Recrutement dans les cliniques lucratives Albigeoises

Albi. Quand les spécialités des cliniques s’étoffent

Le docteur Bertrand Covin renforce l équipe d’urologie à la clinique Toulouse Lautrec. DDM

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  • Le docteur Bertrand Covin renforce l équipe d’urologie à la clinique Toulouse Lautrec. DDM

Santé, AlbiPublié le 28/01/2022 à 05:14

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On parle souvent du manque de spécialistes et des besoins du bassin albigeois. Aujourd’hui, les cliniques se réjouissent des récents recrutements de médecins.

Il ne connaît pas encore tous les raccourcis dans les couloirs de la clinique Toulouse-Lautrec mais semble à l’aise dans son nouveau service d’urologie. Bertrand Covin, 33 ans, est arrivé début janvier dans l’établissement. Il renforce une équipe déjà composée de cinq spécialistes. Le jeune homme cherchait à s’installer soit à Lyon, soit vers Toulouse où il a fait ses études de médecine. Parmi les offres de postes en urologie, celle de Toulouse-Lautrec lui a paru « la plus sérieuse » avec des confrères expérimentés, d’autres jeunes, « une bonne entente » et « tout ce qu’il faut pour travailler ».

L’établissement va notamment se doter d’un nouveau robot pour la modique somme d’un million d’euros. Pour Régis Adam, le directeur de la clinique, c’est le prix à payer pour attirer de jeunes médecins chez lui. « Ça leur garanti d’appliquer toutes les techniques qu’ils ont vues en formation », explique-t-il. Avec cette nouvelle recrue, Régis Adam s’enorgueillit d’être un « pôle d’expertise en urologie ». « Il n’y a pas que Toulouse qui sait faire », sourit-il.

3 nouveaux spécialistes en 2022

Le directeur est aussi heureux d’annoncer le recrutement de deux autres spécialistes depuis le début de l’année : un médecin anesthésiste et un chirurgien spécialiste du rachis. Concernant ce dernier, « c’est une chance, il y en a peu en France », souligne Régis Adam. La chirurgie du rachis est une autre spécialité de Toulouse-Lautrec, avec la dialyse et la cancérologie.

« Nos arguments pour attirer des nouveaux, c’est d’avoir un projet structuré et cohérent sur l’ensemble de la ville. Les activités sont bien dispatchées entre les différentes structures ».

Autrement dit, entre l’hôpital et les cliniques privées, personne ne se marche sur les pieds. La clinique Claude Bernard a aussi ses spécialités bien développées (voir ci-dessous). Et d’autres sont partagées par les deux établissements privés comme l’ophtalmologie, l’orthopédie, l’ORL.

Éviter la fuite vers Toulouse

« C’est important de garder ces spécialités, poursuit Régis Adam, cela permet aux habitants de l’Albigeois d’avoir une offre de soin sur place, et de ne pas aller à Toulouse ».

Même si parfois, ça coince encore… Il faut alors trouver des alternatives. « En cardiologie, on a beaucoup de mal à trouver un remplaçant. Notre médecin à la retraite continue donc d’assurer des vacations », explique Régis Adam.

Dans d’autres services, Toulouse-Lautrec noue des partenariats avec d’autres structures. C’est le cas en chirurgie vasculaire, avec la clinique de L’Union. Trois spécialistes se relaient, « faute d’avoir pu recruter un médecin à temps plein ».

Régis Adam ne désespère pas. « Je cherche toujours des spécialistes », lance-t-il.

D’autres arrivées à Claude-Bernard

Claude Bernard aussi a vu ses équipes de spécialistes s’étoffer ou se renouveler lors de ces deux dernières années. Dans la filière digestive, « pôle d’excellence de la clinique », comme le souligne le directeur Guillaume Burdin, un nouveau spécialiste est arrivé pour succéder à un départ à la retraite. En cardiovasculaire, aussi un chirurgien s’en va à la retraite et un autre arrive pour le remplacer, maintenant ainsi l’activité.En orthopédie, un nouveau médecin vient renforcer les effectifs désormais de 4 spécialistes. En ophtalmologie, avec deux nouvelles recrues, l’équipe est composée de six médecins. Enfin, une équipe partagée avec la clinique toulousaine Ambroise-Paré permet des consultations d’ORL avec quatre spécialistes.

Commentaires Dr Jean Scheffer:

C’est bien pour les Albigeois fortunés de voir les cliniques lucratives maintenir de nombreuses spécialités avec un bon niveau de compétences .

Cependant pendant ce temps l’hôpital public a vu son offre de soins sérieusement amputée : disparitions de l’urologie, de la chirurgie vasculaire, plus anciennes de l’ophtalmologie, de la stomatologie.

Absences de la coronarographie, néphrologie-hémodialyse, radiothérapie, transfusion sanguine.

Disparition du service d’endocrinologie, et fusion dés services de neurologie et cardiologie avec pertes de compétence du corps infirmier devenu polyvalent. Perte de lits de long séjour et disparition du service de soins de suite et de réadaptation.

La liste est bien longue, et il faut y ajouter la diminution de l’offre de soin du Bon Sauveur avec la fermeture de l’hôpital de jour à Realmont, , de nombreux lits d’hospitalisation avec l’ouverture du nouvel hôpital, du laboratoire du sommeil, du service de surveillance des laryngectomisés et de la consultation d’acupuncture.

Actuellement 1/3 de nos concitoyens repoussent ou renoncent à des soins. Pour les habitants du Tarn Nord, l’éloignement des services publics (centre hospitalier de Castres ou les CHU de Toulouse) ou les dépassements d’honoraires dans les cliniques albigeoises ou de la part des cabinets de spécialistes, trop souvent appliqués « sans tact et mesure », expliquent ces difficultés d’accès aux soins .

Une autre constatation montrant l’inégalité de traitement entre secteur public et secteur privé à but non lucratif, comparé aux cliniques privées lucratives c’est le nombre de lits fermés depuis 20 ans. Les fermetures ont été très nombreuses en non lucratif et quasi inexistantes en secteur lucratif. Cherchez l’erreur !

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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