Election présidentielle 2022 : que montrent les principaux sondages ?
Par Gary Dagorn et Manon Romain
Publié hier à 17h42, mis à jour à 09h31
DÉCRYPTAGES
Retrouvez les intentions de vote pour chaque candidat, issues des enquêtes d’opinion agrégées chaque jour par « Le Monde » et accompagnées des marges d’erreur.
Depuis un an, plusieurs centaines d’enquêtes d’opinion sur la campagne présidentielle ont été menées et publiées par différentes entreprises de sondages et médias. Chacune d’entre elles donne une image, forcément incomplète, de l’opinion publique et des intentions de vote, à un instant donné.
L’agrégateur ci-dessous a pour objectif de donner une vision synthétique de ces centaines de sondages. Il permet de visualiser l’évolution des intentions de vote pour chacun des candidats à la présidentielle, depuis le printemps de 2021. Le résultat de chacun de ces sondages est matérialisé par un point ; la courbe et les marges d’erreur de chaque candidat sont le résultat d’un calcul agrégeant les différents sondages.
Lire nos conseils :les questions à se poser face à un sondage d’opinion
Il est important de rappeler que les pratiques des entreprises de sondage, qui généralisent les sondages autoadministrés sur Internet, peuvent créer des biais et comportent des limites méthodologiques ; certains publics sont mal représentés – notamment les jeunes –, et il est possible de répondre plusieurs fois sous de fausses identités, comme l’a révélé une récente enquête du Monde.
Le nombre de sondés
La précision statistique des enquêtes d’opinion est également étroitement liée au nombre de sondés, notamment à la taille du sous-échantillon, c’est-à-dire du nombre de personnes sondées ayant exprimé une intention de vote. Plus ce nombre est élevé, plus les marges d’erreur sont limitées. C’est pourquoi les enquêtes électorales commandées par Le Monde, le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et la Fondation Jean-Jaurès à Ipsos-Sopra Steria comportent un grand nombre de sondés (avec un sous-échantillon variant entre 6 200 et 8 800 personnes).
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Seules les enquêtes d’opinion répondant à certains critères sont prises en compte dans cet agrégateur, comme la taille du sous-échantillon utilisé (500 sondés minimum), ou le commanditaire (les partis politiques sont exclus). Quand plusieurs hypothèses avaient été soumises aux sondés, nous avons retenu celles qui reflètent le mieux le paysage électoral à la date d’aujourd’hui, c’est-à-dire celles qui incluent :
- la victoire de Valérie Pécresse au congrès LR ;
- la candidature d’Eric Zemmour ;
- la candidature de Christiane Taubira ;
- les candidatures de Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo, certains sondages ayant soumis l’hypothèse d’une union de la gauche derrière l’un de ces trois candidats.

COMMENT NOUS AGRÉGEONS LES SONDAGES
L’agrégateur emploie une méthode statistique dite de « régression locale » (telle qu’implémentée par Cappellari et al), qui permet de construire une courbe à partir de données isolées. Les intentions de vote calculées par les entreprises de sondage, les marges d’erreur supérieures et inférieures sont toutes trois agrégées de cette façon.
Chaque jour, l’algorithme de régression locale calcule une moyenne pondérée par la distance entre le jour considéré et la date de chacun des sondages prise en compte. Plus le sondage est éloigné dans le temps, moins il sera pris en compte. Ainsi, cette méthode permet de refléter rapidement les changements de tendances détectés.

l est cependant important de souligner que cette méthode est un moyen visuel d’agréger les sondages et ne traduit pas une réalité statistique. Certaines études estiment par exemple que les sondages deviennent plus fiables à l’approche de l’élection, un phénomène que notre méthode ne prend pas en compte, celle-ci se fonde uniquement sur les marges d’erreur publiées par les organismes de sondage.Gary DagornManon Romain