Premières données sur le variant Omicron

Publié le 29/11/2021

Omicron : premiers cas suspects en France, incertitudes sur les vaccins et fermetures en cascade des frontières 

Paris, le lundi 29 novembre 2021

https://www.jim.fr/medecin/actualites/pro_societe/e-docs/omicron_premiers_cas_suspects_en_france_incertitudes_sur_les_vaccins_et_fermetures_en_cascade_des_frontieres__190162/document_actu_pro.phtml

– Quelques heures à peine après que le ministre de la Santé a indiqué que compte tenu de la présence du variant Omicron du virus SARS-CoV-2 dans plusieurs pays d’Europe proches de la France, sa détection dans l’hexagone ne devrait pas se faire attendre, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal indiquait le recensement d’une dizaine de cas suspects. Il s’agit de personnes infectées par SARS-CoV-2 de retour d’Afrique-du-Sud, du Bostwana, d’Eswatini, du Lesotho, du Mozambique, de la Namibie et du Zimbabwe. Les séquençages, qualifiées de « prioritaires » sont en cours et les résultats devraient être connus demain, mercredi au plus tard. La détection du nouveau variant se heurte à l’absence de tests de criblage : en effet comme le précise la Direction générale de la Santé (DGS), Omicron ne présente aucune « mutation d’intérêt recherchée actuellement par criblage (L452R, E484K/Q) ». Néanmoins, « un résultat de criblage A0B0C0 peut suggérer sa présence mais n’est pas spécifique ;(…) un signal dit discordant (défaut de détection d’une cible dans le gène S) avec le dispositif RT-PCR de Thermo Fisher peut suggérer sa présence ». Dès lors, est-il fortement recommandé aux personnes de retour d’un des sept pays aujourd’hui considérés comme à risque de réaliser un test RT-PCR et non un test antigénique, d’autant plus que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne s’est pas encore prononcée sur l’efficacité de ces derniers pour détecter le variant Omicron.

La troisième dose, plus que jamais d’actualité

Avant même l’annonce de l’identification de ces cas possibles en France, la DGS avait annoncé un renforcement de la politique d’isolement pour toutes les personnes en contact avec des sujets susceptibles d’avoir été infectés par Omicron. Ainsi, quel que soit leur statut vaccinal, ces individus doivent être « considérés comme contact à risque élevé et doivent donc être placés en quarantaine ». Cette disposition prise en urgence reflète bien les incertitudes majeures qui existent sur l’efficacité des vaccins face à Omicron.

Cependant, au-delà de ces mesures spécifiques, Olivier Véran a signalé que pour l’heure aucune restriction supplémentaire n’était prévue pour faire face à ce nouveau variant. « A l’heure à laquelle je vous parle, qu’il y ait ou non un ou deux ou dix cas de personnes contaminées par ce variant en circulation en Europe, voire en France, n’impacte pas le profil de la vague épidémique que nous connaissons. C’est une vague qui est déjà liée à un variant très contagieux, le variant Delta » a-t-il relevé. L’incitation à réaliser une dose de rappel vaccinal demeure donc la disposition phare du gouvernement (ainsi que celle de l’Organisation mondiale de la Santé), en dépit des zones d’ombre quant à l’efficacité des vaccins face à Omicron. A raison, note interrogé par Franceinfo, le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses à l’Hôpital Henri Mondor à Créteil : « L’arrivée d’un nouveau variant est une indication à faire cette dose supplémentaire. (…) On ne connaît pas la sensibilité du variant Omicron mais, si on fait le parallèle avec le variant Delta, on sait que la 3edose induit une protection beaucoup plus importante que les deux premières. Cette 3e dose a un effet immunologique beaucoup plus large ». Par ailleurs, concernant le risque que les vaccins actuels, basés sur le variant de Wuhan qui n’est aujourd’hui plus en circulation, ne soient plus aussi pertinents, il temporise : « Prenons l’exemple du variant Beta, dont on parle moins. Le laboratoire Moderna a fait des études avec un vaccin adapté au variant Beta et le vaccin dont on dispose à l’heure actuelle. On s’est aperçu que la vaccination avec le vaccin dont on dispose à l’heure actuelle était à peu près aussi efficace qu’un nouveau vaccin adapté au Beta. Donc, il faut rester prudent (…). Les vaccins ARN que nous avons à disposition permettent d’avoir une efficacité remarquable contre les variants Alpha, Beta et Delta alors qu’ils ne sont pas présents dans le vaccin. Il n’y a aucune raison de penser que ce ne sera pas la même chose avec le variant Omicron ».

