RN 88 : le grand contournement plus possible aujourd’hui ?
Le contournement n’en finit pas de faire débat. DDM, MPV.
Politique, TarnPublié le 27/11/2021 à 05:14
l’essentiel
Le sujet a été abordé par les habitants à chaque réunion de quartier. Pour la maire, il est urgent d’agir mais selon elle, un des trois scénarios n’est plus réalisable aujourd’hui. Point sur la situation.
Pas une réunion de quartier sans que le sujet ne revienne sur le devant la scène. La RN88 semble occupée l’esprit de la majorité des Albigeois, quelque peu inquiets à l’idée d’avoir un jour une autoroute transeuropéenne à leur porte.
Cette inquiétude, la maire d’Albi, Stéphanie Guiraud-Chaumeil l’a bien mesurée. Ainsi, elle ne s’est pas dérobée et même si elle refuse de donner sa préférence pour un des scénarios, elle a bien expliqué qu’un des trois n’était plus possible aujourd’hui. Celui du grand contournement.
« Bien sûr sur le papier, c’est la seule solution », a-t-elle admis. Mais ce qui était possible il y a 20 ans (en 2001, l’Etat a acté cette solution), ne l’est plus aujourd’hui selon elle. Première raison : il n’y a plus d’emplacement réservé dans le PLUI. « Quand nous avons établi notre PLUI, l’Etat n’a pas souhaité en conserver », commente-t-elle. Donc, pour réaliser ce contournement, il faudrait exproprier. Soit des années de procédures.
Deuxième difficulté : les différentes lois liées à la protection des berges, de l’eau, l’artificialisation des terres, la présence du château de Castelnau… Enfin dernière raison, le coût. Ce scénario avait été chiffré à 150 M€ en 2000. Aujourd’hui, la somme doit avoir bien grimpé. Et clairement pour la maire d’Albi, l’Etat n’a pas les capacités financières d’engager une telle somme.
Reste donc les deux autres scénarios. Sur la plaine du Go, lors de la constitution du PLUI, l’Etat a maintenu les emplacements réservés. Néanmoins, lors de la vente de plusieurs parcelles, il n’a pas souhaité acheter les terres. Mais ce scénario reste encore réalisable.
Et depuis peu un troisième est apparu. Rester sur le tronçon actuel en réglant par un pont le problème de l’Arquipeyre. Un scénario qui doit être plus en adéquation avec la capacité financière de l’Etat pour la maire. « Ils se disent qu’il n’y aura peut-être pas tant de voitures et de camions qui emprunteront cet itinéraire. Et donc que cela pourra peut-être résoudre notre problème », note Stéphanie Guiraud-Chaumeil.
Une idée qui fait quelque peu tousser la maire. « S’ils veulent faire ça, pourquoi réaliser actuellement des travaux qui coûtent si cher ». En effet, en ce moment se déroulent les travaux de la première phase de sécurisation de la RN88 au niveau de Lescure. Un chantier au long cours. « D’après les projections de l’Etat, quand les travaux seront terminés, la route sera déjà bloquée par le trafic », regrette la maire.
Comme les habitants, elle acte que « la situation évolue en notre défaveur » et qu’il est « très urgent de trouver une solution ». Mais elle refuse de faire un chèque en blanc à l’Etat. L’Agglo doit payer une partie des travaux. 37, 75 % pour le doublement de la rocade, soit la bagatelle de 47, 5 M€. « Qui aujourd’hui peut dire quel scénario est réalisable et combien il coûte ? », demande la maire. Pour elle, l’Etat, qui est le gestionnaire de la RN88, doit faire chiffrer et évaluer la faisabilité de chacun des scénarios. « Qu’il nous dise ce qui est faisable et nous choisirons ».
Mais pour Stéphanie Guiraud-Chaumeil, tout cela procède d’une stratégie. « L’État n’a pas les moyens de financer le projet alors il gagne du temps ». Et face à la division des élus, la maire ne mâche pas ses mots : « Nous sommes les rois des imbéciles. Nous sommes en train de perdre du temps et on va le regretter après ».
