AVC : trop d’inégalités sociales
Par Marielle Ammouche le 10-02-2022

Des disparités sont constatées en faveur des personnes ayant des revenus élevés, concernant l’incidence, mais aussi la prise en charge, les séquelles et la mortalité.
Malgré l’urgence de la prise en charge, on observe encore de fortes inégalités face au risque de survenue et au parcours de soins concernant la prise en charge d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en France selon le niveau de vie des personnes, avec une perte de chance importante pour les personnes ayant de faibles revenus. C’est ce qui ressort d’une récente publication de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) du 9 février 2022.
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2022-02/er1219_0.pdf?
Les AVC sont une pathologie fréquente (123.000 hospitalisations en France), et représentent une cause majeure de handicap, et de mortalité. Pour mieux appréhender les aspects sociaux de cette maladie, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a mené une nouvelle étude analysant la fréquence des AVC, leur prise en charge et les séquelles qui leur sont liées, selon le niveau de vie des patients. Les auteurs se sont basés sur les données EDPSanté, qui croisent l’échantillon démographique permanent (EDP) de l’Insee aux données de consommation de soins et d’hospitalisation issues du Système national des données de santé (SNDS), un échantillon qui couvre environ 4,4% de la population française. L’étude a été effectuée sur la période 2014-2017.
Les résultats montrent que les personnes les plus modestes (les 25% ayant les revenus les plus bas) ont un risque de faire un AVC supérieur de 40% par rapport aux personnes ayant les revenus les plus élevés. L’écart se creusent surtout chez les 45-64 ans, où le taux de survenue est presque deux fois supérieur chez les plus modestes.
Les disparités sont aussi présentes au moment de la prise en charge. Ainsi, les personnes les plus modestes ont 10% de chance en moins d’être accueillies en unités neuro-vasculaires (UNV), les plus adaptées à une bonne prise en charge. Les chances diminuent avec l’âge, probablement du fait d’une offre de lits limitée. Les auteurs de l’étude notent, en outre, qu’entre 2014 et 2017, pour l’ensemble des patients, seulement 52% ayant eu un AVC ischémique ont été pris en charge dans ce type d’unité.
Les conséquences sont une augmentation du risque de séquelles, mais aussi de la mortalité chez les sujets les plus modestes. Ainsi, ces derniers ont un risque de paralysie persistante au-delà de 24 heures qui est accru de de 22% par rapport aux personnes les plus aisées. De même, pour les troubles du langage où le risque est augmenté de 11%.
Le taux de mortalité est globalement de 27% à un an (41% pour les AVC hémorragiques, 23% pour les AVC ischémiques). Mais si le risque de décès à trente jours après un AVC n’est pas significativement associé au niveau de vie, on observe une diminution de 11% en cas de revenus élevés, et même 13% en cas d’AVC ischémique.
Sources :
Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), 9 février 2022
Le risque d’accidents vasculaires cérébraux et de séquelles plus élevé chez les Français les plus pauvres
La fréquence de survenue d’un accident vasculaire cérébral parmi les personnes appartenant aux 25% les plus modestes est 40% plus élevée que parmi celles appartenant aux 25% les plus aisées. Article rédigé par

France Télévisions
Publié le 09/02/2022 09:47Mis à jour le 09/02/2022 10:47
Temps de lecture : 1 min.

Un patient subit un scanner encéphalique injecté qui permet de détecter un AVC, le 14 juin 2019 à Chambéry (Savoie). (JESSICA BORDEAU / BSIP / AFP)
La fréquence et la gravité des accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont plus élevées chez les personnes les plus pauvres, particulièrement entre 45 et 64 ans, selon une étude publiée mercredi par le ministère de la Santé. Les personnes qui appartiennent au quart des Français les plus pauvres ont nettement plus de risques de subir un AVC que le quart le plus riche, souligne la Direction des statistiques (Drees) à partir d’une analyse des données de 2014 à 2017.
Ceux qui ont le niveau de vie le plus modeste souffrent aussi davantage de séquelles de leurs AVC. Le risque de paralysie persistante au-delà de 24 heures (souvent une hémiplégie) est accru de 22%, celui de troubles du langage de 11%. Ces complications sont « fortement corrélées à la qualité et à la rapidité de la prise en charge initiale ». Or, le niveau de vie joue en partie sur l’accès aux « services les plus adaptés » à l’hôpital. Les pauvres ont en effet « 10% de chances de moins d’être prises en charge en unités neuro-vasculaires », ajoute la Drees.
Cette différence varie avec l’âge et culmine entre 45 et 64 ans, tranche d’âge où « le taux de survenue est presque deux fois supérieur », avant de « s’estomper aux grands âges ». Aucune différence n’est observée à partir de 85 ans. En 2019, 123 000 personnes ont été hospitalisées pour un AVC. Les accidents vasculaires cérébraux représentent une cause importante de handicap et constituent l’une des principales causes de mortalité.