C’est le « variant qu’on craignait » : le Pr Delfraissy inquiet de la percée d’Omicron
Par Sandy Bonin le 02-12-2021

Invité de BFMTV et RMC ce jeudi 2 décembre, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, s’est inquiété de la percée d’Omicron. Selon lui, ce nouveau variant devrait « prolonger l’épidémie » de Covid en Europe.
« On devrait progressivement voir ce variant changer et prendre le dessus sur le variant Delta », a prédit le président du Conseil scientifique. Selon lui, le variant Omicron va« mettre un certain temps avant de s’installer en France et en Europe ». Avec les experts du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy estime cette installation au « début de l’année 2022 ou fin janvier 2022 ».
Deux premiers cas de variant Omicron ont par ailleurs été confirmés en métropole chez un homme résidant en Ile-de-France, dépisté à son retour d’un voyage au Nigeria, et une femme de 50 ans résidant dans le Haut-Rhin, testée positive après un voyage en Afrique du Sud, ont annoncé jeudi les agences régionales de santé. L’homme revenant d’Afrique, non vacciné, ne présentait pas de symptômes au moment du test. Sa femme, qui l’accompagnait durant ce voyage et était également non vaccinée, a elle aussi été testée positive et un séquençage est en cours pour vérifier qu’il s’agit du variant Omicron. Le deuxième cas confirmé, la quinquagénaire du Haut-Rhin, avait quant à elle un schéma vaccinal complet. Que sait-on actuellement du variant Omicron? Les réponses du Conseil scientifique
Si Jean-François Delfraissy estime que la longue installation du variant Omicron « nous laisse le temps de nous préparer », il pense toutefois que ce variant devrait « prolonger l’épidémie ».
Le Pr Delfraissy a d’ailleurs indiqué qu’il s’agissait du « variant qu’on craignait ». « C’est le variant qui a des mutations dans la protéine Spike qui sert à accrocher le virus à son récepteur, et c’est la zone du virus contre laquelle sont dirigés les vaccins », a détaillé le médecin, assurant qu’il y avait « 30 mutations dans cette protéine Spike, ce qui est beaucoup ».
« Le variant Omicron est celui que l’on redoutait, qui a plus 30 mutations. C’est considérable ».
Jean-François Delfraissy invité de #BourdinDirect pic.twitter.com/mqAHci1quk
— RMC (@RMCinfo) December 2, 2021
[Avec ladepeche.fr et AFP]
Omicron va prolonger l’épidémie de Covid-19 : « C’est le variant que l’on craignait » assure Jean-François Delfraissy
Jean-François Delfraissy a d’ailleurs indiqué qu’il s’agissait du « variant qu’on craignait ». AFP
Variant Omicron, France – Monde
Publié le 02/12/2021 à 09:27 , mis à jour à 10:41
l’essentielInvité de BFMTV et RMC ce jeudi 1er décembre, le médecin à la tête du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a assuré que le variant Omicron va prolonger l’épidémie en Europe. « On devrait progressivement voir ce variant changer et prendre le dessus sur le variant Delta » a-t-il indiqué.
Alors que le variant Omicron du Covid-19 concentre l’inquiétude des autorités sanitaires et gouvernementales, le médecin à la tête du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy a enjoint ce jeudi 1er décembre à ne pas « se tromper de combat ». Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC, le médecin a rappelé que le « vrai ennemi » était la « cinquième vague et le variant Delta ».
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Selon lui, le variant Omicron va « mettre un certain temps avant de s’installer en France et en Europe ». Avec les experts du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy estime cette installation au « début de l’année 2022 ou fin janvier 2022 ». Se voulant rassurant, le médecin assure donc que « ça nous laisse le temps de nous préparer ». Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur la possibilité dans ce cas que le variant Omicron prolonge l’épidémie de Covid-19 sur plusieurs mois, le médecin assure que « dans une certaine mesure », il devrait « prolonger l’épidémie ».
\ud83c\udf99 « Le variant Omicron est celui que l’on redoutait, qui a plus 30 mutations. C’est considérable ».
Jean-François Delfraissy invité de #BourdinDirectpic.twitter.com/mqAHci1quk— RMC (@RMCinfo) December 2, 2021
Malgré les nombreuses incertitudes qui entourent ce variant, Jean-françois Delfraissy indique que l’on « devrait voir ce variant Omicron changer et prendre le dessus sur le variant Delta », assurant cependant qu’il aura en face de lui une population européenne vaccinée.
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Jean-François Delfraissy a d’ailleurs indiqué qu’il s’agissait du « variant qu’on craignait ». « C’est le variant qui a des mutations dans la protéine Spike qui sert à accrocher le virus à son récepteur, et c’est la zone du virus contre laquelle sont dirigés les vaccins » a détaillé le médecin, assurant qu’il y avait « 30 mutations dans cette protéine Spike, ce qui est beaucoup ».Salomé D.