Elle conclura néanmoins en se demandant pourquoi leurs prédécesseurs n’ont pas anticipé le problème quand ils en avaient les moyens. « Pourquoi monsieur Foissac ne l’a pas fait quand il était aux affaires. Il me semble que le ministre était proche de ses idées », lance-t-elle en réponse à l’élu communiste qui l’a interpellé il y a peu dans nos colonnes. « Maintenant, c’est à nous de régler le problème mais on ne peut pas le faire comme il y a 20 ans en arrière ».
Roland Foissac : « RN88 : l’Etat a acté la solution en 2001 »
Dans les dossiers de Roland Foissac sont archivés les bilans de la concertation d’il y a 20 ans. DDM, Emilie Cayre.
Politique, TarnPublié le 24/11/2021 à 05:10
l’essentiel
L’ancien conseiller général communiste appelle Stéphanie Guiraud-Chaumeil et Christophe Ramond à prendre leurs responsabilités. Et rappelle que le dossier a été tranché en 2001.
« Ce dossier est traité de manière irresponsable par les acteurs politiques. Si on ne redresse pas la barre, le grand albigeois, dans 15 ans, va connaître des difficultés insurmontables ». Roland Foissac ne décolère pas. Les propos de la maire d’Albi sur le dossier de la RN88 lors du dernier conseil municipal l’ont plus qu’agacé.
Celui qui a été conseiller général (1998-2015) du canton où passe le tracé du contournement ouest tient à prendre la parole. Pour rappeler, que contrairement à tout ce qu’on entend, la solution a été actée par l’Etat. C’était en 2001 après une grande consultation sur le terrain. « Il n’y a jamais eu une concertation aussi large. Elle a duré 18 mois ».
Dans une lettre datée du 12 février 2001, le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot rendait son verdict. « La déviation de Lescure-d’Albigeois dont la réalisation n’est pas retenue par l’Etat sera retirée des plans d’occupation des sols ». Pour l’Etat, « le contournement nord-ouest est intégré à la section Toulouse-Sévérac-le-Chateau de la RN88 et recevra le statut de route express. La rocade d’Albi qui n’assurera pas la continuité de cet itinéraire restera classée en déviation d’agglomération. Le programme dans lequel s’intègre le contournement Nord-Ouest d’Albi est constitué par la section de la RN88 comprise entre Toulouse et Sévérac-le-Chateau ». « Jamais depuis l’Etat n’est revenu sur cette position », assure l’ancien élu.
Ce dernier rappelle également qu’à l’époque la ville d’Albi avait statué. Lors du conseil du 29 mai 2000, la ville avait pris position. On peut lire dans cette délibération : « Oui au grand contournement nord en le positionnant à la limite de l’agglomération pour assurer la continuité du trafic autoroutier. Non à la bretelle de Lescure en tant qu’elle représente un risque de continuité du réseau autoroutier national ». Puis dans la foulée, la ville expliquait dans un numéro d’Albi mag le projet de grand contournement nord qu’elle souhaite de ses vœux. Roland Foissac ne comprend donc pas l’attitude actuelle de la maire d’Albi, la ville ayant pris par le passé une position ferme. « Pourquoi inventer une 3e hypothèse farfelue ? »
Sauf que tout ça c’était il y a 20 ans. Et que depuis, personne ne s’est trop battu pour faire aboutir le projet. Résultat, le trafic a été multiplié et Albi se retrouve avec une rocade qui risque de servir un jour d’autoroute. « Aucun autre contournement ne permet d’éviter la rocade. Il faut arrêter et redevenir sérieux. Il est temps de tout mettre à plat. La maire de Lescure a fait délibérer son conseil, les autres doivent suivre ». Roland Foissac invite donc Stéphanie Guiraud-Chaumeil et Christophe Ramond à prendre leurs responsabilités.
