Nouvelles loco-régionales sur la santé 

« Je suis inquiet pour l’avenir des pharmacies rurales », alerte le président du Syndicat départemental des pharmaciens

Les pharmacies de campagne pourraient disparaître dans le Tarn.Photo DDM, archives.

Les pharmacies de campagne pourraient disparaître dans le Tarn.Photo DDM, archives.

Santé,  Tarn

Publié le 29/01/2022 à 05:14

https://www.ladepeche.fr/2022/01/29/je-suis-inquiet-pour-lavenir-des-pharmacies-rurales-10075765.php

l’essentiel

Bernard Champanet, président du Syndicat départemental des pharmaciens, tire la sonnette d’alarme. Pour lui, il n’y a pas que les médecins qui désertent les zones rurales. Il est aujourd’hui très difficile de trouver un nouveau pharmacien, pour reprendre une officine en campagne.

« L’attractivité médicale ne doit pas s’arrêter aux médecins. Pour que cela fonctionne, c’est un tout, une boucle entre eux, les infirmières et les pharmaciens. On subit tous le manque de professionnels de santé. » Bernard Champanet est inquiet. « Nous avons les mêmes problèmes que pour les médecins. A contrario, nous ne manquons pas d’infirmières. L’avantage, c’est que nous possédons une école de formation sur Albi. »

Parlons pharmacie. Quel est le souci ?

« Leur maillage sur le territoire est en tout point remarquable, que ce soit en ville ou dans les campagnes. Avec une installation en fonction du chiffre d’affaires et de la population, on en trouve partout à moins d’un quart d’heure de chez soi. C’est une règle d’aménagement du territoire. Malheureusement, cet équilibre est mis à mal. » Pour quelles raisons ?

Les jeunes pharmaciens ne veulent plus venir dans les zones rurales

« Comme les médecins, les jeunes pharmaciens ne veulent plus s’installer dans les campagnes. Trop loin, pas assez de services, d’écoles. Ils sont happés par la métropole toulousaine. » Les exemples sont de plus en plus nombreux dans le Tarn où il est plus que difficile, de trouver un repreneur.

« Je peux vous citer Cordes et même Gaillac. Pourtant cette commune a tout les services et n’est pas loin de Toulouse. On ne sait plus quoi penser. » Il réfléchit.

« Je pense aussi à Viane où la propriétaire veut vendre. Elle ne trouve personne. Il faut ajouter à ça que la commune ne possède plus de médecin. Vous savez, un pharmacien sans médecin ou un médecin sans pharmacien, c’est très compliqué à gérer pour une commune rurale. »

Il y a aujourd’hui 130 pharmacies dans le Tarn

Aujourd’hui le Tarn compte 130 officines. « Chose très importante, il faut savoir que sur le département, il y a en permanence 15 pharmacies de garde. Si certaines ferment en milieux rural, on ne va en trouver qu’à Albi, Castres, Lavaur, Mazamet, Gaillac et Lavaur. Ce n’est pas admissible. »

À Valdériès, l’annonce nationale n’a recueilli qu’une réponse

Les problématiques s’accumulent. « À Trébas, le propriétaire ne trouve pas d’adjoint. À Albi, on pourrait en perdre deux. Des exemples comme cela, s’accumulent. Prenons Valdériès. Le propriétaire a voulu vendre. Impossible de trouver repreneur. Alors, on a passé une annonce nationale. Vous savez combien on a reçu de réponse. ? Une. C’est fou. Pourtant on n’est pas au bout du monde. La pharmacie a été sauvée mais la nouvelle propriétaire ne trouve personne comme adjoint, pour lui permettre de souffler. » Bernard Champanet ne cache son stress.

« À cette vitesse, on va dans le mur. Il faut vite trouver des solutions pour démontrer que l’on vit bien dans nos campagnes. Les pharmacies rurales ou de villes moyennes sont un lieu de proximité où l’on se connaît, où l’on discute. Elles font partie intégrante de la vie de la commune. Si certaines mettent la clé sous la porte, ce sera compliqué pour les personnes âgées. Ils devront prendre leurs véhicules, enfin ceux qui le peuvent, pour aller chercher les médicaments. Il faut dire dès le lycée que ce sont des professions non délocalisables, qu’ils peuvent travailler dans leur département, là où ils ont leurs racines, plutôt que de partir dans une grande agglomération où ils ne seront qu’un simple numéro parmi tant d’autres. »

Une situation tendue que l’on retrouve aussi chez les préparateurs et les remplaçants

« Les remplaçants, c’est clair, il y en a plus. Quant aux préparateurs, on les forme et après ils prennent leurs baluchons, direction les grandes villes. Que voulez-vous que l’on fasse si on ne réfléchit pas à une politique attractive pour les garder. » Dans ce marasme ambiant, une bonne nouvelle ? « Oui. L’officine de Guitalens a été reprise par un pharmacien marseillais. Vous savez quoi. Il est très très heureux. »

Vincent 

Albi. Tarn : cette unité spécialisée qui va accueillir le « cannibale des Pyrénées »

https://www.ladepeche.fr/2022/01/29/lunite-albigeoise-qui-soigne-les-malades-difficiles-10075803.phpL’espace cafétéria des parties communes de l’unité pour malades difficiles d’Albi.photo DDM archives Marie-Pierre Volle.L’espace cafétéria des parties communes de l’unité pour malades difficiles d’Albi.photo DDM archives Marie-Pierre Volle.

Cannibale des Pyrénées,  Albi,  Tarn

Publié le 29/01/2022 à 05:14

l’essentiel

L’unité pour malades difficiles du Bon Sauveur va accueillir Jérémy Rimbaud, surnommé par les médias le cannibale des Pyrénées. L’unité a ouvert ses portes en 2011 et soigne près de 40 personnes.

