Les suites de l’enquête de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise. 

Pédocriminalité : un moment charnière pour le Vatican

ÉDITORIAL

Le Monde

Le 5 novembre, après la publication du rapport de la commission Sauvé, la Conférence des évêques de France a admis la « dimension systémique » des violences sexuelles dans l’Eglise catholique. Une telle reconnaissance est désormais attendue de la part du Vatican.

Publié hier à 10h40    Temps de Lecture 2 min. 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/12/14/pedocriminalite-un-moment-charniere-pour-le-vatican_6105973_3232.html

Editorial du « Monde ». L’Eglise catholique est-elle enfin prête à admettre qu’elle est un milieu propice à la perpétration d’abus sexuels sur les enfants et à en tirer toutes les conséquences pour mettre fin à ce scandale ? On pouvait le croire à l’annonce, le 5 novembre, de la reconnaissance d’une « responsabilité institutionnelle » de l’Eglise par la Conférence des évêques de France (CEF). Cinq semaines plus tard, le doute s’est immiscé, au vu des réticences du Vatican à accepter les conclusions de la commission Sauvé, qui établit, pour la France, cette terrible réalité longtemps niée par l’Eglise.

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Le pape François, en annulant fin novembre l’audience qu’il devait accorder, le 9 décembre, à la demande des évêques français, à M. Sauvé et aux membres de la commission qu’il présidait, a jeté un froid. Le 6 novembre, devant des journalistes, il avait ensuite affirmé ne pas avoir lu le rapport Sauvé et mis en garde contre le « mélange des époques », critiquant implicitement le regard posé aujourd’hui sur des agissements anciens.

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En France même, huit membres de l’Académie catholique, un groupe d’intellectuels catholiques fondé en 2008, ont accusé les évêques français d’avoir endossé les conclusions du rapport fondées sur un nombre estimé de victimes qu’ils contestent. Une délégation de la Conférence des évêques de France a été reçue, lundi 13 décembre, par le pape pour faire le « point ». 

Une transparence difficile à accepter

Au Vatican, certains critiquent le recours des évêques français à une instance indépendante extérieure à l’Eglise et jugent inacceptable que la commission Sauvé se soit permis d’émettre des recommandations dans des domaines strictement internes comme le droit canon, pourtant notoirement insuffisant sur les abus sexuels. Pour une institution qui n’a cessé, au fil des siècles, de conforter son autorité en se protégeant de tous les autres pouvoirs, l’intervention de regards extérieurs, et la transparence qu’elle suppose, est décidément bien difficile à accepter.

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C’est pourtant précisément ce repli sur soi et cette prétention à la toute-puissance qui ont permis, pendant des décennies, que des enfants subissent des agressions sexuelles de la part de prêtres et de religieux dans le déni et le silence total de leur hiérarchie.

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La confrontation engagée entre les évêques de France et les forces les plus conservatrices de l’institution ecclésiale est un moment charnière pour l’Eglise. La courageuse décision de la CEF de reconnaître la « dimension systémique » des violences représente un grand pas en avant après de longs errements. Il ne faudrait pas qu’un travail de sape, à Rome ou en France, réduise la portée de cette avancée décisive.

Pour le pape, c’est le moment de vérité. Il serait incompréhensible que le constat dressé en France soit contesté, voire invalidé, par le Vatican. Pourquoi l’Eglise, dont le fonctionnement hiérarchique est uniforme, aurait-elle une « responsabilité institutionnelle » à propos des abus sexuels en France et pas ailleurs ?

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Les conséquences d’une telle reconnaissance universelle par le Vatican sont lourdes, y compris en matière d’indemnisation des victimes. Mais François, qui, depuis 2018, qualifie les scandales de pédocriminalité de « honte de l’Eglise », ne peut réitérer l’erreur qu’il a commise il y a quatre ans en traitant de « calomnies »les accusations des victimes d’un prêtre chilien, avant de reconnaître leur réalité.

