Les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP)
Le 09.12.2021 à 16:30 par Stéphanie Tamburini

Les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) existent depuis 2004. Elles ont pour principal objectif l’amélioration de la qualité de prise en charge des patients, de l’attractivité des zones sous-denses et le maintien des services publics de santé de proximité.
SOMMAIRE
Qu’est-ce qu’une maison de santé pluriprofessionnelle ? >
Une rémunération spécifique >
Des mesures pour faciliter le fonctionnement de la MSP et les recrutements >
Les Maisons de santé pluridisciplinaires en un coup d’oeil >
Qu’est-ce qu’une maison de santé pluriprofessionnelle ?
Créées par la loi de financement de la Sécurité sociale du 19 décembre 2017, les MSP sont des « lieux de regroupement des professionnels de santé assurant des activités de soins sans hébergement et participant à des actions de prévention et d’éducation pour la santé ainsi qu’à des actions sociales ».
Elles sont constituées d’au moins deux médecins et d’un paramédical.
Il est possible de déroger temporairement, pendant 18 mois, à cette obligation, et de ne fonctionner qu’avec un seul médecin. Le délai, auparavant fixé à 6 mois, a été prolongé en 2021 pour éviter que des MSP constituées en zone sous-dotées ne puissent se maintenir, faute d’avoir intégré assez rapidement un second médecin.
Les MSP doivent, pour bénéficier des financements publics, répondre à un cahier des charges national et présenter un projet de santé à leur ARS.
Elles se distinguent des simples cabinets de groupe par l’existence d’un projet de soin partagé et mis en œuvre par les professionnels de façon coordonnée.
Une rémunération spécifique
Si elles souhaitent recevoir des rémunérations par l’assurance maladie au nom de la structure, les MSP doivent se constituer en société interprofessionnelle de soins ambulatoires (SISA).
Des mesures pour faciliter le fonctionnement de la MSP et les recrutements
Une ordonnance du 12 mai 2021 a introduit quelques nouveautés qui facilitent le fonctionnement des MSP.
Introduction du salariat dans les MSP
Les structures sont autorisées à recruter les praticiens sous le statut de salarié. Dès lors que cette possibilité est inscrite dans les statuts, l’exercice libéral et l’exercice salarié peuvent donc coexister au sein de la MSP.
A noter cependant que les libéraux doivent être en nombre supérieur aux salariés dans la structure.
Le partage d’honoraires
Il est autorisé pour permettre une prise en charge globale des patients et faciliter la pluridisciplinarité.
Le recrutement d’assistants médicaux
Les MSP constituées en SISA peuvent désormais recruter des assistants médicaux.
Les Maisons de santé pluridisciplinaires en un coup d’oeil





L’AUTEUR
Stéphanie Tamburini
Titulaire d’un Master 2 en Droit de la santé, Stéphanie Tamburini est spécialiste du droit médical et de la responsabilité professionnelle à la MACSF depuis 26 ans. Après plusieurs années de gestion de sinistres en responsabilité civile professionnelle, notamment les dossiers à hauts enjeux, elle se consacre depuis plus de 10 ans à l’information des professionnels de santé sur leur cadre médico-légal d’exercice, leurs compétences et le monde de la santé.
Quoi de neuf du côté des CPTS et MSP ?
Le 15.06.2021 à 11:50 par L’équipe éditoriale MACSF
https://www.macsf.fr/exercice-liberal/Exercer-en-groupe/quoi-de-neuf-du-cote-des-cpts-et-msp