« Ce ne sera pas le premier ni le dernier ». Des patients qui ont défrayé la chronique comme celui surnommé par la presse le cannibale des Pyrérnées, l’Unité pour malades difficiles du Bon Sauveur en a reçu plus d’un. C’est d’ailleurs sa raison d’être. Soigner des personnes présentant un danger pour autrui et pour eux-mêmes.

L’UMD a vu le jour en 2011 grâce aux investissements liés au plan de relance lancé par le président Sarkozy. À l’époque la France est un des pays possédant le moins de ce type de structures. « Il y en avait seulement 5 ou 6 sur la France », explique un représentant syndical du Bon Sauveur. Quatre ont été inscrites dans le plan de relance dont Albi. Pour une raison simple, le Bon Sauveur est situé entre l’UMD historique de Cadillac (Gironde) et une autre située dans la vallée du Rhône.

Une première unité voit donc le jour en 2011. Les deux premiers patients sont un Albigeois et un patient de la région Languedoc Roussillon. Elle sera complétée d’une seconde en 2012. Les deux unités s’étendent sur 4 000 m2 à la sortie de la ville.

Aujourd’hui, elles accueillent un peu moins d’une quarantaine de patients. Uniquement des hommes. La majorité souffre de troubles mentaux et de la personnalité, de schizophrénie, de paranoïa. « Les personnes psychotiques représentent près de 60 % des patients des UMD », expliquait le docteur Olivier Tellier, dans nos colonnes en 2011 pour l’ouverture de la structure.

Ces derniers ne sont pas amenés à rester là toute leur vie. Ils y font un passage le temps de se faire soigner. La moyenne des séjours est de deux ans. « L’objectif de notre travail n’est pas qu’un patient reste enfermé durant des années à l’hôpital. Bien au contraire. On l’accompagne pour qu’il trouve sa place à l’extérieur avec s’il le faut des périodes d’hospitalisation, mais surtout un suivi régulier. La prévention est essentielle, capitale », expliquait le docteur Olivier Tellier en 2019.

Pour les prendre charge, on compte à peu près 95 salariés (soignants et administratifs). « C’est une unité difficile où il faut beaucoup de main-d’œuvre », commente un représentant du personnel.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est une unité assez demandée par les personnels. « Il y a une prime de risque qui est octroyée ». Travailler dans ces unités n’est pas de tout repos. Les syndicats ne le cachent pas, il peut y avoir des crises, de l’agitation. « Il y a régulièrement des accidents de travail, mais ça fait partie du job », souligne un représentant.

Mais tous les acteurs le rappellent, les UMD ne sont qu’un des éléments de prise en charge en matière psychiatrique. « Il n’y a pas que les malades qui défraient la chronique. Les UMD représentent quelques situations cliniques, mais il y a tout le reste », assure un professionnel.

Comme le font remarquer les syndicats si les UMD restent bien pourvues, le reste de la psychiatrie souffre (voir ci dessous). « En même temps, on ferme des lits et des services en psychiatrie classique. Le gros du travail c’est le reste, pas les UMD », souligne un syndicaliste.

Et pour anticiper ces situations dramatiques, une seule solution pour les syndicats : la prévention. Mais pour ça, il faut des moyens humains et financiers.

Lot : des citoyens agissent contre les déserts médicaux 

Publié le 23/12/2021 à 19h12 •  Mis à jour le 24/12/2021 à 09h12

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/lot/cahors/lot-des-citoyens-agissent-contre-les-deserts-medicaux-2389630.html

« Si on ne se bat pas, personne ne le fera à notre place ». C’est en partant de ce constat, après la suspension d’un médecin généraliste, que trois Lotois ont décidé d’aider leurs concitoyens à trouver des solutions dans leur parcours de soins. 

Mi-octobre, Jean Rigal, 78 ans, veut prendre rendez-vous avec son médecin généraliste. 
Cet habitant de Caillac dans le Lot, apprend par le répondeur du cabinet médical que son médecin n’exerçait plus, car non-vacciné. 
Les soignants avaient en effet jusqu’au 15 octobre 2021 pour compléter leur schéma vaccinal.
Jean Rigal se retrouve donc sans médecin généraliste et il n’est pas le seul… Ce praticien suivait 1200 patients à Cahors.

C’est ici que commence le début de son combat : trouver un nouveau médecin traitant. Jean Rigal passe des coups de téléphone, en vain.

Quand on va voir les médecins, ils vous refusent tous car ils sont déjà en saturation de patients. Les généralistes n’en prennent plus car ils sont proches de la retraite ou bien ils en ont déjà un nombre trop important …

Le retraité est dans la même situation que deux de ses voisins à Caillac. Ensemble, ils font le constat de la difficulté à trouver le bon interlocuteur. Celui qui pourra résoudre leur problème. 
Quand ils se tournent vers la Caisse Primaire d’Assurance Maladie du Lot, un médiateur leur fournit une liste de médecins généralistes. Une liste qui n’est pas à jour selon Jean Rigal.

Sur les 144 médecins traitants référencés par la CPAM, seuls 82 sont en exercice dans un cursus classique. Pour le moment, j’ai contacté 70 médecins de cette liste 

Il faut retirer tous ceux qui sont à la retraite, ceux qui se sont spécialisés, ceux qui sont sur le départ, explique-t-il.

Jean-Claude Blaviel, Laurent Miquel et Jean Rigal (à gauche) lors d'une réunion de travail.
Jean-Claude Blaviel, Laurent Miquel et Jean Rigal (à gauche) lors d’une réunion de travail.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais les trois hommes n’acceptent pas l’idée de ne pas pouvoir être soignés comme n’importe quel Francais. 

