Publié le 10/11/2021
Les annonces d’E. Macron sur le conditionnement du passe à la 3ème dose pour les plus de 65 ans interrogent

Paris, le mercredi 10 novembre 2021-
Si jamais il doutait de la pertinence de sa décision, Emmanuel Macron aura sans doute été (une nouvelle fois) rapidement conforté par les courbes de prise de rendez-vous sur Doctolib. Comme au mois de juillet alors que l’annonce de l’élargissement du recours au passe sanitaire à un grand nombre de lieux accueillant du public avait conduit à une explosion des connexions sur le site désormais incontournable, le discours hier d’Emmanuel Macron principalement marqué par la décision de conditionner la validité du passe sanitaire à la réalisation d’un rappel vaccinal pour les plus de 65 ans a provoqué une forte hausse des demandes de rendez-vous. Ainsi, 274 000 créneaux ont été bloqués dans la soirée, dont 149 000 pour l’injection d’une troisième dose !
Un nouvel indice de la pérennisation du passe sanitaire
Ce succès qui sera probablement rapidement utilisé par les défenseurs du passe pour signaler la persistance de son utilité est loin cependant de répondre à toutes les interrogations.
Les considérations démocratiques demeurent tout d’abord et sont ravivées par le fait que l’on mesure avec cette introduction du rappel vaccinal que le passe sanitaire a vocation à être pérennisé et le rappel destiné à être indispensable pour mener une vie normale (pour les séniors) ce qu’avait nié Olivier Véran il y a quelques semaines à peine. D’un point de vue technique, et alors que les stocks disponibles apparaissent parfaitement suffisants pour répondre aux objectifs, le gouvernement a contourné la difficulté en excluant de cette mesure les personnes souffrant de comorbidités et éligibles à la troisième dose.
Ainsi, de façon simple, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal a indiqué ce matin que le passe sanitaire serait désactivé pour les plus de 65 ans « qui ont réalisé leur deuxième dose il y a plus de six mois et cinq semaines et n’ont pas fait leur rappel » et ce à partir du 15 décembre.
Une discrimination liée à l’âge problématique ?
Le gouvernement a cependant été pour l’heure peu disert sur la forme juridique de cette nouvelle disposition. La voie réglementaire semble la plus probable, puisque la nouvelle loi dite de « vigilance sanitaire » vient juste d’être adoptée, à moins que l’exécutif choisisse de déposer un amendement au projet de loi de sécurité sociale (PLFSS). Le point délicat est que les autorités de contrôle pourraient considérer que ce passe sanitaire uniquement élargi aux plus de 65 ans revêt une forme de discrimination liée à l’âge. Si le Conseil d’Etat et le Conseil constitutionnel ont le plus souvent statué en faveur des mesures choisies par le gouvernement, comme hier encore en ce qui concerne la prolongation de la possibilité de recourir au passe jusqu’au 31 juillet 2022, ils continuent cependant de veiller au franchissement de certaines limites. Le refus d’accepter que les directeurs d’établissements puissent accéder aux informations vaccinales de leurs collégiens marque notamment une vigilance certaine en ce qui concerne le secret médical, qui a probablement conforté l’Élysée dans son choix de ne pas inclure les personnes souffrant de comorbidités dans sa mesure. Dans ce contexte de surveillance des autorités de contrôle et concernant la question de la discrimination liée à l’âge, il faudra que le gouvernement puisse s’appuyer solidement sur les recommandations scientifiques et médicales de la Haute autorité de Santé (HAS), du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale et du Conseil scientifique qui ont déjà été priés de se pencher sur le sujet. Ayant déjà probablement fait part de leurs réflexions au Président de la République dans le cadre du Conseil de défense hier, ces instances doivent rendre publiques leurs conclusions très prochainement.