Que sait-on actuellement du variant Omicron? Les réponses du Conseil scientifique
Par Marielle Ammouche le 30-11-2021

Alors que 8 cas possibles sont en cours d’analyse en France, le conseil scientifique Covid a fait un point lundi 29 novembre sur ce que l’on sait et ce que l’on ignore encore du nouveau variant Omicron. « Objectivement, l’émergence de ce virus n’est pas une bonne nouvelle » résume le Pr Bruno Lina. Cependant le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique a souligné le contexte particulier de la 5ème vague dans lequel survient cette découverte, et la temporalité décalée par rapport à Delta avec laquelle Omicron pourrait se développer.
Le variant (B.1.1.529) du Sars-CoV-2, appelé dorénavant Omicron, a été identifié en Afrique du Sud les 8 ou 9 novembre dernier. Depuis, une augmentation des cas a été constatée dans ce pays. Le séquençage de cette souche a montré, le 23 novembre, « des mutations extrêmement nombreuses [une trentaine] sur différents gènes » a déclaré le Pr Lina qui a confirmé le potentiel d’échappement immunitaire de ce variant, même si « les données robustes pour savoir quel est le niveau d’échappement n’existent pas encore ». Ces mutations concernent le site d’attachement aux récepteurs ou le domaine N terminal, impliqué dans la réponse immunitaire et la protection croisée avec des anticorps. Certaines ont déjà été observées sur d’autres variants.Variant Omicron : les mesures prises par le Gouvernement français
En outre, le Omicron ne semble malheureusement pas perdre en capacité de transmissibilité, d’infection et de réinfection.
Pour le Pr Lina, ce variant pourrait provenir du portage prolongé du virus chez un individu immunodéprimé.
Bonne nouvelle : les tests de dépistage, PCR et antigéniques restent efficaces. Et les laboratoires sont à pied d’œuvre pour identifier le plus rapidement possible le variant Omicron. Actuellement 3 PCR de criblage sont réalisés sur tous les prélèvements positif pour détecter des mutations spécifiques: Delta, ainsi que 2 autres mutations d’échappement immunogène. Or le Omicron ne présente aucune de ces mutations (profil a0 b0 c0). Il est donc proposé d’ajouter une 4ème PCR de criblage qui détecte une délétion au niveau de la protéine Spike qui est retrouvée chez Omicron mais pas sur Delta. Cela permet d’identifier Omicron.
Impact sur les traitements préventifs et curatifs
Concernant les vaccins, il est probable que…
leur efficacité soit diminuée, mais on ne sait pas encore dans quelle proportion. Mais en tout état de cause, ce ne sera pas un effet on/off. Les vaccins resteront en partie efficaces. La dose de boost, apportée par la 3ème (ou 2ème) dose vaccinale prend alors encore plus de sens, visant à remonter le plus possible les taux d’anticorps de la population. De premières données sur ce sujet devraient être communiqués d’ici 15 jours environ, basées sur des études mettant en contact le variant Omicron et les sérums de personnes vaccinées.
On a peu d’élément concernant la gravité du Omicron, constate le Pr Yazdan Yazdanpanah. Il est encore trop tôt pour se prononcer. L’impact sur les différents traitements pourrait être variable. Seuls certains anticorps monoclonaux pourraient rester efficaces. En revanche, il n’y a pas de raison de penser que les antiviraux ne seraient pas efficaces car ils n’agissent pas sur des cibles touchées pas des mutations.
Delta contre Omicron ?
Les experts soulignent le faible taux de vaccination en Afrique du Sud (environ un quart de la population, etmajoritairement avec le vaccin d’AstraZeneca et de Janssen), mais aussi l’incidence de Covid assez faible dans ce pays, au moment où est apparu Omicron. La question pour la France et l’Europe est donc maintenant de savoir comment va se comporter Omicron en présence d’une forte circulation du virus Delta. Omicron arrivera-t-il à supplanter Delta ?
Si la stratégie du « Tester alerter protéger » doit être particulièrement active autour du Omicron, ce sont les mêmes outils qui sont utiles contre le Delta et l’Omicron. « Les stratégies ne vont en rien changer » insiste le Pr Arnaud Fontanet. Cependant, « la gestion de la vague Delta est la plus urgente actuellement. Et cela servira pour freiner le Omicron ». « Delta et Omicron, même combat, mêmes outils » renchérit le Pr Delfraissy. Il ajoute que, pour l’avenir, « la réponse doit être européenne, ainsi que dans l’aide que l’on doit apporter aux autres pays en vaccins et en termes scientifiques ».Sources :
Point presse du conseil scientifique Covid du 29 novembre 2021