La liberté de trouver un médecin à proximité de son domicile, de le choisir : je considère que c’est un droit. On a le meilleur système de santé au monde, pour lequel on cotise toute notre vie, et on n’est pas capable de trouver un médecin.

Ils ne veulent pas rester les bras croisés et décident alors de créer le collectif  « des patients abandonnés du Lot ».
Jean Rigal donne la possibilité aux Lotois de l’appeler en divulguant son fixe. Une adresse mail est aussi créée. Il a reçu près de 200 appels en un mois. 

Des citoyens qui se substituent aux services de l’Etat ?

Parmi ces nombreux appels, une personne en détresse. Elle s’est rendue chez son dentiste pour un rendez-vous post-opératoire. C’est en arrivant devant le cabinet qu’elle découvre que ce dernier est fermé à cause d’un dégât des eaux. 
« On connaissait le dentiste car il habite aussi dans notre commune. Nous sommes allés chez lui et il nous a expliqué qu’une permanence était assurée par un de ces confrères. Cette personne a pu être soignée. Pourquoi cette patiente n’avait-elle pas accès à cette information ? » se demande Jean Rigal.

Des médecins généralistes leur ont aussi tendu la main. « Pour nous rendre service, ils acceptent quelques nouveaux patients mais c’est à titre exceptionnel », relate-t-il.

Plus de possibilité d’actions

En s’intéressant aux actions menées ailleurs, le collectif a appris l’existence de l’association des citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM). Depuis peu, Jean Rigal est devenu le président de l’antenne du Lot. Il va pouvoir avoir plus de poids pour se faire entendre. 

A ce jour, cette nouvelle antenne a deux objectifs : montrer à la CPAM du Lot que des axes d’améliorations sont possibles en rendant par exemple le système plus humain »Il faut lui rappeler que la médecine ce n’est pas que de l’administration, c’est un service qu’ils doivent aux citoyens. » 

Et puis, ils veulent mettre en place un numéro d’urgence dans le Lot pour celles et ceux qui n’ont pas de médecins référents : « pour ne pas que les Lotois se sentent abandonnés. »

Il faut agir vite pour Jean Rigal, car dans le Lot sur les 474 médecins inscrits au conseil de l’ordre, 53,9 % ont plus de 60 ans et 12 % sont des retraités encore en activité. 

L’association est joignable au 05 65 20 00 46 

par courrier au 8 route de l’école 46140 Caillac

ou par mail : desertsmedicaux.lot@gmail.com

Écrit par Yael Benamou

Dans le Lot, les patients abandonnés viennent de constituer un collectif

Jean Rigal à gauche entouré de Jean-Claude et Laurent, membres du collectif.Jean Rigal à gauche entouré de Jean-Claude et Laurent, membres du collectif.

Santé,  Caillac,  Lot

Publié le 19/11/2021 à 07:31

l’essentiel

Face aux difficultés à trouver un médecin référent, un dentiste ou un médecin spécialiste, un « collectif des patients abandonnés du Lot », porte la voix d’habitants.

Une conférence de presse s’est tenue mercredi, et une certaine effervescence y régnait pour répondre aux uns et aux
autres, et écouter les témoignages portés par ceux qui veulent raconter leurs difficultés d’accès aux soins de santé dans le Lot.

Jean Rigal, 78 ans, ancien dirigeant d’entreprise habitant Caillac, raconte volontiers comment il en est arrivé à initier ce collectif « qui n’est pas encore une association » précise-t-il. Son médecin référent, en qui il avait toute confiance, est suspendu d’activité depuis le 15 octobre, suite à son refus de se faire vacciner. « Il n’était pas contre le vaccin, mais il a estimé le bénéfice-risque pour lui-même et a pris une décision le concernant, c’est tout. Lorsque les autorités publiques lui ont signifié sa suspension, nul ne nous a avertis. Il avait de l’ordre de 1 200 patients en charge, ça veut dire 1 200 Lotois qui doivent trouver un médecin dans ce département qui, comme d’autres hélas, est devenu un désert médical ».

Pourquoi pas la télémédecine, au lieu de la suspension ?

Jean Rigal estime la punition sévère et inopportune dans un contexte déjà tendu pour accéder aux médecins. « On aurait pu au moins le laisser exercer en télémédecine ». Est-ce que l’on peut encore se considérer en « parcours santé » lorsque l’on n’a plus de médecin référent ? Est-ce que les droits sont maintenus lorsqu’un médecin conciliant accepte de vous recevoir malgré sa charge, mais ne souhaite pas devenir votre médecin-référent ?…

Aucun interlocuteur pour leur répondre

« Nous avons besoin de réponses à ces questions, et à bien d’autres encore. Lorsqu’on essaie de joindre l’Agence régionale de santé, un répondeur renvoie sur la Caisse primaire d’assurance maladie, où l’on a un message qui conseille de passer par internet et nos comptes Ameli. Vous avez la sensation d’être abandonné face à un système muet ! » s’agace Jean.

« Nous avons envoyé des courriers à l’Agence Régionale de Santé, à la Préfecture, à la Caisse d’assurance maladie, aux présidents du Grand Cahors et du Conseil départemental, mais nous n’avons reçu pour l’heure aucune réponse », ajoute-t-il, pressentant l’impuissance de ces interlocuteurs à apporter une réponse.
Ce qui n’empêche pas de se faire le porte-voix des patients et des habitants en difficulté, au sein du Collectif des patients abandonnés.Collectif des patients abandonnés du Lot 05.65.20.00.46. cpa46@orange.fr

de notre correspondant local, Marie-Paule Mémy

Voir les commentaires

L’ARS serait « à côté de la plaque », selon l’Association des citoyens contre les déserts médicaux du LotConsultation de l’ARS : sur la forme l’idée séduit ; sur le fond, elle exaspère certains Lotois.