Dix à quinze jours pour mieux cerner le niveau de menace

Au-delà de cette analyse optimiste et alors qu’une première image tridimensionnelle du variant Omicron, publiée par des chercheurs Italiens, montre qu’il compte beaucoup plus de mutations que le variant Delta, tout en notant que cela ne permet nullement de préjuger de la dangerosité de ces mutations, les scientifiques estiment que dix à quinze jours seront nécessaires pour en savoir plus sur Omicron. Sur sa contagiosité, sa pathogénicité et sa résistance aux réponses immunitaires naturelles et vaccinales. Le cofondateur du réseau Obépine (Observatoire épidémiologique dans les eaux usées), le Pr Vincent Maréchal, qui signale que l’apparition de ce nouveau variant en Afrique du Sud après le variant Alpha n’est pas une coïncidence et semble liée aux déficits immunitaires d’un grand nombre d’habitants de ce pays infectés par le VIH, indique que les investigations vont suivre deux pistes. D’abord, les travaux vont se concentrer sur le rôle de plusieurs mutations centrales dans la réponse immunitaire, afin de « savoir si les anticorps produits après la vaccination sont capables de neutraliser le virus ». Parallèlement, un travail épidémiologique va être mené pour déterminer la part de personnes vaccinées infectées par Omicron. « La combinaison de ces deux paramètres va nous permettre de savoir si ce virus peut échapper à la réponse immunitaire naturelle et à la réponse immunitaire post-vaccinale ». Notons à cet égard que selon l’OMS, les premières données suggèrent un risque accru de réinfection.

Réactifs, les laboratoires confrontés à « un vrai problème »

Parallèlement à ces recherches indispensables, les laboratoires sont déjà sur le pied de guerre. Pfizer-BioNTech a ainsi indiqué : « Nous avons immédiatement lancé des études sur le variant B.1.1.529 » qui « diffère clairement des variants déjà connus car il présente des mutations supplémentaires sur la protéine spike ». Les laboratoires ont depuis longtemps déjà affirmé qu’ils pourraient présenter en moins de six semaines un vaccin adapté à un nouveau variant et livrer les premières doses en 100 jours. Cependant, du côté de Moderna, on se montre plus prudent. Alors que le patron de l’entreprise qualifie Omicron de « vrai problème », on indique que 60 à 90 jours seront nécessaires pour mettre au point un nouveau prototype. Aussi, parallèlement, Moderna va évaluer l’efficacité du vaccin qu’il avait développé comme rappels face aux variants Alpha, Beta, Gamma et Delta. « Ce sera rapide car on a déjà les données cliniques à soumettre aux agences réglementaires » explique Stéphane Bancel cité par l’Express. Dans l’immédiat, il préconise d’augmenter le dosage de son vaccin pour la troisième injection.

Tempérance

Si la réactivité des laboratoires pharmaceutiques est encourageante (et alors qu’AstraZeneca a également indiqué être mobilisé), l’Agence européenne du médicament invite à la prudence : « Nous surveillons de près le variant B.1.1.529 nouvellement apparu, qui présente de nombreuses mutations dans la protéine de pointe du Covid-19. (…) Il est prématuré à l’heure actuelle de prévoir l’adaptation des vaccins afin de lutter contre ce variant émergent », juge-t-elle. Une autre inconnue importante existe en effet : le variant Omicron supplantera-t-il Delta en Europe et si oui en combien de temps ?

