TousAntiCovid : une utilité « marginale » et un rapport resté confidentiel

TousAntiCovid : une utilité « marginale » d’après l’étude d’impact, faut-il l’arrêter ?

Avec plus d’un an de retard, le ministère de la Santé a enfin publié le rapport d’impact de l’application TousAntiCovid, chargé d’étudier l’utilité et l’efficacité du dispositif dans la lutte contre la propagation de l’épidémie de Covid. Problème : les auteurs de cette évaluation se basent sur une étude de Kantar Public qu’ils qualifient eux-mêmes de « non-représentative » pour juger de l’utilisation et de l’appréciation de l’app, et manquent de données cruciales pour correctement analyser le dispositif de contact tracing. L’utilité de TousAntiCovid dans la lutte contre la propagation du Covid, sa mission première, est donc qualifiée de « marginale », et au mieux « complémentaire » des autres dispositifs au plus fort de la crise Omicron. Dans un contexte de polémiques depuis l’origine du projet au printemps 2020, de fin annoncée du pass vaccinal en mars prochain, de coûts qui explosent et d’une étude d’impact inconsistante, faut-il arrêter TousAntiCovid ?

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Sylvain Rolland

Sylvain Rolland

24 Févr 2022, 11:29

https://www.latribune.fr/technos-medias/tousanticovid-une-utilite-marginale-d-apres-l-etude-d-impact-faut-il-l-arreter-904705.html

(Crédits : DR)

Il était temps ! Alors que la Commission nationale informatique et liberté (Cnil) avait demandé au gouvernement de fournir une étude d’impact analysant l’utilité de l’application TousAntiCovid avant janvier 2021, celui-ci s’est enfin exécuté… avec plus d’un an de retard. En catimini, sans aucune communication ni information du public, le ministère de la Santé et le secrétariat d’Etat à la Transition numérique ont fini par publier, en début de semaine, le fameux rapport tant attendu.

Pour le trouver, il faut vraiment le chercher. Sur le site dédié à TousAntiCovid, il faut d’abord cliquer sur la page « Ressources » située tout en bas de la page d’accueil, puis, sur cette nouvelle page, « scroller » à nouveau l’écran jusqu’en bas. Le Rapport 2020-2021, de 32 pages, apparaît enfin en-dessous des dossiers de presse, des kits de communication et de la vidéothèque. L’objectif affiché : « évaluer l’utilisation de l’application TousAntiCovid et son appropriation par les utilisateurs, mais également l’efficacité des fonctionnalités de contact tracing« . Pour rappel, la Cnil avait conditionné son approbation du dispositif StopCovid (la première version de l’application du 2 juin 2020) et de TousAntiCovid (son successeur à partir du 22 octobre 2020) à la réalisation d’une étude d’impact devant prouver que l’outil, très intrusif car collectant les données de déplacement des Français, était utile et proportionné pour lutter contre la propagation de l’épidémie.

https://bonjour.tousanticovid.gouv.fr/cms/5f86f07d-47a2-474b-af99-647f6cbd46ab_bilan-tousanticovid-2021.pdf

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Un rapport incomplet et biaisé

Disons-le tout net : ce rapport d’activité est un simulacre d’évaluation. Les données sur lesquelles il se base sont incomplètes et biaisées, comme le rapport l’admet lui-même page 29 dans la section « Limites et biais de l’étude ». Ainsi, le rapport déduit l’utilisation et l’appropriation de TousAntiCovid par les utilisateurs sur la base d’une étude qualitative réalisée par Kantar Public en octobre 2021.

Problème :

« Le panel interrogé est constitué d’utilisateurs assidus de l’application, ne pouvant pas constituer par conséquent un échantillon représentatif des comportements de l’ensemble de la population en termes d’utilisation et d’appréciation de l’application, s’agissant d’utilisateurs plutôt assidus et portant un regard globalement positif sur TousAntiCovid ».