Consultation de l’ARS : sur la forme l’idée séduit ; sur le fond, elle exaspère certains Lotois. DDM-Illustration.

Santé,  Thégra,  Lot

Publié le 19/01/2022 à 07:31

https://www.ladepeche.fr/2022/01/18/lars-serait-a-cote-de-la-plaque-selon-lassociation-des-citoyens-contre-les-deserts-medicaux-du-lot-10053820.php

l’essentiel

L’Association des citoyens contre les déserts médicaux du Lot s’étonne du thème choisi par l’Agence régionale de Santé pour consulter les citoyens lotois, le 5 février prochain.

De l’enfumage… Le mot est lâché par l’Association des citoyens contre les déserts médicaux du Lot (ACCDM). En effet, la proposition de l’ARS d’organiser une consultation citoyenne à Thégra, sur « l’accès à la juste information en période de crise et l’isolement social en période de crise », fait rire jaune ses adhérents et son président Jean Rigal.
« Alors que les Lotois peinent à trouver un médecin référent, des spécialistes (dentistes, ophtalmologistes, cardiologues, etc.) on nous propose une réflexion sur la prévention à travers deux questions fondamentales ! », ironise Jean Rigal qui ne comprend pas non plus le sens de cette démarche.
Baptisée Fabrique citoyenne sur la Santé, cette consultation sera la 3e organisée en Occitanie, le samedi 5 février ; après celles de Montpellier, le 1er février et de Toulouse le 3.

Une première action de proximité pour échanger sur la crise sanitaire

« Deux grandes villes et puis Thégra. Pourquoi Thégra d’ailleurs ? », interpellent les membres de l’ACCDM46 qui font savoir qu’ils sont tout à fait disposés à apporter leur contribution à l’ARS, si l’enjeu porte sur l’accès aux soins dans le Lot.
Pour Julie Senger déléguée départementale de l’ARS du Lot, cette démarche trouve une raison plus profonde, comme elle l’explique : « Cette crise du Covid nous a amenés à réfléchir sur la place du citoyen dans l’élaboration des politiques publiques de santé. L’échange avec les professionnels de santé est primordial, mais la discussion avec les représentants des patients et les habitants s’avère également importante. C’est donc une expérimentation qui est proposée grâce à ces concertations citoyennes ».
L’ARS du Lot reconnaît en effet qu’il s’agit là d’une avancée dans les relations et parle « d’une première action de proximité pour échanger sur la crise sanitaire ». Si Thégra a été retenue, c’est notamment parce que Cauvaldor est en train de créer un Contrat local de santé.

« Aller au plus près des populations est toujours une démarche intéressante » 


« Et puis, ajoute Julie Senger, les territoires ruraux et les petites communes doivent pouvoir s’exprimer et confronter leurs idées et leur perception. Nous souhaitons tenir compte de cette parole pour pouvoir formuler des réponses mieux adaptées, travailler notre manière de communiquer aussi. Sachant que d’autres thèmes feront l’objet de prochaines rencontres citoyennes ».
Du côté de Cauvaldor, Thierry Chartroux, vice-président en charge de la Santé, ne souhaite pas polémiquer. « Nous menons des démarches avec l’ARS qui soutient nos projets, comme le Contrat local de santé que Cauvaldor devrait signer à la fin du mois. Elle nous a sollicités pour recueillir la parole des Lotois et nous avons accepté d’accueillir cette consultation. Il est important de connaître les besoins des habitants, de recueillir leurs attentes. Aller au plus près des populations est toujours une démarche intéressante ».
Mais l’accès aux soins cristallise l’attention et l’inquiétude des Lotois… même en période Covid.Inscription et information au 09 84 49 40 96, pour la Fabrique citoyenne à Thégra, le5 février.

Viane. Fonctionnement et utilisation de la télémédecineLa borne de télémédecine de Viane.

La borne de télémédecine de Viane.

Santé,  Viane

Publié le 18/02/2022 à 05:10 https://www.ladepeche.fr/2022/02/18/fonctionnement-et-utilisation-de-la-telemedecine-10118192.php

l’essentiel

Désormais, en cas de besoin pour leur santé, les Vianais peuvent se rendre à la borne de télémédecine. Il suffit de contacter l’un des intervenants pour l’utiliser.

Soit vous désirez être seul, on viendra juste vous ouvrir le local et refermer à votre départ : joindre Héléne Vialade, pharmacienne, au 05 63 37 51 57 ; Nathalie Viala, adjointe au maire, au 06 33 51 30 96, ou le maire Denis Maffre au 06 10 80 51 96.

Soit vous désirez être accompagné par une personne qui vous assistera médicalement (secret médical absolu du fait de la profession) ; vous pouvez contacter alors Séverine Zanella, infirmière, au 06 60 65 33 76.

Au local se situant au-dessus de la poste, dans une pièce isolée, vous serez face à une borne médicalisée avec un écran et du matériel médical comprenant : oxymètre pour la mesure le taux d’oxygène, tensiomètre pour la mesure de la tension artérielle, dermatoscope avec une lentille grossissante qui permet de déceler les lésions de la peau, otoscope pour examiner le conduit auditif de l’oreille, thermomètre frontal pour la mesure de la température corporelle, stéthoscope amplifiant les bruits du corps, cœur, poumons. Et une balance pour la prise de poids, même celle des nourrissons.

