Faute de personnel, le service de médecine d’un hôpital rural obligé de baisser le rideau
Par S.B. le 17-02-2022 https://www.egora.fr/actus-pro/hopitaux-cliniques/72039-faute-de-personnel-le-service-de-medecine-d-un-hopital-rural

Pour l’instant, la fermeture du service de médecine de l’hôpital de Neuville-aux-Bois, dans le Loiret, est temporaire, mais la menace d’une fermeture définitive plane. En cause, le manque de personnel.
Les 28 lits du service de médecine de l’hôpital de Neuville-aux-Bois, commune rurale du Loiret située entre Orléans et Pithiviers, seront fermés entre le 1er mars et le mois de septembre. « Les patients seront redirigés vers leur domicile, vers l’Ehpad », ou, en fonction de leur choix, « vers les centres hospitaliers d’Orléans ou Pithiviers », explique à France 3 Isabelle Brivet, la directrice de l’hôpital. Quant au personnel, il sera réaffecté à l’Ehpad. Cet hôpital spécialisé en gériatrie est constitué d’un service de médecine, de SSR (Soins de Suite et de Réadaptation), d’un Ehpad et d’une unité Alzheimer.
En cause, le manque de personnel, en particulier d’infirmières, qui impose une forte tension sur les équipes déjà très sollicitées. Concrètement, au mois de mars, « il y avait 16 nuits où on avait aucune infirmière », cite le maire de la commune et président du conseil de surveillance de l’hôpital, Patrick Hardouin. « C’est une décision radicale », admet-il, « qu’on ne prend pas de gaieté de cœur ». Mais « soit on ne fait rien et on joue avec la sécurité des patients, soit on ferme pour une durée déterminée ».
L’hôpital d’Orléans suspend les consultations de suivi pédiatrique, faute de médecins
« Neuville est pas une exception. Pas loin d’ici, à Pithiviers, il manque une quinzaine d’infirmières, à Orléans une centaine. Les intérimaires ont ‘le choix’ des établissements où ils peuvent travailler. On a tout essayé, on a essayé de tenir mais on n’arrive pas à avoir nos effectifs complets, donc à un moment donné c’est une décision qui s’impose à nous », a ajouté Isabelle Brivet.
La direction de l’hôpital espère pouvoir recruter du personnel d’ici le mois de septembre prochain, et mise sur des retours de congé maternité et de formation. »Ils disent qu’ils vont réouvrir en septembre et recruter à nouveau des infirmières, mais on n’y croit pas », témoigne une infirmière et déléguée du personnel, affiliée au syndicat Force ouvrière.
[Avec france3-regions.francetvinfo.fr]
Déserts médicaux : un « constat d’échec » après la fermeture du service de médecine dans un hôpital rural faute de personnel
Publié le 16/02/2022 à 15h02
https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/loiret/deserts-medicaux-un-constat-d-echec-apres-la-fermeture-du-service-de-medecine-dans-un-hopital-rural-faute-de-personnel-2464015.html
Écrit par Bertrand Mallen

Dès le 1er mars, le service de médecine de l’hôpital de Neuville-aux-Bois, dans le Loiret, sera fermé. Officiellement, cette fermeture temporaire pour cause de manque de personnel durera jusqu’en septembre. Mais beaucoup craignent une fermeture définitive.
Un « constat d’échec« , un « crève-cœur« , mais une décision justifiée. Ce 1er mars, le service de médecine de l’hôpital Pierre-Lebrun de Neuville-aux-Bois, commune rurale du Loiret située entre Orléans et Pithiviers, va fermer temporairement ses 28 lits. « Les patients seront redirigés vers leur domicile, vers l’Ehpad« , ou, en fonction de leur choix, « vers les centres hospitaliers d’Orléans ou Pithiviers » explique à France 3 Isabelle Brivet, la directrice de l’hôpital. Quant au personnel, il sera réaffecté à l’Ehpad.
