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Albi. 9 crèches du Tarn s’engagent à lutter contre les perturbateurs endocriniens

à la crèche associative « Pirouette et Galipette », un environnement sain fait partie du bien-être des enfants. DDM.

Santé, Albi, Tarn

Publié le 19/01/2022 à 05:10

https://www.ladepeche.fr/2022/01/19/9-creches-du-tarn-sengagent-a-lutter-contre-les-perturbateurs-endocriniens-10054856.php

l’essentiel

Dans le cadre de la charte « Villes et territoires sans perturbateurs endocriniens » qu’il est le premier département à avoir signée, le Tarn va participer au financement du diagnostic et de la formation de personnels en crèche contre ces produits nocifs.

« Quand j’ai vu cet appel à candidature, j’ai saisi l’occasion. ça va nous donner les moyens de nous former, de tester nos sols, de faire des prélèvements pour savoir si on a les bonnes pratiques » s’est réjoui hier Elizabeth Buschaud, directrice de la crèche associative « Pirouette et Galipette » de Cambon. Cette crèche gérée par l’association Familles Rurales de Cambon, a répondu à l’appel à projet « Ma crèche sans perturbateurs endocriniens » lancé par le département en partenariat avec la CAF. Elle fait partie des neuf crèches tarnaises retenues dans ce programme d’aide au financement d’un diagnostic et d’une formation aux bonnes pratiques, avec « Les Petits Lutins » de Lacaune, la crèche multi-accueil de Lagarrigue, « Les Petits Meuniers » de Lautrec, « Les P’tits Lisloups » de Lisle-sur-Tarn, « La Passerelle » de Lombers, « Jeanne Mazel » de Mazamet, « Les Snorkys » et « Zoumbalazoum » de Pont-de-Larn.

Faire avancer la prévention

La crèche « Pirouette et Galipette » de Cambon, ouverte en 1993 et entièrement rénovée en 2017, dispose actuellement de 28 places. Elle dispose surtout, depuis 2009, d’une directrice très engagée dans la qualité de l’environnement des enfants. À la crèche, avec son équipe, elle fabrique la lessive, le produit vaisselle avec du bicarbonate, des cristaux de soude et du vinaigre, les tissus cirés couvre-plats pour remplacer le film plastique et elle utilise, pour les parents qui le souhaitent, les couches lavables.

« C’est bien que les choses avancent en termes de prévention » s’est félicitée la directrice de la crèche, hier à Cambon, à l’occasion de la visite de Christophe Ramond, le président du conseil départemental du Tarn. Il est le premier département de France à avoir signé la charte « villes et territoires sans perturbateurs endocriniens » en avril 2019 et à avoir adopté un plan départemental de prévention et de lutte contre les perturbateurs endocriniens dans le Tarn.

« Avec l’augmentation du nombre de cancer, multiplié par 4 depuis moins de 50 ans, on comprend que l’on est de plus en plus en contact avec des produits nocifs. Il faut que l’on sensibilise en faisant passer des messages de prudence » explique Christophe Ramond.

Un bracelet en silicone 7j su 7j

Dans le cadre de cette charte, le Réseau environnement santé (RES) a proposé à toutes les crèches du Tarn de participer à une enquête permettant de prendre conscience des niveaux de contamination aux phtalates, interdits en France mais encore présents dans nombre de produits (plastiques, cosmétiques et produits alimentaires).

« Soit parce qu’il y a trop d’exceptions soit parce que les industriels ne respectent pas l’interdiction » précise l’Albigeoise Nathalie Ferrant Lefranc, déléguée régionale RSE pour l’Occitanie. La crèche de Cambon s’est portée volontaire. Dès lundi et pendant 7 jours, 24 h sur 24, Elizabeth, la directrice, Nathalie, Emeline et Estelle, trois salariées de la crèche, vont porter au poignet un bracelet en silicone, matériau capable de s’imprégner de tous les phtalates présents dans l’environnement. À la fin de la semaine, les bracelets seront envoyés, pour analyse, à un laboratoire spécialisé. Les résultats seront présentés lors du prochain colloque national organisé à l’IMT à Albi (lire ci-contre).

