Actualité locale – Santé

Les salariés de Claude Bernard dans la rueSUD Santé demande "des augmentations de salaire conséquentes". DDM, E.C.SUD Santé demande « des augmentations de salaire conséquentes ». DDM, E.C.

Société,  TarnP

ublié le 01/02/2022 à 05:13

https://www.ladepeche.fr/2022/02/01/les-salaries-de-claude-bernard-dans-la-rue-10081207.php

Ce matin, les salariés de la clinique privée donneront de la voix devant la préfecture du Tarn à partir de 10 h 30. À l’appel du syndicat SUD Santé sociaux, le personnel de Claude Bernard est appelé à se mettre en grève, « soutenu par le corps médical qui a le même sentiment de désarroi et de perte de confiance envers la gouvernance de notre établissement », précise un communiqué. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national de grogne du social et du médico-social en raison de la dégradation de leurs conditions de travail et de l’iniquité de versement des primes Ségur entre le privé et le public mais également entre les secteurs.

« Claude Bernard a fait face à la crise Covid au même titre que l’hôpital mais n’a pas vu les mêmes hausses salariales et nos patrons n’ont pas daigné reconnaître tous nos efforts, indique SUD Santé. Les employeurs de la Fédération de l’Hospitalisation Privée ont concédé une revalorisation salariale mensuelle nommée Ségur 2 totalement dérisoire, 54 € bruts pour les infirmiers et 19 € bruts pour les aides-soignants. La plupart des autres professionnels concourant également aux soins de nos patients n’ont vu aucune revalorisation de leur salaire au titre du Ségur 2. » Face à ce constat, SUD Santé sociaux demande « des augmentations de salaires conséquentes ».

À Albi, une grève historique du personnel de Claude-Bernard : « on manque de reconnaissance financière et humaine »Le personnel gréviste de Claude Bernard s'est largement mobilisé dans les rues d'Albi ce mardi.Le personnel gréviste de Claude Bernard s’est largement mobilisé dans les rues d’Albi ce mardi. DDM – An.P.

Social,  Coronavirus – Covid 19,  Albi

Publié le 01/02/2022 à 14:43 , mis à jour à 14:55

https://www.ladepeche.fr/2022/02/01/a-albi-une-greve-historique-du-personnel-de-claude-bernard-on-manque-de-reconnaissance-financiere-et-humaine-10081716.php

l’essentiel

Environ 200 personnes sur les quelque 600 de la clinique privée Claude-Bernard étaient en grève mardi. Un mouvement historique qui traduit un ras-le-bol généralisé depuis la crise du Covid.

Une telle mobilisation, c’est du jamais vu à Claude-Bernard. Environ 200 salariés de la clinique privée (soit environ un tiers des effectifs) se sont mis en grève ce mardi, pour « dénoncer la dégradation du système de santé », de leurs conditions de travail, et du manque de reconnaissance des efforts du personnel depuis le début de la crise sanitaire. 

« Il y a un manque de reconnaissance financier et humain », précise Guillaume*, aide-soignant qui travaille de nuit. « Je suis très souvent rappelé sur mes repos, toutes les semaines. Et parfois mes congés et mes jours de récupération sont refusés. » Selon les syndicats, la clinique a fait face à une vague de démission, d’une trentaine de personnes tout postes confondus. Et l’établissement peine à recruter, d’où un manque d’effectifs qui impacte les équipes en place.

« Sur un mois normal, je devrais travailler 13 ou 14 nuits, là je suis parfois à 16 voire 17, poursuit Guillaume. Déjà qu’en étant de nuit c’est difficile d’avoir du temps pour soi, là je n’ai plus de vie », lâche le jeune homme dépité. Il envisage de devenir infirmier ou de démissionner pour changer complètement de voie.

Des CDD recrutés avec un salaire supérieur

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est le recrutement récent de trois personnes au tarif de 35 euros de l’heure quand un infirmier « classique » touche environ 15 euros. Une situation vécue comme une injustice. « On est OK pour revenir sur nos repos, on le fait pour les collègues et pour les patients. En décembre, j’ai aussi été rappelée sur mes congés. On a tous 300 ou 400 heures de récupération qu’on ne peut pas poser. Et malgré tout, nous, on a aucune reconnaissance », s’insurge une infirmière du service gastro-entérologie, qui ne veut pas non plus jeter la pierre aux trois nouvelles recrues.

