Polémiques sur la cause d’installations de tentes pour le tri des patients aux urgences de Bordeaux et de Perpignan

Après Bordeaux, Perpignan monte des tentes devant l’hôpital pour faire face à l’engorgement des urgences    

Par S. B. le 07-02-2022 

L’hôpital de Perpignan vient d’installer trois tentes destinées à « trier les patients » pour pallier l’engorgement des urgences. Un appel à une grève illimitée a été lancé à compter de ce lundi 7 février.

« On est arrivé à un point de non-retour, (…) on n’a plus les moyens d’accueillir décemment les patients », déplore François Sanchez, représentant FO du personnel à l’hôpital de Perpignan. Selon lui, il manque à l’hôpital de Perpignan « au moins 30 à 40 lits pour pouvoir tourner correctement« .

Trois tentes ont donc été installées en urgence par les pompiers devant l’hôpital « pour trier les patients » afin de faire face à des urgences saturées.  « Il ne restait plus que trois lits d’aval disponibles dans tout l’hôpital », ajoute le syndicaliste. Ces tentes « vont permettre de trier les patients afin qu’ils ne restent pas dans les couloirs. Ce tri qui se faisait aux urgences a été déporté sous les tentes, l’espace de 48 heures », précise François Sanchez. « Mais dans 72 heures rien ne sera réglé et le problème va se poser à nouveau », selon lui.

« Quand on parle de lits, c’est surtout le nombre de soignants qui sont autour et les médecins pour les prendre en charge qui manquent cruellement », dit-il. Il rappelle qu’un dispositif similaire avait été monté au début de la crise du Covid-19, « mais plus par souci de séparer les patients contaminés des autres ».

« Quand je prends ma garde, je me dis que je pars pour 24 heures en enfer » : la glaçante réalité des urgences de l’hôpital d’Orléans

 « Il y a un ras-le-bol global du personnel des urgences, surtout des infirmières. (…) Nous allons déposer un préavis de grève illimitée qui concernera tout le personnel des urgences », a affirmé le représentant syndical.

Dans la nuit du 1er au 2 février, deux postes médicaux avancés, abritant chacun une dizaine de lits, ont été dressés dans le sas d’entrée des urgences de l’hôpital Pellegrin (CHU de Bordeaux), avec le renfort des secouristes de la protection civile, informe Sud-Ouest. Mardi après-midi, « on a vu arriver un afflux de patients incroyable d’un coup, dans un hôpital où l’épidémie n’a pas atteint son pic, les entrées en hospitalisation pour Covid continuent d’augmenter, raconte l’infectiologue Denis Malvy au quotidien régional. Et il n’y avait plus de lits pour accueillir les patients, il y a eu comme un vent de panique. »

[Avec AFP]

Urgences saturées à Perpignan : un préavis de grève à durée illimitée déposé ce lundi

  • Les tentes ont été déployées dans la journée à l'hôpital de Perpignan. Les tentes ont été déployées dans la journée à l’hôpital de Perpignan. Independant – Clementz Michel

Santé,  Coronavirus,  Flash News,  Hôpital

Publié le 06/02/2022 à 19:51 , mis à jour le 07/02/2022 à 07:22

https://www.lindependant.fr/2022/02/06/perpignan-un-hopital-de-campagne-deploye-a-lhopital-pour-desengorger-des-urgences-saturees-10092558.php

Le manque de moyens financiers et humains dénoncé depuis des années par les urgentistes du centre hospitalier de Perpignan  pousse à prendre des mesures exceptionnelles. Ce dimanche 6 février, une grande tente a été déployée devant les urgences pédiatriques pour accueillir les patients qui peuvent se déplacer par leurs propres moyens. Des soignants n’en peuvent plus, un préavis de grève devrait être déposé ce lundi 7 février.

La situation est très tendue au centre hospitalier de Perpignan. Ce dimanche, plusieurs tentes ont été déployées devant les urgences pédiatriques. C’est ici que les patients valides, en capacité de se déplacer seuls, sont accueillis, leurs maux sont évalués, puis ils sont orientés dans un parcours de soins. Les premiers malades devaient être reçus ce dimanche après-midi. Objectif : désengorger les urgences saturées.