Un colloque à Albi sur les perturbateurs endocriniens

Le 10 mars 2022 à Albi, le RES organisera, en partenariat avec le Conseil départemental, un colloque national sur le thème « Maladies Infantiles, Habitat et Perturbateurs Endocriniens ».
https://www.ladepeche.fr/amp/2022/01/16/un-colloque-a-albi-sur-les-perturbateurs-endocriniens-10048973.php

Les perturbateurs endocriniens, compte tenu de leur particularité d’agir principalement pendant la grossesse, apparaissent de plus en plus comme une cause majeure des maladies de l’enfant. Les données scientifiques de plus en plus nombreuses montrent un lien fort entre exposition maternelle, mais aussi exposition de l’enfant, et maladies infantiles comme l’asthme, le TDAH (Troubles du Déficit d’Attention et d’Hyperactivité), les troubles du langage, l’obésité, la puberté précoce…

L’environnement intérieur est une des principales sources d’exposition dans la mesure où c’est un lieu majeur d’émission des grandes familles de Perturbateurs Endocriniens et que nous y passons 90 % de notre temps.

Le colloque organisé par Réseau Environnement Santé à Albi le 10 mars, s’inscrit dans l’alerte lancée par le Haut Conseil de la Santé Publique et le Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Age dans leur avis du 15 octobre 2019 : « Les données sur l’enfant sont nombreuses mais dispersées, incomplètes et manquent d’exploitation, de synthèse et de visibilité. L’effort de recherche sur les conditions de développement de l’enfant dans son milieu de vie (psychologique, affectif, social, cognitifs et déterminants sociaux) n’est pas à la hauteur des enjeux pour son bien-être et son avenir. Un effort de recherche accru doit porter sur les effets des perturbateurs endocriniens et le développement global des enfants. Ceci passe par le développement de la biosurveillance et des travaux sur le lien entre ces expositions et les atteintes à la santé dans cette population particulièrement exposée et sensible que sont les enfants. »

Dimensions scientifique et politique

Ce colloque aura deux dimensions : une scientifique pour diffuser les données les plus récentes aux acteurs de la protection de l’enfance ; et une politique pour faire état des leviers que peut mobiliser une collectivité territoriale comme le département du Tarn, premier département signataire de la charte « Villes et Territoires sans perturbateurs endocriniens ».

Ce colloque s’adresse aux professionnels et associations de la petite enfance et aux acteurs de la construction et de l’habitat, ainsi qu’aux collectivités qui peuvent agir notamment par le levier de la commande publique.

La Dépêche du midi

Législatives : Etienne Moulin candidat sur la première circonscription ?

Étienne Moulin.Photo DDM, archives.

Elections législatives, Tarn

https://www.ladepeche.fr/2022/01/19/legislatives-etienne-moulin-candidat-sur-la-premiere-circonscription-10054857.php

Publié le 19/01/2022 à 05:10

« L’investiture n’est pas du tout actée », confirment les instances départementales du Parti socialiste. Reste qu’un nom sort du chapeau, sur la première circonscription tarnaise. Il s’agit d’Etienne Moulin, président de l’ordre des médecins, mais aussi nouveau conseiller départemental du canton d’Albi 4, (aujourd’hui membre de commission cohésion sociale et délégué à la santé), en binôme avec Elisabeth Claverie. Ces départementales étaient sa première campagne. L’homme est avant tout connu pour son combat quotidien, pour lutter contre les déserts médicaux, qui gangrènent le Tarn. Mais il semble bien que la politique soit devenue une passion. « C’est vrai que l’on m’a proposé de m’investir dans cette campagne législative. Après réflexion, j’ai trouvé le défi passionnant, en allant à la rencontre des habitants, pour mieux comprendre leurs désirs et leurs difficultés », reconnait-il. « Même si je sais que la tâche sera difficile », conclut le président de l’ordre des médecins. Sur la première circonscription, sont déjà en course, Julie Capo-Ortega (Divers droite), Frédéric Cabrolier (Rassemblement national), Johann Ricci (Horizons). On peut imaginer sans trop se tromper que la députée sortante, Muriel Roques-Etienne (LREM) sera sur la liste de départ, comme Pascal Pragnère pour EELV et Rodolphe Pirès pour LR. Sans oublier le Front de gauche, les Communistes, les Insoumis et quelques candidatures indépendantes. Quant aux désirs du Général Gilles, il faudra attendre encore un petit peu, pour connaître sa décision.

