Comment Valérie Pécresse veut « réinjecter » chaque année 4000 jeunes médecins généralistes dans les déserts
Par Aveline Marques le 19-01-2022

Répondant aux questions des Français dans l’émission « La France dans les yeux » sur BFMTV mardi, la candidate Les Républicains à l’élection présidentielle a détaillé l’une de ses mesures visant à améliorer l’accès aux soins dans les territoires : l’ajout d’une quatrième année au DES de médecine générale à effectuer dans les zones sous-dotées.
Pour lutter contre le « fléau national » des déserts médicaux et permettre aux quelques 5 millions de Français sans médecin traitant d’accéder à des consultations de généralistes, Valérie Pécresse a proposé mardi sur BFMTV que la quatrième année de DES de médecine générale, prévue dans le cadre de la réforme du 3ecycle, soit effectuée dans les zones « où l’on manque de médecins ». « L’idée ce serait de réinjecter chaque année 4 000 jeunes médecins généralistes de plus dans les territoires », soit 40 par département, résume-t-elle. Une proposition que la candidate LR à l’Elysée dit être « en train de tester auprès des syndicats de médecins ».
Concrètement, ces jeunes médecins, qui auraient le statut de « docteur junior » et exerceraient en autonomie supervisée à l’instar des autres spécialistes qui ont validé la phase 2 de l’internat, exerceraient au sein des « maisons médicales pour avoir un médecin référent qui les coache, qui puisse être là en cas de difficultés ».
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Cette réforme ne pourrait d’entrer en vigueur (au plus tôt) qu’à la rentrée 2022. Il faudrait donc attendre 2025 pour voir ces docteurs juniors affluer vers les territoires. Valérie Pécresse propose donc que cette possibilité soit ouverte avant cette date aux jeunes médecins « volontaires », « avec bien évidemment une bonification de leurs actes s’ils acceptent ».
[avec BFMTV.com]
Les internes en médecine générale favorables à une quatrième année d’internat, sous conditions
Par Marion Jort le 18-06-2021

Alors que l’hypothèse de l’ajout d’une quatrième année au diplôme d’études spécialisées de médecine générale est discutée depuis plusieurs années déjà, l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale vient de livrer une série de propositions visant à établir une nouvelle maquette d’études en ce sens. Le syndicat se positionne en faveur de cette nouvelle phase de consolidation, à condition que son déroulement respecte certaines dispositions. Le point.
Dans le cadre des discussions sur l’ajout d’une phase de consolidation au diplôme d’études spécialisées (DES) de médecine générale, le CNGE réfléchit à une nouvelle maquette d’études afin de “transformer le DES” pour le “mettre sur un pied d’égalité” avec les autres spécialités médicales. Décision très décriée parmi les internes, cette bascule vers l’ajout d’une année supplémentaire fait l’objet de propositions strictes et encadrées de la part de l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG).
Alors que les échanges s’intensifient, en effet, depuis le début de l’année, le syndicat a décidé de livrer un ensemble de prérequis, indispensables à l’adoption d’un internat en quatre années. A l’heure actuelle, l’Isnar-IMG se positionne en faveur d’un DES en quatre ans, avec une phase de consolidation, “en accord avec son souhait d’exercice futur (ambulatoire, mixte ou hospitalier) d’un an, sous condition de respect de la maquette présentée dans la présente contribution”, martèle-t-il.
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Selon les propositions de l’Isnar-IMG, la formation de l’internat de médecine générale se découpera en une phase socle d’un an, puis deux ans de phase d’approfondissement. Suivront ensuite deux possibilités : une première phase de consolidation d’un an, en stage en amublatoire ; ou une autre possibilité de consolidation en réalisant deux fois six mois, en ambulatoire et/ou en milieu hospitalier.
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Dans le cadre des discussions sur l’ajout d’une phase de consolidation au diplôme d’études spécialisées (DES) de médecine générale, le CNGE réfléchit à une nouvelle maquette d’études afin de “transformer le DES” pour le “mettre sur un pied d’égalité” avec les autres spécialités médicales. Décision très décriée parmi les internes, cette bascule vers l’ajout d’une année supplémentaire fait l’objet de propositions strictes et encadrées de la part de l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (Isnar-IMG).
Alors que les échanges s’intensifient, en effet, depuis le début de l’année, le syndicat a décidé de livrer un ensemble de prérequis, indispensables à l’adoption d’un internat en quatre années. A l’heure actuelle, l’Isnar-IMG se positionne en faveur d’un DES en quatre ans, avec une phase de consolidation, “en accord avec son souhait d’exercice futur (ambulatoire, mixte ou hospitalier) d’un an, sous condition de respect de la maquette présentée dans la présente contribution”, martèle-t-il.
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Selon les propositions de l’Isnar-IMG, la formation de l’internat de médecine générale se découpera en une phase socle d’un an, puis deux ans de phase d’approfondissement. Suivront ensuite deux possibilités : une première phase de consolidation d’un an, en stage en amublatoire ; ou une autre possibilité de consolidation en réalisant deux fois six mois, en ambulatoire et/ou en milieu hospitalier.