Circonspection des spécialistes
Cependant, sans attendre le point de vue de ces institutions, des voix se sont élevées pour regretter cette solution et notamment l’Académie de médecine. « La dose de rappel est nécessaire pour le public cible actuel, qui perd vite son immunité post-vaccinale. Mais brandir l’obligation est inacceptable, car on recrée une discrimination en fonction de l’âge », déplore ainsi dans les colonnes du Monde, l’épidémiologiste Yves Buisson, président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine. Il note encore « La plupart des gens éligibles aujourd’hui au rappel font partie des personnes les plus motivées pour la vaccination, puisqu’elles étaient les premières à être volontaires ». D’autres médecins et scientifique partagent cette position : Philippe Amouyel, épidémiologiste et professeur de santé publique au CHU de Lille cité par Le Parisien, considérait avant d’entendre le discours d’Emmanuel Macron que l’exécutif devrait plutôt s’employer à convaincre les Français concernés de la nécessité de la troisième dose plutôt que de « tordre le bras » à la population. Beaucoup par ailleurs signalent que la priorité devrait bien plus certainement être la vaccination des plus fragiles qui n’ont encore reçu aucune dose. C’est par exemple le point de vue de l’épidémiologiste de l’INSERM Dominique Costagliola, tandis que le président du Comité d’orientation de la stratégie vaccinale, le professeur Alain Fischer a également souvent abondé dans ce sens. Enfin, pour éviter le risque d’une discrimination liée à l’âge, Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, juge qu’il serait plus pertinent de « créer une date de péremption pour le passe sanitaire de tout le monde, puisque de toute manière, on passera très probablement à un rappel en population générale ».
L’exemple d’Israël
Un tel choix fait encore l’objet de controverses dans la communauté scientifique. C’est cependant celui qui a été fait par Israël et le Maroc, qui ont également décidé d’adapter les conditions de validité du passe sanitaire à cette troisième dose. Ainsi, aujourd’hui, Israël est le champion en la matière (avec une couverture de 43 % de sa population). En France, 3,6 millions de personnes ont reçu un rappel vaccinal sur 7,7 millions de personnes éligibles (soit 5,3 % de population, contre 15,1 % des Britanniques ou encore 7,4 % des Américains).
Aurélie Haroche
Covid-19 : pour les plus de 65 ans, un passe sanitaire conditionné au rappel vaccinal
L’utilité d’une dose supplémentaire chez les personnes âgées est soulignée par de nombreuses études, mais son caractère obligatoire ne fait pas l’unanimité dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19.
Par Chloé Hecketsweiler et Delphine RoucautePublié aujourd’hui à 05h30, mis à jour à 09h53
Temps de Lecture 5 min.

Alors que la campagne vaccinale contre le Covid-19 stagne depuis quelques semaines au niveau des primo-injections, l’exécutif choisit de passer la vitesse supérieure sur le front des doses de rappel. « Une campagne [de rappel] a été lancée depuis la fin de l’été pour tous les plus de 65 ans et les plus fragiles, il nous faut aujourd’hui l’accélérer », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une allocution télévisée, mardi 9 novembre. Le président de la République a ainsi annoncé que cette dose supplémentaire conditionnera le maintien du passe sanitaire des personnes de plus de 65 ans à partir du 15 décembre. Par ailleurs, la dose de rappel sera ouverte à partir de début décembre à tous les 50-64 ans, a-t-il fait savoir, devançant l’avis des autorités sanitaires, ainsi reléguées au rôle de chambres d’enregistrement de la décision présidentielle.
La dose de rappel est aujourd’hui proposée aux personnes de plus de 65 ans, à celles souffrant de comorbidités quel que soit leur âge, aux immunodéprimés et à leurs proches, aux personnes ayant été vaccinées avec le vaccin Janssen, mais également au personnel médical et médico-social. Seuls les plus de 65 ans sont cependant concernés par l’extension du passe sanitaire, alors que le taux d’incidence a commencé à remonter dans cette classe d’âge.
« La dose de rappel est nécessaire pour le public cible actuel, qui perd vite son immunité post-vaccinale », approuve Yves Buisson, président de la cellule Covid-19 de l’Académie nationale de médecine. « Mais brandir l’obligation est inacceptable, car on recrée une discrimination en fonction de l’âge », s’insurge l’épidémiologiste. Une différenciation qui avait pourtant été repoussée avec force lors des précédents confinements, notamment en février, lorsque des membres du conseil scientifique s’étaient positionnés en faveur de l’auto-isolement des personnes âgées.
