| 2021 : l’année des paradoxes L’année 2021 qui s’achève aura vraiment été l’année des paradoxes :avec un vaccin qui protège et un virus toujours très – trop ! – présentplaçant la médecine générale sous les feux de l’actualité mais laissant notre profession désabusée et en colèremarquée par une victoire électorale pour MG France mais aussi par un PLFSS qui déshabille les médecins généralistesà cause d’une crise de l’accès aux soins qui pose un véritable défi à notre profession. Crise sanitaire : ce n’est pas fini ! La crise sanitaire a été un impitoyable révélateur des faiblesses structurelles de notre profession. Alors qu’il s’agit de la plus grave crise de santé publique à laquelle a été confrontée notre pays depuis le sida, et malgré les louables efforts d’un grand nombre nombre de médecins généralistes, notre profession a eu beaucoup de mal à tenir sa place dans la lutte contre la pandémie. Qu’on en juge ! Vaccinations : 60% dans les centres contre 40% en ville. 63% des vaccinations sont réalisées dans les pharmacies quand 25% sont effectuées dans les cabinets médicaux. Sans parler des tests antigéniques devenus le quasi monopole des pharmacies. La raison de cet échec relatif ? La faiblesse chronique de l’équipement de nos cabinets ! Un demi équivalent temps plein pour venir épauler le médecin généraliste français alors que ses voisins européens bénéficient de deux personnes pour les assister dans leurs tâches administratives et soignantes. La lutte était trop inégale pour être gagnée face à des pharmacies équipées et disposant de préparateurs et d’assistants. Reprendre une place de premier plan en matière de santé publique ne se fera pas sans moyens. Malgré une belle victoire électorale, un bilan forcément mitigé Cette victoire, c’est celle de nos syndicats départementaux, c’est le résultat de notre implantation territoriale et de notre audience sur le terrain. De nos adhérents plus nombreux que ceux des autres syndicats. En raison de la forte abstention, c’est celle de notre mobilisation. C’est aussi le résultat de notre présence auprès des médecins : communication, formations, webinaires. Cette victoire, c’est votre victoire ! Un grand merci à vous toutes et tous ! Cette victoire change la donne, je l’ai dit. Deux syndicats mono catégoriels dominent désormais et pour 5 ans le paysage syndical. Cette situation inédite sonne le glas du syndicalisme pluri catégoriel du passé. Je l’ai dit au président de la CSMF comme au directeur de l’Assurance Maladie. Nous avons entamé un dialogue que nous voulons constructif avec les syndicats verticaux réunis au sein d’Avenir Spé. Les relations entre premier et second recours, entre médecin traitant et médecin correspondant sont un vaste chantier que nous entendons conduire dans la perspective de la convention 2023, en développant une vraie télé-expertise et en priorisant l’accès au second recours pour les patients qui le nécessitent. Ensemble nous allons construire une convention équilibrée, et orientée vers la recherche de l’équité entre spécialités, facilitée par l’existence d’une convention unique pour tous les médecins. N’oublions pas pour autant de tirer les leçons de l’abstention massive qui a marqué ces élections professionnelles. MG France, premier syndicat des médecins généralistes, a le devoir d’aller à la rencontre des indifférents et des indécis. Notre projet syndical s’adresse à la totalité de notre profession, il reflète ses aspirations et ses revendications, il s’appuie sur le rapport de forces qu’elle est en capacité de créer. Nous ferons tout à l’heure des propositions pour rassembler nos forces afin de transformer nos conditions d’exercice. |
La crise de l’accès aux soins est un défi pour la médecine générale
Quelques mois après notre victoire électorale d’avril, les débats parlementaires ont une nouvelle fois été difficiles pour les syndicats médicaux confrontés aux initiatives du gouvernement et des parlementaires prétextant la crise démographique pour confier nos missions à d’autres professions. Accès direct aux orthophonistes et aux kinés, primo prescription par les infirmières de pratique avancée, nouvelles missions confiées aux pharmaciens : la médecine générale serait-elle devenue l’homme malade du système de santé et la proie des professions en expansion ? Notre difficulté à garantir à la population l’accès à un médecin traitant rend difficile la défense de nos missions.
En vingt ans, la densité des généralistes est passée de 91 à 78 par 100 000 habitants. Un médecin généraliste français à une patientèle de moins de 1 000 patients quand nos confrères étrangers en ont parfois 2 à 3 000. Sommes-nous moins capables qu’eux ? Evidemment non, mais nous manquons cruellement de bras pour nous aider et de locaux pour les accueillir. La médecine générale libérale est sous équipée et sous dotée. Le système de santé français marche sur sa tête. Les généralistes français ne bénéficient pas de l’environnement professionnel qui leur permettra d’aller de l’avant et de répondre aux besoins de santé de la population. Les équipes de soins primaires améliorent la prise en charge des patients complexes, renforcent la qualité du suivi des malades, mais ne dégagent pas de temps médical supplémentaire pour les généralistes.