En visio avec un médecin

À la première entrevue, il faudra vous inscrire avec votre carte vitale et les justificatifs de votre couverture sociale. Les fois suivantes, vous n’aurez plus qu’à insérer votre carte sans avoir à avancer d’argent. Ensuite, dans les 15 minutes, un médecin vous contactera par écran interposé, fera une consultation « normale » et vous aidera à utiliser, si nécessaire, le matériel. Avec un peu de pratique, l’utilisation est simple, à tout moment vous pouvez chercher de l’aide. Au final, vous recevrez un ticket avec un QR code ; celui-ci vous permettra d’aller récupérer votre ordonnance dans n’importe quelle pharmacie. À Viane, elle est « la porte à côté », pas besoin de courir loin !

Heures d’ouverture du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 20 h ; le samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 17 h. Ce local d’accueil médical est évidemment aux normes, adapté au handicap, avec une rampe d’accès et un ascenseur.

Clarisse Charbonneau

Viane. Télémédecine : la cabine a été inaugurée

ABONNÉSMM. Mounet, Folliot et Maffre, à gauche de l’appareil, aux côtés des élus départementaux et municipaux.Photo DDM, C. C.

MM. Mounet, Folliot et Maffre, à gauche de l’appareil, aux côtés des élus départementaux et municipaux.Photo DDM, C. C.

Santé,  Viane

Publié le 11/02/2022 à 05:10

https://www.ladepeche.fr/2022/02/11/telemedecine-la-cabine-a-ete-inauguree-10102833.php

l’essentiel

Elus du territoire et parlementaire ont lancé officiellement la cabine de téléconsultation, qui vise à remédier au manque de médecins.

C’est avec un esprit bon enfant que l’inauguration de la télémédecine a eu lieu dans les locaux situés au-dessus de l’agence postale. Les élus de la commune étaient bien représentés pour recevoir notamment le sénateur Philippe Folliot et Daniel Vidal, président de la communauté de communes des Monts de Lacaune et Montagne du Haut Languedoc, qui ont pris la parole pour résumer le contexte de cette action.

Boris Mounet, le représentant de la société Tessan pour la cabine de télémédecine, venu de Toulouse, était là pour apporter son concours technique à sa présentation, avec l’aide de Denis Maffre, maire de Viane, dont l’enthousiasme à jouer le rôle du patient a ravi le public. C’est en direct de Montpellier, par écran interposé, qu’un docteur s’est prêté au jeu en lui faisant une vraie consultation. La démonstration fut faite des différents outils avec lesquels se familiariser sur la machine. Puis, recevant un ticket avec un QR code pour les médicaments, il a suffi ensuite au patient de descendre dans la rue rejoindre la pharmacie, à deux pas sur le même trottoir. Celle-ci aura reçu la transmission sur son ordinateur de l’ordonnance nécessaire pour la distribution des médicaments.

Ce formidable outil est la réussite de plusieurs intervenants, en plus de Mme Zanella, infirmière, et des élus de Viane. Le président Vidal, qui a pu expérimenter la télémédecine installée dans sa commune de Murat dont il est maire, a beaucoup accompagné la prise en charge du dossier, facilitant le travail. Il a souligné que la sous-préfecture n’en a pas retardé le projet. Quand tant de bonnes volontés se sont mises en œuvre, le résultat ne pouvait qu’être réussi, comme cette inauguration !

La mairie offrait ensuite une collation pour tous, clôturant agréablement ce moment.

Viane. Les Vianais découvrent la téléconsultation

ABONNÉSLes Vianais ont été nombreux à découvrir le système de télémédecine.Les Vianais ont été nombreux à découvrir le système de télémédecine.

Social,  Viane

Publié le 30/01/2022 à 05:11

https://www.ladepeche.fr/2022/01/30/les-vianais-decouvrent-la-teleconsultation-10077317.php

l’essentiel

La télémédecine, une façon de lutter contre la désertification médicale. Une cabine vient d’être installée au-dessus de la Poste.

Une douleur fulgurante, un malaise impromptu ou un accouchement prématuré et aucun médecin dans les environs pour venir à votre secours ! Seule alternative, le Samu avec les pompiers ou un hélicoptère pour les cas les plus graves et se déplaçant en fonction des urgences à gérer. Pour les soins, on vous transporte à Castres, Albi, voire Toulouse, loin de chez vous, pas le choix ! Même si votre pathologie pouvait être traitée sur place.

Voilà le triste sort des communes sans médecin.

Heureusement, Viane dispose depuis peu d’une cabine de téléconsultation. Les habitants ont pu découvrir le système de la télémédecine lors d’une journée porte ouverte dans le local situé au-dessus de la poste. L’appareil est doté de tout ce qui est nécessaire à une entrevue en direct avec un médecin. Cette installation a demandé beaucoup de pugnacité en aval et de nombreux intervenants. D’abord la précédente municipalité avec la maire Francine Blavy avaient décidé de faire aménager des locaux aux normes obligatoires du médical. Ensuite, Séverine Zanella, infirmière, arrivée en 2019 au village, anticipant le drame de la désertification et aidée de son mari pour toute la paperasse administrative a réussi à faire aboutir ce projet commun. C’est donc une réussite due à l’initiative de ces différentes personnes, relayé par la nouvelle municipalité organisant les rendez-vous. Par la présence au local de Denis Maffre, le nouveau maire de la commune ; MM. et Mmes Pagés, Bardy et Viala, conseillers municipaux, de nombreuses questions ont eu leur réponse. M. Cheron, infirmier à Viane et ayant son cabinet sur Lacaune, s’inquiétait du secret médical pour les personnes devant être accompagnées. Chacun se fera son idée.