Déjà vu

Mais, les dirigeants du monde entier ne se sont pas donnés le luxe de patienter pour disposer de premiers éléments de réponse plus tangibles que les indices actuels (telle la très forte hausse de l’incidence en Afrique du Sud couplée à un taux d’hospitalisation qui paraît plus élevé). Une « course contre la montre » s’est engagée, a en effet commenté la patronne de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen. Pour y répondre, beaucoup ont renoué avec les méthodes privilégiées au début de la pandémie : la fermeture des frontières et ce en dépit des protestations de l’Afrique du Sud, appuyées par l’Organisation mondiale de la Santé, mettant en doute la pertinence scientifique d’une telle mesure. La question de la fermeture de ces frontières sera notamment au menu de la rencontre exceptionnelle des dirigeants du G7 ce lundi. Pour l’heure dans l’Union européenne, comme l’a indiqué ce matin le ministre français Clément Beaune, on se refuse à envisager de trop grandes restrictions au sein du territoire communautaire. Mais, l’épidémie nous a déjà démontré à de multiples reprises que ce qui était affirmé un jour pouvait être démenti dès le lendemain.

Aurélie Haroche

Publié le 28/11/2021

Deux ou trois choses que l’on sait d’omicron 

Paris, le dimanche 28 novembre 2021

http://www.jim.fr/medecine/actualites/e-docs/deux_ou_trois_choses_que_lon_sait_domicron__190144/document_actu_pro.phtml

Jeudi, l’Afrique du sud provoquait une onde de choc planétaire en annonçant la découverte d’un nouveau variant du SARS-CoV-2 potentiellement plus contagieux, plus pathogène et en partie résistant aux vaccins.    

Depuis des cas ont été répertoriés un peu partout à travers le monde [mais aucun en France à cette heure] et une riposte, qui prend la forme d’une mise en quarantaine de l’Afrique australe, s’organise.

Un cluster inquiète particulièrement l’Europe, aux Pays-Bas où le nouveau variant a « probablement » contaminé certains des 61 passagers en provenance d’Afrique du Sud testés positifs au Covid-19 après leur arrivée vendredi, ont annoncé les autorités sanitaires néerlandaises samedi soir*. Il sera « définitivement déterminé si le variant omicron est impliqué » après de nouvelles analyses, dont les résultats devraient être connus dans la journée.

72 heures après cette première annonce, le JIM fait le point sur ce que nous savons sur ce variant baptisé omicron par l’OMS. Omicron, quinzième lettre de l’alphabet grec (à ne pas confondre avec Omega 24e et dernière lettre) plutôt que nu ou xi non attribuées par l’OMS, nu pour éviter la confusion avec new et xi probablement pour ne pas froisser le potentat chinois…

Transmissibilité

Le variant omicron présente 32 mutations, insertions ou délétions du gène de la protéine Spike dont notamment la mutation N501Y qui a été associée à l’augmentation de la transmissibilité des variants alpha, béta et gamma. Il présenterait au total une cinquantaine de mutations à l’intérieur de son génome.

Un indice épidémiologique semble corroborer cette hypothèse de la plus grande contagiosité de ce variant. Ainsi, l’Afrique du sud comptait 6 048 nouveaux cas de Covid hier…contre 887 le 20 novembre et 306 le 13 novembre.

Bien entendu ces chiffres ne reflètent que partiellement la réalité de l’épidémie (dans ce pays où le dépistage n’est peut-être pas optimal) mais leur évolution pourrait donner une idée de la haute contagiosité de l’omicron.

Symptomatologie ?

Le variant omicron présente également la mutation P681H qui est connue pour accroître la contagiosité et la pathogénicité du SARS-CoV-2. Pour l’heure, rien n’a été confirmé sur la gravité clinique.

