Albi, d’une rive à l’autre du Tarn
Non loin du centre de la Cité épiscopale, inscrite en 2010 à l’Unesco, une bâtisse des années 1930 a été aménagée en maison d’hôte. Depuis le salon de la suite « Zen », la majestueuse cathédrale Sainte-Cécile se dévoile.
Par Hélène Brunet-RivaillonPublié le 07 janvier 2022 à 20h00
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Cette imposante demeure des années 1930 appartenait à la même famille albigeoise depuis sa construction quand Isabelle et Philippe Martial l’ont acquise en 2014, quittant les environs de Paris pour ouvrir une maison d’hôte dans leur région d’origine. Séduits par ses volumes, sa superficie de près de 700 mètres carrés et sa localisation proche du centre-ville, ils ont opté pour une rénovation qui bouscule son cachet tout en le valorisant. Au rez-de-chaussée, Isabelle a réveillé les sols en mosaïque et les boiseries avec des pièces de design contemporain signées Matière Grise, Inga Sempé ou Constance Guisset, tandis que consoles et luminaires de facture moderne côtoient les cheminées en marbre.
Effluves de cake et de chouquettes
La suite « Zen » se trouve au premier étage, face au grand escalier. Depuis son salon, on aperçoit la cathédrale Sainte-Cécile, à quelques centaines de mètres. Pour rejoindre la Cité épiscopale depuis la maison, il suffit de traverser le Tarn en empruntant le Pont-Vieux. La chambre est particulièrement spacieuse, et le parquet grince un peu, ce qui est le lot (et fait le charme) des vieilles demeures.
La bibliothèque et les banquettes invitent naturellement à la lecture. Au réveil, des effluves de cake et chouquettes sortis du four se glissent sous la porte. En plus d’être une fine cuisinière, Isabelle (dont le nom de jeune fille est Rives, d’où le nom donné à la maison) connaît la ville comme sa poche et partage volontiers ses itinéraires favoris. Il faudra revenir aux beaux jours pour profiter du vaste jardin paysagé et de la piscine au sel.
L’Autre Rives, 60, rue de Cantepau, à partir de 150 € la nuit.
A 1 000 mètres : partir en quête d’ail
Le marché couvert se trouve sous un pavillon de style Baltard, construit en 1903. Au centre, Chez Ivan et Lætitia, primeurs, des manouilles d’ail rose de Lautrec (appellation IGP) sont suspendues au-dessus des étals. On le mange frais de juillet à septembre, puis on le conserve pendant au moins six mois. Il parfume autant les salades que les plats mijotés. Le vendeur, Ruben, donne mille conseils sur la façon de l’utiliser.
Marché couvert, rue Emile-Grand, ouvert de 7 heures à 14 heures.Lire aussi Article réservé à nos abonnés En raquettes, en combi ou en bateau : cinq lacs à découvrir là-haut
A 1 000 mètres : se régaler sans chichis
Après avoir cuisiné autour du monde pendant quinze ans, Loïc Benech a repris cet été Au Hibou, un petit restaurant sur trois niveaux. Moins chic que le Cascarbar, situé dans la même rue, l’adresse attire une clientèle décontractée en quête de cuisine créative et de bière artisanale. D’où vient le nom donné par l’ancien propriétaire ? Peut-être d’un animal niché autrefois dans l’étroit escalier qui mène à une minuscule galerie d’art…
Au Hibou, 21, rue Saint-Julien, ouvert de 7 h 30 à 18 heures sans interruption.
A 1 100 mètres : se repaître de Toulouse-Lautrec
Le Palais de la Berbie abrite le musée dédié à Henri de Toulouse-Lautrec, né à Albi en 1864. Les portraits et les scènes de maisons closes sont rassemblés dans les salles voûtées du rez-de-chaussée. Les affiches, notamment celles réalisées pour le Moulin-Rouge, figurent au premier étage. On y retrouve La Goulue et les fameux spectacles de french cancan. Depuis les grandes fenêtres d’un salon, il faut prendre le temps d’apprécier la vue magnifique sur les jardins à la française, l’ancien chemin de ronde et les berges du Tarn.
Musée Toulouse-Lautrec, place Sainte-Cécile, ouvert du mardi au dimanche.Lire aussi Article réservé à nos abonnés Cinq bains en plein air où se ressourcer au cœur de l’hiver
A 1 100 mètres : contempler un joyau gothique
Sainte-Cécile, la plus grande cathédrale en brique au monde, a été édifiée à partir de 1282 dans le style gothique méridional. Avec ses 18 500 mètres carrés de fresques, elle est également la plus grande cathédrale peinte d’Europe. Le riche décor de sa voûte, sur un fond bleu profond, rappelle la Renaissance italienne. On peut observer pendant des heures la représentation du Jugement dernier, sous le grand orgue, ou le superbe chœur de chanoines, récemment rénové.
Cathédrale Sainte-Cécile, place Sainte-Cécile, ouverte au public tous les jours, sauf pendant la messe le dimanche.Lire aussi Article réservé à nos abonnés Déambulations d’hiver à Florence
A 1 300 mètres : s’offrir du beau linge
Il y a vingt ans, les parents de Nicolas Depinois ont créé Les Toiles de la montagne noire, des lignes de linge de maison fabriquées dans le sud du département. Aujourd’hui, leur fils tient la nouvelle boutique, dans le centre piétonnier. Les toiles matelas à rayures et à carreaux sont vendues au mètre ou déclinées en torchons, tabliers et nappes. Les plaids en jacquard à motifs chevron, diagonale et sablier sont réalisés à partir de mélanges de laines recyclées tissés dans les environs.
Les Toiles de la montagne noire, 21, rue de Verdusse.Le Goût de M
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Hélène Brunet-Rivaillon