payer les médecins hospitaliers si on ne veut pas payer 2, 3, 4 fois plus cher en interim. »
14h26 : « La question de la facture énergétique à l’hôpital est dramatique. Il faut un plan d’investissements sur les économies d’énergie : il n’y a pas un bâtiment public aujourd’hui qui peut s’en exonérer. Je veux rassembler les acteurs du bâtiment, de la rénovation pour prioriser les travaux sur les passoires énergétiques. »
14h23 : « On va obtenir 8 à 9 milliards d’euros sur l’impôt sur les successions des grandes fortunes : cet argent servira pour la perte d’autonomie, l’accompagnement à domicile, pour les Ehpad. Nous voulons aller vers un taux 1 pour 1 (1 personnel pour 1 résident). »
14h21 : « Beaucoup semblent découvrir le scandale Orpea. Ce système d’Ehpad privé à but lucratif est soutenu dans notre pays, à coups de rabot fiscal. On sait qu’il existe un système de spéculation sur la perte d’économie. Il y a quelques années, notre Président signait avec Poutine le développement d’Orpea en Russie. J’interdirais toute nouvelle demande de création d’Ehpad privé à but lucratif. »
14h18 : « Il faut remettre de la médecine en milieu scolaire. Le retrait total des infirmiers et médecins en milieu scolaire est une catastrophe. Nous recruterons 3000 médecins scolaires, 1000 assistants sociaux et 3000 infirmières scolaires. »
14h17 : « Il faut s’assurer qu’on mange 100% bio a l’école, et il le faudrait aussi à l’hôpital et l’EHPAD »
14h17 : « La légalisation du cannabis est essentielle pour avoir une véritable politique de santé publique en la matière. »
14h13 : « Aujourd’hui, 8 millions de Français n’ont pas acces à un médecin. Sur la question des déserts médicaux, durant une période transitoire, il faut un conventionnement sélectif, mais aussi une obligation d’installation (applaudissements dans la salle). Ce n’est pas simple après dix années d »études: vous avez déjà tellement donné. On accompagnera en termes de rémunérations. »
14h10 : « On réserve la T2A à certains actes techniques programmables.
14h09 : « Il faut recruter 100.000 infirmiers pour remettre des conditions de travail dignes pour les soignants. »
14h08 : « Il faut identifier les besoins en santé par territoire, et c’est sur cette base que l’on définira le budget de la santé. »
14h07 : « Nous constatons une hausse des cancers pédiatriques, liés aux expositions aux pesticides. Nous avons partout à combattre tout ce qui génère des maladies. Dix ans de différence d’espérance de vie à la retraite entre un cadre et un ouvrier, c’est insupportable. Nous voulons mener une très grande politique de prévention, une politique de lutte contre l’obésité, imposer des plans santé au travail qui accompagneront la remise du compte pénibilité supprimé durant ce quinquennat… Le burn-out sera reconnu comme une maladie professionnelle. Il faut également investir sur le sport. »
14h05 : « Qui décide des politiques de santé? Un récent rapport a montré que les cabinets d’expertise de consultants ont totalement gangrené les politiques publiques, c’est choquant. Ces derniers ont expliqué combien de lits il fallait fermer, sont allés dans les ARS. Dans mon projet, il y a une loi de séparation de l’intérêt général et l’intéret privé. Il va être temps de vous rendre l’hôpital, de rendre à la puissance publique son pouvoir de décision en matière de santé. »
14h03 : « Vous avez été héroiques drurant cette période de pandémie. Mais ce n’est pas soutenable », déclare-t-il aux soignants.
14h00 : Yannick Jadot prend la parole.
13h52 : Au sujet du financement public des structures privées à but lucratif, et à la polémique soulevée suite au scandale Orpea, Olivier Véran a indiqué qu’il ne pensait pas « que ce soit une question de public contre privé. Nous avons augmenté de 10% le nombre de personnels dans les Ehpad, les salaires, nous allons renforcer la coordination médicale dans ces établissements. »
13h50 : « Il faut diminuer le risque de renoncement aux soins pour les personnes pauvres et handicapées. La crise sanitaire a accentué ce phénomène. Plusieurs freins ont été identifiés : problèmes d’accessibilité encore à certains lieux, inaccessibilité pour certaines formes de handicap à la e-santé, manque de formation continue des professionnels… Nous avons augmenté l’allocation aux adultes handicapés de 100 euros, accordé 15 millions d’euros pour développer les consultations dédiées. Dans l’avenant 9, on a fait une surrevalorisation de consultations complexes comme la constitution de dossier MDPH. Il faut encore soutenir la recherche, le dépistage de handicap, de maladies rares. Nous voulons aussi renforcer les stages d’étudiants dans les établissements et services médico-sociaux. »
13h47 : « L’hôpital est puissamment moderne. Les raisons de sa souffrance sont nombreuses et connues : manque d’infimies, de psychiatres, d’Ibode. Il feconnaitre de nouvelles compétences, retrouver du sens. Nous avons besoin d’embaucher plus et d’ouvrir plus de lit là où c’est nécessaire. Je ne veux pas de soignants qui se demandent si on aura besoin d’eux dans dix ans. »
13h45 : « Le Président, candidat, a souhaité faire de la santé l’un des grands chantiers du quinquennat à venir. »
13h43 : « Exercice coordonné, fin du numerus clausus, prévention à tous les étages… Nous poursuivrons les mêmes ambitions. »
13h42 : « La crise a mis en exergue le problème de notre souveraineté. Un plan santé 2030 prévoit 7 milliards d’euros pour relancer l’innovation. »
13h41 : « Nous devons développer le numérique en santé. Concernant la télésurveillance, nous visons 1 million de malades chroniques suivis par exemple. »
13h40 : « Nous allons former 20% de soignants en plus. 13.500 places en plus en Ifas (Institut de formation des aides-soignants) et en Ifsi (Institut de formation en soins infirmiers) vont être ouvertes. Nous faciliterons également les passerelles entre les métiers. »
13h39 : « Nos soignants ne sont pas suffisamment payés. Nous avons accordé plus de 10 milliards d’euros de revalorisations, c’est historique.Oui, nos établissements sont vétustes : nous avons réalisé plus de 19 milliards d’euros d’investissement. Il reste beaucoup à faire, nous le ferons. »
13h36 : Il a évoqué « un plan ambitieux autour de la santé de la femme », en particulier sur les sujets de l’infertilité, la ménopause et le post-partum, ainsi que « des bilans de santé complets et gratuits aux âges clés de la vie » pour améliorer la prévention.
13h35 : « Emmanuel Macron organisera une grande conférence sur le système de santé s’il est réélu en avril à la présidence de la République. » La question des rémunérations, notamment pour l’exercice libéral, serait mise sur la table.
13h30 : Olivier Véran prend la parole.
12h25 : Le débat reprendra à 13h15 après une pause déjeuner.
12h22 : Fin de l’intervention d’Anne Hidalgo.
12h20 : « Il faut faire en sorte que le maintien à domicile puisse se faire le plus longtemps possible. Il faut une augmentation de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie) de 50%, revaloriser les aides à domicile, qui ont des salaires de misère et une pénibilité importante. Je m’engage à recruter au minimum 40.000 personnes, mais j’ai conscience qu’il faut aller au-delà. Il faut mettre en place des tarifications sociales dans les Ehpad. Je reprends le chiffrage de la Cour des comptes : + 1 milliard d’euros par an pour ce 5e risque [la dépendance], pour accompagner nos ainés avec beaucoup de bienveillance et d’égalité. Ce n’est pas le cas actuellement, et ce n’est pas ce que promet le candidat Macron. »
12h12 : Interrogée par Anna Roy, sage-femme de la Maison des maternelles, Anne Hidalgo a déclaré: « Pendant longtemps la santé des femmes françaises était une fierté. Aujourd’hui du côté de la maternité, on a des professionnels qui se sentent maltraitantes vis-à-vis des femmes, ce n’est pas possible. Ce pacte républicain est rompu. Il faut plus de sages-femmes (1250 en plus chaque année) et une 6e année de formation pour tenir compte de ce qu’est devenu, ce que va devenir, le métier. » La candidate a également déploré une forme d' »amenuisement de la spécialité gynécologique dans la formation des médecins ».