Dans The Telegraph, le Dr Angélique Coetzee, présidente de l’Association médicale sud-africaine,  rapporte des données très parcellaires mais rassurantes sur quelques cas d’infections par le variant omicron.
Selon, elle les symptômes seraient « inhabituels » mais « bénins ». Inhabituels car aucun de ces patients ne présentait d’anosmie et bénins, car pour aucun de ces malades on n’a dû recourir à une oxygénothérapie ou une hospitalisation.

Cependant, notons qu’il s’agissait tous de patients jeunes.

Échappement immunitaire ?

Des données biologiques suggèrent que certaines mutations d’omicron pourraient avoir également un impact sur l’efficacité de la réponse immunitaire.

Impossible, pour l’heure, de savoir ce qu’il en est dans la vraie vie, on pourra juste rapporter, encore une fois, l’observation du Dr Coetzee qui note que la moitié de la centaine de patients testés positifs pour le variant omicron en Afrique du sud ne sont pas vaccinés [28 % de la population de ce pays a bénéficié d’une vaccination complète].

Quoi qu’il en soit, la possibilité de disposer rapidement de vaccins adaptés à ce nouveau variant semble faire consensus. Le Pr Andrew Pollard, directeur de l’Oxford Vaccine Group affirme ainsi qu’un nouveau vaccin pourrait être développé « très rapidement » contre le variant omicron mais qu’il est « extrêmement improbable » que ce nouveau variant se propage fortement au sein de la population vaccinée.

Un optimisme que ne partage pas le Pr Cyrille Cohen (Université Bar-Ilan Tel Aviv) qui déclare dans Haaretz : « les anticorps et les cellules T peuvent être très sensibles aux modifications genetiques, même s’il ne s’agit que d’une ou deux mutations. Plus il y a de changements génétiques, moins il y a d’anticorps jusqu’à ce que vous soyez laissé à nu en termes de capacité de réponse ».

A suivre dès demain.

*à l’heure de publication de cet article (17 h 30), 13 de ces 61 cas suspects de variant omicron sont confirmés

Frédéric Haroche

Etienne Decroly, virologue : « Le variant Delta peut être supplanté par Omicron »

Selon Etienne Decroly, virologue, chercheur au CNRS, malgré les fermetures des frontières, « tout indique que le virus s’est déjà propagé au niveau mondial ».

Durée : 8 minIllustration de particules de coronavirus réalisée à l'ordinateur.

Illustration de particules de coronavirus réalisée à l’ordinateur.

Science Photo Library via AFPDavid PaugetPublié le 27/11/2021 à 17:42

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/etienne-decroly-virologue-le-variant-delta-peut-etre-supplante-par-omicron_2163214.html?m_i=Y78bvYW63Rhz3yKQQu5_D%2Byr6jJp71sr1YnK%2BeiSgfW5y3IBLYNO1ARjzuN1z1FoP7RKPeC1%2B%2BXvT88eRfruGizotFX6wB&#xtor=EREC-5240-%5BNL_le_debrief%5D-20211128&m_i=y_jDD%2B39Tt0IK2ui1Z_KQ9Hu4oTSeIRb9Ekg0sRh5H3TbV4foGkIutm18w8uTHpLl4sX4%2Bxw7NY0kbpHq3M987PXoSD5QZ&M_BT=571911382015

Plus contagieux que le Delta ? Plus résistant aux vaccins ?

Le nouveau variant B.1.1.529 du Covid-19, détecté à l’origine en Afrique australe, suscite une vive inquiétude dans le monde. Baptisé Omicron, 15e lettre de l’alphabet grec, il est jugé « préoccupant » par l’OMS. Et il représente un risque « élevé à très élevé » pour l’Europe, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).  

L’inquiétude grandit ainsi sur le Vieux Continent après la détection d’un cas du variant en Belgique et de deux cas au Royaume-Uni. L’Allemagne enregistre un cas suspect et aux Pays-Bas, une soixantaine de cas de Covid-19 sont à l’analyse parmi des voyageurs venant d’Afrique du Sud. Pour l’heure, des données supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre ce variant mais il pourrait présenter un risque accru de contagion par rapport aux autres variants, et être plus résistant aux vaccins. Le nombre de mutations est inédit, explique Etienne Decroly, virologue, chercheur au CNRS.  

