La Santé et les candidats (Laurent Thines blog Mediapart)

BILLET DE BLOG 6 JANV. 2022

LAURENT THINES

LAURENT THINESAbonné·e de Mediapart

Santé : enjeu majeur de la Présidentielle 2022. Un comparatif des programmes

La Santé est une des priorités des français pour la Présidentielle 2022. Quels sont les candidats en phase avec nos attentes ? Afin de vous aider à y voir plus clair, 17 programmes ont été comparés et classés par rapport à 40 revendications de soignants et d’associations. A ce jour, un seul programme fait la course en tête, quand certains ne présentent encore aucune proposition sur la Santé.Signalez ce contenu à notre équipePartager sur FacebookPartager sur Twitter

Santé : enjeu majeur de la Présidentielle 2022. 

Un comparatif des programmes.

Introduction

La Santé est un de nos biens les plus précieux et une des priorités des français pour la Présidentielle 2022. Quels sont les candidat.es en phase avec nos attentes ? Afin de vous aider à y voir plus clair, 17 programmes ont été épluchés, comparés et classés par rapport à 40 revendications de soignants et de diverses associations. A ce jour, un seul programme fait la course en tête, quand certains ne présentent encore aucune proposition sur la Santé.

L’épidémie de Covid19 qui sévit et paralyse le pays depuis deux ans nous rappelle, si cela était nécessaire, que la Santé est un de nos biens les plus précieux, au même titre que l’environnement, l’éducation et les libertés. Cette pandémie, qui a surgi en pleine crise des hôpitaux publics, a aussi servi de catalyseur à la prise de conscience de la population française des difficultés des soignants et de l’état de dégradation de notre système de Santé. Dans cette étude, nous nous proposons de confronter les programmes de 17 candidats à une liste de 40 revendications énoncées par des collectifs et syndicats de soignants, des organisations non gouvernementales, des associations d’usagers ou le mouvement citoyen des Gilets Jaunes.

Contexte général

Il faut se rappeler que cette crise sanitaire inédite est survenue dans un contexte très particulier : celui de la crise des hôpitaux publics et des grèves hospitalières débutées par le Collectif Inter-Urgences qui lançait dès la fin 2018 un cri d’alarme sur les difficultés de leur secteur, au moment même où s’élançait le mouvement citoyen des Gilets Jaunes. Début 2019, le Collectif Inter-Hôpitaux embrayait le pas pour dénoncer la dégradation des conditions de soins et de travail dans les hôpitaux publics et réclamer des lits, des moyens humains et matériels ainsi que des revalorisations salariales. Depuis lors, des milliers de manifestations et mobilisations ont eu lieu sur l’ensemble du territoire et ont été soutenues par la population pour réclamer l’ouverture de discussions avec le Ministère. Pourtant, il a fallu attendre l’automne 2019 pour que les premières propositions émergent, puis le mois de mai 2020 pour que s’ouvre le Ségur de la Santé, sous la pression de la première vague de Covid19 et des applaudissements de 20h.

Les chiffres ci-dessous témoignent de la situation de la Santé en France et de l’urgence d’agir :

  • 76 000 lits d’hospitalisation complète ont été supprimés entre 2003 et 2019 (pour 29 000 lits d’hospitalisation partielle) dont 17 800 depuis le début du mandat d’E.Macron en 2017.
  • Le nombre de maternités est passé de 721 à 481 entre 2000 et 2019
  • En 20ans, 95 services d’urgence ont fermé sur le territoire
  • La charge de travail dans les hôpitaux ne cesse d’augmenter (14,6%) alors que les effectifs n’évoluent que de 2%.
  • Les délais de rendez-vous ne cessent de s’allonger : 6 mois à 1 an pour cer­tains ter­ri­toi­res : ophtalmologie, gynécologie, dermatologie, suivi des enfants en CMP/CMPP. En France, 25 départements n’ont pas de lits de pédopsychiatrie.
  • Pour la première fois, on observe depuis 2015 une augmentation de la mortalité infantile en France
  • 30% des jeunes infirmières diplômées abandonnent leur carrière dans les 5ans, 1300 élèves infirmières ont démissionné en 2021 et 180.000 infirmières formées auraient quitté leur emploi
  • Fin 2021, 10% des soignants sont en arrêt pour maladie et 67% des soignants français se disent en situation d’épuisement professionnel.
  • L’espé­rance de vie d’une infir­mière est de 78 ans contre 85 ans pour toutes les Françaises(caisse de retraite CNRACL). De même, 30 % des aides-soi­gnan­tes et 20% des infir­miè­res par­tent en retraite avec un taux d’inva­li­dité.
  • Près de 5% des postes paramédicaux sont vacants selon la Fédération Hospitalière de France en 2021 soit près de 60.000 postes.
  • En novembre 2021, 40% des postes de médecins aux urgences sont vacants au CHU de Grenoble et un plan blanc est décidé par l’ARS dans le Sud Isère pour gérer la pénurie d’urgentistes.
  • Le plan Grand Age de 2008 prévoyait un soignant par résident en EHPAD alors que le ratio en France est de 0,6 et de 1,2 en Allemagne alors que leur population est plus âgée.
  • Environ 50 médicaux et 20 paramédicaux se suicident chaque année.
  • Fin 2021, 20 à 40% des lits sont fermés à l’APHP pour pénurie de personnel dont 50% dans les Unités de soins intensifs AVC.
  • Le salaire des infirmières par rapport au salaire moyen était à la 28ème place sur 32 dans l’OCDE en 2017 et celui des médecins hospitaliers à la 21ème place sur 27.
  • 14 jours par an d’heures supplémentaires par soignant sont impayés par les hôpitaux.
  • La dette des hôpitaux a été multipliée par 3 entre 2002 et 2013 pour s’élever à 30 milliards du fait de l’ONDAM, de la T2A et d’emprunts toxiques (Dexia)
  • L’ONDAM (objectif national des dépenses de l’Assurance Maladie) est bloqué à 2,4%  d’augmentation quand les charges augmentent chaque année de 4% : cela  a imposé aux hôpitaux, un plan d’économie de 8,4 milliards sur 10ans dont 1,4 milliards en 2020.
  • L’abrogation de la Loi Veil de 1994 en 2018 par le gouvernement d’E.Macron, a libéré l’État de son obligation à compenser toute suppression de taxe ou de cotisation sociale sur le budget de la Sécurité Sociale, creusant ainsi chaque fois un peu plus son déficit (ex : mesures Gilets Jaunes)

Méthodologie

Nous avons recueilli, parmi les revendications des collectifs et syndicats de soignants, des organisations non gouvernementales, des associations d’usagers ou du mouvement citoyen des Gilets Jaunes (Tableau 1), 40 revendications couvrant l’ensemble des aspects de la Santé en France. Il est à noter que les revendications des soignants sont celles qui persistaient malgré le Ségur de la Santé et Ma Santé 2022 mis en place par le gouvernement Macron.

Tableau 1 : Sources des 40 revendications retenues

 Ces 40 revendications ont ensuite été regroupées en 3 grands dossiers puis déclinées en sous-chapitres: (Tableau 2)

  • Hôpital
  • Ville : soins de proximité
  • National : grands enjeux de Santé

Tableau 2 – Les 40 revendications pour la Santé 2022

Les programmes des candidats (Tableau 3) inscrits au 4/01/2022 étaient retrouvés aux adresses numériques de leurs sites internet respectifs :

  • L’Union Populaire : Jean-Luc Mélenchon
  •  Europe Écologie Les Verts : Yannick Jadot
  •  Parti Socialiste : Anne Hidalgo
  •  Parti Communiste Français : Fabien Roussel
  •  La remontada : Arnaud Montebourg
  •  Nouveau Parti Anticapitaliste : Philippe Poutou
  •  Lutte Ouvrière : Nathalie Arthaud
  •  Révolution Permanente : Anasse Kazib
  •  Primaire Populaire : socle commun ; pas de candidat
  •  La République En Marche : Emmanuel Macron (2017 et Ma Santé 2002)
  •  Résistons : Jean Lassale (2017)
  •  Union Populaire Républicaine (2017)
  •  Les Républicains : Valérie Pécresse
  •  Rassemblement National : Marine Le Pen (2017)
  •  Reconquête : Eric Zemmour
  •  Debout La France : Nicolas Dupont-Aignan
  •  Les Patriotes : Florian Philippot

 Tableau 3 – Acronymes utilisés pour chaque parti

Chacun des programmes des candidats a ensuite été étudié et les points de concordance entre les items « revendication » et les « propositions » ont été relevés et cotés comme suit :

  • 1 point lorsque la concordance était clairement affichée
  • 0,5 point lorsque la concordance était partielle ou exprimée de façon évasive
  • 0 point lorsque qu’il n’y avait pas de proposition pour l’item revendication
  • – 0,5 point lorsque le candidat avait affiché son refus ou son opposition à un item

Tableau 4 : Cotation des concordances revendications / propositions

Deux critères de comparaison ont ainsi été obtenus :

  • une note globale correspondant à la somme des notes obtenues par item selon la grille de cotation du Tableau 4 (note)
  • un score global correspondant au nombre d’items de revendication pris en compte positivement dans le programme quelque soit le niveau d’engagement (score)

Résultats

Le Tableau-5 présente les résultats détaillés des différents candidats pour les 40 items de revendication. Décote au président sortant, LREM récolte 9 demi-points négatifs en raison de son refus d’accorder certaines revendications aux soignants au cours de son mandat. Quatre partis (PS, PCF, LREM, LR) sont aussi pénalisés pour avoir exprimé le souhait de maintenir le Pass-sanitaire à l’issue des élections présidentielles. Pour les partis LO et NPA, de nombreuses propositions dans le domaine de la Santé ont été soutenues au fil des années, mais celles-ci n’ont pas été colligées dans un programme dédié, empêchant de les inclure dans cette étude. Pour le parti d’E Zemmour, les deux propositions retenues sont l’amélioration des remboursements par la suppression de l’AME dont les effets s’annulent au sens des revendications.

Tableau 5 – Étude comparative des différents programmes à la Présidentielle pour la Santé

Les graphiques-1 et 2 montrent l’engagement en Santé des candidats. Sur cette analyse globale, l’Union Populaire remporte haut la main la plus haute marche du podium, à la fois en termes de concordance (note 28/40) mais aussi du nombre d’items validés (score 29/40). On notera les bonnes places de second et troisième de Debout La France, en raison d’un programme assez étoffé sur la Santé. Prime au sortant et à l’action du mandat, bien que souvent inachevée (treize fois 0,5 points), LREM a pu tirer son épingle du jeu avec un score de 16 items sur 40 ce qui lui permet de se hisser à la 2ème place mais largement derrière l’Union Populaire.

Graphiques 1 et 2

Le graphique-3 représente le classement selon la note obtenue pour les revendications concernant l’Hôpital. L’Union Populaire prend largement la tête devant le PCF et EELV. LREM occupe très bas le milieu de tableau.

Graphique 3

Le graphique-4 représente le classement selon la note obtenue pour les revendications concernant la Santé de ville et les soins de proximité. A notre grande surprise, Debout La France occupe la pole position d’une courte tête devant l’Union Populaire (1 point d’écart) et Résistons de Jean Lassale. Ce constat prouve l’ancrage de ces candidats auprès des régions périurbaines et rurales. Un deuxième groupe suit loin derrière comportant PS, PCF, LREM, UPR et RN.

Graphique 4

Le graphique-5 représente le classement selon la note obtenue pour les grands enjeux nationaux de Santé. L’Union Populaire prend largement la tête devant le EELV et DLF. LREM occupe encore une fois le milieu de tableau.

Graphique 5

 Discussion

Globalement, l’ensemble des candidats est unanime pour dresser le constat du mal être des soignants et des difficultés majeures de notre système de Santé, justifiant d’un plan d’investissement d’urgence… parfois sans qu’aucune proposition détaillée et chiffrée ne soient fournie.

Et des belles paroles aux actes programmatiques, il y a déjà un fossé. On est très étonné, pour commencer, de voir qu’à 4 mois de la Présidentielle seulement un peu plus de la moitié des candidats ont un programme actualisé. Certains n’ont pas de programme (Hidalgo, Montebourg, Poutou, Arthaud) quand d’autres vivent encore sur leur programme de 2017 (Macron, Lassale, Asselinau, Le Pen).

On est ensuite frappé de la déconnexion des propositions des candidats par rapport aux attentes. En effet, aucun ne dépasse le seuil de la moyenne des items, en dehors de l’Union Populaire avec un score de 29 items/40. Le PCF, DLF, EELV et LREM remplissent quant à eux péniblement de 10 à 16 items alors que tous les autres partis sont très largement en dessous des 10 propositions. On est même parfois sidéré de l’inconsistance de certaines suggestions comme : dissoudre le Conseil de l’Ordre des Médecins (LP), organiser des stages d’interne chez le praticien (LR, RN) ou financer la formation continue des médecins par les institutions… ces deux dernières mesures existant déjà. Pourtant, il faut bien reconnaitre que certaines idées, qui n’ont pas été répertoriées dans cette étude, seraient intéressantes à étudier comme :

  • Sanctuarisation la Sécurité Sociale en l’inscrivant dans la constitution (UPR)
  • Bourse pour les étudiants en Médecine en échange de 5 ans en zone sous-dotée pour résorber les déserts médicaux (Union.pop, DLF)
  • Renforcement de la médecine scolaire (DLF)
  • Suppression des surprimes maladies à l’emprunt immobilier (LR)
  • Abolition des armes sublétales (LBD40, grenades défensives) responsables chaque année de mutilations et de handicap visible ou invisible  (Union.pop)
  • Déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé (PCF, Union.Pop)

L’épidémie de Covid19 marque quant à elle de son empreinte tous les programmes. Certains surfent sur la vague de protestations contre les vaccins et pour des traitements « curatifs », en mettant en exergue la liberté de prescription des médecins (LP, DLF, RN, JL) en particulier pour des traitements dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée comme l’homéopathie, certains traitements du Covid ou certaines « thérapies alternatives ». Pour d’autres, et dans le même registre, il est plus précieux de lutter contre les conflits d’intérêts vis-à-vis des laboratoires (Union.pop, UPR) ou de mettre en place un contrôle citoyen des dispositifs médicaux implantables (PCF).

La recherche d’une amélioration de la prise en charge des pandémies est aussi évoquée au travers de propositions comme :

  • Ouverture de lits de réanimation supplémentaires (Union.pop, DLF)
  • Déploiement de purificateurs d’air dans les écoles, fac, lieux publics (Union.pop, DLF)
  • Gratuité des masques / Tests (Union.pop, DLF)
  • Levée des Brevets des vaccins contre le Covid19 (PCF, Union.pop)

La gauche socio-libérale se démarque essentiellement sur des sujets sociétaux comme la reconnaissance du burn-out ou syndrome d’épuisement professionnel (EELV), la légalisation du Cannabis (EELV), la création d’Agences Régionales de Santé Environnementale et Professionnelle (EELV) et un droit à mourir dans la dignité (PS, EELV) sans pour autant préciser si l’on parle ici d’euthanasie active ou pas. EELV propose une vision holistique de la Santé à la fois physique, psychique et écologique et dont la prise en charge serait coordonnée par un grand service de Santé Publique en mettant l’accent sur la prévention (exposition alimentaire, environnementale), la prise en charge médico-psycho-sociale et la Santé par le sport… « un esprit sain dans un corps sain ». Anne Hidalgo de son côté réclame un plan Marshall pour sauver l’hôpital public sans faire aucune proposition concrète.

Le bilan du président sortant, E.Macron pour LAREM, est plus que mitigé. Si l’on doit reconnaître que son gouvernement, sous la pression du Covid19 et des manifestations, a dû prendre la mesure des difficultés du monde de la Santé au travers du Ségur 1, son action a été souvent jugée inaboutie voire méprisante, eu égard aux efforts des soignants. Les salaires des paramédicaux et des médecins n’ont été augmentés que de 11% en moyenne avec pour les premiers, une prime de 180€ par mois (+ les bonifications indiciaires) quand il aurait fallu une hausse d’au moins 300€ pour s’aligner sur les autres pays de l’OCDE et pour les seconds, une revalorisation des échelons et de l’IESPE (Indemnité d’engagement de service public exclusif + 300€) qui peinent à concurrencer les appels du pied du secteur libéral. En parallèle, la fermeture des lits se poursuit (17.800 en 5 ans), aucune modification de la gouvernance n’est envisagée, la remise en cause de la T2A n’est que partielle et l’ONDAM est maintenu autour de 2,5% pour les hôpitaux, ce qui les a obligés mécaniquement à un plan d’économie de 1,4 milliards d’euros en 2020. Le Ministère n’a pas non plus pris à bras le corps le problème de la médecine de ville et des déserts médicaux en n’augmentant que légèrement le Numerus Clausus (non pas en le supprimant comme il s’obstine à nous le faire croire) et en poursuivant la concentration des moyens au sein des GHT, ce qui accélère la fermeture de nombreux hôpitaux de proximité en souffrance au profit des CHU et des cliniques privées. Le Ségur 1 de la Santé a également mis de côté tout un pan du soin aux personnes au travers de l’oubli de la psychiatrie, du secteur médico-social et des aidants à domicile. L’insuffisance de mesures d’ampleur se traduit par la poursuite de la dégradation des conditions de travail, le découragement des professionnels (arrêts maladie, départs en chaîne, vacances de poste) et la poursuite de l’effondrement de notre système de Santé.

La droite ultralibérale de Valérie Pécresse met en avant quelques concepts idéologiques, dont la dimension punition/récompense ou l’aspect conditionnel sont omniprésents, mais qui restent vagues comme : la coopération public-privé, la promotion des carrières mais sans valorisation de salaire et la lutte a minima contre les déserts médicaux.

L’extrême droite, quant à elle, déroule sa rhétorique habituelle en stigmatisant les étrangers et en proposant de supprimer l’Aide Médicale d’État (Z, RN, LP, DLF). Celle-ci représente pourtant moins de 0,5% des dépenses totales de santé tout en remplissant un devoir d’humanité et en évitant des hospitalisations ou des soins plus coûteux. D’ailleurs, pour Zemmour, dont la lutte obsessionnelle contre l’immigration est érigée en doctrine d’État, cette suppression est sa seule proposition en Santé. 

Pour l’Union Populaire Républicaine, c’est l’Europe qui est la mère de tous les maux. Seul un Frexit permettrait de supprimer la soumission à ses directives, d’assurer l’indépendance vis-à-vis des entreprises multinationales européennes et de leurs lobbys. Une lutte contre les conflits d’intérêts et la corruption, pour l’indépendance de la recherche et des médecins et pour un meilleur maillage territorial des soins est aussi prônée.

Conclusion 

Le positionnement des différents programmes à la Présidentielle sur la Santé reste très disparate et globalement assez décevant, malgré la pandémie dont nous souffrons depuis deux ans et l’état d’effondrement de notre système de Santé. Seule l’Union Populaire, avec son programme l’Avenir En Commun remanié depuis la version de 2017, sort grande gagnante de cette confrontation et semble proposer une alternative politique à la hauteur des enjeux dans le domaine de la Santé.

Nous espérons que cette analyse comparative inspirera l’ensemble des candidats à la Présidentielle et incitera les candidat.e.s à étoffer rapidement leurs programmes de nouvelles propositions permettant de répondre aux attentes des français et des soignants, et de faire de la Santé, un des thèmes majeurs de cette campagne 2022.


Laurent Thines, professeur des universités et praticien hospitalier en neurochirurgie au CHRU de Besançon, a accompagné la mobilisation des gilets jaunes, qu’il a vu dès novembre 2018 comme « un mouvement de révolte et d’émancipation citoyenne des déclassés de la République ». En janvier 2019, face à l’épidémie d’éborgnements, de mains arrachées, de visages fracassés, il a lancé une pétition de soignants contre les armes sublétales du maintien de l’ordre afin de sensibiliser l’opinion à la dangerosité réelle de celles-ci. A la même époque, il s’était engagé au sein du Collectif Inter-Hôpitaux pour défendre le système public de Santé avant de démissionner en janvier 2020, avec plus de mille autres chefs de service, de ses fonctions administratives afin de dénoncer la marchandisation de l’hôpital. Il est auteur d’un témoignage poétique sur l’hôpital intitulé La garde de nuit chez Z4 Editions. 


Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.Partager sur Facebook

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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