Trois fois moins de risque d’admission en réa avec Omicron par rapport à Delta… : en France aussi !

Paris, le mardi 11 janvier 2022
– Le ministre de la santé a été auditionné hier au Sénat dans le cadre de l’ouverture des débats sur le passe vaccinal. En dehors de cet aspect juridique, Olivier Véran a semblé, parfois, reprendre la blouse pour détailler aux sénateurs l’évolution de l’épidémie.
Nouvelles données rassurantes sur Omicron
A propos du variant Delta il a annoncé qu’« il semble manifeste que désormais il a amorcé une diminution », ce qui est « une nouvelle rassurante » qui devrait permettre une décrue dans les services de réanimation (des cas de variant Delta) d’ici 10 à 15 jours.
Concernant Omicron, il a affirmé « nous savons avec suffisamment de recul désormais que les séjours sont plus courts qu’avec les variants précédents ». Cette bonne nouvelle s’expliquerait par le fait qu’Omicron affecterait plutôt les parties hautes des voies respiratoires. Omicron provoque tout de même « des syndromes grippaux assez forts » et entraîne « une augmentation conséquente des hospitalisations », a prévenu Olivier Véran. Ces données françaises non encore publiées révélées par le ministre corroborent ainsi les observations sud-africaines, danoises et britanniques.
Trois fois moins de risque d’aller en soins critiques avec Omicron à l’AP-HP
Ces propos semblent également confirmés par des statistiques de l’APHP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) rapportées hier dans un communiqué de presse.
Ainsi, l’AP-HP a étudié la part du variant Delta et du variant Omicron chez les nouveaux patients hospitalisés dans ses services pour Covid-19 depuis le 1er décembre 2021 jusqu’au 4 janvier 2022, aussi bien en soins critiques qu’en hospitalisation conventionnelle.
Ces données concernent 3112 patients : 491 admis en soins critiques et 2621 pris en charge en hospitalisation classique. Elles montrent, notamment, que pour les patients en hospitalisation conventionnelle, les séjours de courte durée (inférieur à 1 jour) représentent 19 % des séjours pour les patients entrants infectés par Delta et 43% pour ceux contaminés par Omicron.
Au total, la probabilité calculée de nécessiter une admission en soins critiques apparaît trois fois plus élevée chez les patients Delta + que ceux Omicron +.
Des données trop rassurantes pour le passe vaccinal ?
Olivier Véran s’est en revanche abstenu de s’avancer sur la date d’un pic éventuel mais a remarqué que des signes encourageants venaient du Royaume-Uni. « Dans la région londonienne, là où il a frappé en premier, il baisse », a ainsi noté le ministre de la Santé, citant aussi l’Afrique du Sud, l’un des premiers pays où Omicron a été repéré et où la vague liée à ce variant semble désormais passée.
Une question se pose désormais, ces données rassurantes avancées par le ministre ne convaincront-elles pas les sénateurs de ne pas adopter le passe vaccinal ?
Emmanuel Haussy