Trouver un médecin traitant à Albi : le parcours du combattant
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https://www.ladepeche.fr/2022/02/03/trouver-un-medecin-traitant-le-parcours-du-combattant-10085770.php
Santé, Albi, TarnPublié le 03/02/2022 à 05:13
l’essentiel
Face aux difficultés pour trouver un médecin traitant, nous avons questionné cinq familles qui viennent de s’implanter sur Albi pour savoir comment elles ont fait.
Non Albi n’est pas un désert médical. Les nouveaux arrivants finissent par trouver un médecin traitant. Mais beaucoup ne pensaient pas autant galérer avant d’y arriver. Tous racontent la même histoire. Les coups de fil passés aux cabinets, les refus…
Anticiper les ordonnances
Christiane, arrivée début juillet, a passé une dizaine de coups de fil à des cabinets. Personne n’a voulu la prendre. Tous étaient déjà surchargés. Fort heureusement, elle avait anticipé et était arrivée avec une ordonnance de médicaments pour un ou deux mois dans ses valises. Puis, un jour, coup de chance, dans une association, elle a rencontré une personne qui l’a aiguillée vers un médecin qui prend de nouveaux patients. « Je savais que ce serait compliqué car j’habitais un village en Auvergne où cela l’était déjà. Ce qui m’inquiétait c’était le dentiste car j’avais un problème de dent ». Là encore, grâce aux relations qu’elle a tissées, elle a réussi à trouver.
Lettre de recommandation
Janine, à Albi depuis 14 mois, a aussi fait le tour des cabinets de généralistes et de dentistes. « Partout, ils me disaient qu’ils ne prenaient plus de patientèle. Il y avait aussi des médecins qui avaient le covid donc qui ne pouvaient consulter. C’était compliqué ». C’est un examen avec un urologue qui débloque la situation. « Il m’a fait une lettre de recommandation pour un dentiste et un médecin ». « Je me suis dit que j’arriverai bien à trouver. Je suis restée deux mois sans médecin. Par chance, je n’ai pas été malade. Au pire, on va à l’hôpital », ajoute-t-elle.
Aujourd’hui, son souci, c’est de trouver des spécialistes. Sujette aux otites, elle doit consulter un ORL. « J’ai téléphoné, il y a quinze jours et on m’a donné un rendez-vous pour mars ». Même chose pour le rhumatologue. Elle s’est bloquée les lombaires et quand elle a réussi à avoir un rendez-vous à force de forcing, elle n’avait plus mal. Mais elle veut rester positive. Et d’ajouter : « il n’y a pas de désert médical à Albi ».
Cardiaque et diabétique
Catherine, arrivée en mars 2019 sur la ville, a elle aussi cherché un médecin traitant. Son mari est cardiaque et diabétique. Donc, c’est plus qu’une nécessité. Impossible sur Albi, elle va taper au cabinet de Puygouzon (elle habite à proximité). Le médecin n’est pas très chaud mais devant le besoin du couple accepte à condition qu’il passe chez son futur associé quand il l’aura trouvé. En mai 2021, le couple passe chez l’associé. Et en octobre, pas de chance, celui-ci quitte le cabinet. « Nous nous sommes retrouvés avec notre ancien médecin qui se débrouille comme il peut pour gérer les patients ».
« Au début, j’ai été un peu inquiète quand même. C’est pénible de ne pas avoir de médecin traitant », avoue-t-elle. Elle venait de Grenoble, où il n’y avait pas de problème. « Je sais que c’est un problème national mais à Albi on ne s’attendait pas à trouver cette situation. c’est une ville attractive, je ne comprends pas ».
Maison médicale
Sylviane, arrivée en 2021, a eu plus de chance. Après quatre refus dans des cabinets, elle s’adresse à la maison médicale de Cantepau qui l’accepte. Heureusement car elle a besoin d’un suivi médical. Coup de bol, ce n’est pas très loin d’où elle habite. Elle arrive du Cher, qui selon elle est un « véritable désert médical », donc elle ne se plaint pas. Par contre, il a été plus dur pour elle de trouver un dentiste.
Le souci de l’ophtalmo
Enfin, dernière interrogée, Martine a dû elle aussi faire preuve de patience. « J’ai pris la liste des médecins et je les ai appelés jusqu’à temps d’en trouver un. Beaucoup ne prenaient pas d’autres patients ». Un travail, qui a fini par payer mais qui lui a quand même pris quelques jours. Si elle savait que les médecins limitaient leur patientèle, elle ne pensait pas que c’était à ce point.
Son souci à elle, ce sont les ophtalmos. Impossible d’avoir un rendez-vous. Pour changer ses lunettes, elle a dû passer par son médecin traitant.
Voir aussi:
Albi : pour les nouveaux arrivants, trouver un médecin relève de la loterie
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Pour ces néo-Albigeois, ici en visite dans la cité épiscopale, tous n’ont pas encore trouvé de cabinet acceptant les nouveaux patients. DDM – MARIE PIERRE VOLLE
Santé, Albi, TarnPublié le 21/10/2021 à 17:18
l’essentiel
Ils se disent ravis par leur nouveau cadre de vie, la beauté de la ville et son dynamisme. Seule ombre au tableau : trouver un médecin traitant ou un spécialiste relève parfois du parcours du combattant.
