“Dysfonctionnements graves, portant atteinte à la dignité des patients et à leurs droits fondamentaux” au centre de santé mentale Jean-Baptiste Pussin à Lens

  HÔPITAUX / CLINIQUES

Isolement, contention, prise en charge « défaillante » : le fonctionnement d’un hôpital psychiatrique épinglé   

Par Pauline Machard le 01-03-2022 

Dans un rapport publié mardi 1er mars, le contrôleur général des lieux de privation de liberté fait état de “dysfonctionnements graves, portant atteinte à la dignité des patients et à leurs droits fondamentaux” au centre de santé mentale Jean-Baptiste Pussin à Lens (Pas-de-Calais). L’établissement avait fait l’objet d’une visite entre le 10 et le 14 janvier.

Le rapport fait tout d’abord état “d’atteintes graves et généralisées aux droits fondamentaux des patients” : ceux-ci ne peuvent aller et venir librement, “même en soins libres” (ils sont enfermés une majeure partie du temps, le bâtiment est la plupart du temps fermé…) ; leur intégrité physique et le respect de leur vie privée ne sont pas garantis (chambre et espace sanitaire non fermés à clé, harcèlement et agressions en chambres, dispositif d’appel à l’aide en chambre désactivé…) ; l’accès aux soins est défaillant (contention sur les brancards au vu de tous dans les couloirs, orientations en soins sans consentement, sans évaluation psychiatrique…)

L’autorité administrative met aussi en avant des “mesures d’isolement et de contention arbitraires”. Celles-ci sont pratiquées “majoritairement en dehors d’espaces spécifiques, sur des patients adultes comme mineurs fréquemment hospitalisés en soins libres, parfois en dépit de décisions médicales”, souligne-t-elle. Ces mesures, de surcroît, sont “mises en œuvre dans des conditions indignes” : chambres d’isolement mal chauffées, sans horloge…

Une réorganisation urgente

Dans son rapport, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) montre également que “les patients ne connaissent pas leurs droits, ne sont pas encouragés à les faire valoir, et [que] les décisions de justice ne sont pas toujours respectées”. Les patients en soins sans consentement ne “reçoivent aucune information”, “le cadre juridique des soins sans consentement n’est pas respecté”, et le “contrôle du juge des libertés est ineffectif”, est-il mentionné dans les grandes lignes.

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Pour le CGLPL, le centre de santé mentale Jean-Baptiste Pussin doit faire l’objet de “mesures urgentes de réorganisation de son fonctionnement”. Elle invite les ministres destinataires de ces recommandations – des Solidarités et de la Santé et de la Justice – à “élaborer un plan d’action détaillé et public, organisant conjointement [avec l’établissement, ndlr] la transition vers des pratiques respectueuses de la dignité et du statut des patients”.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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