Phase socle
La phase socle comporte l’obligation de réaliser…
un stage chez le praticien de 6 mois, et un stage d’urgences de 6 mois. Pour le syndicat, “le maintien de ces deux stages en phase socle d’un DES en 4 ans reste tout à fait cohérent avec l’approche par compétence de la médecine générale et la nécessité d’être formé rapidement aux soins d’urgences et de premiers recours”. L’Isnar-IMG demande également qu’une inéquation de 107% par stage soit mise en place pour permettre aux internes qui souhaitent, en cas de conflit, rapidement changer de stage. Cela revient à ouvrir plus de postes que d’internes demandant une affectation.
Phase d’approfondissement
Actuellement, cette phase se déroule en deux années et implique la réalisation d’un stage de médecine adulte en deuxième année d’internat, et un stage en autonomie supervisée (Saspas) en troisième année. Les internes peuvent également effectuer, en deuxième ou troisième année, des stages de santé de la femme (6 mois), santé de l’enfant (6 mois), en ambulatoire ou en hospitalier. L’Insar-IMG, considérant cette maquette actuelle comme “rigide”, demandent des modulations qui permettront plus de “souplesse”.
Ainsi, le syndicat propose d’orienter les stages de médecine adulte de la deuxième année vers la gériatrie avec “une emphase sur la formation à la coordination des soins”, sans que cela ne se transforme uniquement et systématiquement en stage de gériatrie. “Le développement de stages en Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), proposé dans le rapport de Nicole Notat issu des concertations du Ségur de la Santé et la formation au sein d’équipes mobiles de gériatrie, de gériatres libéraux ou de médecins généralistes avec une forte patientèle gériatrique, doivent être encouragés”, indique encore l’Isnar-IMG dans son rapport. Pour favoriser cela, le syndicat souhaite que les stages puissent se dérouler de manière mixte, avec trois mois en ambulatoire et trois mois à l’hôpital. Il insiste aussi sur la nécessité que les textes réglementaires précisent que des professionnels “attestant de compétences gériatriques” en soient les encadrants.
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“Un couplage du stage santé de la femme et de l’enfant est indispensable. Selon une logique de 3 mois-3 mois, ces stages devront être orientés principalement sur un versant ambulatoire, afin d’être en adéquation avec les besoins de formation des futurs médecins généralistes. Aussi, les textes réglementaires doivent prévoir un stage couplé en santé de la femme et de l’enfant uniquement ambulatoire, ou à défaut mixte”, prévoit aussi le syndicat.
Phase de consolidation
Cette année sera réalisée en fonction du projet professionnel de l’interne et de son choix d’exercice futur, qu’il soit ambulatoire, mixte ou hospitalier. L’Isnar-IMG affirme, dans son rapport, que la création d’un nouveau statut est nécessaire : celui de “Docteur Junior Ambulatoire”. Trois modèles seront alors possibles pour la réalisation de cette année : une année ou deux fois six mois en ambulatoire avec le statut de Dr Junior Ambulatoire, la possibilité d’effectuer un stage ambulatoire de six mois sous le statut de Dr Junior Ambulatoire, et un autre de six mois avec le statut de Dr Junior Hospitalier pour un exercice mixte, ou enfin, une année ou deux fois six mois en hospitalier, via le statut actuel de Dr Junior Hospitalier.
-Année ambulatoire sous le statut de “Docteur Junior ambulatoire” (DJA)
L’interne pourra réaliser un stage auprès d’un “médecin collaborateur pour Docteur Junior Ambulatoire”, qu’il soit MSU ou non, dans une structure existante. Il sera contractualisé par la réalisation d’un “contrat de collaborateur”. Dans ce cas, l’interne ne sera soumis à aucune contrainte géographique, mais il devra “attester d’un souhait d’installation avec ou… dans la…
zone géographique l’environnement d’exercice dudit médecin”, précise le syndicat. “De fait, le contrat de collaboration ne devra pas prévoir de clause de non-concurrence afin de favoriser les installations”, écrit-il encore. Il devra, par ailleurs, être indiqué dans le contrat de collaboration que le nombre maximal d’actes réalisés quotidiennement ne pourra pas excéder 30 consultations. Un minimum de dix consultations par jour en moyenne par trimestre sera exigé pour validation du stage.
La séniorisation de l’interne devra être effectuée par un MSU territorial, qui devra pouvoir se déplacer sur le terrain de stage dans un délai maximum de 20 minutes. Un cahier des charges devra aussi être mis en place pour qu’un médecin thesé collaborateur soit agréé et devra respecter plusieurs modalités a minima (Informatisation des dossiers avec logiciel médical permettant une télétransmission ; mise à disposition de protocoles d’urgence ; mise à disposition de locaux décents pour l’exercice ; mise à disposition du matériel nécessaire à l’exercice ; mise à disposition d’un carnet d’adresse de professionnels exerçant sur le territoire afin de disposer d’informations sur les recours et orientations possibles). Enfin, un débriefing hebdomadaire des consultations ayant posé problème à l’interne sera organisé.
Au total, huit demi-journées seront consacrées à la réalisation du stage dont six sous supervision d’un MSU territorial, en consultation dans le cabinet et deux consacrées au projet professionnel de l’interne. “ Elles visent à découvrir la multiplicité des exercices sur un territoire et pourront notamment comprendre comme lieu d’accueil : les réseaux de soins (équipes de soins mobiles gériatriques, palliatifs…), les établissements sanitaires communautaires de proximité (hôpitaux locaux de proximité), les EHPAD, ou d’autres structures de soins qui pourraient accueillir à terme le Docteur Junior Ambulatoire”, selon l’Isnar-IMG.
Concernant la rémunération, le DJA pourra, s’il y est éligible, souscrire à un contrat de début d’exercice, qui précise un revenu minimum en fonction du nombre de demi-journées travaillées. Si non, une rémunération minimale sera accordée selon la tarification déjà en vigueur pour les Docteurs Juniors Hospitaliers.
-Année mixte ambulatoire/hospitalier ou hospitalier exclusif
Il sera identique au statut de Docteur Junior déjà en place pour les autres spécialités.