Quoi qu’il en soit, nul doute que cette initiative sera utile et pourrait sauver des vies !

Clarisse Charbonneau

Voir les commentaires

Albi : au Bon-Sauveur, la médiation entre direction et syndicats aboutit à un accordLa médiation, supervisée par la préfecture, a duré deux jours.

La médiation, supervisée par la préfecture, a duré deux jours. DDM – MARIE PIERRE VOLLE

Social,  Albi,  Tarn

Publié le 16/02/2022 à 17:24

https://www.ladepeche.fr/2022/02/16/albi-au-bon-sauveur-la-mediation-entre-direction-et-syndicats-aboutit-a-un-accord-10114892.php

l’essentiel

Après deux jours d’une médiation diligentée par la préfecture, syndicats et direction du Bon-Sauveur se sont entendus pour répondre en partie à la crise sociale qui secoue l’établissement.

« La médiation a porté ses fruits », annonce avec soulagement Jonathan Miranda, délégué syndical Unsa au Bon-Sauveur, l’établissement de santé albigeois traversé par une crise sociale sans précédent depuis plusieurs mois.

A lire aussi : Albi : au Bon-Sauveur, un face-à-face tendu entre personnel et direction

Faute d’avoir pu trouver un accord la semaine dernière, et après avoir passé la nuit dans l’auditorium de la fondation, syndicats et direction se sont mis autour d’une table dans le cadre d’une médiation supervisée par la préfecture1.

A lire aussi : Albi : le futur directeur du Bon-Sauveur veut « garder l’esprit de dialogue »

Celle-ci a abouti à un accord dont l’avancée principale est le versement de la prime Ségur aux 117 salariés qui en étaient encore exempts, pour une durée de 6 mois, de janvier à juin 2022. Un premier pas pour les représentants du personnel qui demandaient initialement son versement durant une année. Dans la foulée, la médiation a acté que syndicats et direction prendraient rendez-vous au ministère de la Santé pour prolonger cette mesure via des financements pérennes.

Le Ségur et une prime exceptionnelle accordés

Autre décision importante : la direction a consenti à verser une prime exceptionnelle « pour améliorer la rémunération et l’exercice professionnel », précise l’intersyndicale dans un communiqué. Celle-ci sera financée grâce aux sommes économisées sur les postes restés vacants en 2021. Pour l’instant, environ 440 000 euros ont été comptabilisés mais cette somme pourrait évoluer d’ici la clôture des comptes au printemps prochain.

Les représentants du personnel doivent désormais discuter avec la direction des modalités de versement de cette prime. « La moitié du chemin a été faite, maintenant il faut transformer l’essai », indique Jonathan Miranda. Une assemblée générale se tient aujourd’hui à 14h30 pour informer les employés du Bon-Sauveur des conclusions de la médiation. 

1. via la DDETSPP, la direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations

Albi : le futur directeur du Bon-Sauveur veut « garder l’esprit de dialogue »Laurent Krajka, futur directeur du Bon-Sauveur, a échangé avec les salariés qui ont occupé le CSE, mardi dernier à Albi.

Laurent Krajka, futur directeur du Bon-Sauveur, a échangé avec les salariés qui ont occupé le CSE, mardi dernier à Albi. DDM – MARIE PIERRE VOLLE

Social,  Albi,  Tarn

Publié le 11/02/2022 à 17:45https://www.ladepeche.fr/2022/02/11/albi-le-futur-directeur-du-bon-sauveur-veut-garder-lesprit-de-dialogue-10103954.php

l’essentiel

Sa nomination en tant que nouveau directeur de la fondation du Bon-Sauveur est imminente et se fait dans un contexte social explosif. Laurent Krajka en est conscient et se dit résolu à « trouver un terrain d’entente » avec les syndicats et les salariés.

Secrétaire général de la fondation Bon-Sauveur d’Albi depuis 2009, Laurent Krajka va bientôt prendre la place de Gilbert Hangard. Être le directeur de la première structure pourvoyeuse d’emplois de la ville n’est pas chose aisée. Depuis le début de la crise sanitaire, syndicats et employés montent au créneau pour demander de meilleures conditions de travail et une plus grande reconnaissance. Mardi soir, Laurent Krajka a passé la nuit dans l’auditorium de la fondation pour tenter de trouver un terrain d’entente avec eux.

A lire aussi : Albi : au Bon-Sauveur, un face-à-face tendu entre personnel et direction

Vous êtes nommé directeur dans un contexte particulier. Vous vous attendiez à passer la nuit au Bon-Sauveur ?

L’équipe de direction est en place depuis quelque temps. Les sujets on les connaît. On peut avoir des points de dissensions mais il faut trouver des solutions. C’est pour ça que je suis resté discuter toute la nuit. On peut ne pas être d’accord, mails il faut trouver un terrain d’entente.

Les syndicats vous demandent en premier lieu de verser la prime Ségur aux 112 salariés qui ne la touchent pas. Pourquoi refusez-vous de le faire ?

Parce que c’est à l’Etat et à lui seul de payer. C’est lui qui a créé une scission entre professionnels. Ce n’est pas normal qu’un éducateur du Cesda1 ou qu’un agent de la MAS2 ne la touche pas. On a interpellé nos fédérations d’employeurs là-dessus. Il faut amplifier notre communication.

Mais les syndicats avancent qu’avec la quantité de postes vacants, l’argent économisé sur les salaires pourrait financer le versement de ce Ségur.