Autrement dit, le rapport d’activité de TousAntiCovid précise lui-même que les conclusions qu’il tire sur l’utilisation et l’appréciation de l’application par ses utilisateurs, se basent sur une étude non-représentative…

Autre anomalie, ce rapport est censé évaluer l’application du 2 juin 2020 à fin 2021, mais les différentes sources sur lesquelles il s’appuie se basent sur des petites périodes, et particulièrement entre septembre et décembre 2021. « La période couverte par les analyses statistiques se situe sur une période de rentrée et de début de reprise épidémique, puis de forte dégradation épidémique. Elles ne reflètent pas nécessairement l’usage et l’efficacité de l’application en période de très faible circulation du virus », est-il écrit.

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Manque de données cruciales sur l’utilisation du Bluetooth

Encore plus étonnant, ce rapport est censé évaluer le dispositif de contact tracing, mais là encore il lui manque une donnée cruciale : l’utilisation du Bluetooth. C’est le Bluetooth qui permet aux smartphones de communiquer entre eux, donc de « se reconnaître » pour que le système prévienne ceux que l’on croise en cas d’infection au Covid. Pour que le contact tracing fonctionne, il faut que le Bluetooth soit activé sur le téléphone lors de chaque déplacement. Sur iPhone, en raison des restrictions techniques imposées par Apple, il faut même que l’application soit ouverte et reste au premier plan sur l’écran d’accueil, car TousAntiCovid a choisi un protocole technique, baptisé ROBERT, incompatible avec les standards de sécurité d’Apple. Sur certains appareils iPhone et Android anciens, le contact tracing ne fonctionne pas ou mal. Bref, connaître l’utilisation exacte du Bluetooth est crucial pour comprendre l’utilité du dispositif. Or :

« Les données relatives au nombre d’activations/désactivations du Bluetooth (BLE) par utilisateur TousAntiCovid ne sont pas conservées et ne permettent pas d’estimer précisément le nombre d’utilisateurs utilisant activement la fonctionnalité de contact tracing par Bluetooth », indique l’étude.

Traduction : on ne connaît pas la proportion d’utilisateurs qui actionnent correctement le Bluetooth ! Et pourquoi ces données ne sont-elles pas conservées ? En raison « des règles observées en matière de protection des données dans le cadre du protocole ROBERT », précise l’étude.

Sauf que ces règles n’obéissent à aucune exigence légale. S’imposer une telle restriction paraît même contre-productif aux développeurs d’applications contactés par La Tribune. « Les données techniques d’utilisation d’une application ne sont pas des données personnelles au sens RGPD du terme qui nécessitent un consentement éclairé. Tout développeur a le droit d’y accéder, il est même possible de savoir très précisément chacune des actions réalisées à l’intérieur d’une application, y compris un clic, un swipe, le nombre de secondes passées sur une page… Ce sont des données techniques, anonymisées, qui servent à comprendre l’utilisation de l’outil d’un point de vue expérience utilisateur », nous précise une entreprise nantaise spécialisée dans la conception d’applications. Bref, s’interdire d’utiliser des données techniques comme le fait TousAntiCovid, n’est absolument pas nécessaire ni justifié au titre de la protection des données. Et rend l’étude d’impact forcément incomplète.

L’utilité « marginale » du contact tracing numérique dans la lutte contre le Covid

Pour ne rien arranger, une autre donnée indispensable manque à l’appel : le nombre d’utilisateurs actifs par jour. Car le contact tracing doit être quotidien, sur chaque déplacement, pour être une méthode efficace de lutte contre la propagation de l’épidémie de Covid. C’est une donnée théoriquement accessible à n’importe quel développeur d’application qui le souhaite, mais que le ministère de la Santé indique ne pas détenir pour TousAntiCovid, en brandissant encore une fois l’argument contestable de la protection des données alors que la finalité du traitement de ces données techniques n’est pas commerciale.