En acceptant le douloureux constat des évêques de France, le pape gagnerait en crédibilité, non seulement pour lui-même, mais pour l’Eglise et son message de compassion à l’égard des victimes.

Le Monde

Violences sexuelles dans l’Eglise : les évêques français affirment que le pape soutient leurs décisions après le rapport Sauvé

Le président et les vice-présidents de la Conférence des évêques de France ont été reçus par le pape François, lundi 13 décembre, notamment pour évoquer les suites de l’enquête de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise. 

Par Cécile Chambraud

Publié hier à 03h39, mis à jour hier à 11h18  

Temps de Lecture 8 min. 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/12/14/violences-sexuelles-dans-l-eglise-les-eveques-francais-affirment-que-le-pape-soutient-leurs-decisions-apres-le-rapport-sauve_6105935_3224.html

Le pape François, en audience avec le président et les vice-présidents de la Conférence des évêques de France, au Vatican, le 13 décembre 2021.
Le pape François, en audience avec le président et les vice-présidents de la Conférence des évêques de France, au Vatican, le 13 décembre 2021. VATICAN MEDIA /AFP

Une nouvelle bataille est engagée au sommet de l’Eglise catholique autour de la question de la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs. Elle s’est enclenchée dès la publication en France, le 5 octobre, du terrible rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), qui a évalué à 216 000 le nombre de personnes aujourd’hui majeures ayant été agressées par un prêtre ou par un religieux depuis 1950, 330 000 si l’on ajoute à ces auteurs les laïcs en mission ecclésiale. Elle s’est avivée après les décisions prises, début novembre, par les évêques et les religieux français, qui ont reconnu une « responsabilité institutionnelle » dans la survenue des abus et une « dimension systémique », et qui ont mis sur pied un mécanisme de reconnaissance et de réparation pour les victimes

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Cette lutte oppose les partisans d’une action contre les violences sexuelles qui soit à la hauteur du constat dramatique de la commission présidée par Jean-Marc Sauvé et ceux qui accusent le diagnostic d’avoir été établi à charge et les remèdes d’être de nature à dévoyer l’Eglise. Elle agite, depuis quelques semaines, le catholicisme français comme le petit monde du Vatican. De quel côté penchera le pape François ?

C’est dans ce contexte que le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Eric de Moulins-Beaufort, et ses deux vice-présidents, Dominique Blanchet et Olivier Leborgne, ont été reçus pendant une heure quinze par le pontife à Rome, lundi 13 décembre. Comme tous les ans, ils venaient rendre compte de l’activité de l’épiscopat français et en particulier des décisions prises lors de son assemblée plénière de novembre. La rencontre a, cette fois, été largement consacrée au rapport de la Ciase et aux décisions prises à Lourdes (Hautes-Pyrénées) concernant la lutte contre les violences sexuelles sur mineurs et majeurs vulnérables.

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L’archevêque de Reims, qui a été un acteur essentiel pour convaincre certains évêques français réticents de voter les résolutions de novembre, s’est montré confiant dans le soutien de François à leur démarche. « Le Saint-Père nous a beaucoup encouragés et remerciés, a-t-il affirmé lors d’un point de presse à Rome, lundi. Il a souligné la dignité de notre attitude et de notre manière de prendre en compte le rapport de la Ciase. (…) Nous l’avons senti très concerné et très décidé à faire tout le travail nécessaire. » « Je n’ai personnellement jamais douté de [la]volonté [du pape] que l’Eglise sorte d’une attitude ambiguë sur ces affaires » d’abus sexuels, a-t-il ajouté.

Une précieuse communication directe avec le pape

Deux éléments avaient jeté le doute sur l’accueil réservé par le pape argentin au rapport de la Ciase. Le premier était la déprogrammation, par le Vatican, de l’audience qu’il devait accorder à ses membres le 9 décembre, sans que l’on sache s’il s’agissait d’un report ou d’une annulation pure et simple. Le projet de ce rendez-vous avait pris naissance en juin. La date avait ensuite été fixée mi-octobre, peu après la publication du rapport. Mgr de Moulins-Beaufort s’est dit optimiste dans la prochaine reprogrammation de cette audience : « Le pape est d’accord sur le principe, reste à déterminer la date », a-t-il dit, lundi.