« La plupart des gens éligibles aujourd’hui au rappel font partie des personnes les plus motivées pour la vaccination, puisqu’elles étaient les premières à être volontaires », insiste Yves Buisson, qui plaide pour que ce rappel ne se fasse pas sous la menace. Quelque 8,5 millions de personnes sont aujourd’hui éligibles au rappel, car elles ont reçu un schéma vaccinal complet depuis plus de six mois. Mais seulement la moitié d’entre elles se sont portées volontaires pour une dose supplémentaire. Plus de 100 000 rendez-vous pour un rappel ont été pris en une heure mardi soir sur Doctolib, selon les chiffres de la plate-forme.
Lire aussi Vaccination contre le Covid-19 : les débuts poussifs de la campagne de rappel
« Israël a déjà franchi le pas »
Pour ne pas viser spécifiquement les personnes âgées, Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, estime qu’« il faudrait créer une date de péremption pour le passe sanitaire de tout le monde, puisque de toute manière, on passera très probablement à un rappel en population générale ». Cette option, envisagée par les autorités sanitaires, n’a pas encore été retenue et continue de faire débat, en raison « des données encore limitées sur les conséquences d’un déclin de l’efficacité vaccinale au cours du temps chez le jeune adulte sans comorbidité », selon la Haute Autorité de santé. Mais « il est clair qu’il faut viser plus loin et on ne sera pas les premiers, Israël a déjà franchi le pas », insiste M. Sofonea.
« En juillet, avec la reprise de l’épidémie, la population israélienne est passée de l’euphorie à l’inquiétude », rappelle Cyrille Cohen, immunologue à l’université Bar-Ilan à Tel-Aviv et membre du comité d’experts qui conseille le gouvernement sur les vaccins, en rappelant que début juin, les cas se comptaient « sur les doigts d’une main ». « Au début, on se rassurait en se disant que les contaminations augmentaient mais qu’on ne voyait pas de cas graves », se souvient-il, en expliquant que la situation a vite basculé lorsque le virus a atteint les personnes les plus âgées.
Ce qui se passe en France aujourd’hui a un air de déjà-vu pour ce scientifique, favorable à l’administration d’une troisième dose à toutes les personnes vaccinées depuis plus de six mois. Une étude portant sur plus de 1 million d’Israéliens, publiée le 29 octobre dans The Lancet, révèle que le risque de forme grave est divisé par quatorze pour les personnes ayant reçu trois doses par rapport à celles vaccinées avec deux doses, et le risque de décès est divisé par cinq. « La troisième dose rétablit l’immunité, même si on ne sait pas pour combien de temps », relève Cyrille Cohen, qui a participé à l’analyse des données. La campagne de rappel a démarré mi-juillet en Israël, mais il est encore trop tôt pour savoir si l’effet protecteur du booster persiste.
Lire aussi Covid-19 : pourquoi les données plaident en faveur d’un rappel de vaccination chez les plus fragiles
Craintes autour de la « vague hivernale »
Le rappel suffira-t-il à passer la vague hivernale ? Pas sûr. « Si on additionne les personnes non vaccinées et celles chez qui le vaccin ne marche pas [une sur six, selon les dernières données publiées pour le vaccin Pfizer-BioNtech], la population susceptible d’être hospitalisée reste importante, calcule l’épidémiologiste Pascal Crépey.
Au moment de la première vague, 5 % seulement de la population a été infectée, et cela a suffi à submerger le système hospitalier. »Très optimistes à la rentrée, les épidémiologistes ne cachent pas leur inquiétude face à la situation de l’Allemagne, où on observe le taux d’incidence le plus élevé depuis le début de la crise. Beaucoup comptaient sur l’impact des vacances scolaires – qui, jusqu’à présent, ont joué comme un coup de frein –, mais aucun ralentissement n’a été observé.
« On peut craindre une accélération de l’épidémie dans les prochaines semaines », estime le scientifique, selon qui il est impératif de reprendre de bonnes habitudes : respecter les gestes barrières, limiter ses contacts et se faire tester, même en l’absence de symptômes. Si la somme des efforts individuels ne suffit pas et que le taux de reproduction atteint 1,2 ou 1,3, il faudra, selon lui, des mesures supplémentaires, comme un couvre-feu, pour reprendre le contrôle de l’épidémie. « Cette mesure d’urgence serait cependant le signe qu’on n’a pas assez anticipé l’arrivée d’une vague hivernale », estime-t-il, regrettant notamment le manque d’attention portée à la ventilation des lieux clos, alors que le virus se transmet principalement par l’air.