« On fait du travail à la chaîne », déplore Pauline*, une aide soignante du même service. Avec 17 ans d’ancienneté, elle touche environ 1700 nets par mois, en comptant les primes. Justement, celles-ci sont trop faibles, selon elle : 20 euros net par dimanche travaillé, et les salariés n’ont pas eu le droit à la prime Macron pourtant défiscalisée. La prime Ségur n’est pas non plus à la hauteur : les salariés du privé ont touché 160€ nets, contre 183€ pour ceux du public. Le Ségur 2 a fait toucher 54€ bruts pour les infirmiers et 19€ pour les aides-soignants. Dans le public, la deuxième mesure a entraîné une revalorisation de la progression de carrière, plus avantageuse. « J’aime mon métier, je suis dans un très bon service et j’apprécie mes collègues. Mais mon salaire commence à être juste », complète Pauline.

Jean-Pascal est infirmier au bloc opératoire depuis 12 ans. Comme les autres, c’est la première fois qu’il fait grève. « Je sais que c’est un métier difficile, je le fais avec goût et on a une très bonne équipe, explique-t-il. Mais les conditions de travail se dégradent. Il y a beaucoup de démissions et de turn-over, en même temps qu’il y a une hausse d’activité au bloc opératoire. Malgré ça, on continue de tourner sauf que la qualité de prise en charge diminue », s’inquiète-t-il. Ces derniers mois, il travaille quotidiennement une heure ou deux en plus ce qui l’impacte aussi dans sa vie personnelle.

Pour lui aussi le recrutement de trois CDD à un meilleur taux horaire ne passe pas. « Le directeur est passé dans les services dont le mien. Il a beaucoup parlé mais n’a rien dit. C’est injustifiable ».

* Les prénoms ont été modifiés

Albi : les syndicats du Bon Sauveur appellent à une nouvelle journée de grèveEn décembre dernier, la mobilisation du personnel avait été historique pour le Bon-Sauveur.En décembre dernier, la mobilisation du personnel avait été historique pour le Bon-Sauveur. DDM – DDM- MARIE PIERRE VOLLE

Social,  Albi,  Tarn

Publié le 31/01/2022 à 17:53

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l’essentiel

L’intersyndicale SUD, CGT, FO et Unsa appellent les salariés du Bon-Sauveur à se mobiliser mardi prochain « face au mépris » du conseil d’administration qui a refusé de les recevoir.

Ils ne veulent rien lâcher. Les syndicats du Bon-Sauveur, le plus gros employeur d’Albi, ont décidé d’organiser une nouvelle mobilisation mardi 8 février et appellent le personnel à faire grève ce jour-là. Cette mobilisation « avec des actions fortes », comme le précise un délégué syndical, fait suite au refus du conseil d’administration (CA) de la fondation de recevoir les représentants du personnel. Un « non »  vécu comme « un mépris » par l’intersyndicale.

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« Le CA fait valoir que ce n’est pas à eux de prendre des décisions mais à la direction. Or on est en pleine transition », objecte Jonathan Miranda, délégué syndical de l’Unsa. Gilbert Hangard, l’actuel directeur et par ailleurs adjoint à la santé à la mairie d’Albi, va faire valoir ses droits à la retraite dans le courant du premier semestre. Laurent Krajka, actuel secrétaire général, a été élu par le CA pour lui succéder. « On a voulu discuter avec ceux qui l’ont choisi comme futur directeur », poursuit Jonathan Miranda.

Une direction en transition et 60 postes vacants

Par ailleurs, la directrice des ressources humaines, Muriel Benard, a démissionné de ses fonctions début janvier, laissant les représentants du personnel un peu plus dans le désarroi. « On a actuellement 60 postes vacants », souligne le délégué Unsa. 