Le médico-social bataille pour une prime Ségur pour tous

Les représentants syndicaux se sont réunis hier matin à Albi avant de se rendre à Lavaur. DDM, MPV.
Les syndicats se sont mobilisés hier pour demander le versement des 183 € du Ségur à tous les personnels du médicosocial, quelle que soit leur profession.

La CFDT santé et sociaux appelait hier à une manifestation nationale des personnels d’établissement sanitaires, sociaux et médico-sociaux. Une mobilisation très suivie dans le Tarn, du foyer de l’enfance à Albi hier matin au Foyer de vie En Dûmes à Lavaur l’après-midi. Tous pointent « les oubliés du Ségur », les personnels du médico social travaillant dans la protection de l’enfance ou le domaine du handicap qui contrairement à d’autres personnels, en particulier les soignants, n’ont pas bénéficié de la revalorisation salariale de 183 € par mois.

« Dans un même établissement, les aides médico-psychologiques, aides éducatifs, aides-soignants ont eu la prime Ségur, mais les moniteurs éducateurs qui travaillent en atelier, les assistantes sociales, les psychologues, les personnels de nettoyage… rien », explique Sylvie, kiné dans un foyer de vie qui accueille près de 200 adultes à Lavaur.

« Nous sommes les invisibles, les oubliés du Ségur » dénonce Michel Bravo, éducateur au foyer départemental de l’enfance à Albi et secrétaire CFDT. « J’ai 40 ans d’expérience, je n’ai jamais vu une situation aussi tendue » déplore Antoine Farasin, secrétaire général CFDT santé sociaux 81.

Trois responsables tarnais de ce syndicat, Alain Carrière (Apajh En Dûmes Lavaur), Nathalie Duranjou (Foyer de vie Chanteclerc Castres) et Mourad Chettah (Asei Caramentis Carmaux) ont des responsabilités nationales à la CGT santé sociaux. Ils demandent, entre autres « le respect de l’engagement pris par le Premier ministre d’organiser une conférence sociale » et la création d’une convention collective unique pour tous.

Au Bon-Sauveur, des disparités entre employés

Au Bon-Sauveur aussi, les syndicats bataillent pour que le Ségur soit versé à tous les personnels. Hier, ils ont appelé à un débrayage de deux heures pour exiger que la totalité des 1 350 salariés de la structure en bénéficient. Dans un premier temps, tout le secteur médicosocial en était exclu, soit 200 personnes. Mais à l’issue de négociations avec les fédérations établissements privés à but non lucratif (dont fait partie le Bon Sauveur), une partie du secteur médicosocial a pu bénéficier de ces 183 euros. « Mais seulement sur les professions dites en tension », souligne Anne Millan Dondelli, déléguée syndicale CGT. Personnels du secteur éducatif, ASH et personnel de logistique en sont toujours exempts, soit 117 personnes. Les syndicats du Bon-Sauveur (CGT, FO, Unsa et SUD), demandent à la direction d’avancer eux-mêmes la prime à ces « oubliés du Ségur », car ce deux poids, deux mesures, au sein d’une même structure et d’un même service, plombe l’ambiance. Mais l’administration refuse, faute de trésorerie suffisante, selon ses dires.

Pourtant, « avec toutes les démissions, on fait des économies », clament les syndicats. En 2021, 46 employés ont démissionné et 11 en ce début d’année 2022. 44 postes sont vacants dont 28 d’infirmiers et 9 de médecins. Des chiffres qui marquent une triste réalité : « nos conditions de travail se dégradent et nous ne sommes plus attractifs, c’est la double peine », peste la déléguée syndicale. Car les salaires sont trop faibles selon les syndicats qui demandent une hausse du point d’indice pour une augmentation comprise entre 300 et 400 € nets. « Aujourd’hui, les plus bas indices sont sous le smic et on leur rajoute des primes pour atteindre le seuil légal », déplore la CGT.

Albi : « il n’y a aucun critère d’attribution des subventions de la mairie aux associations »

L’article vise à donner un « éclairage citoyen » à ce qui se décide en conseil municipal. DDM – DDM-MARIE-PIERRE VOLLE
Loïc Steffan, ancien candidat socialiste aux départementales, a décrypté les subventions versées aux associations.Selon lui, la mairie d’Albi privilégie l’événementiel au détriment du reste.