On pouvait espérer que l’étude d’impact aurait accès à ces chiffres. Ce n’est pas le cas. Le rapport se contente de reprendre des chiffres déjà connus : 36,9 millions d’enregistrements nets au 30 novembre 2021, dont 2,8 millions pour StopCovid entre le 2 juin et le 22 octobre 2020, et 34,4 millions depuis le lancement de TousAntiCovid. Parmi ces 36,9 millions, 33,5 millions peuvent être considérés comme des utilisateurs actifs, dans le sens d’au moins une ouverture de l’application par mois. Mais cette période d’un mois est beaucoup trop importante pour juger d’un outil qui doit être utilisé quotidiennement pour être efficace.

Malgré tout, le rapport dispose de certaines données intéressantes, qui permettent de juger de l’efficacité du contact tracing par rapport au tracing manuel. Ainsi, seulement 2,3% des utilisateurs se déclarant positifs au Covid-19 dans l’application, avaient été notifiés auparavant comme contacts à risque par l’app. En comparaison, dans le cadre du contact tracing manuel mis en place par l’Assurance Maladie, la proportion de personnes testées positives qui avaient été préalablement identifiées comme cas contact oscille entre 17% et 24% selon Santé publique France. « La détection de contacts à risque via TousAntiCovid est moins précise », conclut l’étude.

Les personnes notifiées par TousAntiCovid sont également moins enclines à se faire tester : 55% seulement, contre 83% des personnes informées par l’Assurance maladie, d’après une étude de l’Université Grenoble-Alpes. L’étude souligne également qu’en rapportant le taux d’incidence de l’épidémie au nombre d’enregistrements dans TousAntiCovid, on peut estimer à 38% le nombre d’utilisateurs testés positifs qui vont se déclarer dans l’application. Là encore, un chiffre décevant étant donné toute la communication réalisée pour inciter les malades à se déclarer dans l’app. Et de conclure, mi-figue mi-raisin :

« Le contact tracing mis en œuvre via l’app TousAntiCovid apparaît donc comme un outil complémentaire aux autres dispositifs de contact tracing mis en place, qui peut constituer un levier efficace de lutte contre l’épidémie si les utilisateurs s’en emparent davantage, à savoir : s’ils activent le Bluetooth, s’ils utilisent l’application régulièrement, se font tester en cas de notification et se déclarent dans l’application s’ils sont testés positifs ».

Mais ces conditions semblent remplies de manière insatisfaisante, ce qui amène l’étude à considérer que la fonctionnalité de contact tracing numérique est d’une « utilité marginale dans le dispositif global de lutte contre l’épidémie« . Point positif : elle reste utile « dans le cadre d’un pic de contaminations« , notamment quand le contact tracing manuel est débordé par l’avalanche de cas, comme ce fut le cas à cause du variant Omicron. « Une meilleure exploitation des fonctionnalités de l’application pourrait avoir un rôle indéniable en termes de contact tracing, à condition que les utilisateurs se saisissent pleinement de cet outil », est-il écrit.

L’accès au Pass Sanitaire, principale raison de l’utilisation de TousAntiCovid

Contactée par La Tribune, la Cnil a fait savoir que l’étude était toujours « en cours d’analyse ». De son côté, le ministère de la Santé se dit « conscient des biais » de l’étude Kantar sur l’appréciation de l’app, et se contente des aspects positifs relevés dans le rapport, c’est-à-dire le fait que le dispositif de contact tracing soit considéré comme « complémentaire » des autres gestes barrières contre le Covid.

Si ce bilan d’utilisation indique donc en creux que TousAntiCovid est une déception en ce qui concerne le contact tracing, la fonction TousAntiCovid Signal, c’est-à-dire le cahier de rappel numérique qui permet de s’enregistrer dans un lieu à forte fréquentation comme les bars, restaurants, cinémas, pour être prévenu s’il y a des cas de Covid dans l’établissement, apparaît également comme une déception.

En raison du manque d’accès aux données et aux « disparités d’utilisation de l’outil par les établissements », l’étude en conclut qu’il « n’est pas possible de calculer un ratio entre le nombre de contacts à risque détectés dans un type lieu et le nombre de scans ayant été effectués dans ce même type de lieu ». Sur la base des données disponibles, l’étude conclut que cette fonctionnalité déployée depuis le 9 juin 2021 est « sous-utilisée ». « Les notifications effectuées dans le cadre du cahier de rappel numérique ne représentent que 15% des notifications totales sur la période du 10 au 28 novembre 2021 », est-il écrit.