L’Express : Ce variant, jugé « préoccupant » par l’OMS, suscite une vive inquiétude dans le monde, même si les inconnues sont encore nombreuses. Que sait-on exactement ? Est-il encore trop tôt pour cerner les caractéristiques d’Omicron ? L’application L’ExpressPour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyezTélécharger l’app

Etienne Decroly : Oui, c’est encore trop tôt. On a deux types d’informations qui remontent rapidement. La première, c’est la carte d’identité génétique du virus qui correspond à la séquence du génome complet. La séquence nous permet de faire des hypothèses sur les conséquences potentielles des mutations observées, notamment en les localisant dans la structure de la protéine Spike qui est l’antigène majeur de la vaccination. Il est ainsi possible de prédire l’effet des mutations sur la reconnaissance de cette protéine par les anticorps neutralisants qui reconnaissent quatre domaines majeurs de la protéine S. Ces analyses permettent de prédire l’impact des mutations sur les anticorps neutralisants naturellement acquis lors de l’infection ou induite par la vaccination. L

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Le variant Omicron est caractérisé par de nombreuses mutations dans la protéine Spike. Les variants précédents avaient moins de 10 mutations dans cette protéine, et le variant Omicron en a plus de 30. C’est un point de préoccupation, car cette variabilité suggère que l’efficacité du vaccin contre ce nouveau variant devrait être atténuée. 

Le deuxième indice de préoccupation, c’est sur la vitesse de propagation de ce variant. Bien qu’on soit au début de l’émergence, les premières indications suggèrent une propagation plus efficace que la variant Delta. 

Le variant Delta, déjà hautement contagieux, est largement dominant dans le monde. Omicron peut-il le supplanter ? Face à la menace, la fermeture des frontières est-elle une mesure efficace ? 

Oui, le variant Delta peut être supplanté, c’est ce qui se passe lors des vagues épidémiques, un variant en remplace un autre. On aura cette information rapidement concernant Omicron si les données préliminaires sont confirmées. 

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Concernant les fermetures des frontières, nous avons très probablement du retard car tout indique que le virus s’est déjà propagé au niveau mondial. On voit bien qu’il y a des cas en Europe, notamment en Belgique ; des avions ont aussi atterri à Amsterdam, avec plus de 60 passagers positifs. Comment peut-on être dans cette situation après 2 ans de pandémie ? La question qu’il faut se poser, c’est : comment on doit modifier la manière dont on gère le dépistage et le contrôle de la vaccination pour protéger les populations sans pour autant perdre notre liberté ?  

Moderna veut « rapidement développer un candidat vaccin » pour une dose spécifique à Omicron. Le laboratoire BioNTech, allié à Pfizer, étudie ce variant et a annoncé attendre « au plus tard dans deux semaines » de premiers résultats pour voir s’il peut échapper à la protection vaccinale. Faut-il adapter les vaccins ?   

Nous manquons également probablement d’anticipation dans l’évolution des vaccins. Le sérum actuel correspond à la souche originelle du virus alors que ce dernier a beaucoup évolué depuis 2020. Le vaccin perd donc progressivement son efficacité avec un nombre croissant de personnes vaccinées infectées et participant malgré eux à la transmission du virus. Heureusement, le vaccin permet encore une bonne protection contre les formes graves de la maladie et soulage encore les hôpitaux, mais ce n’est probablement pas suffisant, car plus le virus circule plus on a de chance de voir des variants apparaître. L‘idéal serait donc que les rappels vaccinaux soient adaptés aux variants actuels afin de mieux contrôler l’épidémie et la circulation du virus.  

Concrètement, sur la vaccination, quelles sont les pistes possibles à l’avenir ? 

