Publié le 17/11/2021
Bassin de Lacq : pas de surmortalité à proximité du complexe industriel

Pau, le mercredi 17 novembre 2021
– Selon Santé Publique France, aucune hausse de la mortalité n’est à observer autour du bassin industriel du Lacq, dans le sud-ouest de la France. En revanche, un risque accru de pathologies respiratoires n’est pas exclu.
Depuis un rapport controversé de la Cour des Comptes rendu en 2015, nombreux sont ceux qui pointent du doigt la potentielle dangerosité pour les riverains du complexe industriel du Lacq, situé dans le sud-ouest de la France à proximité de Pau. Près de 20 000 personnes résident à proximité de ce bassin industriel (dont 8 000 qui y travaillent) à l’origine spécialisé dans l’exploitation du gaz et désormais reconverti dans la chimie. Pour déterminer le vrai du faux, Santé Publique France mène depuis 2016 des études épidémiologiques au sein de la population locale. L’organisme publie ce lundi les résultats de son étude sur la mortalité dans la région.
Une baisse de la mortalité observée au plus près de la zone industrielle
Bonne nouvelle : aucune surmortalité n’est observée chez les personnes habitants à proximité du complexe industriel par rapport au reste de la population de la région. Pour mener son étude, Santé Publique France a utilisé deux stratégies d’analyses, l’une pour une période allant de 1968 à 2014, l’autre plus précise pour la période 1999-2014. Non seulement aucune surmortalité n’est observée et ce quelle que soit la méthode statistique employée ou la pathologie étudiée mais une « sous-mortalité significative pour l’ensemble des cancers » a même été observée dans les zones les plus exposées aux émissions industrielles du bassin du Lacq. Vivre près d’une usine chimique serait-il bon pour la santé ?
Si les résultats de cette étude semblent donc plaider pour une absence de dangerosité du complexe industrielle, Santé Publique France reste prudent. En effet, les auteurs de l’étude relèvent une hausse des décès liés à des pathologies non cancéreuse respiratoire et circulatoire dans la région. Cette surmortalité n’est cependant pas liée statistiquement à la proximité entre le lieu de résidence et la zone industrielle. De plus, les données individuelles pouvant avoir un lien avec la survenue de certaines pathologies n’ont pas pu être pris en compte dans cette étude.
Une étude de morbidité pour écarter tous les doutes
Pour conclure définitivement à l’absence de dangerosité du site, une étude de morbidité doit donc être menée. Santé Publique France indique avoir conduit une étude de faisabilité de cette évaluation de la morbidité afin notamment « d’identifier les pathologies d’intérêt et les sources de données permettant leur étude ». Ont été retenues certaines pathologies respiratoires (dont l’asthme) et cardio-vasculaires, ainsi que le diabète. La morbidité périnatale sera également étudiée en cas d’effectifs suffisants. L’étude de morbidité à proprement dite ne débutera qu’une fois que la stratégie d’analyse sera arrêtée.
Si, on le voit, certaines questions restent en suspens, le député David Habib, dont la circonscription englobe la région de Lacq, s’est d’ores et déjà félicité des résultats de l’étude de mortalité et en a profité pour fustiger ceux qui avaient critiqué la sécurité de la zone industrielle. « Les associations de protection de l’environnement ont créé un climat insupportable sur le bassin de Lacq » a indiqué l’élu. L’une de ces associations, appelé SEPANSO, s’est refusé à tout commentaire après la publication de l’étude de Santé Publique France.
Nicolas Barbet