A la lecture du rapport, la seule vraie utilité de TousAntiCovid semble être la fonctionnalité d’accès au pass sanitaire, et aussi la fonctionnalité Carnet, qui permet d’entrer dans l’application des certificats de vaccination et ses tests de dépistage. La fonctionnalité « chiffres et actualités » est également appréciée des utilisateurs, bien qu’il soit possible d’obtenir des informations sur le Covid par de multiples autres moyens et de manière très facile.

« L’accès au pass sanitaire est la principale raison du téléchargement de TousAntiCovid pour les répondants, et la fonctionnalité de contact tracing (Bluetooth) arrive en quatrième position après la fonctionnalité de chiffres et actualités et celle des attestations», indique l’étude.

Dans le détail, 91% des personnes ayant téléchargé l’appli entre avril et octobre 2021 -au moment où son utilisation a explosé- utilisent TousAntiCovid surtout pour le Pass sanitaire et vaccinal -ils pouvaient sélectionner deux fonctionnalités-, et seulement 9% mentionnent le contact tracing.

Faut-il arrêter TousAntiCovid ?

Avec la suppression prochaine du Pass vaccinal qu’Olivier Véran promet pour mi-mars, l’application TousAntiCovid va donc perdre sa principale utilité. De son côté, la Cnil avait conditionné son approbation du dispositif à l’utilité du contact tracing numérique. Mais tout en soulignant l’utilité de l’app dans le contexte Omicron « en complément des autres dispositifs », cette étude d’utilisation émet au fil de ses pages de sérieuses réserves sur la pertinence du dispositif et ne cesse d’insister sur ses failles, notamment les restrictions techniques et l’activation du Bluetooth.

Dans son audition devant le Sénat du 2 février 2022, Cédric O a annoncé que le coût « à date » de TousAntiCovid est d’environ 15 millions d’euros. Il était de 6,5 millions d’euros fin 2020, l’application a donc coûté en 2021 environ 8,5 millions d’euros. En 2021, l’association Anticor a porté plainte devant la Cour de la justice de la République (CJR) contre le ministre de la Santé, pour « favoritisme » dans la gestion de l’application, notamment pour avoir choisi comme prestataires de gestion, et ce sans appel d’offres, les acteurs privés à l’origine de son développement, qui s’étaient engagés à le faire « à titre gratuit ».

Dans un contexte de polémiques depuis l’origine du projet au printemps 2020, de coûts qui explosent et d’une étude d’impact inconsistante sur l’utilité de l’application dans la lutte contre le Covid, faut-il arrêter TousAntiCovid ? La question se pose.

Sylvain Rolland

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TousAntiCovid: une utilité « marginale » et des fonctionnalités de traçage largement sous- utilisées (rapport d’activité)

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TousAntiCovid: une utilité « marginale » et des fonctionnalités de traçage largement sous- utilisées (rapport d’activité)

PARIS, 25 février 2022 (APMnews) – L’application de lutte contre le Covid-19 a une « utilité marginale » en matière de traçage des cas contacts, et ses fonctionnalités de traçage sont largement sous-utilisées, selon le rapport d’activité de l’application.

Ce rapport, discrètement publié sur le site de l’application, couvre la période du 2 juin 2020 au 30 novembre 2021 et a été mis à jour le 10 janvier 2022. Il a été repéré jeudi par La Tribune.

Si la période couverte s’étend du lancement le 2 juin 2020 de la première version de l’application, alors appelée StopCovid, au 30 novembre 2021, le rapport ne contient quasiment pas de données détaillées sur l’ensemble de cet intervalle, et se limite à des analyses sur quelques périodes. De plus, certaines statistiques d’utilisation n’ont été collectées qu’à partir de juin 2021, et les utilisateurs ont la possibilité de s’opposer à cette collecte de statistiques.