Chloé Hecketsweiler et Delphine Roucaute
Vaccin anti-Covid: le dilemme de la troisième dose
22 octobre 2021 à 15h42
https://www.lopinion.fr/politique/vaccin-anti-covid-le-dilemme-de-la-troisieme-dose
Les personnes les plus vulnérables et âgées de plus de 65 ans sont invitées à recevoir leur troisième dose de vaccin anti-Covid depuis le 1er septembre. Est-elle pour autant indispensable pour l’ensemble de la population ? Eléments de réponse avec l’épidémiologiste Antoine Flahault et la virologue Marie-Paule Kieny
« Cette troisième dose constitue une protection efficace et surtout indispensable au moment où l’hiver pourrait faire repartir la circulation du virus », déclarait ce mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.
Depuis le 1er septembre, les plus vulnérables sont invités à recevoir leur troisième dose de vaccinanti-Covid. « Les personnes qui ont plus de 65 ans ou qui sont fragiles vis-à-vis de l’épidémie », précisait Gabriel Attal sur RTL ce mardi.
Et alors que l’épidémie montre de très légers signes de reprise, le gouvernement appelle à accélérer la campagne de rappel vaccinal. « Sur 6 millions de personnes qui sont éligibles aujourd’hui, deux millions de personnes ont eu recours au rappel (…) C’est beaucoup mais c’est trop peu », comptabilisait le porte-parole du gouvernement sur RTL.
Cette troisième dose est-elle indispensable pour tous ?
Marie-Paule Kieny, virologue et spécialiste de la vaccination: « La troisième dose est indispensable pour continuer à protéger une certaine catégorie de population. On a pu voir notamment dans une étude réalisée en Israël, au niveau de la population, que six mois après la vaccination avec le vaccin de Pfizer-BioNTech, la protection de la population générale contre la maladie non sévère diminuait en général mais que cette protection contre la maladie sévère restait tout à fait acceptable et tout à fait efficace chez les personnes jeunes.
Par contre, ce qu’on voit, c’est que les personnes de 60 ans ou plus commencent à développer davantage de maladies sévères et donc, pour ces personnes-là, il faut intervenir puisqu’on a les moyens. »
Selon une étude américaine prépubliée fin août dans The Lancet, la protection conférée par le vaccin Pfizerpasserait de 88 % le premier mois à 47 % cinq mois plus tard.
Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale de l’Université de Genève : « En vieillissant, notre système immunitaire est moins performant que quand on est jeune. Et donc on voit une baisse du taux d’anticorps et aussi, semble-t-il, quand même, de la protection contre les formes graves de la maladie avec l’âge. Je mets des précautions parce que certaines études ne sont pas si tranchées sur ce sujet et disent que ce n’est pas vrai, que contre les formes sévères, les vaccins continuent à garder une immunité.
Une très belle étude française sur plus de 22 millions de Français assurés sociaux montre qu’on ne voit pas perdre l’immunité mais il n’y a pas, peut-être, un recul suffisant pour dire qu’on ne perd pas d’immunité du tout. Donc en tout cas, chez les plus de 65 ans, on peut concevoir qu’une troisième dose puisse booster l’immunité pour le reste de l’hiver et soit salutaire. Chez les personnes de moins de 65 ans, non-immunodéprimées, il n’y a aucune donnée convaincante aujourd’hui pour dire qu’elles sont à haut risque, à cause d’une perte d’immunité, d’hospitalisation ou de décès. »
L’Organisation mondiale de la santé, par la voix de son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, estimait qu’il ne souhaitait pas « pour l’instant voir se généraliser l’utilisation de rappels pour les personnes en bonne santé qui sont entièrement vaccinées ».
« L’épidémie de Covid-19 se propage de manière moins active en France mais levariant Deltay est dominant tandis que l’efficacité vaccinale diminue avec le temps. Ces éléments justifient notamment l’administration d’une dose de rappel pour les personnes qui risquent de développer une forme sévère de la maladie », préconise de son côté la Haute autorité de santé.