Il s’agit du dixième appel à la mobilisation des représentants du personnel. Ces derniers déplorent des conditions de travail dégradées, demandent l’octroi du Ségur pour tous les salariés, veulent obtenir des recrutements « pour avoir des effectifs suffisants » et exigent « des projets de soins et de service » pour « permettre aux salariés de retrouver du sens au travail ».

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« Entre janvier 2020, avant le Covid, et avril 2022, on va perdre environ 35 lits », souffle Jonathan Miranda. Ces pertes sont dues à la fermeture prochaine de certains services, à la restructuration d’autres et au manque d’effectifs lié à la difficulté de recruter. 

La baisse du nombre de lits est décidée par le Bon-Sauveur qui suit les recommandations de l’Agence régionale de santé (ARS). Selon cet organisme l’établissement psychiatrique a trop de lits, rapporté à la population du territoire. « Mais si on baisse le nombre de lits, il faut renforcer le travail en amont et l’extrahospitalier, explique le délégué syndical Unsa. Par exemple en recrutant des infirmiers pour faire de la prévention ou des consultations à domicile, ou en ouvrant un hôtel thérapeutique voire en passant à des hospitalisations à domicile. »

Le travail semble encore long pour se faire entendre.

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Fugues à l’hôpital Gérard Marchant de Toulouse : le syndicat Sud Santé 65 appelle à « ne pas stigmatiser les patients de psychiatrie »

ABONNÉSL'hôpital Gérard Marchant à ToulouseL’hôpital Gérard Marchant à Toulouse DDM-archives – DDM-MICHEL VIALA

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Santé,  Hôpital,  Hautes-Pyrénées,  ToulousePublié le 31/01/2022 à 14:19 , mis à jour à 17:32

l’essentielLe syndicat Sud Santé-Sociaux 65 apporte son soutien aux soignants de l’hôpital psychiatrique  Gérard-Marchant de Toulouse, après la fugue de trois patients de l’établissement en quelques jours.

Pas d’amalgame, encore moins de psychose. Daniel Labarre, délégué départemental du syndicat Sud Santé-Sociaux 65, infirmier au sein de l’unité psychiatrique des hôpitaux de Lannemezan, souhaite apporter son soutien aux collègues de l’hôpital Gérard Marchant de Toulouse. Sous les feux des projecteurs médiatiques depuis l’agression de Françoise le 19 janvier perpétrée par Jérémy Rimbaud, patient de l’hôpital Marchant qui n’a pas réintégré l’unité à heure convenue après une sortie autorisée à l’instar de deux autres patients dans les jours suivants, l’établissement fait désormais l’objet d’une plainte déposée par la victime de 72 ans.

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Le syndicat Sud Santé-Sociaux 65 tient à rappeler à la population et à la presse quelles sont les missions des soignants. « Un hôpital psychiatrique n’est pas une prison, les patients ne sont pas des détenus. Le terme volontiers utilisé d’évasion n’a donc pas de sens. Les agents de l’hôpital psychiatrique Marchant de Toulouse sont pris actuellement dans une tourmente qui met à mal des équipes qui font le maximum pour délivrer des soins de qualité. Nous souhaitons rappeler quelques notions de base que beaucoup, pris par un emballement vide de sens, semblent avoir oublié. »

Et de décrire le protocole qui peut conduire à des autorisations de sorties pour certains patients auteurs de faits graves, déclarés pénalement irresponsables. « Les autorisations de sortie délivrées aux patients le sont après un entretien avec un psychiatre, qui prend une décision en son âme et conscience. Avec effectivement une possibilité d’erreur qui parfois ne peut pas être anticipée. »
Pour autant, l’infirmier regrette que l’actualité des derniers jours pointe du doigt les patients, notamment ceux qui sont actuellement hospitalisés, inquiets des conséquences pour leur propre prise en charge.