Le rapport estime le « nombre d’appareils uniques disposant de l’application » à plus de 49,8 millions au 1er janvier 2022. Il s’agit du nombre de téléphones sur lesquels l’application a été installée, et non du nombre de personnes ayant installé l’application, une personne ayant changé d’appareil et/ou en possédant plusieurs pouvant être comptabilisée plusieurs fois.

Ce nombre comprend les personnes utilisant exclusivement les fonctionnalités de présentation du passe sanitaire et/ou d’attestation de sortie.

Le nombre « d’enregistrements », qui correspond à l’activation d’une fonctionnalité de traçage, est de 39,4 millions au 1er janvier. Ce nombre ne correspond pas au nombre d’utilisateurs réels, une personne ayant activé une seule fois le traçage lors de l’installation avant de ne plus jamais l’activer étant tout de même décomptée comme enregistrée.

Le nombre d’utilisateurs actifs est quand à lui estimé à 33,5 millions d’applications au 30 novembre 2021, sur un total de 46,7 millions d’installations à cette date, soit 71% du parc d’appareils. Cependant, cette estimation s’appuie sur des données partielles issues des magasins d’application d’Apple et Google.

Dans le cas des détenteurs d’appareils Apple, qui représentent moins du quart des appareils sur lesquels TousAntiCovid a été installée, il s’agit d’une extrapolation de données représentant 31% des appareils. Dans les cas des téléphones Google, « l’indicateur retenu est le nombre d’utilisateurs qui ont ouvert l’application au moins une fois sur une période de 28 jours », ce qui signifie que les personnes n’ayant jamais activé une fonctionnalité de traçage ont été comptabilisées.

« Les données relatives au nombre d’activations/désactivations du Bluetooth par utilisateur TousAntiCovid ne sont pas conservées et ne permettent pas d’estimer précisément le nombre d’utilisateurs utilisant activement la fonctionnalité de contact tracing par Bluetooth. Ainsi, l’utilisation de cette fonctionnalité peut être très variable par utilisateur. Par ailleurs, son efficacité technique peut également varier en fonction des téléphones utilisés »,

Moins d’un utilisateur sur quatre s’est déclaré positif dans l’application

« Entre le 22 octobre 2020 et le 30 novembre 2021, le nombre de personnes qui se déclarent positives dans l’application TousAntiCovid représente entre 5% et 18% de l’ensemble des personnes testées positives et rapportées dans Sidep », selon le rapport.

Il estime que 38% des utilisateurs testés positifs au Covid-19 se sont déclarés dans l’application après avoir reçu leur résultat de test sur la même période.

Parmi les utilisateurs se déclarant positifs au Covid-19, seuls 2,6% avaient précédemment été identifiés comme cas contacts par l’application.

« En comparaison, dans le cadre du contact tracing mis en place par l’assurance maladie, la proportion de personnes testées positives qui avaient été préalablement identifiées comme personnes contacts à risque oscille entre 17% et 24% sur la période de début septembre à fin novembre 2021 selon Santé publique France », est-il indiqué.

« La détection de contacts à risque via TousAntiCovid est moins précise puisqu’elle aboutit en proportion à un nombre moins important de détections de cas positifs, ce qui est prévisible étant donné que la détection du risque ne se base que sur une notion de proximité ou de géographie, et ne prend pas en compte les autres éléments pouvant limiter le risque de transmission » tels que le port du masque, justifie le rapport.

Par ailleurs, « le délai moyen entre la date de début des symptômes et la déclaration dans TousAntiCovid d’un test positif est de 2,4 jours », contre 1,8 jour dans le dispositif de traçage de l’assurance maladie. Le délai médian entre une alerte reçue dans l’application et un test positif est de 4 jours après réception de la notification.

Seulement 10,8% des personnes se déclarant positives dans l’application ont précisé la date du test, ce qui ne permet de déterminer précisément la période pendant laquelle elles ont pu être contagieuses.