Non, cela mettrait nos finances en péril. La majorité des postes vacants se concentre sur le centre hospitalier Pierre Jamet. Or notre comptabilité fonctionne établissement par établissement. Et c’est au Cesda et à la MAS que travaillent les salariés exempts du Ségur. On n’a pas la trésorerie suffisante dans ces services pour financer la prime. 

Vous avez dit vouloir donner une prime exceptionnelle. Quel sera son montant ?

C’est clair qu’il faut faire un geste pour « les oubliés du Ségur ». Mais les sommes demandées par les syndicats sont supérieures à ce qu’on pourra verser. Je ne peux pas m’avancer sur un chiffre. Il faudra en discuter et voir comment elle peut être répartie entre les salariés en fonction des situations et des conditions de travail.

La nuit de discussions avec les salariés et les syndicats n’a pas abouti à un accord. Dans la foulée, une action de médiation est instaurée par la préfecture. Le dialogue est-il rompu ?

Non, le dialogue se poursuit. Mercredi matin, en quittant l’auditorium j’ai interpellé la préfecture pour lancer cette médiation. L’ARS3 sera aussi présente à ma demande. Les syndicats ont donné leur accord, j’ai confirmé le mien par mail mercredi soir. Il faut prendre le temps de l’échange. Cela peut prendre plusieurs heures, plusieurs jours. Mais je veux vraiment garder l’esprit de dialogue.

A lire aussi : Albi : après avoir passé la nuit dans le Bon-Sauveur, syndicats et salariés bloquent la circulation en ville

Vous avez proposé aux salariés de travailler sur les conditions de travail ? Que faites-vous concrètement ?

On a fait un audit et on souhaite lancer des groupes de travail avec les salariés, les représentants du personnel et l’administration pour discuter de ce qui peut être amélioré. Par exemple, aujourd’hui, il y a deux campagnes de recrutement par an au Bon-Sauveur. Si on la rate, il faut attendre 6 mois pour repostuler. Il faut arrêter ce système-là.
Parmi les améliorations en cours, depuis janvier, on est en phase de test pour verser des indemnités de retour sur repos. Maintenant, il faut constituer une liste de volontaires pour automatiser ce système. On réfléchit pour faciliter le parcours de nos aides-soignants qui voudraient passer les concours d’infirmiers.
La réflexion passe aussi par une de meilleures conditions d’accueil et des soins plus adaptés. On l’a vu avec la rénovation des bâtiments des CMP4 et les salariés le verront avec le nouveau bâtiment Henriette Tarroux. Un poste infirmier avec une vue sur tous les couloirs, l’air de rien ça améliore les conditions de sécurité.

Quelle est la prochaine étape ?

La médiation doit commencer lundi 14 février avec les syndicats. Aujourd’hui est une période de transition. On souhaite construire un nouveau pacte social et rediscuter de tout.

1. Centre Education Spécialisée pour Déficients Auditifs 2. maison d’accueil spécialisée 3. agence régionale de santé 4. centre médico-psychologique

Anouk Passe

Albi : après avoir passé la nuit dans le Bon-Sauveur, syndicats et salariés bloquent la circulation en villeDès 8h30, mercredi matin, plusieurs dizaines de salariés du Bon-Sauveur ont bloqué la circulation sur l'allée du Lude.

Dès 8h30, mercredi matin, plusieurs dizaines de salariés du Bon-Sauveur ont bloqué la circulation sur l’allée du Lude. DDM – An.P.

Social,  Albi,  Tarn

Publié le 09/02/2022 à 11:21 , mis à jour à 17:02

https://www.ladepeche.fr/2022/02/09/albi-apres-avoir-passe-la-nuit-dans-le-bon-sauveur-syndicats-et-salaries-bloquent-la-circulation-en-ville-10098741.php

l’essentielPlusieurs dizaines de salariés du Bon-Sauveur se sont mobilisées devant l’établissement, sur l’allée du Lude pour faire entendre leurs revendications, bloquant ainsi la circulation. Ils entament leur deuxième jour de grève.

Impossible de circuler sur l’allée du Lude mercredi matin. Et pour cause, à l’entrée du Bon-Sauveur, plusieurs dizaines de salariés ont bloqué la route pour se faire entendre, de la direction mais aussi des Albigeois. À l’aide de pétards, de casseroles et de musique, les salariés ont donné de la voix, tout en prenant le petit-déjeuner.

A lire aussi : Bon-Sauveur à Albi : faute d’accord, direction, syndicats et salariés prêts à passer la nuit ensemble

« La nuit a été longue », avoue Michelle Rodriguez, déléguée syndicale SUD, devant l’entrée du Bon-Sauveur. Le mouvement de grève a démarré la veille au matin. Les salariés ont décidé d’occuper l’auditorium du Bon-Sauveur où se tenait un comité social et économique (CSE), pour pouvoir échanger avec la direction et exprimer leur désarroi. Ces derniers ont refusé de partir tant que la direction n’acceptait pas de verser la prime Ségur aux 112 personnes qui en sont privées. 

De son côté, la direction a refusé aussi de quitter l’auditorium, avançant ses propres propositions : le versement d’une prime exceptionnelle et la mise en place de groupes de travail sur les conditions de travail des salariés. 

Demande de rencontre ce mercredi

Les deux camps ont donc passé la nuit dans les locaux de la fondation. Au petit matin, Laurent Krajka, futur directeur de l’établissement, a quitté l’auditorium en proposant une rencontre avec les syndicats le lundi 14 février. Une suggestion qui n’était pas au goût du personnel : « on veut forcer la direction a nous recevoir aujourd’hui et pas le 14 », explique Anne Millan Dondelli, déléguée syndicale CGT.