« L’hôpital est en tension, il reste très peu de lits d’hospitalisation (hors ambulatoire) disponibles, confirme Laurent Ortega, le patron du Pôle Urgences du centre hospitalier de Perpignan. Nous avons mis en place une zone d’attente d’hospitalisation dans les urgencesNous complétons ce dispositif avec ce nouveau service sous la tente que nous allons coordonner avec le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis)« .

L’hôpital de Perpignan assure que cette structure doit rester en place 48 heures seulement. Un temps suffisant pour désengorger les urgences ? Pas sûr. Depuis des années, les professionnels de ce service dénoncent le manque de moyens et les nombreux dysfonctionnements, exacerbés par la crise Covid. Mais qui mûrissent depuis trop longtemps. En 2019 déjà, les urgences de l’hôpital de Perpignan sont entrées en grève au début du mois de juin. Postes vacants, soignants pressurisés et donc épuisés, pénurie de matériels de base comme des brancards, tensiomètres ou encore appareils de glycémie… les urgentistes se disaient à bout de souffle. Depuis 2019, l’activité ne cesse de croître. Puis le Covid est arrivé. À la rentrée 2021, Laurent Ortega révélait avoir passé un « été démoniaque » en traitant 600 patients mensuels de plus qu’en 2019, année de référence pré-Covid.

Un préavis de grève déposé ce lundi

Bref, les urgences de l’hôpital craquent et les soignants avec. Ce dimanche, à 19 heures, une trentaine de blouses blanches se sont parées de noir et se sont symboliquement rassemblées devant les tentes installées dans la journée. « On a déporté un service des urgences ici pour libérer de l’espace dans les urgences pour y mettre des lits d’hospitalisation. Vous vous rendez compte où on en est ? Tous les jours, nous devons nous occuper des patients qui devraient être dans des services d’hospitalisation, tout en continuant d’assurer le flux des urgences. Une personne de 80 ans est restée plus de 24 heures sur un brancard« , explique une infirmière. Cette fois, la coupe est pleine. Le secrétaire du syndicat FO François Sanchez, également ingénieur à l’hôpital, annonce déposer ce lundi matin un préavis pour une grève qui s’annonce illimitée. 

« Tentes d’urgence devant le CHU de Bordeaux : « Le Covid a bon dos » »

https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=2bbcda3dc4655492ae30de01d693b27d&id_newsletter=16113&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=16113&from=newsletter

Libération 7 Février

Date de publication : 7 février 2022C’est ce que titre Libération, qui observe que « si l’épidémie bat encore son plein dans le Sud-Ouest, les soignants alertent sur une situation «catastrophique» de leur hôpital que le coronavirus n’a fait qu’amplifier ».


Eva Fonteneau livre ainsi un reportage à Bordeaux : « Elles ont été installées à peine plus de 48 heures, suffisant pour marquer les esprits et que leurs photos fassent le tour des médias. Mardi soir, après une cellule de crise, la direction du CHU de Pellegrin, à Bordeaux, a sollicité la Protection civile de Gironde pour dresser deux grandes tentes blanches, d’une capacité de 6 personnes chacune, devant l’entrée des urgences ».


La journaliste explique que « jusqu’à vendredi matin, elles ont fait office de postes médicaux avancés (PMA) sous les yeux dépités de nombreux soignants. Le dispositif étant d’ordinaire réservé aux catastrophes : un train qui déraille, un attentat, une explosion ».


Eva Fonteneau note que « pour justifier sa décision, la direction décrit dans un communiqué la prise en charge «d’un nombre inégalé de patients atteints de Covid-19», ainsi qu’«un afflux massif aux urgences adultes dans la journée de mardi, créant une situation inédite de fréquentation». Les tentes étaient selon elle destinées «à accueillir les patients se présentant aux urgences et à les orienter» dans un contexte de pression épidémique ».