Le second événement était le regard apparemment suspicieux posé par le pape sur le rapport de la Ciase lors d’une conférence de presse, le 6 décembre, dans l’avion qui le ramenait d’Athènes. Il reconnaissait ne pas l’avoir lu, mais il avait mis en garde contre le risque de plaquer sur une époque plus ancienne notre compréhension actuelle du problème des abus sexuels sur mineurs. « Une situation historique doit être interprétée avec l’herméneutique de l’époque, pas avec la nôtre », avait-il glissé.

Cette réponse avait été jugée de mauvais augure par les catholiques les plus attachés à des changements à la suite du rapport Sauvé. Là encore, Eric de Moulins-Beaufort a estimé avoir perçu l’intérêt favorable du pape. « Il s’est montré particulièrement intéressé » par la partie historique du rapport, notamment par « la manière dont l’Eglise a essayé de s’occuper des prêtres à problèmes, comme on disait », dans les années 1950-1970. Le président de la CEF a remis à François « une note écrite dans laquelle [il] lui di[t] ce qu[’ils ont] à dire sur le sujet ».

Cette communication directe avec le pape est précieuse, tant il est parfois compliqué de comprendre comment l’information circule, ou ne circule pas, à Rome, notamment entre une Eglise locale et le Saint-Siège. La déprogrammation de l’audience de la Ciase et le préjugé négatif du pape sur son rapport pouvaient laisser penser en effet que, deux mois après sa publication, seuls les jugements les plus négatifs étaient parvenus aux oreilles de François.

Dès après le 5 octobre, des critiques se sont exprimées dans certains cercles du Vatican. « Elles portaient sur les méthodes scientifiques utilisées par la commission pour dénombrer les victimes, mais elles mettaient aussi en question le fait d’avoir demandé des recommandations à une commission de ce type, extérieure à l’Eglise, résume un témoin romain de ces premiers contre-feux. Puis, après les décisions de l’épiscopat, certains se sont demandé si les évêques français n’en faisaient pas trop. »

Un contexte déjà dégradé

C’est dans ce contexte déjà dégradé qu’est parvenue à Rome l’analyse à charge contre le rapport Sauvé rédigée par huit personnalités membres de l’Académie catholique de France. Les auteurs parmi lesquels l’ancien sénateur Hugues Portelli, doyen de la faculté de sciences sociales et économiques de l’Institut catholique de Paris et président de l’Académie catholique, Jean-Robert Armogathe, directeur de la revue de théologie Communio, et le philosophe Pierre Manent y contestaient notamment l’évaluation de 330 000 personnes agressées sexuellement pendant leur minorité par un prêtre, un religieux ou un laïc en mission ecclésiale. « L’évaluation disproportionnée de ce fléau nourrit le discours sur son caractère systémique et fait le lit des propositions pour mettre à bas l’Eglise-institution », écrivaient-ils.

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Depuis cette initiative, que ses auteurs ont parée du nom de l’Académie catholique tout en affirmant ne pas agir en son nom, plusieurs membres en ont démissionné, parmi lesquels Eric de Moulins-Beaufort et Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieuses et religieux de France (Corref), la philosophe conservatrice Chantal Delsol ou encore l’ancien ministre Jean-François Mattéi.

Pourtant, tout le monde à Rome n’est pas aussi mal disposé envers la Ciase et les évêques français. C’est le cas en particulier d’Hans Zollner. , où il forme des acteurs ecclésiaux du monde entier aux questions de « dignité humaine et de soin des personnes vulnérables », parmi lesquelles figure la prévention des violences sexuelles. A ce titre, c’est une personnalité très écoutée du pontificat de François pour ces questions.

