La pertinence d’un rappel chez les sujets avec antécédents d’infection par le SARS-CoV-2 vaccinés par une dose de vaccin contre la Covid-19, et chez les sujets infectés après une primovaccination complète ou incomplète.

Antécédent d’infection Covid avant ou après la vaccination : quel schéma vaccinal ? 

Par Marielle Ammouche le 25-11-2021

 https://www.egora.fr/actus-medicales/infectiologie/69974-antecedent-d-infection-covid-avant-ou-apres-la-vaccination-quel#xtor=EPR-3-1%5BNews_En_Bref%5D-20211125-%5B_1%5D

La Haute Autorité de santé (HAS) a précisé ses recommandations vaccinales contre le Covid dans les situations où la personne a déjà présenté une infection au Sars-CoV-2. Faut-il faire la dose de rappel et quand ? Pour l’autorité sanitaire, la réponse est simple : lorsqu’une personne a été infectée avant la vaccination, une seule dose suffit, et pas besoin de rappel. En revanche, la dose de boost est nécessaire en cas d’infection post-vaccinale. 

« En cas d’infection préalable, une dose de vaccin permet d’augmenter le taux d’anticorps neutralisants tout en diversifiant la réponse contre les variants, notamment contre le variant Delta. Cet effet est d’ailleurs supérieur à celui observé après deux doses de vaccins chez les personnes non préalablement infectées », rappelle la HAS. Une deuxième dose n’augmenterait que très peu le taux d’anticorps, voire pas du tout en cas de revaccination précoce (3-4 semaines). 

La recommandation de cette dose unique est valable quel que soit l’âge. Elle doit être administrée 6 mois après l’infection avec le vaccin Comirnaty de Pfizer ou Spikevax de Moderna (pleine dose). La HAS souligne, en outre, qu’une dose additionnelle n’est pas contre-indiquée et qu’elle peut être administrée aux personnes qui le souhaiteraient (raisons de voyage ou administratives). 

La situation est différente si la personne a été contaminée par le virus après vaccination. En effet, cette infection peut être le signe d’une immunité insuffisante, vis-à-vis d’un nouveau variant, en particulier. « En France, seulement 1.349 échecs vaccinaux graves ont été notifiés pour Comirnaty, vaccin majoritairement administré sur le territoire, parmi lesquels 16 cas seulement concernaient des personnes ne présentant pas de comorbidités », précise la HAS. Il s’agissait essentiellement de personnes plus âgées et/ou présentant des comorbidités, ciblées les premières par la campagne de rappel. « Le délai de survenue de ces échecs vaccinaux suggère qu’ils résultent d’une immunité insuffisante induite par la primo-vaccination plutôt que d’une baisse d’immunité ». En outre il n’existe pas de moyens actuellement pour pouvoir évaluer le statut immunitaire de la personne vis-à-vis du Sars-CoV-2. C’est pourquoi, la HAS recommande l’adjonction d’une dose de rappel à 6 mois, pour les personnes éligibles et chez qui l’infection est survenue après un schéma vaccinal complet. Une deuxième dose à 6 mois d’une infection est aussi recommandée lorsque le Covid est survenu après un schéma vaccinal incomplet (1 seule dose sur 2). 

La HAS souligne, par ailleurs, la nécessité de maintenir une surveillance renforcée des variants minoritaires et des mutations additionnelles du variant Delta, et de bénéficier de nouvelles données « évaluant différentes stratégies de rappel en population générale avec des schémas hétérologues, y compris avec d’autres vaccins ARN adaptés aux variants ou issus d’autres plateformes vaccinales ». 

Enfin, elle rappelle, l’importance de maintenir les gestes barrières.Sources : Haute Autorité de Santé, 19 novembre 2021.

Avis n° 2021.0082/AC/SESPEV du 18 novembre 2021 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à la pertinence d’un rappel chez les sujets avec antécédents d’infection par le SARS-CoV-2 vaccinés par une dose de vaccin contre la Covid-19, et chez les sujets infectés après une primovaccination complète ou incomplète

AVIS ET DÉCISIONS DE LA HAS – Mis en ligne le 19 nov. 2021

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3300292/fr/avis-n-2021-0082/ac/sespev-du-18-novembre-2021-du-college-de-la-haute-autorite-de-sante-relatif-a-la-pertinence-d-un-rappel-chez-les-sujets-avec-antecedents-d-infection-par-le-sars-cov-2-vaccines-par-une-dose-de-vaccin-contre-la-covid-19-et-chez-les-sujets-infectes-apres-une-primovaccination-complete-ou-incomplete

La HAS prend acte de la volonté du Ministère de la santé d’intégrer la dose de rappel dans le passe sanitaire et n’a pas de remarque à formuler sur le projet de décret à ce sujet. 