La journaliste souligne ainsi que « si la circulation du virus semble ralentir dans tout le pays, l’épidémie bat encore son plein dans le Sud-Ouest. En valeur absolue, les derniers taux d’incidence disponibles dépassent même les 4000 cas pour 100.000 habitants en Gironde ».
Eva Fonteneau relève cependant que « le Collectif Urgences Bordeaux, créé en décembre, met à mal la version de la direction. Il assure que «l’épisode des tentes» n’est que le «symptôme d’un mal plus ancien qui gangrène l’hôpital public». Aides-soignants, ambulanciers, assistants de régulation médicale, brancardiers, infirmiers, personnels administratifs et médecins… Ils sont près de 250 – un rassemblement interprofession «assez rare» dans la région pour le souligner – à dénoncer «une dégradation des conditions de soins qui n’est pas uniquement liée à la crise sanitaire» ».


« La situation des urgences du CHU de Bordeaux est selon eux «catastrophique, […] ça déborde de partout, la mise en danger des patients est quotidienne, l’épuisement des soignants est à son paroxysme», alertent-ils inlassablement depuis plus de 2 mois », 
continue la journaliste.
Pierre Catoire, médecin urgentiste et membre du collectif, déclare qu’« entre 2008 et 2022, l’hôpital a perdu une centaine de lits environ alors que dans un même temps, la population ne cesse d’augmenter dans le département. Et dans les lits qu’il nous reste, entre 300 et 600 sont fermés quotidiennement, tous services confondus, par manque d’effectifs ».


« En cause selon lui : des démissions et des arrêts maladie en cascade », 
précise Eva Fonteneau. Un autre médecin du CHU indique que« certains sont liés au Covid, mais beaucoup sont aussi la conséquence de burn-out. L’été dernier, on est montés jusqu’à 800 lits fermés. Pas une nuit ne passe sans qu’un collègue ne pleure car il veut partir ou, parfois, car il a des idées suicidaires. C’est très dur d’avoir des vies entre nos mains et de se sentir aussi démunis ».


Le Dr Catoire observe : « Les tentes ont été sorties pour éviter d’entasser les patients sans surveillance dans les couloirs. Dehors, un médecin checkait les PMA [postes médicaux avancés, ndlr] depuis l’entrée pour remarquer ceux avec un risque de défaillance ».


Un autre médecin urgentiste relève : « Il y a un mois, on a carrément dû soigner un homme victime d’un AVC dans une douche car on n’avait plus de place. On en est là ». Deux assistantes de régulation médicale du Samu remarquent quant à elles : « Le Covid a bon dos. On n’a même pas été tenues au courant de cette situation exceptionnelle à Pellegrin. Alors qu’on peine déjà à orienter des cas parfois très graves, faute de places ».


Le CHU de Bordeaux indique pour sa part que « le pic d’affluence aux urgences constaté le 1er février ne s’est pas reproduit. Mais la fréquentation des urgences reste forte : 143 passages constatés hier 2 février contre 130 habituellement. […] Il est important de noter que les postes médicaux avancés n’ont pas pour objectif de trier les patients mais de faire face de manière temporaire à une situation de très forte activité et ainsi sécuriser les prises en charge de tous les patients ».

Saturation des urgences à Bordeaux : au CHU, les tentes réservées à la médecine de catastrophe maintenues

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Saturation des urgences à Bordeaux : au CHU, les tentes réservées à la médecine de catastrophe maintenues
Une tente peut contenir une dizaine de lits. © Crédit photo : Collectif urgences Bordeaux

Par SudOuest.fr
Publié le 03/02/2022 à 19h37
Mis à jour le 03/02/2022 à 19h43

https://www.sudouest.fr/sante/coronavirus/saturation-des-urgences-a-bordeaux-au-chu-les-tentes-reservees-a-la-medecine-de-catastrophe-maintenues-8269569.php

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Le poste médical avancé dressé en catastrophe mardi dans le sas d’entrée des urgences de Pellegrin a été maintenu ce jeudi

Mardi soir au CHU de Bordeaux, deux tentes de type Poste médical avancé (PMA), comptant une dizaine de lits, avaient dû être dressées en catastrophedans le sas d’entrée des urgences de Pellegrin, avec le renfort…

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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