Et le gouvernement réfléchit déjà à conditionner la validité du pass sanitaireà l’injection d’une dose de rappel. « C’est une piste qui fait son chemin sans qu’aucune décision n’ait été prise à ce stade », temporisait ce mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.
Antoine Flahault : « A partir du moment où on vient de dire que chez les personnes âgées il y a une perte de l’immunité liée à l’âge et qu’il serait bon qu’elles soient couvertes par une troisième dose – et peut-être que cela va évoluer au cours de l’hiver et qu’on va dire que, peut-être, il faudrait que le reste de la population aussi, ça n’est pas le cas aujourd’hui –, alors je crois qu’il faut aller au bout de cette logique. Et il faut que toutes les personnes âgées de plus de 65 ans qui ont bien accepté d’être vaccinées deux fois, le soient une troisième fois parce qu’elles seront mieux protégées mais aussi parce qu’elles protégeront mieux la population.
Et donc conditionner le pass sanitaire de cette façon sera sans doute aussi efficace que l’introduction du pass sanitaire parce que les personnes âgées de plus de 65 ans voudront pouvoir recevoir leur famille, voudront pouvoir aller au restaurant. Ça devrait avoir le même effet «boosteur» que l’introduction de l’usage étendu du pass sanitaire. »
Marie-Paule Kieny : « Ça a été une excellente décision politique de l’introduire. Je pense par contre qu’il est très difficile de commencer à mettre des notions de rappel, pour qui, etc. Donc le laisser tel qu’il est. »
Alors qu’il est question d’une troisième dose en France comme dans d’autres pays, l’inégalité vaccinale persiste à travers le monde. Seulement 5 % environ de la population africaine est complètement vaccinée selon les données du site Our World In Data.
Pour le directeur général de l’OMS, « plus les inégalités en matière de vaccins persistent, plus le virus continuera à circuler et à se transformer, plus les perturbations sociales et économiques se poursuivront, et plus il y a de chances que d’autres variants apparaissent, rendant les vaccins moins efficaces ».
Faut-il dès lors privilégier une répartition plus équitable des vaccins plutôt que d’injecter une troisième dose ?
Marie-Paule Kieny : « C’est un faux débat, il n’est pas tenable de dire qu’on a du vaccin qui est disponible et qu’on va laisser les gens qui ont été protégés dans un premier temps – donc les personnes âgées, les seniors et les personnes qui sont malades pour d’autres raisons –, qu’on va les laisser s’infecter, faire une maladie sévère et mourir potentiellement.
Si on réserve effectivement, comme nous le suggérons, le rappel à des populations qui deviennent à risque de faire une maladie grave à cause de la diminution de leur protection, en fait on n’est pas là à vouloir protéger la population entière, générale, et le nombre de doses qui est nécessaire est relativement limité. Il ne s’agit pas de dire qu’il faut faire l’un ou l’autre, il faut aussi augmenter la vaccination dans les pays plus pauvres et en particulier en Afrique. »
Antoine Flahault : « Ce qu’il faut, je crois, c’est ne faire perdre aucune chance à toutes les personnes éligibles à la vaccination. Donc on aimerait mieux aujourd’hui avoir une vaccination qui soit plus inclusive, qui fasse que l’ensemble de la planète puisse avoir accès à cette vaccination. On se rend compte que ce n’est pas si simple. Même des populations qui ont un accès très facilité à la vaccination, comme par exemple dans les régions ultrapériphériques d’Europe, il y a une très forte réticence à se faire vacciner.
Donc ce n’est pas une question qui est simple et qui est juste une question d’accès. Il y a un gros travail à faire pour essayer, en effet, que la plus grande partie de la population puisse bénéficier d’une vaccination dont on sait aujourd’hui qu’elle est extrêmement sûre et très efficace, en particulier pour lutter contre les formes graves, sévères, pouvant conduire à l’hospitalisation et éventuellement au décès. »
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https://jeansantepolitiqueenvironnement.wordpress.com/24740dcc-f329-4b7a-9819-98469d0b145a
« Covid-19 : les questions que pose le rappel vaccinal obligatoire »
Date de publication : 12 novembre 2021
C’est ce que titre La Croix, qui note qu’« Emmanuel Macron a annoncé, mardi 9 novembre, que la validité du passe sanitaire serait conditionnée à une 3e dose de vaccin pour les plus de 65 ans, dès le 15 décembre. Début décembre, la campagne de rappel sera par ailleurs élargie aux plus de 50 ans ».