La HAS s’est déjà prononcée en faveur d’une dose de rappel dans la population des personnes de plus de 65 ans à plusieurs reprises  [1][2] et tient à souligner qu’il est primordial de poursuivre les efforts de vaccination des personnes non encore vaccinées ainsi que l’administration du rappel aux groupes éligibles. 

La mise à jour de la liste des contre-indications proposée dans le décret est conforme aux précédentes recommandations de la HAS. 

La conduite à tenir en cas d’antécédant d’infection par le SARS-Cov2 et d’infection survenue postérieurement à la vaccination fait l’objet d’un avis dédié, adopté par la HAS le 18 novembre 2021. [3]

A qui s’adresse cet avis ?

Elles s’adressent à :

  • Aux pouvoirs publics.

Quels sont les objectifs de cet avis?

L’objectif du présent avis est de proposer des recommandation pour les personnes ayant été infectés par le virus SARS-CoV-2 avant ou après une vaccination complète ou incomplète :

Principales conclusions de l’avis:

Cas particulier des sujets avec antécédents d’infection vaccinés par une dose de vaccin contre la Covid-19

La HAS précise sa précédente recommandation de réaliser une dose unique de vaccin chez les personnes ayant été infectées par le SARS-CoV-2, avec un délai de 6 mois post-infection. Cette dose vaccinale post-infection équivaut à un rappel vaccinal. Cette injection est à réaliser avec Comirnaty ou Spikevax (pleine dose).

La HAS considère que les données disponibles à ce jour relatives à la réponse immunitaire induite chez les sujets préalablement infectés puis vaccinés par une dose unique de vaccin contre la Covid-19 ne conduisent pas actuellement à recommander l’administration d’une dose additionnelle chez ces personnes, quel que soit l’âge. 

Une dose additionnelle n’est pas contre-indiquée. Il est en effet à noter que certains pays réalisent un schéma vaccinal à deux doses en post-infection.

Cas particulier des sujets infectés après une primovaccination complète ou incomplète

Etant donné l’absence de données immunologiques dans ce contexte particulier, et dans un objectif de simplification, la HAS recommande :

  • En cas de survenue d’une infection après un schéma vaccinal complet, la HAS préconise l’administration d’une dose additionnelle 6 mois après l’infection, dans la population éligible au rappel[4];
  • En cas de survenue d’une infection après une première injection de vaccin (schéma incomplet), quel que soit le délai de survenue après la première dose, la conduite à tenir consiste à administrer la seconde dose 6 mois après l’infection, quel que soit l’âge.

La HAS souligne la nécessité de maintenir une surveillance renforcée des variants et des mutations additionnelles acquises par le variant Delta afin de détecter tout changement phénotypique qui pourrait aggraver encore son impact en santé publique. En France, cette surveillance s’appuie sur une forte activité de séquençage, actuellement en mesure de détecter tout signal précoce d’augmentation de la circulation d’un nouveau variant. Il est donc essentiel de maintenir une capacité de séquençage suffisante pour détecter les signaux faibles, et permettre une bonne représentativité géographique sur le territoire.

Les études évaluant différentes stratégies de rappel en population générale avec des schémas hétérologues, y compris avec d’autres vaccins ARN adaptés aux variants ou issus d’autres plateformes vaccinales que les ARNm ou les vecteurs viraux, sont en cours et viendront apporter de nouvelles données.

Cet avis sera revu en fonction de l’évolution des connaissances, notamment au regard des données d’efficacité et de sécurité en conditions réelles d’utilisation sur un plus long terme, ainsi que des données épidémiologiques, virologiques (quant à la survenue de nouveaux variants éventuels) et de pharmacovigilance.


[1] Avis n° 2021.0061/AC/SEESP du 23 août 2021 du collège de la HAS relatif à la définition des populations à cibler par la campagne de rappel vaccinal chez les personnes ayant eu une primovaccination complète contre la Covid-19

[2] Stratégie de vaccination contre la Covid-19 – Place d’un rappel par le vaccin à ARNm COMIRNATY®

[3] Avis n° 2021.0082/AC/SESPEV du 18 novembre 2021 du collège de la Haute Autorité de santé relatif à la pertinence d’un rappel chez les sujets avec antécédents d’infection par le SARS-CoV-2 vaccinés par une dose de vaccin contre la Covid-19, et chez les sujets infectés après une primovaccination complète ou incomplète

[4] Cf. recommandations HAS relatives à la population éligible à un rappel

Documents

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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