[Vidéo] Le silence assourdissant de centaines de personnels hospitaliers alsaciens
Partie des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, le vendredi 10 décembre , la minute de silence lancée par des médecins strasbourgeois « pour dénoncer la mort programmée de l’hôpital public », a trouvé un écho régional ce vendredi. Les hôpitaux de Colmar, Haguenau et Wissembourg ont rejoint le « mouvement ».Par Marie-Lise PERRIN, Véronique KOHLER, Eddie RABEYRIN et Cécile FELLMANN – Hier à 17:38 | mis à jour hier à 19:12 – Temps de lecture : 4 min

À Strasbourg, une semaine après les aides annoncées par le premier ministre pour les Hôpitaux universitaires de Strasbourg (Hus), notamment (lire par ailleurs), la mobilisation de la communauté hospitalière a un peu faibli à l’occasion de la deuxième minute de silence organisée ce vendredi à 14 h sur les parvis des principaux sites de l’établissement, pour « dénoncer la mort programmée de l’hôpital public ». Selon l’un des médecins à l’origine du mouvement, ils étaient 1200 ce vendredi (10 % des 12 000 salariés des Hus), contre 1600 une semaine auparavant. Pour lui, les annonces du ministre « ne changent rien dans l’absolu ». « C’est de la communication au rabais, estime-t-il. On peut jouer le jeu des chiffres, nous, on joue celui du principe de réalité. On peut investir dans les murs, on peut les rendre beaucoup plus blancs et beaucoup plus neufs, s’il n’y a pas de personnels dans l’hôpital, ça ne fonctionne pas, c’est un hôpital fantôme. » « Aujourd’hui, selon lui, l’urgence n’est pas de régler une problématique comptable, mais de régler la problématique de ressources humaines. »
« L’hôpital public se meurt, notre implication ne suffit plus »
Tête baissée pour la plupart, environ 300 soignants se sont recueillis dans le parc des Hôpitaux civils de Colmar ce vendredi. « On veut continuer à soigner nos patients, malgré l’épuisement, les fermetures de lits et le manque de personnels, mais nous n’y arrivons plus. L’hôpital public se meurt, notre implication ne suffit plus », a déclaré sur un ton grave le chef des urgences, Yannick Gottwalles , en préambule de la minute de silence. Avant de repartir auprès de leurs patients, les blouses vertes, bleues et blanches ont témoigné de leur lassitude face à ce « monde d’après, qui est le même que le monde d’avant en pire », avec une administration qui « donne l’impression de ne fonctionner que pour elle-même », résume Olivier Giet, docteur en soins palliatifs. « Pendant la première vague, on a vu que lorsqu’on laisse la main aux gens de terrain, on peut faire des choses belles et utiles. Mais aujourd’hui on est revenu à la case départ », détaille le praticien hospitalier qui souhaite une « réforme dans la répartition des moyens. On consacre beaucoup d’argent aux soins. Mais comment se fait-il que nos voisins arrivent à mieux avec autant ? Ça ne vient pas du personnel soignant, c’est tout le système de santé qui est à revoir ». La discordance entre le discours du ministère et ce qui est vécu sur le terrain ne passe plus. Yannick Gottwalles cite ces « 20 % de lits fermés à Strasbourg par manque de personnel, autant dans la région parisienne. Et aujourd’hui, le ministère de la Santé nous dit qu’il n’y a que 2 % de lits fermés en France ». Si ça va mal, c’est que « les politiques ne se posent pas les bonnes questions », résume Yvette, infirmière en endoscopie dont deux collègues sont parties prêter main-forte à la réanimation.
« Il n’y a plus de prise en charge correcte des patients possible »
■ Au Centre hospitalier de Haguenau aussi, une part importante des plus de 2000 salariés de l’établissement s’est réunie devant l’entrée de l’établissement en début d’après-midi. Une source sur place parle de 300 à 400 personnes. En préambule, un cours texte a été lu en chœur par les personnes rassemblées, pour faire état du manque de moyens et de personnel. « On en arrive au bout du bout, alarme Jérôme Schlegel, le responsable du service des urgences. L’épuisement a été attisé par la crise du Covid. Il n’y a plus de prise en charge correcte des patients possible : il manque de lits de réanimation et l’unité Covid est pleine. On ne peut pas en ouvrir davantage par manque de personnels. »

■ Au Centre hospitalier intercommunal de la Lauter à Wissembourg , une centaine d’agents s’est retrouvée devant le hall d’entrée de la structure, dont l’effectif frôle les 800 salariés. Ici, comme ailleurs en Alsace, la mobilisation a concerné tous les services (de soins, administratifs, techniques). « En passant jeudi dans les services pour diffuser l’information, nous avons eu l’impression que l’ensemble des agents étaient contents qu’on prenne cette initiative, qu’on parle de leur épuisement, partage le docteur Claudine Remakel, responsable du Smur de Wissembourg et en charge de la coopération transfrontalière. Il existe une forte volonté de faire avancer l’hôpital public en ayant les moyens matériels et humains nécessaires. À Wissembourg, la situation est tout aussi précaire que dans d’autres hôpitaux. En tant que petite structure, la communauté est très soudée et se serre les coudes, on lutte pour le maintien des structures. Mais l’absence d’un agent peut aussi faire basculer un service vers l’ouverture ou la fermeture. »T
Hôpitaux de Haguenau et de Wissembourg: une minute de silence impressionnate pour « la mort annoncée de l’hôpital »
Au même titre que dans les hôpitaux de Strasbourg et Colmar, les personnels de ceux de Haguenau et de Wissembourg se sont rassemblés devant leurs établissements respectifs ce vendredi pour un temps de recueillement. Une manière d’alerter quant au manque de moyens qui place l’hôpital au bord de la rupture.
Par E.R et V.K – Hier à 17:00 – Temps de lecture : 2 min | | Vu 3746 fois

