Des décisions sur les transferts de compétence médecins-infirmiers à la va vite et sans concertation

« Décloisonnement » et « corporatisme », les « mots magiques du gouvernement pour offrir une médecine low cost aux Français » (Communiqué)

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https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/187484/decloisonnement-et-corporatisme-communique/

Émis par : Avenir Hospitalier; APH; SNPHARE; Samu Urgences; SPHP; Syngof; SNPADHUE; SNPGH; SMPF; SNPEH; SNBH; USP; SNGC; Les Biologistes médicaux; SPH; Fnap; Syndicat des Psychiatres Français; CPH

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Action Praticiens Hôpital, qui rassemble les intersyndicales Avenir Hospitalier et la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, suit attentivement le dossier des pratiques avancées infirmières.

Il y a six mois, l’idée de profession médicale intermédiaire avait dû être retirée du projet parlementaire de loi Rist, après l’avis unanime de notre profession et à la demande du Ministre des Solidarités et de la Santé : l’évolution des métiers du soin ne doit pas aboutir à la re-création des officiers de santé !

Alors que le Ministre affirme avoir voulu donner du temps à la réflexion de ces évolutions, aucune réunion d’échanges rassemblant autour d’une table les différentes professions concernées n’a été organisée par les tutelles. S’appuyant sur un rapport IGAS réalisé en toute hâte et quelque peu orienté, le décloisonnement vanté par le Ministre, via la généralisation de la pratique avancée, est subitement acté.
APH dénonce ce déni de dialogue social qui consiste à « décider d’abord, discuter ensuite ».

La pratique avancée est un transfert de compétences et de responsabilités médicales vers un infirmier.

Cela peut avoir du sens pour certains domaines de la médecine où le temps est long comme dans les maladies chroniques ou cancéreuses. Ça ne peut pas être un palliatif à la pénurie de médecins, sauf à penser que le fait d’être médecin – et d’avoir fait 10 ou 11 ans d’études médicales – n’apporte plus aucune valeur ajoutée à la prise en charge des patients.

La création des infirmiers de pratique avancée (IPA) d’urgence – contre l’avis des syndicats de médecins urgentistes – crée un changement de paradigme. On se place dans un temps court, dans la pathologie aiguë qui demande un diagnostic médical puis une décision médicale urgente, et là…

L’IPA d’urgences est désormais habilité à prendre en charge certaines pathologies graves « prise en charge des patients, pour les motifs de recours et les situations cliniques les plus graves ou complexes, définis par un arrêté », et pour les pathologies de gravité moindre l’IPA est « compétent pour prendre en charge le patient et établir des conclusions cliniques » : le médecin urgentiste est tout simplement écarté de ce processus, puisqu’il suffit qu’ « un médecin de la structure des urgences [intervienne] au cours de la prise en charge » .

Le temps se raccourcit encore puisque des discussions sont engagées concernant la pratique de l’anesthésie, où le temps n’est pas court mais immédiat : tous les jours, des décisions sont prises en urgence – à la seconde – qui vont influer sur le pronostic vital d’un patient en situation critique lors d’une anesthésie. Ces décisions ne peuvent et ne doivent pas être démédicalisées.

Si les infirmiers anesthésistes méritent une reconnaissance statutaire et salariale indiscutable, cette évolution doit se faire dans le cadre de la réglementation de la sécurité de l’anesthésie, et non via un transfert de responsabilité comme le fait la pratique avancée.

Le médecin anesthésiste-réanimateur ne peut pas être réduit à un rôle de coordinateur, dépossédé d’activité clinique. C’est pourtant l’intentionnalité du rapport IGAS, et de la proposition parlementaire de la loi dite Chapelier qui y fait suite. Tout est fait pour anéantir brutalement l’attractivité de ce métier, dont jusqu’ici personne n’a contesté l’utilité absolue ?