Angoisses exacerbées

« Depuis tout ça, nous devons calmer les craintes de certains malades qui ont peur de voir leur autorisation de sortie annulée. » Des angoisses qui fragilisent ces patients, pourtant en phase de stabilisation. « La stigmatisation des patients de psychiatrie en fugue entraîne une mise à l’index de tous les patients de psychiatrie et de leurs soignants. En témoigne la décision de l’hôpital Marchant de fermer tous les services durant ce week-end, privant les patients, quels qu’ils soient, de visites de leurs familles ou de simples promenades dans le parc. »

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Enfin, Daniel Labarre pointe le manque récurrent de soignants, épuisés par des conditions de travail difficiles. « Médecins, paramédicaux et syndicats demandent depuis des années un renforcement des effectifs et de la qualification des agents en psychiatrie, en vain. »
 Sophie Loncan

Toulouse et Agen : inquiétude après une série d’évasions en hôpital psychiatriqueLes forces de l'ordre ont remis au  personnel soignant de l'hôpital psychiatrique de Purpan le fugitif.Les forces de l’ordre ont remis au personnel soignant de l’hôpital psychiatrique de Purpan le fugitif.  – DDM

Hôpital,  Toulouse,  Haute-GaronnePublié le 28/01/2022 à 06:32 , mis à jour à 08:18

https://www.ladepeche.fr/2022/01/27/evasions-en-serie-en-psychiatrie-je-vais-demander-des-explications-au-directeur-de-lars-annonce-la-deputee-monique-iborra-10072768.php

l’essentielAprès le déclenchement d’une alarme incendie, un malade potentiellement dangereux s’est enfui de l’hôpital psychiatrique de Purpan à Toulouse. Les « fugues » de ce type s’accumulent en Haute-Garonne. De quoi inquiéter la population et les élus. 

La scène se déroule ce 27 janvier vers 16 heures dans l’allée principale de l’hôpital psychiatrique de Purpan. Sous les yeux de quelques patients, des policiers remettent au personnel soignant l’homme échappé depuis le matin. Parmi les malades, un jeune homme en soins grille une cigarette. Il s’écrie : « P…, c’est pas vrai ! Cela fait le troisième qui se barre. Après Marchant. C’est nous ! »

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Les politiques commencent à se poser des questions sur cette série d’évasions d’établissement psychiatrique. C’est le cas de Monique Iborra, députée, spécialiste de la santé : « Je comprends que les gens se posent des questions. Après une série pareille, c’est normal. Je ne vais pas substituer aux psychiatres. Je n’ai pas leurs compétences et je ne vais pas remettre en question leur travail mais je vais demander des explications au directeur de l’ARS pour comprendre comme tous ses malades ont pu se retrouver un moment dans la nature sans qu’on sache où ils se trouvent.

« Soigner ces gens »

La direction générale des hôpitaux de Toulouse s’est fendue d’un communiqué de presse afin d’expliquer comment cet individu dangereux avait pu fausser compagnie au personnel. Extraits : « Hospitalisé depuis 2019 au sein d’une unité d’hospitalisation psychiatrique sécurisée, ce patient, médicalement stabilisé, et bénéficiant d’un protocole de soins et d’un accompagnement personnalisé, a fugué ce matin à 9 heures du CHU de Toulouse. L’alarme de sécurité incendie s’est déclenchée après que le patient a volontairement perturbé le système de prévention et de protection.»

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En clair, le fugitif a probablement allumé une cigarette ou mis le feu à quelque chose qui aurait mis en branle l’alarme incendie. Son déclenchement ouvre automatiquement toutes les portes de l’unité. Le malade a ensuite profité de la pagaille pour prendre la poudre d’escampette. Le personnel était focalisé sur la recherche d’un éventuel incendie. 

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Côté syndicats, on n’a guère apprécié d’être mis au courant de cette «évasion» avant que l’affaire ne soit médiatisée mais la CGT a obtenu qu’aucun membre du personnel ne soit inquiété ou sanctionné après les faits. « C’est une garantie de la direction qui se justifie tout à fait vu les circonstances. Je rappelle qu’ici on n’est pas en UMD (unité pour malades difficiles NDLR), certes les patients sont dans les locaux fermés mais il n’y a pas de miradors ! On est dans une prison. L’idée, c’est de soigner ces gens», réaffirme Pauline Salingue, secrétaire du CHSCT de l’hôpital de Purpan et membre de la CGT.