12h08 : « Il faut également accompagner les nouvelles pratiques des médecins : beaucoup de jeunes souhaitent pratiquer dans les maisons de santé, soit être salariés. »
12h07 : « Notre système de santé a tenu grâce à l’abnégation des médecins. En contrepartie, 7500 lits ont été supprimés. »
12h05 : « Il faut un pilotage national. On a vu tant cette pandémie a été mal gérée, je l’ai vécu en tant que maire de Paris quand j’ai dû me confronter aux ARS pour avoir des masques par exemple. Ça ne doit pas être un homme seul qui décide. Les citoyens doivent devenir des acteurs. On a écarté tous les corps intermédiaires, médecins, élus… Je prône une définition nationale des objectifs. Il faut s’appuyer sur les forces vives du pays notamment en matière de santé publique. La population ne doit pas être infantilisée. »
12h01 : « Je ne suis pas pour une obligation à aller dans des zones où les jeunes ne veulent pas aller. Je ne suis pas pour contraindre. Mais je propose que la 4e année d’internat (de MG) soit une année de professionnalisation dans les déserts. Ces jeunes doivent être payés correctement. Dès 2020, nous pouvons avoir 4000 jeunes dans les déserts, accompagnés par les départements. »
Présidentielle : sur quoi s’accordent les candidats pour lutter contre les déserts médicaux ?
11h59 : « On a besoin de 15 000 médecins par an face aux déserts médicaux. Oui le numerus clausus a sauté, mais dans les faits il faut des places dans les formations universitaires, arrêter ce massacre sur Parcoursup qui ne permet pas d’aller chercher des jeunes motivés pour les professions de santé. Plus de médecins, d’infirmières, de sages femmes, de personnel soignant, c’est une priorité. »
11h57 : « Il faut revenir à un modèle où le financement public est présent et permet de garantir l’égalité face à la maladie. »
11h55 : « La logique de l’hôpital entreprise nous a fait beaucoup de mal. Je veux en sortir. On ne peut plus considérer que la santé publique, ou la médecine libérale, soit à mettre au même rang que l’entreprise avec des critères de performance […] Je propose de rompre avec ce système, de partir des besoins de santé de la population pour évaluer les besoins de financement de notre système de santé. »
11h53 : « Nous sortons d’une pandémie qui mis par terre notre économie et a révélé nos fragilités. […] Quand je discute avec les Français, ils me disent souvent : ‘On pensait avoir le meilleur système de santé au monde et on a découvert que ce n’était pas le cas’. Les conditions de travail dans les hôpitaux, dans les Ehpad, sont inacceptables, inhumaines. Les sages-femmes se retrouvent dans une situation où elles ont l’impression d’être maltraitantes. «
11h52 : Anne Hidalgo, la candidate socialiste, ouvre le bal.
11h50 : Le Grand Oral va commencer dans quelques instants.
11h : Anne Hidalgo (Parti socialiste), Eric Zemmour (Reconquête!), Yannick Jadot (Europe écologie – Les Verts), Valérie Pécresse (Les Républicains), Marine Le Pen (Rassemblement national), Fabien Roussel (Parti communiste) ont répondu présent. A ces six candidats s’ajoute Olivier Véran, le ministre de la Santé, qui représentera Emmanuel Macron. Le Président-candidat doit en effet présenter son programme ce jeudi après-midi lors d’une conférence de presse très attendue.
Chaque intervenant disposera de 30 minutes, avant de répondre aux questions des professionnels de santé réunis dans la salle pour cette journée nationale d’hommage aux soignants.