Les hospitaliers rendre obligatoire la participation des médecins libéraux à la permanence des soins,

Les hôpitaux réclament aux candidats à la présidentielle la reconstitution d’un « vivier » de soignants

La Fédération hospitalière de France demande aux postulants à l’Elysée plus de places en formation et une stratégie nationale de prévention articulée avec les établissements de santé.

Par Solveig GodeluckPublié le 16 déc. 2021 à 8:00Mis à jour le 16 déc. 2021

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Pour l’instant, on n’a pas beaucoup entendu parler de réforme du système de santé dans les programmes des candidats à la présidentielle. Mais la Fédération des hôpitaux de France (FHF), qui représente les établissements publics, a des idées à leur soumettre. La période est propice, alors que la nouvelle vague de Covid fait souffrir les soignants .

La plateforme de propositions de la FHF, « Ambition santé 2022 », est encore en construction. De premières propositions chocs ont été présentées lors du salon Santexpo le 8 novembre. Les hospitaliers veulent par exemple rendre obligatoire la participation des médecins libéraux à la permanence des soins, c’est-à-dire aux gardes la nuit et le week-end. « 40 % des médecins généralistes libéraux y participent, versus 100 % des praticiens hospitaliers », a souligné le président de la FHF, Frédéric Valletoux.https://embed.acast.com/07b210dd-7af5-5b41-b04d-e4eb2a19e708/6172d75c5e836700130cd584#amp=1

Une dose de contrainte

Il s’est pris une volée de bois vert en retour de la part des syndicats de libéraux. D’autant plus qu’il demande que ces libéraux soient pour l’occasion intégrés dans un « collectif » comme les organisations territoriales censées mailler le territoire.

Autre proposition peu appréciée des intéressés : interdire l’installation de médecins à tarifs libres (secteur 2) dans les zones « sur-denses », c’est-à-dire là où l’offre médicale est déjà supérieure de 25 % à la moyenne nationale. La liberté d’installation est sacro-sainte pour ces médecins qui n’ont pas choisi le salariat. Mais Frédéric Valletoux juge anormal, par exemple, que l’offre de psychiatres varie de 1 à 40 pour 100.000 habitants selon le territoire et espère pouvoir y remédier avec une dose de contrainte.

Rendre effective la suppression du numerus clausus

Les hospitaliers réclament aussi une loi de programmation « santé et autonomie » sur cinq ans, comme pour la Défense. En novembre, ils ont estimé les besoins de recrutement pour le prochain quinquennat à 25.000 soignants, juste pour combler les postes à plein temps vacants à l’hôpital. Aujourd’hui, 30 % des postes de praticiens hospitaliers ne sont pas pourvus, et l’on colmate avec des contractuels ou des intérimaires . Le coût annuel de l’intérim pour les établissements s’approche désormais du milliard d’euros, assure la FHF.

Dans les Ehpad, il faudra embaucher 100.000 soignants, car avec le défi du vieillissement de la population , il ne suffira pas de combler les postes vacants. « On a des besoins croissants et depuis longtemps », a insisté ce mercredi Amélie Roux, responsable des ressources humaines à la FHF, en présentant de nouvelles propositions en vue de « reconstituer le vivier » de soignants.

Fixer des objectifs

L’enjeu est de rendre effective la suppression du numerus clausus, mise en oeuvre en 2019, mais aux effets limités, puisque les facultés ont peu de places à offrir. La FHF propose donc de fixer des objectifs : 20 % d’étudiants en médecine supplémentaires en 2025 par rapport à 2019 ; 25 % de plus en soins infirmiers (40.000 places) ; 45 % en formation d’aide-soignant (40.000 places) ; 10 % supplémentaires pour les infirmiers spécialisés (bloc opératoire, anesthésistes, auxiliaires de puériculture). Il faudrait aussi ouvrir un millier de postes hospitalo-universitaires en cinq ans pour former les nouveaux venus.