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Albi. Tarn : cette unité spécialisée qui va accueillir le « cannibale des Pyrénées »

ABONNÉSL’espace cafétéria des parties communes de l’unité pour malades difficiles d’Albi.photo DDM archives Marie-Pierre Volle.L’espace cafétéria des parties communes de l’unité pour malades difficiles d’Albi.photo DDM archives Marie-Pierre Volle.

Cannibale des Pyrénées,  Albi,  TarnPublié le 29/01/2022 à 05:14

https://www.ladepeche.fr/2022/01/29/lunite-albigeoise-qui-soigne-les-malades-difficiles-10075803.php

l’essentiel

L’unité pour malades difficiles du Bon Sauveur va accueillir Jérémy Rimbaud, surnommé par les médias le cannibale des Pyrénées. L’unité a ouvert ses portes en 2011 et soigne près de 40 personnes.

« Ce ne sera pas le premier ni le dernier ». Des patients qui ont défrayé la chronique comme celui surnommé par la presse le cannibale des Pyrérnées, l’Unité pour malades difficiles du Bon Sauveur en a reçu plus d’un. C’est d’ailleurs sa raison d’être. Soigner des personnes présentant un danger pour autrui et pour eux-mêmes.

L’UMD a vu le jour en 2011 grâce aux investissements liés au plan de relance lancé par le président Sarkozy. À l’époque la France est un des pays possédant le moins de ce type de structures. « Il y en avait seulement 5 ou 6 sur la France », explique un représentant syndical du Bon Sauveur. Quatre ont été inscrites dans le plan de relance dont Albi. Pour une raison simple, le Bon Sauveur est situé entre l’UMD historique de Cadillac (Gironde) et une autre située dans la vallée du Rhône.

Une première unité voit donc le jour en 2011. Les deux premiers patients sont un Albigeois et un patient de la région Languedoc Roussillon. Elle sera complétée d’une seconde en 2012. Les deux unités s’étendent sur 4 000 m2 à la sortie de la ville.

Aujourd’hui, elles accueillent un peu moins d’une quarantaine de patients. Uniquement des hommes. La majorité souffre de troubles mentaux et de la personnalité, de schizophrénie, de paranoïa. « Les personnes psychotiques représentent près de 60 % des patients des UMD », expliquait le docteur Olivier Tellier, dans nos colonnes en 2011 pour l’ouverture de la structure.

Ces derniers ne sont pas amenés à rester là toute leur vie. Ils y font un passage le temps de se faire soigner. La moyenne des séjours est de deux ans. « L’objectif de notre travail n’est pas qu’un patient reste enfermé durant des années à l’hôpital. Bien au contraire. On l’accompagne pour qu’il trouve sa place à l’extérieur avec s’il le faut des périodes d’hospitalisation, mais surtout un suivi régulier. La prévention est essentielle, capitale », expliquait le docteur Olivier Tellier en 2019.

Pour les prendre charge, on compte à peu près 95 salariés (soignants et administratifs). « C’est une unité difficile où il faut beaucoup de main-d’œuvre », commente un représentant du personnel.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, c’est une unité assez demandée par les personnels. « Il y a une prime de risque qui est octroyée ». Travailler dans ces unités n’est pas de tout repos. Les syndicats ne le cachent pas, il peut y avoir des crises, de l’agitation. « Il y a régulièrement des accidents de travail, mais ça fait partie du job », souligne un représentant.

Mais tous les acteurs le rappellent, les UMD ne sont qu’un des éléments de prise en charge en matière psychiatrique. « Il n’y a pas que les malades qui défraient la chronique. Les UMD représentent quelques situations cliniques, mais il y a tout le reste », assure un professionnel.

Comme le font remarquer les syndicats si les UMD restent bien pourvues, le reste de la psychiatrie souffre (voir ci dessous). « En même temps, on ferme des lits et des services en psychiatrie classique. Le gros du travail c’est le reste, pas les UMD », souligne un syndicaliste.

Et pour anticiper ces situations dramatiques, une seule solution pour les syndicats : la prévention. Mais pour ça, il faut des moyens humains et financiers.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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