Contournement d’Albi : l’asso Sécurité RN 88 en colère
Malgré les sommations des riverains, l’attente risque de perdurer. DDM, MPV
Circulation – Déplacements, AlbiPublié le 14/11/2021 à 05:12
https://www.ladepeche.fr/2021/11/14/contournement-dalbi-lasso-securite-rn-88-en-colere-9926568.php
l’essentiel
L’association Sécurité RN 88 qui était depuis longtemps en état d’hibernation, est sortie de son long sommeil. La raison? L’évocation d’un 3e scénario pour contourner Albi.
Au sujet du contournement autoroutier d’Albi, en 2009 déjà, l’ancien maire Philippe Bonnecarrère murmurait, désabusé après des dizaines d’années d’atermoiements : « il ne faut pas se bercer d’illusions ». Douze ans plus tard, on y est toujours, et l’éternelle question ne cesse de diviser dans l’agglomération albigeoise.
À l’occasion d’une réunion des quartiers du Breuil, de La Madeleine et de Cantepau, la maire Stéphanie Guiraud-Chaumeil a été de nouveau interrogée par les habitants sur la traversée d’Albi par la RN88 et des désagréments engendrés au nord de la ville, en termes de circulation et de pollution, au niveau du goulot d’étranglement en direction de Lescure-d’Albigeois. Les réponses apportées par l’édile au cours de ce rendez-vous avec les Albigeois, et que nous rapportions alors (lire notre édition du 23 octobre), n’ont pas manqué de réveiller et d’énerver l’association Sécurité RN 88. La raison de cette colère ? L’évocation d’un troisième scénario pour résoudre enfin la question du contournement de la ville. Ce troisième scénario prévoirait « le maintien de la RN 88 sur son passage actuel avec la réalisation d’un pont de voirie communale au dessus ou au-dessous de la RN88 en lieu et place du rond-point de l’Arquipeyre », s’étonne l’association. « Ce scénario, loin de répondre aux nombreuses problématiques, acterait définitivement l’abandon d’un contournement dans notre agglomération », s’agace encore les membres de Sécurité RN 88.
50 000 véhicules par jour
Pour rappel, deux scénarios étaient jusqu’ici évoqués. La Bretelle de Lescure qui avait fait l’objet d’études détaillées ; et un grand contournement Nord-Ouest qui n’a jamais fait l’objet d’études complètes. Alors, pourquoi mettre sur la table une hypothétique troisième solution ? « L’Association Sécurité RN 88 est fermement opposée à un 3ème scénario, qui loin de répondre à l’intérêt général, ferait fi de l’environnement humain et des aspects techniques, voire géologiques engendrés par un tel ouvrage », fustige encore l’asso.
Chaque jour, ce sont plus de 50000 véhicules qui empruntent cet axe, voitures comme poids lourds. « Coûteux, peu efficace, dangereux voire mortel pour l’environnement humain, ce 3e scénario n’apporte aucune réponse pérenne ! Arrêtons les pansements sur une jambe de bois ! Battons-nous tous, usagers, élus locaux, régionaux et nationaux, pour bénéficier d’un véritable « plan de relance » nous accordant des fonds à la hauteur de la situation. »
Après plusieurs décennies de promesses autour d’un contournement de la ville, la solution est loin d’être encore trouvée. L’association Sécurité RN 88 fondée en 1994, n’est pas près de se remettre en sommeil.
RN88 : la préfète attend la décision de l’Agglo
L’objectif est d’arriver à fluidifier le trafic. DDM, archives.
Circulation – Déplacements, Tarn Publié le 03/12/2021 à 05:14
l’essentielCatherine Ferrier, la préfète du Tarn, veut faire mener une étude sur les flux urbains. Objectif : voir si on peut les séparer du long cours à avoir à réaliser la déviation de Lescure.
« Il faut être intelligent ensemble. L’État cofinancera l’étude par solidarité. Cela peut être très rapide. Mais il nous faut un maître d’ouvrage ». La préfète du Tarn attend désormais la réponse de la présidente de l’Agglomération.