- Garantir l’accès aux soins, c’est d’abord soutenir les médecins traitants en exercice plutôt qu’imposer des contraintes aux jeunes médecins généralistes : un assistant médical pour chaque médecin traitant.
- Garantir l’accès aux soins, c’est construire l’accès aux soins sur les territoires dans un espace de concertation entre professionnels de santé et élus locaux (CPTS)
- Garantir l’accès aux soins, c’est mettre en place dans la convention 2023 un modèle économique incitant les médecins généralistes à être médecins traitants grâce à une équipe de collaborateurs (assistants et IPA), redonnant ainsi toute son attractivité à notre métier
Garantir l’accès aux soins, c’est permettre l’accès de tous aux soins primaires grâce à la disparition du ticket modérateur !
| Nous devons faire évoluer notre modèle économique En 2021 nous disposions pour l’avenant 9 d’une enveloppe financière limitée dans l’attente de la nouvelle convention reportée après les élections nationales. Conformément à nos engagements électoraux, nous avons choisi de privilégier le maintien à domicile des personnes âgées dépendantes, qui est une priorité en matière de santé publique. C’était aussi une urgence pour les médecins généralistes dont la visite est scandaleusement sous évaluée. Cet engagement a été tenu. MG France souhaite faire de la prochaine convention un moteur du changement. Ce n’est pas à la loi, ce n’est pas au PLFSS ou aux lois de santé d’organiser les rapports entre les professions de santé. Des accords conventionnels entre professions de santé doivent être recherchés afin de faciliter le travail en cohérence et en synergie. Nous y travaillons déjà, aujourd’hui avec les pharmaciens, demain avec les infirmières. Ce ne sera pas facile, car les intérêts de nos professions ne sont pas toujours convergents mais le dialogue et la négociation sont les seules voies possibles. Demain nous devrons faire bouger le curseur entre actes et forfaits, de manière à inciter plus qu’aujourd’hui le médecin traitant à pouvoir prendre en charge plus de patients comme médecin traitant, sans augmenter son temps de travail, tout en gagnant mieux sa vie. Demain nous devrons aussi élargir l’accès à un assistant par médecin à tous ceux qui le souhaitent, sans que le local ou les contreparties attendues ne soient un obstacle. Exiger des salariés pour les médecins plutôt que de salarier les médecins ! Ce nouveau modèle économique est notre réponse à la crise de l’accès aux soins. Il doit rendre notre exercice médical à nouveau attractif et motivant. |
| La campagne électorale, une opportunité pour MG France Dans quelques mois la France aura renouvelé ses dirigeants et ses parlementaires. Souhaitons que les extrêmes nous soient épargnées ! Avec la crise sanitaire, la santé est au coeur des préoccupations des Français et des programmes des candidats. Ces derniers ne sont pas les derniers à formuler des propositions pour résoudre la crise démographique ou réformer la santé. Notre syndicat a l’occasion de se faire entendre et de réclamer l’investissement sur les soins primaires qui fait tant défaut à notre pays. C’est en nous appuyant sur nos patients que nous ferons pression sur les futurs élus, en réclamant des moyens pour la médecine générale pour répondre à leurs besoins. Nous ferons donc, dès cette fin d’année, des propositions précises aux candidats, sur la base des travaux menés ces dernières semaines par le comité directeur. Notre Assemblée Générale va aussi y contribuer ! Nous proposerons des moyens d’action pour nous faire entendre, sans rien nous interdire selon l’évolution de la situation. Le colloque d’hier et le congrès de Dijon sont des temps forts de cette mobilisation pour notre métier et pour l’accès aux soins. MG France, un syndicat en ordre de marche Ne nous y trompons pas, c’est le dos au mur que nous menons le combat pour la survie de la médecine générale ! Dérégulation, délégations de tâches, télé médecine délocalisée sont quelques-uns des signes visibles de la bataille en cours. Elle est sans merci, elle est difficile et sans relâche. Elle mobilise le bureau de votre syndicat 7 jours sur 7 ! Fort de sa victoire électorale, fort de son audience et de sa place dans le paysage syndical et institutionnel, et fort surtout de ses adhérents et de leurs réalisations, MG France est en ordre de marche. Notre syndicat a su se renouveler et se transformer. Nous sommes force de propositions et nous créons un rapport de forces. Merci à chacune et chacun d’entre vous pour le chemin déjà accompli. Merci au bureau de notre syndicat qui n’a pas ménagé sa peine, à MG Form toujours dans l’action, au personnel du siège et à notre directeur général qui en garantit le bon fonctionnement. Merci à tous pour ce que nous gagnerons pour notre profession et pour la population ! Jacques Battistoni |