L’action a été brève mais très suivie : à 14 heures, une bonne partie du personnel du centre hospitalier de Haguenau s’est réunie devant l’entrée pour observer une minute de silence « pour la mort…(Suite abonné)
https://www.dna.fr/sante/2021/12/17/une-minute-de-silence-pour-la-mort-annoncee-de-l-hopital
Senlis urgences fermées (13 Décembre 2021)
Les urgences de l’hôpital du Bailleul ferment tous les soirs pendant deux semaines
Lundi 13 décembre 2021 à 16:01 – Par Raphaël Cann, France Bleu MaineLe Bailleul

A partir de ce lundi, le service des urgences sera fermé tous les soirs pendant deux semaines à l’hôpital du Bailleul. Ce sera également le cas en journée, ce mardi et ce vendredi.
C’est un problème récurrent au Pôle Santé Sarthe et Loir, l’hôpital du Bailleul : faute de personnel, le service des urgences doit fermer ponctuellement. A partir de ce lundi 13 décembre, ce sera le cas tous les soirs de 20h30 à 8h30 le lendemain jusqu’au lundi 27 décembre. Ce sera aussi le cas en journée ce mardi et ce vendredi.
Les urgences obstétricales et pédiatriques restent en revanche ouvertes. Durant ces périodes, un infirmier et un aide6soignant seront sur place pour réorienter les patients qui se présenteraient. Une permanence de soins ambulatoires est également accessible au 116 117, de 8h à minuit, pour avoir les conseils d’un médecin de garde. En cas d’urgence, il faut contacter avant tout le SAMU via le 15.
Hôpital d’Altkirch : les urgences ferment à 20 h à partir de lundi 20 décembre
Par L’Alsace – Aujourd’hui à 12:24 | mis à jour aujourd’hui à 12:26 – Temps de lecture : 2 min | | Vu 1070 fois

Le GHRMSA (Groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud Alsace) adapte temporairement l’organisation de son service des urgences à l’hôpital d’Altkirch à partir du lundi 20 décembre. Après échange avec les acteurs locaux et en accord avec l’ARS Grand Est, soucieux de garantir la qualité et la sécurité des soins pour la population du Sud-Alsace, le GHRMSA met en place une organisation temporaire de l’accueil des urgences à partir du lundi 20 décembre. Confronté à une pénurie de médecins urgentistes, l’hôpital d’Altkirch a déjà été ponctuellement amené à fermer son service d’accueil des urgences ; les tensions en ressources humaines auxquelles l’établissement de santé est actuellement confronté accroissent les difficultés à assurer une présence médicale H24 et 7/7jours en particulier sur les périodes de congés.
Admissions jusqu’à 20 heures
À compter du lundi 20 décembre, le service d’accueil des urgences de l’hôpital d’Altkirch fonctionnera tous les jours de la semaine, week-ends et jours fériés inclus de 8 h 30 à 21 h 30 (admission jusqu’à 20 heures). La prise en charge des patients pendant cette période sera assurée par un médecin urgentiste et une équipe paramédicale. À partir de 20 h et jusqu’à 8 h 30, en cas d’urgence médicale, les patients devront appeler le SAMU en composant le 15. Les médecins régulateurs évalueront la situation et orienteront alors les patients vers les services de soins adaptés. Le GHRMSA et le service d’accueil des urgences de l’hôpital d’Altkirch recommandent de manière générale aux usagers de composer le 15 avant de se rendre aux urgences. Les équipes médicales du Centre 15 du SAMU 68 restent le pivot dans l’organisation des soins d’urgences dans le département.
Le service des urgences de l’hôpital d’Altkirch reprendra son fonctionnement normal dès que possible.
«Doctolib est devenu un piège»: une crise «jamais vue» aux urgences du CHU de Lille
Ce n’est plus un cri d’alerte mais le constat « d’une crise profonde, intense et jamais vue » que dressent les responsables des urgences du CHU de Lille. Le service, au bord de l’asphyxie, est devenu l’entonnoir d’une médecine de ville en pleine mutation. « Nous payons la déliquescence de notre système de santé », résume Patrick Goldstein, chef de pôle.
Patrick Seghi | Publié le 13/12/2021 mis à jour à 10h252k partages Partager Twitter
De jeunes praticiens en pleurs dans les couloirs, rageant de ne pouvoir exercer leur métier dans de bonnes conditions, qui menacent de partir. Des infirmières sous pression, des aides-soignantes rincées, des brancardiers dont les bras leur en tombent… Le tout représentant la « traduction visible d’un système de santé qui ne va pas bien », selon Patrick Goldstein, chef de pôle des…