L’étude en question porte sur les usages urbains de la RN88. Objectif : voir comment on peut séparer le trafic urbain du trafic au long cours. Pour Catherine Ferrier, le grand contournement est impossible aujourd’hui. Et il faut éviter si possible « de porter atteinte aux administrés de Lescure ».
Face aux dernières déclarations de la maire d’Albi lors de réunions publiques sur une 3e solution, la préfète a accepté de faire le point sur le dossier de la RN88. Actuellement, des travaux de sécurisation et de fluidification sont en cours sur le tronçon au niveau de l’Arquipeyre. Des travaux au coût beaucoup plus élevé que prévu initialement. « Malgré le surcoût significatif, nous avons décidé qu’il fallait les faire », rappelle la préfète qui insiste sur le fait que le conseil départemental et l’Agglo sont cofinanceurs.
Seul problème, toutes les études montrent que ces travaux ne régleront le problème que de façon provisoire. Dans 5-10 ans, il y aura un nouveau problème de fluidification du trafic.
Aujourd’hui, selon les services de l’Etat, les bouchons ne sont pas liés au trafic au long cours mais au trafic urbain. Une situation qui s’est accentuée avec la concentration de commerces aux abords de la voie. La RN88 est devenue un périphérique alors que c’est « une route de grand transit qui relie Lyon à Toulouse ».
« La question, c’est qu’est-ce qu’on fait pour la phase II ? », souligne la représentante de l’Etat qui assure n’avoir aucun dogme en la matière.
C’est pour cette raison qu’elle a proposé une nouvelle étude sur les usages urbains. Une étude nécessaire pour concevoir différemment la phase II qui aurait pour objectif de fluidifier durablement le trafic. « L’étude peut être rapide et très courte. Il faut que chacun y mette un bon sens », affirme-t-elle.
Cette étude permettra de savoir si on peut séparer les flux et ainsi rester sur le même tronçon. Ou s’il faut en passer par une déviation.
Mais si déviation il faut, ce ne sera pas un grand contournement. Pour la préfète cette solution est irréaliste. Impact écologique trop important, délais juridiques trop long… « Il est sage de ne pas faire miroiter le grand contournement, c’est une hypothèse scabreuse », assure-t-elle.
Reste dans ce cas Lescure. « Cela peut paraître une évidence. Mais peut-être peut-on éviter Lescure ? », insiste-t-elle. Mais ça, c’est l’étude qui le dira.
En attendant, Catherine Ferrier comprend l’impatience des habitants. Dans l’immédiat, l’Etat n’a pas de solution, mais contrairement à ce qui peut se dire ici et là, il y travaille.
Commentaires Dr Jean SCHEFFER:
Quand j’ai proposé mon pacte écologique pour l’Albigeois en 2007, tous les politiques étaient d’accord pour définir rapidement le fuseau du Grand contournement Nord-Ouest, pour préempter les terrains, et seul Mr Bonnecarrère avait refusé le seul élu à ne pas signer le pacte tout en étant pour le grand contournement.
On assiste donc à un reniement de la Mairie d’Albi et de l’Etat sur le seul principe du manque de financement. Il faut rappeler à Mme Guiraud-Chaumeil que ce sont ses amis politiques qui ont privatisé les autoroutes, nous privant de 3 milliards d’€ par an, qui nous manquent cruellement.
Par ailleurs, j’ai été le premier à proposer un auto pont au-dessus de l’Arquipeyre, mais uniquement pour améliorer transitoirement le flux de circulation et non pas pour être une solution définitive à la traversée d’Albi pour la RN 88. Cela donnerait un peu de temps, mais pas trop afin de trouver un consensus et un financement pour la solution retenue. En aucun cas il est envisageable de retenir le maintien de la rocade actuelle ou la bretelle de Lescure. Ces deux solutions qui maintiennent l’autoroute Lyon Toulouse dans Albi, entraineront une pollution de l’air totalement incompatible avec les nouvelles normes européennes concernant les particules et les NOX.