Le journal s’interroge ainsi : « Qui est concerné par l’obligation de la troisième dose ? », et explique que « la campagne de rappel du vaccin contre le Covid-19 concerne à ce jour les Français de plus de 65 ans, l’ensemble des personnes atteintes de comorbidités, ainsi que l’ensemble du personnel soignant et des salariés du secteur médical, les pompiers, et les personnes ayant reçu le vaccin Janssen ».
Le quotidien note que « les 13 millions de Français de plus de 65 ans […] ont jusqu’au 15 décembre pour s’y plier, avant d’être privés de passe sanitaire. À partir de cette date, en l’absence de rappel, leur passe sera désactivé 6 mois et 5 semaines après la précédente injection ».
« Emmanuel Macron a également annoncé l’élargissement, début décembre, de la campagne de rappel aux plus de 50 ans. «Plus de 80% des personnes en réanimation ont plus de 50 ans», a justifié le chef de l’État. Comme en juillet, ces annonces ont instantanément dopé la campagne vaccinale », continue La Croix.
Le journal s’interroge : « L’efficacité du vaccin diminue-t-elle vraiment avec le temps ? ». Alain Fischer, président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale, répond que « 6 mois après la dernière injection, on observe une baisse progressive des anticorps en population générale, quel que soit le vaccin. Il s’agit d’un phénomène classique : lors de la vaccination, on stimule des cellules qui produisent des anticorps. Comme certaines d’entre elles meurent, le stock disponible d’anticorps se réduit dans le temps ».
La Croix précise que « la diminution de la protection contre le risque de formes graves, d’hospitalisation ou de décès varie en fonction de l’âge et de la réponse immunitaire. Plus le système immunitaire vieillit ou est fragilisé, moins la protection reste efficace ».
Alain Fischer déclare ainsi que la dose de rappel est « une mesure de protection nécessaire, très bien tolérée et même plus efficace que la deuxième dose ». « Impossible cependant pour l’heure d’affirmer que cette dose supplémentaire sera la dernière, ni jusqu’à quelle tranche d’âge elle s’étendra », ajoute le quotidien.
Le journal observe en outre que « si la campagne de la 3e dose a été lancée dans une cinquantaine de pays à travers le monde, la France est l’un des premiers à la rendre obligatoire. […] Se pose donc la question de savoir si le certificat européen sera toujours accepté en France pour les étrangers de plus de 65 ans qui n’ont pas fait de rappel. Elle se pose aussi pour les Français de l’étranger de plus de 65 ans, qui n’auraient pas encore accès à la 3e dose dans leur pays de résidence : seront-ils privés de passe sanitaire en France ? ».
Covid-19 : les questions que pose le rappel vaccinal obligatoire Abonnés
Explication
Emmanuel Macron a annoncé, mardi 9 novembre, que la validité du passe sanitaire serait conditionnée à une 3edose de vaccin pour les plus de 65 ans, dès le 15 décembre. Début décembre, la campagne de rappel sera par ailleurs élargie aux plus de 50 ans.
- Elhia Pascal-Heilmann et Gauthier Vaillant,
- le 11/11/2021 à 18:13
- Modifié le 12/11/2021 à 11:01
Lecture en 4 min.

► Qui est concerné par l’obligation de la troisième dose ?
La campagne de rappel du vaccin contre le Covid-19 concerne à ce jour les Français de plus de 65 ans, l’ensemble des personnes atteintes de comorbidités, ainsi que l’ensemble du personnel soignant et des salariés du secteur médical, les pompiers, et les personnes ayant reçu le vaccin Janssen.
→ VOS QUESTIONS. Vaccin contre le Covid-19 : posez vos questions sur la 3e dose
Depuis son lancement, le 12 septembre, un peu plus de 3,5 millions de personnes éligibles ont reçu ce rappel. Trop peu pour l’exécutif, alors que l’épidémie repart à la hausse. Emmanuel Macron a donc décidé, dans son allocution mardi 9