Par ailleurs, Frédéric Valletoux a proposé de « mettre en place au même plan que le PIB un indicateur d’ espérance de vie en bonne santé », afin de rattraper le retard français par rapport aux pays voisins. Cela implique de faire de la prévention une pierre angulaire du système de soins : définir des missions, construire des indicateurs de résultats de soins par filière, les articuler avec un nouveau modèle de financement à la qualité pour les établissements. Et éviter ainsi l’actuelle multiplication des programmes « qualité » sans vision d’ensemble

COMMUNIQUÉS DE PRESSE

La FHF dévoile sa plateforme de propositions pour le prochain mandat présidentiel

https://www.fhf.fr/Presse-Communication/Espace-presse/Communiques-de-presse/La-FHF-devoile-sa-plateforme-de-propositions-pour-le-prochain-mandat-presidentiel#

Alors qu’elle constate l’intérêt marqué des Français pour les questions relatives à l’hôpital public mais aussi, plus largement, à l’avenir du système de santé et de la protection sociale, la Fédération hospitalière de France (FHF) lance, ce 3 février 2017, sa plateforme de propositions pour le prochain quinquennat. L’objectif de ces orientations portées par l’ensemble de la communauté hospitalière ? Dessiner un système de santé et des accompagnements médico-sociaux plus justes, plus accessibles, innovants et de qualité.

A partir d’une méthode d’élaboration fondée sur la concertation (cf. encadré), la FHF dévoile une plateforme de propositions qui se décline autour de deux contributions :

  • 12 orientations politiques à l’attention des candidats à l’élection présidentielle, afin de donner un nouvel élan rassembleur au système de santé ;
  • 50 propositions détaillées à l’attention du prochain ministre de la Santé afin de décliner les orientations générales en autant d’actions de déverrouillage de notre système de santé et de libération des énergies des professionnels de santé et médico-sociaux.

Faire vivre le contrat républicain du service public
Les orientations comme les propositions visent à préparer le système de santé aux défis du XXIe siècle et à faire vivre le service public de santé et médico-social en lui gardant sa force et son sens. Le service public hospitalier est une exigence pour la République tout comme les valeurs de la République sont une exigence pour le service public hospitalier. La FHF appelle à faire vivre, ensemble, pour les Français ce contrat républicain.
Pour cela, la FHF part de quatre principes cardinaux :
– La santé n’est pas un marché comme les autres ;
– La diversité au sein du système de santé est une richesse et non un handicap mais tous les acteurs ne sont pas substituables ;
– La politique des économies au rabot doit être remplacée par une réorganisation globale ;
– La santé et le secteur médico-social sont des atouts et non des charges pour la France.
Afin que les établissements publics relèvent quatre défis majeurs :
– Le défi de l’adaptation permanente de l’offre de soins à la demande des populations.
– Le défi de l’attractivité ;
– Le défi de la réorganisation des établissements ;
– Le défi de l’avenir du financement.
Changer de paradigme pour notre système de santé
Pour y parvenir, la FHF propose un programme ambitieux de rénovation du système de santé. Ce programme, détaillé en 50 propositions qui sont autant de « clés de déverrouillage » du système de santé, repose sur un élément clé, le principe de la responsabilité populationnelle. La responsabilité populationnelle se définit comme l’obligation de maintenir et d’améliorer la santé et le bien-être de la population d’un territoire donné en :
– Rendant accessibles un ensemble de services sociaux et de soins pertinents, coordonnés, qui répondent de manière optimale aux besoins exprimés et non exprimés de la population ;
– Assurant l’accompagnement des personnes ;
– Agissant en amont sur les déterminants de santé.
Quelles priorités demain ?
Les priorités s’organisent autour de quatre axes majeurs :
– Engager la convergence des devoirs entre tous les acteurs de santé reconnaissant les spécificités de l’hôpital public ;
– Accompagner et promouvoir le secteur médico-social public : sortir de la dichotomie sanitaire/médico-social pour s’adapter au vieillissement de la population et renforcer l’accès à la sante des personnes handicapées ;
– Respecter et prendre soin des professionnels de santé en leur offrant notamment le meilleur environnement et les meilleures conditions de travail possibles ;
– Donner des marges d’action accrues aux établissements publics pour leur permettre de s’adapter plus rapidement aux réalités territoriales.
Avec ce programme, fruit d’un long travail réflexion et de concertation, la FHF propose des clés pour transformer le monde hospitalier et médico-social en un secteur moteur de la rénovation de notre système de santé et, au-delà, de la modernisation économique de notre pays tant en France que dans le monde.
Tout au long de l’année, la FHF reviendra sur les clés de déverrouillage qui lui semblent indispensables à travers des focus et des cas concrets issus du terrain.
Pour en savoir plus :
– Retrouvez les plateformes en ligne :
– le site de la concertation numérique lancée par la FHF : http://monavisnotresante.fhf.fr
– le blog du Tour de France FHF des établissements : http://tourdefrance.fhf.fr
Pour en reparler :
Rendez-vous à HôpitalExpo du 16 au 18 mai : http://www.parishealthcareweek.com/fr/


Frédéric Valletoux,
président de la Fédération hospitalière de France

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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