II serait sage de poursuivre la recherche et le développement en termes de vaccination en faisant évoluer les vaccins ou les formules vaccinales. Les marges de progression concernent l’optimisation des rappels en tenant compte des variants qui circulent dans les populations. 

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De plus, on a encore des marges de progrès à faire sur les vaccins qui, pour le moment, ciblent principalement la protéine Spike du virus, qui est la protéine clé pour la neutralisation et pour le contrôle de la transmission. D’autres protéines, plus conservées, pourraient être incluses dans le vaccin afin d’avoir une réponse antivirale au plus large spectre. Il est également nécessaire de poursuivre le développement de vaccins « muqueux » qui ciblent les muqueuses respiratoires, et de mieux comprendre le rôle de l’immunité cellulaire dans la protection contre l’infection et l’évolution vers la maladie.  

Variant Omicron : les mesures prises par le Gouvernement français  2 

Par A.M. le 29-11-2021 

https://www.egora.fr/actus-pro/politique/70016-variant-omicron-les-mesures-prises-par-le-gouvernement-francais#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20211129-%5B_1%5D

Alors que huit cas possibles du variant Omicron ont été détectés sur le territoire français et que des cas ont été signalés dans plusieurs pays voisins, le Gouvernement français a annoncé dimanche 28 novembre un renforcement des mesures de dépistage.

La détection en France du variant Omicron du virus responsable du Covid-19 est « très probablement une question d’heures », a affirmé dimanche le ministre de la Santé, Olivier Véran. A cette date, huit cas « possibles » de ce variant avaient été détectés sur le territoire. « On est encore au stade du criblage […] Ces diagnostics vont être passés au séquençage et on saura dans les prochaines heures s’il y a des cas positifs du variant« , a-t-il ajouté.

Le variant B.1.1.529, qui dispose d’un nombre très élevé de mutations, de délétions et d’insertions dans la protéine Spike, a été détecté la semaine dernière en Afrique du Sud. Il a depuis été classé « variant d’intérêt » par l’OMS et signalé dans plusieurs pays d’Afrique australe, d’Europe (Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Italie, Danemark, Autriche, Royaume-Uni), en Israël et à Hong-Kong.

Face à cette menace, le Gouvernement français a renforcé le dépistage et la surveillance aux frontières. Les vols en provenance de sept pays africains (Afrique du Sud, Botswana, Eswatini, Lesotho, Mozambique, Namibie, Zimbabwe) ont été suspendus dès vendredi et jusqu’à ce soir, minuit. Les personnes s’étant rendues dans ces pays (ou leurs proches) dans les quatorze derniers jours et présentant un résultat de test positif avec un criblage négatif pour les mutations retrouvées dans les autres variants préoccupants (alpha, bêta, gamma, delta) « sont considérées comme cas possibles de contamination au variant Omicron », précise le ministère dans un communiqué envoyé dimanche soir. « Ils nécessitent une confirmation par séquençage, ce qui peut prendre plusieurs jours. » Le séquençage de ces prélèvements sera « priorisé ».

« Dès que ces cas possibles ont été identifiés, et avant même l’obtention des résultats du séquençage, les mesures renforcées d’identification et d’isolement des cas possibles et de leurs personnes contacts à risque ont été mises en œuvre ». Ainsi, « toute personne contact à risque d’un cas possible ou d’un cas confirmé du variant B1.1.529, indépendamment de son statut vaccinal, doit être considérée comme ‘contact à risque élevé’ et doit ainsi être placée en quarantaine ».

Les personnes en provenance de Mayotte ou de la Réunion devront désormais fournir un résultat de test négatif de moins de 48 heures.