Interrogé lundi, le père Zollner défend de manière claire le choix d’une commission indépendante pour établir les faits, « condition sine qua non pour que les résultats soient crédibles »« Les évêques français ont fait ce qui pouvait être fait à ce moment-là. Et ils ont installé une référence. Déjà, les évêques portugais ont annoncé une commission indépendante à leur tour », se félicite-t-il. Il juge que les évêques français ont fait preuve de « courage » et sont « conscients de la dimension du mal commis, de leurs responsabilités et disposés à affronter les conséquences. Cet état d’esprit, je ne l’ai pas rencontré dans beaucoup de conférences épiscopales », ajoute-t-il.

Un problème non de méthode, mais d’explication

Avant même de rencontrer, jeudi, Nathalie Bajos, membre de la Ciase et responsable de l’enquête de l’Inserm, le père Zollner jugeait également que les méthodes d’enquête auxquelles a eu recours la Ciase « sont celles qui sont habituellement en vigueur dans d’autres recherches ». Si les estimations du nombre de victimes (les 330 000 et 216 000) ont effaré beaucoup de catholiques, explique-t-il, « c’est parce qu’il est hors catégorie par rapport aux chiffres produits par les commissions » qui ont travaillé antérieurement dans d’autres pays, la plupart du temps à partir des seules archives. « Mais ce chiffre n’est pas une surprise pour les experts », qui savent que « le dunkelfeld, le champ obscur, celui du nombre des victimes qui ne parlent pas, est évalué à au moins cinq fois – certains disent dix fois – celui des victimes connues », affirme ce professeur de psychologie. Selon lui, quand une commission allemande avait rendu compte, en 2018, de 3 700 victimes en soixante-dix ans, « un professeur allemand évoquait 100 000 victimes »

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L’universitaire attribue les doutes sur le travail de la Ciase à un problème non de méthode, mais d’explication. « Je n’ai pas lu de la part [de la commission] une explication publique très claire de la différence entre le nombre de prêtres [abuseurs] » trouvés à partir des archives et l’estimation du nombre de victimes issue de l’enquête en population générale, déplore-t-il. « Il aurait été nécessaire de l’expliquer plus clairement, car ainsi les gens qui ne sont pas familiers des différentes méthodes de calcul ne pourraient pas mettre en doute l’évaluation du nombre de victimes », ajoute Hans Zollner.

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En 2018, le pape François avait connu une embardée mémorable pour n’avoir pas perçu correctement la situation au Chili, où il avait défendu mordicus des évêques mis en cause par des victimes de violences sexuelles. Il lui avait fallu déployer par la suite des efforts considérables et prendre des décisions drastiques pour s’extirper de cette nasse dans laquelle l’avait entraîné, selon ses propres mots, un « manque d’information fiable et équilibrée ». Il est probable qu’il ne souhaite pas renouveler l’expérience sur la question des violences sexuelles, devenue depuis lors centrale dans son pontificat.L’estimation du nombre de victimes au cœur des critiques

L’une des principales critiques faites au rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique (Ciase) concerne l’estimation du nombre de victimes tirée par l’enquête en population générale (auprès d’un échantillon de 28 000 personnes) conduite par l’Inserm : 216 000 pour les seuls prêtres et religieux, 330 000 si l’on ajoute aux auteurs des laïcs en mission ecclésiale. Ces chiffres sont bien supérieurs à ceux trouvés par la plupart des commissions qui ont, avant la France, conduit leurs propres évaluations. La raison tient à la méthode employée : les commissions étrangères ont procédé non par une enquête en population générale, mais « par exploitation de questionnaires soumis aux institutions religieuses », par « exploration des archives institutionnelles » ou encore par « audition de victimes », relève l’analyse socio-historique conduite pour la Ciase par l’Ecole pratique des hautes études. A titre d’exemple aux Etats-Unis, l’étude du John Jay College a comptabilisé 15 736 victimes entre 1950 et 2010. D’autres commissions ont dénombré 3 677 victimes en Allemagne entre 1946 et 2014, 507 en Belgique entre 1960 et 2010, 4 444 en Australie entre 1980 et 2015.