Les syndicats regrettent aussi que les membres du conseil d’administration (CA) ne soient pas venus les rencontrer mardi, malgré leur proposition. « On s’est sentis méprisés, lâche Jean-Dominique, un infirmier gréviste. Ce sont eux qui ont le pouvoir décisionnaire ». « Je suis mandaté par le CA, a opposé Laurent Krajka, le dialogue c’est notre rôle à nous. »

Bloquer la circulation est donc un moyen d’alerter la préfecture pour accélérer les discussions entre les deux parties. « On veut aussi que la ville se saisisse de notre mouvement », espère Ségolène, une infirmière. 

Proposition de médiation

Dans l’après-midi, les syndicats ont été reçus par les services de l’Etat à la DDESTPP (direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations). « Ils nous ont proposé une médiation pour sortir de l’impasse, explique Anne-Millan Dondelli, ce que nous avons accepté. »

Si la direction donne elle aussi son accord, la DDESTPP s’engage à trouver un médiateur et organiser une réunion entre les deux parties « le plus vite possible ».

« Après la réunion, on fera une AG pour décider des suites de la mobilisation », précise la déléguée CGT. Mais en attendant celle-ci, la grève a été levée et la circulation débloquée aux environs de 16h30.

Bon-Sauveur à Albi : faute d’accord, direction, syndicats et salariés prêts à passer la nuit ensembleHier soir, plusieurs dizaines de salariés et les représentants du personnel faisaient face aux membres de la direction, dont Laurent Krajka (debout à gauche), futur directeur.

Hier soir, plusieurs dizaines de salariés et les représentants du personnel faisaient face aux membres de la direction, dont Laurent Krajka (debout à gauche), futur directeur. DDM – MARIE PIERRE VOLLE

Social,  Albi,  Tarn

Publié le 08/02/2022 à 23:08

https://www.ladepeche.fr/2022/02/08/bon-sauveur-a-albi-faute-daccord-direction-syndicats-et-salaries-prets-a-passer-la-nuit-ensemble-10097648.php

l’essentielMardi soir, les discussions n’avaient pas progressé au Bon-Sauveur entre la direction et les salariés. Ces derniers, accompagnés par les syndicats, demandent le versement de la prime du Ségur pour tous les employés de la structure. La direction propose une prime exceptionnelle et des groupes de travail. Aucun des deux camps n’a fait un pas vers l’autre.

Mardi soir, après toute une journée de grève au Bon-Sauveur d’Albi, aucun des deux camps n’a fait un pas vers l’autre.

D’un côté, les syndicats et les salariés demandent le versement de la prime Ségur de 183 euros à tous les employés. Actuellement, 112 personnes ne la touchent pas sur les 1200 salariés de l’institution. Les représentants du personnel pointaient aussi du doigt de nombreux problème : salaires non revalorisés, condition de travail dégradé, absentéisme, dégradation de la prise en charge des patients.

La grève reconduite mercredi

De l’autre, la direction refuse d’octroyer cette prime Ségur car celle-ci « mettrait en péril les finances de la fondation », selon Laurent Krajka, secrétaire général et futur directeur du Bon-Sauveur. En échange, ce dernier a fait deux propositions aux grévistes : d’une part, verser une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA) aux salariés après la clôture des comptes en mars, et d’autre part, « travailler avec les syndicats sur les conditions de travail ».

Pour ne pas céder à l’autre camp, syndicats et direction étaient donc prêts à passer la nuit dans l’auditorium du Bon-Sauveur où avait démarré mardi matin un comité social et économique (CSE). Plusieurs dizaines de salariés étaient également présents à 22 heures, réunis dans une ambiance bon enfant.

En attendant un dénouement, la grève a été reconduite mercredi.

Albi : au Bon-Sauveur, un face-à-face tendu entre personnel et direction

Les échanges entre salariés et direction étaient tendus. Le ras-le-bol du personnel est palpable.
  • Les échanges entre salariés et direction étaient tendus. Le ras-le-bol du personnel est palpable. DDM – MPV

Social, Albi, TarnPublié le 08/02/2022 à 12:02

https://www.ladepeche.fr/2022/02/08/albi-au-bon-sauveur-un-face-a-face-tendu-entre-personnel-et-direction-10096527.php?fbclid=IwAR07zstIK3GxWs51c93E-M8qe8378BEh5S4neHbYp8uJPb5kosYqlVhCu08

Plusieurs centaines de personnes ont investi le comité social et économique du Bon-Sauveur mardi matin à Albi pour se faire entendre. Depuis plusieurs mois, les salariés et les syndicats demandent le versement du Ségur pour tous et une revalorisation des salaires et alertent sur la dégradation de leurs conditions de travail.

8h45 au Bon-Sauveur, derrière le bâtiment de l’administration, plusieurs centaines de salariés sont rassemblés en marge du comité social et économique (CSE). Sur la pelouse, des croix en bois ont été plantées, revêtues de blouse blanches sur lesquelles sont écrits des slogans : « RIP le dialogue social », « RIP la pédopsychiatrie », « 30 ans de salaires gelés ». Des pétards et des fumigènes sont allumés régulièrement tandis que certains font entendre un concert de casseroles et de tambourins.null

« On est là pour se faire entendre », glisse une gréviste. Leur objectif est d’investir le CSE pour faire pression sur la direction. « On restera tant qu’ils ne s’engageront pas », prévient Anne Millan Dondelli, déléguée syndicale CGT. L’intersyndicale CGT, FO, Unsa et SUD demande depuis plusieurs mois le versement du Ségur pour tous. Actuellement 112 personnes en sons exclues sur les quelque 1200 salariés de l’institution.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire