«La situation à l’hôpital est catastrophique», alerte le président de la commission médicale d’établissement de l’APHP
Par Le FigaroPublié hier à 08:22, mis à jour hier à 09:44

Selon Rémi Salomon, «on est dans une situation où, dans quelques mois, on peut avoir un effondrement de l’hôpital».
«Il faut un signal fort dès maintenant». Sur franceinfo, vendredi 12 novembre, le président de la commission médicale d’établissement de l’APHP Rémi Salomon a adressé un message au gouvernement. «On est dans une situation où, dans quelques mois, on peut avoir un effondrement de l’hôpital», a-t-il alerté. Le médecin décrit la situation en région parisienne comme «catastrophique» et «très très inquiétante dans beaucoup d’autres régions». Et pour lui, cela ne date pas d’hier : «C’est la conséquence d’une politique qui a été menée depuis des années où on a donné des moyens à l’hôpital uniquement sur des critères budgétaires. On fixe le budget de l’hôpital a priori, sans tenir compte des vrais besoins».
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Rémi Salomon s’inquiète notamment des professionnels de santé qui ont envie de partir, «et il y en a beaucoup», selon lui. «Ce qui ne va pas, c’est qu’on manque de personnes. Cela fait des années», a-t-il déploré au micro de franceinfo. Et de prendre un exemple : «Il y a deux ans, pendant la dernière épidémie de bronchiolite, j’alertais sur le fait qu’on envoyait des nourrissons à 200km de Paris parce qu’on n’avait plus de places pour les hospitaliser».
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«On a été obligés de refuser une greffe de foie»
Pour le responsable à l’APHP, «il manque surtout du personnel infirmier», mais «il y a aussi […] des services d’urgences qui ferment faute de médecins, des blocs opératoires qui ne tournent pas parce qu’on manque d’anesthésistes-réanimateurs et d’infirmières-anesthésistes». Conséquence directe : «Un gamin qui a une fracture qu’on doit opérer en urgence peut attendre deux ou trois jours, on a été obligés de refuser une greffe de foie récemment pour un enfant».
Une situation «inacceptable» pour Rémi Salomon, qui pousse un «cri d’alarme» et en appelle aux autorités. «On entend des responsables qui nous disent qu’ils ont mis beaucoup d’argent, c’est vrai, mais on a pris tellement de retard qu’il faut mettre plus d’argent».