« La France toujours malade de ses déserts médicaux »
Date de publication : 17 janvier 2022

C’est ce que titre Le Figaro sur sa Une, relevant qu’« après 2 années de crise sanitaire, nombre de territoires souffrent de l’absence de médecins. Les mesures prises par le gouvernement peinent à enrayer le phénomène ».
Le journal remarque ainsi : « Urgences fermées, cabinets médicaux vides… Les déserts médicaux continuent de s’étendre – et davantage encore avec la crise sanitaire – pour toucher aujourd’hui un tiers des communes françaises, à la ville comme à la campagne ».
« Pour lutter contre un déclin qui semble inexorable et attirer coûte que coûte de nouveaux praticiens, les élus locaux multiplient les initiatives, en proposant de meilleurs salaires ou des logements de fonction. Emmanuel Macron en a fait un cheval de bataille, assurant que le sujet était «un des problèmes les plus importants aujourd’hui de notre pays». Le gouvernement a ainsi multiplié les mesures pour inciter – sans les y forcer – les jeunes médecins à s’installer dans ces territoires, en facilitant notamment le recrutement d’auxiliaires médicaux », remarque le quotidien.
Il observe toutefois que « si certains maires finissent par réussir, à la sueur de leur front, à recruter un médecin pour leur commune, ces mesures restent insuffisantes pour endiguer un phénomène qui touche l’ensemble du territoire ».
Le Figaro évoque ainsi sur 3 pages « une bataille sans fin », relevant que « les mesures d’incitation ne suffisent pas à combler les départs et reconversions des praticiens, épuisés par la crise sanitaire ».
Le journal souligne que « cette crise qui s’aggrave et qui frappe les urgences inquiète au plus haut point les élus locaux, souvent sans plan B pour leur population quand un médecin s’en va. Car, autour d’eux, le désert médical gagne du terrain et les spécialistes ou autres généralistes deviennent des denrées rares ».
Le quotidien explique notamment que « 13 départements ne comptent plus un seul gynécologue médical, et les généralistes qui partent à la retraite ne sont pas remplacés. La pénurie affecte tous les territoires, même l’Île-de-France, qui, selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), fait d’ailleurs partie des régions les plus touchées par la sous-densité médicale ».
« Dans le monde rural, très lourdement pénalisé, ce désarroi fait grimper la surenchère entre des maires prêts à tout pour faire venir un généraliste. Logement gratuit d’un an ou installations personnalisées font partie des cadeaux de bienvenue », continue Le Figaro.
David Legouet, maire de Barneville-Carteret, dans la Manche, observe que « des pharmaciens vont jusqu’à offrir un Caddie de courses par mois durant 3 ans ».
Le journal note que l’édile « s’en prend aussi à certains médecins qui se comportent comme de véritables divas. Excédé, il a d’ailleurs divulgué les exigences que l’un d’eux lui a fait parvenir par courrier. L’impudent, qui venait de Paris, lui réclamait une prime d’installation, un appartement gratuit pendant 2 ans, une voiture de fonction, un terrain à bâtir et la garantie du maintien de ses revenus actuels, de l’ordre de 6770 euros après impôts ! ».
Christelle Paye, maire de Vailly-sur-Sauldre (Cher), ajoute qu’« avec des cabinets de recrutement qui nous prennent 25.000 euros pour trouver un praticien, cela devient de la prostitution ! ».
« Et une fois les aides épuisées, certains généralistes prennent la poudre d’escampette, direction une autre ville qui leur déroulera le tapis rouge… Le moyen de vivre quelques belles années en s’offrant un petit tour de France »,remarque Le Figaro.
Le quotidien souligne que « pour les patients, cette pénurie est une catastrophe. De guerre lasse, beaucoup renoncent au médecin traitant. «De 7 à 9 millions sont dans ce cas», s’alarme Maxime Lebigot [employé à l’hôpital de Laval et représentant FO], qui a décidé de partir en croisade contre cette situation en créant une association de citoyens luttant contre les déserts médicaux ».
« Celle-ci a d’ailleurs déjà engagé son premier bras de fer avec l’État. Un recours a été déposé au nom de l’«inégal accès aux soins». Une action judiciaire qui s’appuie sur diverses données, notamment celles de l’Association des maires ruraux de France. Celle-ci rappelle que «les risques de mourir sont 12% plus forts pour une personne vivant en milieu rural qu’en ville» », indique le journal.
Dans un autre article, Le Figaro relève que « l’incitation [est] plus efficace que la coercition ». Le journal observe ainsi que « le gouvernement repousse les mesures coercitives réclamées par les élus locaux, jugées non seulement inefficaces mais même contre-productives car elles dissuaderaient les jeunes médecins de s’installer tout court, leur faisant préférer les remplacements ou des postes salariés ».