Un déficit d’une quinzaine d’infirmiers
En cause, le manque de personnel, en particulier d’infirmière, qui impose une forte tension sur les équipes déjà très sollicitées. Le problème du manque d’effectif est national, mais touche bien plus durement les petites communes. Paie faible, conditions de travail exigeantes qui peuvent vite devenir infernales, logique comptable : il devient vite compliqué pour les établissements déjà en manque de personnel de capter les quelques professionnels pas encore stabilisés.
Neuville est pas une exception. Pas loin d’ici à Pithiviers il manque une quinzaine d’infirmières, à Orléans une centaine. Les intérimaires ont « le choix » des établissements où ils peuvent travailler. On a tout essayé, on a essayé de tenir mais on n’arrive pas à avoir nos effectifs complets, donc à un moment donné c’est une décision qui s’impose à nous.Isabelle Brivet, directrice de l’hôpital
Concrètement, au mois de mars, « il y avait 16 nuits où on avait aucune infirmière » cite le maire de la commune et président du conseil de surveillance de l’hôpital, Patrick Hardouin. « C’est une décision radicale« , admet-il, « qu’on ne prend pas de gaieté de cœur« . Mais « soit on ne fait rien et on joue avec la sécurité des patients, soit on ferme pour une durée déterminée« .
Une stratégie qui peine à convaincre
La stratégie actuelle consiste donc à fermer le service en pariant sur la capacité de l’établissement à capter une partie de la prochaine promotion d’infirmières formées à l’IFSI d’Orléans qui entrera sur le marché du travail en septembre. L’hôpital compte aussi sur le retour d’une infirmière en congé maternité et d’une autre en formation. Mais la stratégie pour attirer de nouveaux professionnels semble encore un peu vague : « il faut aller les rencontrer, trouver les bons mots, convaincre que le métier d’infirmier peut se pratiquer à l’hôpital public dans de bonnes conditions« , évoque le maire.
Et de fait, le personnel ne se montre pas très convaincu. « Ils disent qu’ils vont ré-ouvrir en septembre et recruter à nouveau des infirmières, mais on n’y croit pas », lâche en passant Fabiola Courtois, infirmière et déléguée du personnel affiliée au syndicat Force Ouvrière.
Le service de médecine, explique-t-elle, est « stratégique » pour la survie de l’hôpital et aussi pour l’accès au soin des habitants des environs.
On a besoin de nos hôpitaux. Les habitants ont toujours connu cet hôpital. Pour la plupart ils y sont nés, et ils aimeraient bien finir leurs jours ici. Ils sont inquiets, tout comme les agents de Pierre-LebrunFabiola Courtois, déléguée FO
Or « on est dans le doute, on est dans le flou« . « Le problème d’effectif infirmier va subsister« , poursuit Fabiola Courtois, qui ne comprend pas que cinq candidatures déposées récemment par des intérimaires n’aient pas été gardées « sous le bras » pour maintenir le service ouvert.
En outre, le personnel encore présent est déjà « fatigué » et sous tension après des mois de crise sanitaire. « Il ne nous reste qu’une infirmière de nuit sur deux, et elle va muter« , dénombre la déléguée syndicale. « Il nous faut aussi un praticien hospitalier, car aujourd’hui notre praticien est en arrêt maladie et il est proche de la retraite. » Enfin, face à la pénurie nationale de personnel, parier sur une réouverture du service en septembre grâce à de nouvelles candidatures en août lui paraît très optimiste.
« On veut encore se battre pour cet hôpital«
De fait, Neuville-aux-Bois n’est pas le premier établissement touché par ce genre de fermeture dans ce département très sous-doté. Pendant les vacances de Noël, l’hôpital Lour-Picou de Beaugency avait aussi dû fermer son service de médecine, réaffectant son personnel à d’autres sites sous la menace de sanctions et occasionnant une grève le 14 janvier. « On a eu aussi la médecine de Beaune-la-Rolande qui a fermé, maintenant c’est à notre tour« , redoute Fabiola Courtois.