Rassemblés autour de l’office de tourisme, une centaine de nouveaux Albigeois attendent sagement le début d’une visite de la cité épiscopale, proposée par la mairie. Interrogé sur leur installation et leur expérience de la ville, chacun y va de son commentaire enthousiaste : un « climat idéal », un « décor superbe », un « endroit dynamique » mais aussi « calme », « des prix intéressants » et des « gens chaleureux »… Autant d’éloges qui confirment la qualité de vie qui règne à Albi.
Seule ombre au tableau : trouver un médecin traitant ou un spécialiste n’est pas tout le temps chose aisée. « C’est un enfer », avoue d’emblée Sébastien, 39 ans. Arrivé de Montpellier avec sa femme et son fils, il a cherché un dentiste pour une rage de dents. « Je les ai tous appelés… J’ai fini par en avoir un qui a accepté de me prendre en mars, en précisant que c’était sympa de sa part. Mais entre-temps j’ai dû aller aux urgences car mes douleurs devenaient insupportables. » Sa femme a obtenu un rendez-vous chez un gynécologue en mai. Et la famille n’a pas encore trouvé de médecin traitant : « pour l’instant on continue avec celui de Montpellier, on fait des téléconsultations », précise Sébastien qui tient à relativiser : « ce n’est pas très grave ».
Des situations contrastées
Daniel, 64 ans, a peut-être été plus malin : « J’ai des problèmes de santé. Dès que je suis arrivé, j’ai pris rendez-vous sur Doctolib pour déclarer un nouveau médecin traitant. J’ai obtenu un créneau trois jours après. » Patricia Terrisse, 61 ans, est arrivée à Albi pour se rapprocher de ses parents qui habitent la cité Unesco. « J’ai pu prendre le même médecin traitant qu’eux », se réjouit-elle avant de préciser que « pour un rendez-vous chez un spécialiste, je dois patienter six mois ».
Pour d’autres, en revanche, même avec des attaches dans le Tarn, la tâche n’est pas aisée : « J’ai appelé 6 ou 7 cabinets et j’ai eu autant de refus », raconte Martine Maurel qui revient dans son Tarn natal après 40 ans passés à la capitale. « Puis j’ai eu le centre Filiéris. Ils m’ont mise sur liste d’attente, j’ai insisté et ça a fini par marcher. À Paris, ça n’était pas aussi difficile », ajoute la sexagénaire. Thibaud et Ana Sanjuan sont arrivés il y a une semaine et n’ont pas encore eu le temps de chercher. « Mais on m’a conseillé de nous y prendre vite. J’ai une collègue qui cherche depuis six mois », explique Thibaud, l’air inquiet.
Les bénévoles de l’association AVF (Accueil des villes françaises) d’Albi, chargés d’orienter les néo-Albigeois et de les aider à créer des liens sociaux, sont souvent confrontés à cette problématique. « C’est une question très récurrente, confirme Isabelle Sanegon, la présidente, surtout pour les médecins traitants. » Lorsqu’ils apprennent qu’un nouveau médecin s’installe, les bénévoles suggèrent de le contacter. Mais en dehors de ces conseils et du livret qu’ils remettent contenant les principaux numéros sur la santé, l’association ne peut pas grand-chose. « Trouver un médecin traitant, c’est un peu la loterie », conclut le bénévole Alain Sanegon.
Au Centre Filiéris, « on veut faire de la médecine, pas de l’abattage »

Au centre Filiéris situé sur l’avenue Albert Thomas, malgré l’arrivée d’un deuxième médecin généraliste début janvier, il y a désormais une liste d’attente pour faire une demande de médecin traitant. Mais il ne s’agit pas là d’un manque de volonté de la part des médecins.
« Nous avons gagné 1100 à 1200 nouveaux patients depuis début 2021 », calcule le docteur Maloubier. « À deux, on ne peut pas en prendre beaucoup plus donc on ferme un peu les robinets, précise-t-il, sinon à un moment donné c’est notre santé qui en pâti. »
Son collègue, le docteur Jalil, confirme que tous deux font de grosses journées : « On veut faire de la médecine, pas de l’abattage. On a eu un afflux de patient, d’où la liste d’attente. »
Un troisième généraliste devrait renforcer l’équipe en 2022, permettant alors de prendre de nouvelles personnes. « D’ici là, quand il y a des urgences on les prend, sinon on laisse sur liste d’attente, mais il n’y a pas de discrimination, insiste le docteur Jalil. Et c’est partout pareil à Albi. »Anouk Passelac
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Commentaire Dr Jean Scheffer: Ce n’est pas un scoop et cela va s’aggraver jusqu’en 2030.
Une émission de FR3 qui reprenait un article de « Mariane », relevait que l’accès aux généralistes et aux spécialistes était à Albi un des plus mauvais des villes d’ Occitanie:
Un article de la dépêche montrait la même chose l’année dernière:
Enfin l’enquête du collectif pour albi, avant les municipales montrait que 90% des médecins généralistes refusaient tout nouveau patient