Le quotidien note qu’« après dix ans d’études, les jeunes praticiens rechignent à s’installer dans ces déserts médicaux qui sont bien souvent des déserts « tout court », alors qu’ils commencent juste à fonder une famille, avec un conjoint et des enfants qui ne trouveront ni travail, ni place en crèche, ni école ».
« Pragmatique, le gouvernement a jusqu’ici préféré multiplier les actions incitatives : aides financières à l’installation dans les déserts médicaux, suppression du numerus clausus pour former plus de praticiens, coup de pouce à la télémédecine, délégation de certaines tâches aux paramédicaux, multiplication des maisons de santé favorisant le travail collectif recherché par la jeune génération, etc., » indique Le Figaro.
La France toujours malade de ses déserts médicaux
Par Angélique Négroni et Marie-Cécile RenaultMis à jour hier à 19:41
https://www.lefigaro.fr/actualite-france/la-france-toujours-malade-de-ses-deserts-medicaux-20220116
DÉCRYPTAGE – La pénurie de spécialistes ou de généralistes affecte tous les territoires.
Face au nouveau rebond de l’épidémie, le front médical se fissure. Alors que des plans blancs sont activés par nombre d’hôpitauxpour battre le rappel des troupes, des services d’urgences ferment un peu partout en France pour une durée indéterminée, parfois quelques jours, une nuit dans d’autres cas. En cause: le manque de personnel. Ces héros que la France entière applaudissait au début de la crise sanitaire sont fatigués. Arrêts maladie et démissions plombent les plannings des services. «Des infirmiers partent et changent de métier»témoigne Maxime Lebigot, employé à l’hôpital de Laval et représentant FO. Ces blouses blanches quittent un navire secoué par la crise pour devenir sophrologues, élagueurs et même chauffeurs routiers. Pourvu qu’elles ne soient plus dans les hôpitaux, harassées, mal payées et mal considérées.
À LIRE AUSSIAbsentéisme, burn-out, démissions: à l’hôpital, «la situation n’a jamais été aussi catastrophique»
Cette crise qui s’aggrave et qui frappe les urgences inquiète au plus haut point les élus locaux, souvent sans plan B pour leur population quand un médecin s’en va. Car…
Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 90% à découvrir.
Commentaires Dr Jean Scheffer
Les déserts médicaux ne sont pas uniquement que pour les généralistes en zone urbaine et dans les quartiers.
Le manque des médecins est partout, dans toutes les disciplines, dans toutes les formes d’activité, salariées et libérales. Il s’agit donc à mon sens de voir l’ensembles de problèmes et de lse solutionner en même temps, ce qui est possible.
Trois ans dans un désert médical, c’est la punition pour les futurs généralistes ! II y a bien mieux et qui peut résoudre l’ensemble des manques de praticiens partout et dans toutes les spécialités, mettant à égalité futurs généralistes et futurs spécialistes, tout en complétant leur formation: Le Clinicat-Assistanat pour tous, obligatoire et de 3 ans, partagé sur différents sites et milieux d’activité.
Les déserts médicaux sont aussi dans les Hôpitaux avec 30 % des postes vacants (40% dans les hôpitaux généraux), dans les hôpitaux psychiatriques, les CMP, les PMI, la médecins scolaire, médecins du travail, santé publique, médecine pénitentiaire…
La solution c’est un Clinicat-Assistanat pour tous, en fin d’internat, obligatoire pour tous les futurs généralistes et les futurs spécialistes, d’une durée de 3 ans. L’activité serait partagée entre divers établissements à l’image des assistants partagés actuels entre CHG et CHU: entre CHU et CHG pour les futurs spécialistes; entre CHG-CHU et PMI, CMP, santé publique, santé scolaire, médecine pénitentiaire, médecine du travail… ; entre CHG et centres de santé et maisons de santé… Il s’agit donc par un seul et même dispositif de solutionner en quelques années l’ensemble des manques criants et urgents de médecins dans tous les domaines, dans toutes spécialités, sans pénaliser une catégorie, les futurs généralistes par exemple, ou les étudiants en médecine peu fortunés, obligés de s’installer dans un désert pour se payer ses études. Il faudra définir par région, département et territoire, les manques les plus urgents en généralistes et spécialistes, et en tirer les conséquences sur la répartition par spécialité pour la première année d’internat.
La motivation de ma proposition est sur le lien/
« Vision Globale -Solution globale »: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj
Je vous demande humblement de bien réfléchir à cette proposition tant qu’il est encore temps.
Je vous prie de croire Madame, Monsieur à l’assurance de mes sentiments les meilleurs et à toute mon énergie pour assurer à tous nos concitoyens un accès aux soins de qualité et à proximité.
Dr Jean Scheffer
jscheffer81@gmail.com
0612241146