« On veut des réponses justes et sincères sur cette fermeture, qu’on pense définitive« , insiste Fabiola Courtois. Et au-delà, « on veut des actes ! On veut encore se battre pour cet hôpital.«
21 hôpitaux de proximité situés en zone rurale labélisés en Nouvelle-Aquitaine
(Communiqué de l’ARS Nouvelle-Aquitaine)
16/02/2022
Émis par : ARS Nouvelle Aquitaine
Le Directeur général de l’ARS Nouvelle-Aquitaine a arrêté le 28 décembre 2021 la liste des 21 établissements labélisés hôpitaux de proximité suite à la 1ère campagne de labélisation qui s’inscrit dans le cadre de la réforme des hôpitaux de proximité, en application de la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé du 24 juillet 2019.
Un décret publié au Journal officiel du 13 février 2022 précise les modalités de définition des deux nouveaux piliers du financement des hôpitaux de proximité. La dotation forfaitaire garantie et la dotation de responsabilité territoriale seront calculées pour trois ans, avec un complément possible de qualité à l’issue en fonction d’indicateurs.
Les hôpitaux de proximité : des acteurs essentiels pour diversifier l’offre de soins dans les territoires
La réforme vise à développer les soins de proximité et à renforcer les liens entre l’hôpital, la ville et le médico-social.
Les 21 hôpitaux de proximité labélisés en Nouvelle-Aquitaine devront mettre en œuvre de nouvelles missions, en lien avec les autres acteurs du territoire et notamment les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) :
- assurer le premier niveau de gradation des soins hospitaliers en médecine et faciliter l’accès aux spécialistes ainsi qu’aux plateaux techniques ;
- apporter un appui aux professionnels de santé de ville ;
- favoriser la prise en charge des personnes en situations de vulnérabilité et les conditions du maintien à domicile ;
- développer la prévention et les actions de promotion de la santé ;
- contribuer, en lien avec l’offre de soins existante, à la permanence et la continuité des prises en charges.
Les hôpitaux de proximité bénéficieront de modalités de financement adaptées permettant à la fois de sécuriser financièrement l’activité et de soutenir les nouvelles missions au moyen d’une dotation de responsabilité territoriale.
Les 21 établissements labélisés hôpitaux de proximité se situent en zone rurale et sont répartis dans les 12 départements de la région Nouvelle-Aquitaine :
- Département de la Charente : CH de Confolens, CH de Ruffec, CH Sud-Charente (Barbezieux), CH de La Rochefoucauld,
- Département de la Charente-Maritime : CH de Boscamnant, CH de Saint-Pierre-d’Oléron
- Département de la Corrèze : CH de Bort-les-Orgues,
- Département de la Creuse : CH de Bourganeuf, Centre médical national (CMN) de Sainte-Feyre
- Département de la Dordogne : CH de Belvès, CH de Domme
- Département de la Gironde : CH de Bazas, CH de Sainte-Foy-la-Grande
- Département des Landes : CH de Saint-Sever
- Département du Lot-et-Garonne : CH de Fumel, CH de Agen Nérac – site de Nérac
- Département des Pyrénées Atlantiques : CH Garazi
- Département des Deux-Sèvres : CH du Haut Val de Sèvre et Mellois – site de Saint-Maixent
- Département de la Vienne : CHU de Poitiers – site de Loudun
- Département de la Haute-Vienne : CH Intercommunal Monts et Barrages, CH Intercommunal du Haut Limousin
Afin de poursuivre cette réforme, l’ARS Nouvelle-Aquitaine prévoit deux nouvelles fenêtres de candidatures en 2022 à destination des établissements de santé éligibles et volontaires.
Le 1er appel à candidature 2022 est d’ores et déjà publié sur le site de l’ARS.
Contact :