Cécile Chambraud

Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones

Communique de presse- 13 décembre 2021

La CCBF amplifie la première étape de la démarche synodale de l’Église en facilitant concrètement la participation de tous, en lien avec les baptisés du monde, et approfondit le rapport entre sacralité et pouvoir.

Lors de son 4e Rendez-vous du 11 décembre 2021 sur le thème « Pas de synode sans tous les baptisés du monde : vers une nouvelle gouvernance de l’Eglise », la CCBF amplifie la contribution qu’elle a initiée dans son réseau à la démarche synodale en travaillant concrètement à dénouer la parole des baptisés de France avec tous les baptisés du monde. La situation de nombreuses Églises demande que ce synode soit particulièrement attentif aux préconisations des commissions d’enquêtes nationales dont la CIASE en France. L’Église est à la peine et doit impérativement sortir de la souveraineté sur les consciences et sur les corps.

Dans sa lettre ouverte aux évêques de France diffusée fin octobre 2021 avant l’ouverture de l’assemblée des évêques à Lourdes, la CCBF avait souligné le lien étroit et indissociable entre le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE – Commission Sauvé), les conditions de la préparation du synode sur la synodalité en France et le travail des évêques de l’Église universelle à Rome. De plus, elle énonçait une préconisation pragmatique et nécessaire pour esquisser un retour à la confiance : passer d’une culture cléricale de pouvoir exclusif (culture de l’entre soi et de l’auto-référencement) à une culture étendue de la synodalité « en disant non, de façon catégorique, à toute forme de cléricalisme » (Lettre du pape François au peuple de Dieu – 20 août 2018). Cela revient à affirmer que tous les baptisés sont légitimes pour faire émerger les sujets qui les préoccupent dans l’Église, en participant pleinement à la démarche synodale. Les exclure de la gouvernance, ce n’est pas honorer le baptême qu’ils ont reçu.

En pratique, la CCBF, qui promeut la participation de tous les baptisés en Église, a très vite élaboré et diffusé à tous ses adhérents et sympathisants un questionnaire, dérivé de celui proposé par le Vatican au mois de septembre 2021, et accessible à tous sur le site web https://baptises.fr/content/marcher-ensemble. La CCBF s’engage à rendre public et à diffuser au sein des différentes structures ecclésiales les fruits de cette démarche ouverte : aucune parole de baptisé ne sera perdue.

Lors du RDV n°4, nous sommes allés en Angleterre, en Irlande et en Australie pour entendre comment les baptisés y sont à l’œuvre dans des situations d’Église contrastées. Ceci dans la continuité de sessions antérieures qui ont mis en exergue l’Église d’Allemagne et de Belgique.

Par ailleurs, nous avons approfondi ensemble l’analyse du désordre systémique de l’Église catholique. Cela nous conduit à prendre position sur deux questions brûlantes :

  •  Comment dénouer le rapport entre sacralité et pouvoir, comment en finir avec la
    « figure sacrée » du prêtre, ce qui doit permettre de remettre les baptisés à la place qui leur revient, de libérer le meilleur des ressources du christianisme et de sortir d’un système qui génère des abus de toutes sortes ;
  •  Le rapport de la CIASE va-t-il assez loin ? Question d’autant plus pertinente que, pour en rester au statu quo, une contre-offensive s’organise contre le rapport de la CIASE et les avancées de la Conférence des évêques de France.Avec tous ceux qui rejoignent la Conférence des baptisé.e.s,nous œuvrons pour que des transformations de l’institution et des communautés renaissantes voient le jour, car ce qui nous habite est un désir puissant : que le christianisme puisse encore être entendu et reçu maintenant et dans la suite des générations.Pour la Conférence des baptisé.e.s, Paule Zellitch, présidente

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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