Peut-on dégager une ligne directrice de la politique de la Ville concernant l’attribution des subventions ? L’enseignant en écogestion à l’université Champollion, Loïc Steffan, par ailleurs candidat socialiste aux dernières élections départementales et membre du collectif Viv’Albi, a tenté de répondre à cette question sur son blog. Il cosigne son article. avec Patrick Vieu, ancienne tête de liste PS aux municipales de 2020 (qui a ensuite rallié MurielRoques-Etienne).
L’idée lui est venue suite à l’arrêt total du versement des subventions à la MJC. Ces 155 000 euros en moins étaient-ils le moyen de faire des économies ? Que nenni, puisque selon les calculs de Loïc Steffan la Ville a versé 300 000 euros de plus cette année aux associations.

A lire aussi : Le vote du budget déchaîne les passions

Pas de document écrit avec un barème

L’enseignant a donc cherché sur quels critères la mairie fondait le versement de fonds aux 240 associations soutenues. Et selon lui, « il n’y a pas de critères d’attribution ». 

« Il n’existe pas de document qui donnerait accès un barème (nombre d’adhérents, niveau et type de compétition, inscription dans un projet ou des axes municipaux, etc.) », écrit-il dans son article en ligne. Ce qui génère des incompréhensions. « Je fais partie de l’USCA, club d’athlétisme qui a eu plusieurs champions du monde. On a 700 € de subventions par an », illustre-t-il. L’ECLA, l’autre club d’athlétisme de la ville touche 45 000 €.

« Le seul argument avancé par la mairie pour attribuer des subventions c’est l’événementiel », analyse Loïc Steffan. Ainsi, en analysant le montant des subventions versées, on constate que les principales structures bénéficiaires, sportives et culturelles, proposent des événements : la Scène nationale, le SCA, Arpège et Trémolo, le marathon d’Albi, le Centre d’Art le Lait.

Concentration extrême sur quelques structures

Le blogueur relève aussi une « concentration extrême » de l’enveloppe budgétaire pour quelques associations : la Scène nationale, l’Office de Tourisme et l’entreprise du Sporting Club Albigeois récupèrent 50 % de la somme totale. « Est-ce qu’il faut compter l’office du tourisme et la SNA en tant qu’associations ? C’est discutable », estime-t-il. En élargissant, 40 associations (sur les 240 aidées) représentent 95 % des aides. 

L’enseignant relève aussi parfois un écart entre le budget alloué en début d’année à chaque structure et le montant réellement dépensé une fois l’année terminée. Or, certaines associations ont bénéficié de rallonges en cours d’année. C’est le cas pour le SCA qui a touché  220 000 euros en plus pour tenter d’accéder à la pro D2 (ce qui reste un vœu pieux pour l’instant).

Cette analyse de données est pour le membre du collectif Viv’Albi l’occasion d’apporter « un éclairage citoyen » sur la façon dont sont attribuées les subventions. Et d’espérer avoir une réponse de la mairie à ses interrogations.

1. tête de liste PS aux municipales de 2020, avant de rejoindre la liste LREM de Muriel Roques-Etienne

4,6 millions versés aux associations

Contactée, la mairie d’Albi a rappelé par mail qu’en 2021, elle aura versé plus de 4.6 M€ aux associations albigeoises et souligne son « attachement » à « ses partenaires associatifs ». « Une partie de ces subventions est attribuée, au moment du vote du budget primitif. Les autres le sont en cours d’année, soit parce que l’association n’avait pas retourné son dossier avant décembre, soit parce que ces subventions concernent des événements pour lesquelles ces associations doivent monter un plan de financement. » Aucun commentaire n’est fait sur les hypothèses de Loïc Steffan. Pas plus qu’elle ne précise de critères d’attribution.

L’opposition municipale souligne de son côté avoir demandé ces critères plusieurs fois en conseil municipal. « On n’a jamais eu de réponse, souffle Jean-Laurent Tonicello. On avait aussi proposé un groupe de travail pour définir des critères objectifs car cela se fait dans d’autres communes ». La demande est aussi restée lettre morte.

Pour le membre du « Collectif citoyens, écologistes et gauche rassemblée », le cas de la MJC est « éclairant » : « les subventions sont attribuées à des structures qui font du marketing territorial pour l’embelissement de l’image de la ville. Le travail culturel de fond est beaucoup moins soutenu ».

 

Anouk Passelac

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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