De plus, « 83% des personnes informées par la Cnam qu’elles sont contact à risque iraient se faire tester », indique le rapport, citant une enquête en cours de l’université Grenoble-Alpes (cf dépêche du 01/10/2021 à 19:31). Cette proportion chute à 4,6% pour les personnes informées par TousAntiCovid, selon cette enquête, ou à 55%, selon un sondage réalisé par Kantar en octobre 2021.

Ce sondage s’appuie sur un panel « constitué d’utilisateurs assidus de l’application, ne pouvant pas constituer par conséquent un échantillon représentatif des comportements de l’ensemble de la population […] s’agissant d’utilisateurs plutôt assidus et portant un regard globalement positif sur TousAntiCovid », met en garde le rapport, qui le cite abondamment.

Plus du tiers (36%) des répondants ont déclaré que le passe sanitaire est la raison principale de téléchargement de l’application et 72% une des raisons principales. Le contact tracing est cité en premier par seulement 24% des utilisateurs.

Seulement 13% des répondants ont cité le traçage Bluetooth comme une des deux fonctionnalités les plus utilisées, et 3% le cahier de rappel. L’écrasante majorité (86%) a cité le stockage du passe sanitaire.

Un ratio cas positif déclaré/cas contact identifié proche de 1

« Le ratio du nombre de personnes contacts notifiées via le protocole Robert [utilisant le Bluetooth] par nombre de cas déclarés se situe à 1,9 en moyenne pour le mois de novembre 2021, soit un ratio identique à cela rapporté par le dispositif [de contact tracing] de l’assurance maladie sur la semaine du 24 au 30 novembre 2021 », selon le rapport.

En prenant en compte le protocole Clea de « cahier de rappel », ce ratio passe à 2,5 contacts à risque par cas positif.

Cependant, il faut noter que le nombre total de cas contacts identifiés par l’application est largement inférieur à celui de la Cnam. Entre le 13 mai 2020 et le 13 décembre 2021, la Cnam a identifié 15,6 millions de cas contacts, selon le site de Santé publique France. Entre le 20 octobre 2020 et vendredi, ce nombre est 3,4 millions pour l’application, selon les données affichées dans l’application en fin d’après-midi.

Par ailleurs, le ratio se rapproche de 1 sur le long terme. Vendredi en fin d’après-midi, l’application affichait exactement 3.421.901 cas contacts pour 3.384.763 cas déclarés, soit un ratio de 1,01.

De plus, le rapport ne donne pas ce ratio pour d’autres périodes, ce qui empêche de savoir si la période sélectionnée est représentative.

Le « cahier de rappel » est « sous-utilisé », constate le rapport. Les notifications émises par ce protocole « ne représentent que 15% des notifications totales sur la période du 10 au 28 novembre 2021 », car « un certain nombre d’établissements ne proposent plus le QR code à scanner à leur clientèle », parce que « les utilisateurs l’utilisent moins », et du fait de « la hiérarchisation des niveaux de risques et des notifications », qui donne la priorité aux contacts identifiés par Bluetooth.

Ainsi, entre le 10 septembre et le 28 novembre 2021, 85% des notifications envoyées par l’application sont issues du système Bluetooth.

« Avec la moitié des utilisateurs notifiés qui se font tester, et près d’un tiers seulement des utilisateurs testés positifs qui se déclarent dans l’application, la capacité de détection de personnes contacts qui deviennent des cas positifs par l’application TousAntiCovid semble être sous-estimée », euphémise le rapport.

Rapport d’activité de TousAntiCovid du 2 juin 2020 au 30 novembre 2021

lc/nc/APMnews

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Voir aussi:

« Il est temps d’évaluer les applications de traçage de contacts du Covid-19 », aucun indicateur fiable de leur efficacité. https://environnementsantepolitique.fr/?p=15131

https://environnementsantepolitique.fr/2022/01/19/le-passe-vaccinal-arrive-trop-tard-et-nest-plus-justifie-dans-la-situation-actuelle-a-vouloir-trop-bien-faire-a-vouloir-senteter-on-finit-par-mal-faire-professeur-dominique-baudon/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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