[avec AFP]

« Variant Omicron : comment les laboratoires « adaptent » leurs vaccins anti-Covid-19 »

Date de publication : 29 novembre 2021

https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=afeab226cf592afd4b30b87d58616b3d&id_newsletter=15778&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=15778&from=newsletter

Paméla Rougerie constate dans Le Parisien qu’« en quelques jours, il a déjà un nom et tout le monde parle de lui aux quatre coins de la planète. Bientôt peut-être, il pourrait avoir son propre vaccin. Le variant Omicron du nouveau coronavirus inquiète de nombreuses autorités sanitaires, après un premier signalement en Afrique du Sud mercredi. Depuis, plusieurs pays, notamment européens, ont détecté des cas sur leur propre sol, et annoncent des suspensions de liaisons aériennes, voire des fermetures de frontières ».
La journaliste indique que « les grands laboratoires impliqués dans la conception de vaccin anti-Covid font, eux aussi, leurs annonces. Tour à tour, les compagnies AstraZeneca, Pfizer-BioNTech, ou encore Moderna et Novovax se sont déclarées confiantes dans leur capacité à combattre la souche Omicron – dont le nombre de nouvelles mutations est bien plus important que les précédents variants ».


Paméla Rougerie remarque que « si les concepteurs du vaccin anti-Covid peuvent être aussi confiants, c’est parce que la technologie de leurs vaccins (à ARN, comme Pfizer-BioNTech et Moderna, ou ADN, pour AstraZeneca) est adaptable facilement ».


Sandrine Sarrazin, chercheuse en immunologie à l’Inserm, explique qu’« à partir du moment où on a pu identifier le virus, décoder son génome, alors on peut fabriquer le nouveau morceau d’ADN ou d’ARN qui permet la fabrication de la protéine Spike. C’est très rapide à faire et c’est cette version modifiée du morceau d’ARN ou d’ADN qu’on met dans le vaccin ».


La journaliste précise que « ce changement se fait en plusieurs étapes. Lorsqu’un nouveau variant est identifié, sa séquence […] est partagée sur une base de données accessible aux scientifiques du monde entier ».
Elle poursuit : « À partir des molécules d’ADN, qui sert de « plan de fabrication », ils vont ensuite fabriquer l’ARN qui devra contenir des «modifications sur certaines bases pour que l’ARN ne soit pas détruit par nos propres cellules». Vient ensuite une « phase de tests de cet ARN, d’abord dans des cellules in vitro, puis probablement chez un animal» », selon Sandrine Sarrazin.


Paméla Rougerie ajoute que « le fabricant Novavax, dont le vaccin n’est pas encore sur le marché européen, assure quant à lui être capable de changer sa formule grâce à sa technologie de «nanoparticule recombinante», elle aussi facilement adaptable aux changements de souche ».


La journaliste relève que « pour les vaccins à ARN, majoritaires sur le marché européen, le procédé de fabrication est rapide. Dans le laboratoire de Sandrine Sarrazin, au Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy, «fabriquer une molécule d’ARN prend quelques jours», dit-elle. Dans l’enceinte d’un laboratoire d’un fabricant industriel de vaccin, les choses peuvent aller jusqu’à 6 semaines ».


Paméla Rougerie s’interroge : « Le variant Omicron échappe-t-il à l’immunité vaccinale ? Il est encore trop tôt pour le dire, répond Sandrine Sarrazin ».
La chercheuse indique que « des scientifiques étudient actuellement la neutralisation de ce virus, et vérifient si le vaccin actuel permet déjà de bloquer l’entrée du virus dans les cellules, et à quelle force. Les résultats arriveront dans quelques semaines ».


Paméla Rougerie note que « ces tests avaient aussi été menés pour les précédents variants, comme le variant Delta, actuellement majoritaire en France. Ils ont montré que le vaccin empêchait moins la transmission de ce variant, mais qu’il protégeait toujours très efficacement contre des formes graves du Covid-19 ».


La journaliste conclut que « l’apparition du variant Omicron souligne en tout cas la difficulté de la lutte contre l’émergence de nouveaux variants, surtout dans des zones moins vaccinées. Depuis plusieurs mois, l’OMS ne cesse de dénoncer les disparités de la vaccination entre pays riches et pays pauvres, qui risquerait, selon elle, de prolonger l’épidémie ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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