Le parcours de soins coordonné évolue et avec lui les dispositions relatives aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et maisons de santé pluridisciplinaires (MSP). Statuts, missions, compensations financières et organisations, quels changements contient l’ordonnance du 12 mai 2021 concernant ces structures.
Du nouveau du côté des CPTS
Placées au cœur du plan Ma santé 2022, les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) visent à offrir un cadre aux soignants et professionnels de santé d’un même territoire pour se regrouper.
Rappel des missions initiales confiées aux CPTS
Les missions de ces structures, instituées par l’article 65 de la loi du 26 janvier 2016 dite de modernisation du système de santé, visent à faciliter l’accès aux soins et améliorer les conditions d’exercice des praticiens. Dans un même secteur, une CPTS peut donc réunir les acteurs suivants :
- Soignants et professionnels de santé exerçant seuls ou en groupe
- Établissements hospitaliers
- Établissements médico-sociaux ou sociaux
| La création d’une CPTS se formalise sous la forme d’un contrat passé entre l’Assurance Maladie, l’ARS du territoire concerné et les professionnels de santé. Elle s’appuie sur l’identification des besoins locaux et les objectifs fixés dans un projet de santé. L’Assurance Maladie peut contribuer au financement du fonctionnement de ces structures pour des montants établis en fonction du bassin de population. |
Formalisation des missions des CPTS
L’ordonnance du 12 mai 2021 définit et formalise les missions des CPTS. Elle apporte des précisions aux dispositions de l’article 65 de la loi du 26 janvier 2016 qui instituait ces structures.
Initialement conçues pour participer à la réalisation des objectifs du projet régional de santé, les CPTS voient leurs prérogatives renforcées. Elles se trouvent appelées « par une convention conclue avec l’agence régionale de santé et la caisse primaire d’assurance maladie » de leur territoire, à assurer les missions de service public suivantes :
- L’amélioration de l’accès aux soins
- L’organisation de parcours de soins associant plusieurs professionnels de santé
- Le développement d’actions territoriales de prévention
- Le développement de la qualité et de la pertinence des soins
- L’accompagnement des professionnels de santé sur leur territoire
- La participation à la réponse aux crises sanitaires
Statut et financement, ce qui change pour les CPTS
Nouveauté : les CPTS doivent désormais se constituer et fonctionner sous forme d’association loi 1901. Les structures déjà existantes ont l’obligation de se conformer à cette disposition statutaire d’ici au 14 mai 2022.
Un décret est encore attendu et viendra fixer les modalités de fonctionnement de ces structures, s’agissant :
- Des conditions de versement des rémunérations ou indemnités des membres
- Du montant annuel maximum de ces sommes
| Les CPTS qui ont conventionné auprès de leur CPAM et ARS pourront bénéficier d’aides spécifiques de l’État ou de la Caisse nationale d’Assurance Maladie (CNAM), pour compenser la charge des missions de service public exercées. |
Faciliter les recrutements au sein des MSP
L’ordonnance vise également à aider les maisons de santé pluridisciplinaires, les MSP, à réaliser leurs missions en facilitant le recrutement de :
- Professionnels de santé sous la forme de salariés, un statut prisé par les jeunes médecins ou les médecins retraités souhaitant poursuivre leur pratique
- Professionnels permettant d’aider à la prise en charge des patients
Introduction du salariat dans les MSP
L’ordonnance du 12 mai 2021 introduit des changements pour améliorer le fonctionnement des MSP. Le texte autorise ces structures, généralement constituées sous la forme de société interprofessionnelle de soins ambulatoires (SISA), à s’ouvrir au salariat.
En l’inscrivant dans leurs statuts, les MSP peuvent faire cohabiter exercice libéral et salariat, et ainsi recruter des soignants de premier et second recours, ainsi que d’autres professionnels « contribuant à la mise en œuvre du projet de santé. »
Pour permettre aux MSP d’assurer la prise en charge globale des patients et faciliter la pluridisciplinarité, le texte autorise aussi le partage d’honoraires. Les SISA peuvent percevoir des subventions forfaitaires dont elles assurent la redistribution.
| L’ouverture au salariat se fait toutefois avec une prépondérance des libéraux. Dans les MSP, l’ordonnance prévoit en effet que le nombre de professionnels de santé salariés des MSP reste inférieur à celui des professionnels libéraux associés pour former la maison. |
Pérenniser les MSP en zones sous-denses ?
Le délai de dissolution d’une MSP qui ne satisferait pas le minimum requis de 2 médecins et de 1 auxiliaire médical est prolongé, passant de 6 mois à 18 mois.
Libérer du temps médical aux médecins généralistes
Les SISA peuvent désormais se constituer en groupement d’employeurs pour tout ou partie de leurs associés. En conséquence, ces derniers peuvent recourir au service d’un assistant médical pour les appuyer dans leurs activités et permettre aux médecins généralistes de consacrer davantage de temps à leurs patients, en se déchargeant des tâches non-médicales.