Si l’IPA peut être un premier recours – hors urgence vitale, l’IPA n’a ni la formation ni les compétences pour le primo-diagnostic – qui implique une connaissance large de la médecine, notamment dans les disciplines transversales que sont les urgences, l’anesthésie-réanimation – ni pour le primo-traitement. Ces responsabilités sont médicales, liées aux connaissances médicales acquises pendant ces études longues et exigeantes et entretenues par la formation médicale continue.

Il ne s’agit pas là de s’opposer à un décloisonnement, ni de faire du corporatisme. En voulant imprimer une marque de son passage dans l’histoire – plus glorieuse que le Ségur et l’échec du contrôle de l’intérim – ou pour accomplir une des missions oubliées du programme électoral santé du président Macron en 2017, le Ministre prend à toute hâte des dispositions qui mettent en péril l’équilibre des professions, mais surtout la qualité et la sécurité de la prise en charge de nos concitoyens lorsqu’ils sont dans les situations de santé les plus critiques.

Travailler ensemble est une nécessité et un souhait que nous partageons tous. APH condamne cependant la méthode visant à imposer aux médecins des évolutions des pratiques infirmières sans concertation préalable et demande au Ministre de revoir sa copie pour trouver des terrains d’entente pour que l’ensemble des carrières de santé, paramédicales et médicales, gagnent en attractivité, dans le strict respect de l’excellence, de la qualité et de la sécurité des soins.

Seulement ainsi, la santé, ses professionnels et nos concitoyens seront tous gagnants. N’est-ce pas cela, la véritable ambition pour notre pays ?

« Le ministre de la Santé cède à la demande des médecins anesthésistes-réanimateurs » (Communiqué)

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« Le ministre de la Santé cède à la demande des médecins anesthésistes-réanimateurs » (Communiqué)

Émis par : SNPHARE

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Le 10 janvier 2022, contre l’avis unanime des représentants médicaux de l’anesthésie réanimation (Conseil National Professionnel (CNP) et ses composantes : société savante, collège des enseignants, syndicats publics et libéraux), le Ministre des Solidarités et de la Santé annonçait l’intégration des infirmiers anesthésistes diplômés d’Etat (IADE) au dispositif de pratique avancée. Le désaccord touchait au principe de transfert de responsabilité de l’anesthésie du médecin vers un IADE, inhérent à la définition législative de la pratique avancée.

Pour cette raison, le SNPHARE a déposé un préavis de grève pour le 2 février 2022, afin de maintenir les décrets structurants de l’anesthésie qui garantissent la qualité et la sécurité des soins en anesthésie. Ce lundi soir 24 Janvier 2022 le ministre des solidarités et de la santé, à la demande du CNP d’Anesthésie-Réanimation-Médecine Périopératoire, précise par écrit les engagements qu’il a pris lors des échanges du 10 janvier et du 17 janvier 2022 :

Je n’entends pas revenir sur ces principes qui ne permettent pas à un IADE de réaliser un acte d’anesthésie sans supervision, en dehors de la responsabilité exclusive d’un médecin-anesthésiste-réanimateur, conformément aux principes des décrets sus-cités.

Le SNPHARE prend acte que le transfert de responsabilité est une éventualité qui sera écartée des discussions qui auront lieu dans les prochaines semaines sur l’évolution statutaire des IADE.

Le SNPHARE réaffirme que la position du médecin anesthésiste réanimateur est centrale sur la totalité du parcours anesthésique du patient et que son autonomie médicale lui permet de ne pas prendre en charge plusieurs interventions s’il juge que la sécurité des patients n’est pas assurée.

Le SNPHARE restera très vigilant quant au respect de cet engagement lors des travaux sur l’évolution statutaire et les compétences des IADE. Il veillera également à ce que cet engagement soit respecté par les ministres de la santé à venir.

Dans ces conditions, le SNPHARE lève son préavis de grève du 02 février 2022 ; mais conscient de la fragilité des décrets, il se laisse la possibilité de le redéposer en cas d’évolution défavorable des concertations multilatérales sur la reconnaissance statutaire des IADE, si celles-ci contreviennent aux principes fondateurs de la pratique de l’anesthésie et à la sécurité des soins.

Contact :

Emmanuelle Durand – emmanuelle.durand@snphare.f

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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