Une relation significative entre le niveau de bruit résidentiel et les valeurs de la PA systolique comme diastolique

Publié le 03/02/2022

Nuisance sonore et HTA, une étude qui pourrait faire du bruit ! 

https://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/21_cardio/e-docs/nuisance_sonore_et_hta_une_etude_qui_pourrait_faire_du_bruit__191053/document_actu_med.phtml

Les nuisances sonores font partie des agressions liées à l’environnement, plus particulièrement en milieu urbain. Leurs effets sur la santé humaine sont encore imparfaitement connus, mais certaines études suggèrent un retentissement hémodynamique. Qu’en est-il de la pression artérielle (PA) ? Une analyse de données recueillies dans le cadre de deux études de cohorte prospectives, le Chicago Health and Aging Project (n= 6 073 ; âge ≥65 ans) et MESA (Multi-Ethnic Study of Atherosclerosis ; n=691 ; âge ≥45 ans) fait monter la pression.

Le niveau de bruit au domicile des 6 764 participants a été estimé de manière approximative à l’aide d’un modèle prédictif spatial validé à l’échelle des États-Unis. En l’espace de quatre années en moyenne, 16 462 mesures de la PA ont été effectuées. L’association entre les valeurs de la PA et le niveau de bruit a été évaluée à l’aide d’une analyse mixte par régression logistique en tenant compte d’une éventuelle HTA résistante ou non contrôlée. Chaque cohorte a été examinée séparément en procédant en outre à des ajustements selon l’âge, le sexe, les variables sociodémographiques et les autres facteurs de confusion potentiels.

Le niveau de mercure monte pour quelques décibels de plus

Cette analyse multivariée a mis en évidence une relation significative entre le niveau de bruit résidentiel et les valeurs de la PA systolique comme diastolique : pour chaque élévation de 10 DBa, la PAS a augmenté de 1,2 mm Hg (intervalle de confiance à 95 % IC 95%, 0,1–2,2) et il en a été de même pour la PAD, la valeur correspondante étant effectivement de 1,1 mm Hg (IC 95%, 0,6–1,7). Par ailleurs, la même variation du niveau de bruit a majoré de 20 % le risque d’HTA résistante ou non contrôlée, l’odds ratio étant estimé à 1,20 [IC 95%, 1,0–1,4], p = 0,04).

Ainsi, selon cette étude, il existe une association significative entre la pollution sonore urbaine et la pression artérielle systolique et diastolique, tout au moins aux États-Unis, dans des métropoles de la dimension de Chicago. Ce bruit pourrait également interférer avec l’efficacité du traitement antihypertenseur.

Dr Philippe Tellier

RÉFÉRENCE

D’Souza J et coll. : Long-Term Exposures to Urban Noise and Blood Pressure Levels and Control Among Older Adults. Hypertension 2021;78:1801–1808. doi.org/10.1161/HYPERTENSIONAHA.121.17708 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire