Covid-19 : l’esprit de résilience contre les variants
ÉDITORIAL
Le Monde
Pour faire face à la cinquième vague de la pandémie et à la menace du variant Omicron, la société doit transcender ses divisions et résister au sentiment d’une épreuve sans fin.
Publié aujourd’hui à 10h57 Temps de Lecture 2 min. https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/12/18/covid-19-l-esprit-de-resilience-contre-les-variants_6106616_3232.html
Editorial du Monde. Il faudra donc vivre avec. Alors que débutent les vacances de fin d’année, le répit très attendu des fêtes de Noël et du Nouvel An sera placé pour la deuxième fois de suite sous le signe de la vigilance et des mesures de prévention. Les retrouvailles familiales auxquelles la période est propice devront s’adapter à la persistance d’une pandémie qui alimente très naturellement le sentiment d’une épreuve sans fin, sans horizon. Le pic de la cinquième vague n’est pas atteint que déjà pointe le variant Omicron, sans que l’on puisse encore établir avec certitude son degré de dangerosité.
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La crainte d’une nouvelle submersion de systèmes hospitaliers déjà durement éprouvés est omniprésente et les mises en garde lugubres se multiplient. Face à une flambée des contaminations, le premier ministre britannique, Boris Jonhson, évoque un « raz de marée », déjà à l’œuvre. Le président des Etats-Unis, Joe Biden, redoute « un hiver de maladie grave et de mort » pour les personnes non vaccinées. Dans son pays, la politisation de la pandémie a produit une tragique démonstration de la létalité de la désinformation sur la maladie. On meurt trois fois plus dans les comtés qui ont voté pour Donald Trump en 2020 que dans ceux qui ont adoubé le démocrate, faute d’un niveau de vaccination suffisant.
Ce terrible constat rappelle aussi que la riposte s’est considérablement organisée depuis un an, avec les vaccins comme fers de lance. A l’heure où les mesures d’endiguement se multiplient en Europe, de l’Irlande au Danemark, et où les pays restreignent l’accès à leur territoire, l’esprit de responsabilité d’une écrasante majorité des Français a permis pour l’instant d’éviter le retour de mesures coercitives.
Abnégation quotidienne
Le nombre de personnes toujours non vaccinées, environ 6 millions, justifie pourtant les annonces faites à la sortie d’un conseil de défense sanitaire par le premier ministre, Jean Castex, vendredi 17 décembre. Limiter au nom de l’intérêt général l’usage du passe sanitaire aux personnes qui se sont fait vacciner ne peut qu’inciter les autres au recours à un geste simple qui peut sauver. La recommandation du Comité consultatif national d’éthique, le même jour, en faveur d’une vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans, si leurs parents en font le choix, peut également préparer les esprits à une mesure qui permettrait de limiter encore un peu plus la circulation du virus.
Certes, il reste encore des insuffisances à combler, comme en matière de ventilation des espaces fermés, notamment dans les établissements scolaires, sans nier les obstacles qui s’y opposent. De nombreux gestes barrières, tel le port du masque, sont devenus en revanche une part de nos existences, et il faut sans réserve aucune louer l’abnégation démontrée par nos compatriotes dans cette modeste mais décisive forme de résistance au quotidien.
La clef du succès se trouve dans cette résilience qui doit transcender les divisions et les disputes. Elle n’est évidemment qu’un élément parmi des milliers d’autres, comme le souligne l’inégalité de l’accès aux vaccins dans le monde. On ne peut d’ailleurs que déplorer l’absurdité de la destruction au Nigeria, au début du mois, de plus de 1 million de doses, livrées trop tard pour pouvoir être utilisées avant leur date de péremption.
Beaucoup reste à faire. La réponse à une telle menace planétaire ne peut être que mondiale, mais chacun, où qu’il se trouve, peut y prendre sa part.
Le Monde