Pêle-mêle dans la presse: fermetures mouvements sociaux dans nos hôpitaux, même les urgences de chef lieu ferment !

Bordeaux : aux urgences, stagiaires et bénévoles pallient le manque de personnel dénonce un syndicat 

https://actu.fr/nouvelle-aquitaine/bordeaux_33063/bordeaux-aux-urgences-stagiaires-et-benevoles-pallient-le-manque-de-personnel-denonce-un-syndicat_46199445.html

Le syndicat Sud-Santé du CHU de Bordeaux dénonce l’utilisation de bénévoles pour venir prêter main forte au personnel des urgences.

Le nombre de patients en réanimation baisse en Nouvelle-Aquitaine.
(Le syndicat Sud-Santé du CHU de Bordeaux dénonce l’utilisation de bénévoles pour venir prêter main forte au personnel des urgences ©Actu Bordeaux – Nicolas Gosselin)

Par Rédaction BordeauxPublié le 5 Nov 21 à 19:36  mis à jour le 5 Nov 21 à 19:42 Actu BordeauxMon actuSuivre

Ils sont étudiants infirmiers ou bénévoles de la Protection Civile. Selon le syndicat Sud-Santé du CHU de Bordeaux, ils sont aujourd’hui « employés » gratuitement pour pallier les carences en personnel, qui affectent le service des urgences de l’hôpital Pellegrin.

Un nouveau « signal d’alerte », pour Franck Ollivier, délégué syndical, qui dénonce une situation prévisible au regard « des manques de ressources humaines », sur lesquels Sud-Santé alerte depuis plusieurs années. 

Manque de formation

Les premiers, stagiaires de l’IFSI qui officiaient aux urgences, ont en effet été envoyés au centre 15, en renfort, comme Agent de Régulation Médicale (ARM). C’est donc à eux qu’incombe la lourde tâche de répondre aux appels d’urgence du SAMU. Lesquels concernent « parfois des urgences vitales », s’insurge Franck Ollivier, représentant de Sud :

« Ils n’ont reçu qu’une demi-journée de formation alors que le poste d’ARM requiert une année complète de formation. C’est un métier qui ne rentre pas du tout dans leurs attributions. On leur propose cette mission, au détriment de leur stage, uniquement pour combler les besoins en personnel. Ce qu’il faudrait, c’est embaucher ! « . 

15% d’absentéisme et des postes qui ne trouvent pas preneur

Cette situation, c’est également celle des urgences de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux. Un fort taux d’absentéisme – 15% selon le syndicaliste, dont plusieurs imputables à des burn-out professionnels – , et des difficultés de recrutement, notamment dans les rangs des infirmièr(e)s et des aides-soignant(e)s, sont autant de raisons qui ont poussé l’hôpital à recourir à des secouristes bénévoles de la Protection Civile selon le représentant syndical.

Sur place, les bénévoles sont assignés au « pré-trie » des patients. « Nous prenons leur température, et nous leur rappelons les règles inhérentes à la pandémie, notamment en matière d’accompagnement dans les services. Nous avons été très bien accueillis par les patients et les soignants », détaille Marion Levasseur, secouriste de la protection civile.

Syndicat Sud Chu Bordeaux

2 novembre, 17:08  · Voila où en réduit le « 2ème CHU de France »…Après avoir atteint les limites du recours à l’intérim et des heures supplémentaires, le CHU Bordeaux appelle les bénévoles de la Protection Civile (dont nous saluons l’engagement au passage) pour venir en renfort de nos collègues!!!!!!!!!!!A noter également que la Direction oblige des étudiant.e.s infirmièr.e.s à travailler (gratuitement évidemment) sur des postes administratifs au Centre 15, et ce au détriment de leurs stages….Et notre ministre Véran « essaye toujours de comprendre » pourquoi tant de démissions d’étudiant.e.s infirmièr.e.s!!!!Cette situation était malheureusement prévisible, cela fait de très nombreuses années que nous alertons!Nous n’oublions pas que notre ancien Directeur Général, Philippe Vigouroux, affirmait dans la presse -Sud Ouest 31 mars 2018- : « la crise hospitalière est surévaluée » (et sanctionnait très lourdement les agents du CHU qui avaient osé le contredire sur les réseaux sociaux). Il a eu tort, comme tous les autres directeurs, directrices, DRH, de ne rien vouloir voir et entendre…

Protection Civile de Cenon est à Chu Pellegrin – Bordeaux.

2 novembre, 11:23  · Bordeaux  · 🔵 Dimanche, 3 secouristes de l’antenne étaient présents aux urgences du CHU, afin de soulager les soignants face à un flux de patients important 🟠Merci aux équipes du CHU pour leur accueil et leur gentillesse ; et merci à nos bénévoles engagés tout à long de l’année ✨#adpc33#ADPC#APC#AntenneCenon#collaboration#secours#aider#secourir#former#CHU#pellegrin#Cenon#Bordeaux#urgences

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fsyndicatsudchubordeaux%2Fposts%2F3328402124053449&show_text=true&width=350

Certes, le recours aux associations dans les hôpitaux est devenu monnaie courante durant la crise sanitaire. La Protection Civile a notamment été mise à contribution dans les centres de vaccination et de tests, au même titre que l’armée. 

« Je salue leur engagement, encore une fois. Mais les patients Covid sont très minoritaires aujourd’hui au CHU. Les bénévoles n’interviennent plus dans le cadre de la pandémie, mais une fois de plus pour combler les postes qui ne trouvent pas preneur. On ne parvient plus à embaucher à l’hôpital », analyse encore le syndicaliste. 

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« C’est les patients qui sont en danger » !

Loin de ne concerner que le CHU bordelais, l’attractivité pour les métiers hospitaliers fait défaut dans tous les hôpitaux, comme le soulignait Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, dans les colonnes du Parisien, où il réclamait « un remède de cheval », pour les établissements publics.

Des actions rapides que revendique également le représentant de Sud-Santé : « la direction a usé des heures supplémentaires et du recours aux intérims. Ce qu’il faut c’est de véritables solutions et rapidement. Car en ne mettant pas les moyens nécessaires sur la prise en charge, c’est la santé des patients que l’on met en danger ». 

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Nancy: « Semaine noire » dans les blocs opératoires : les infirmières anesthésistes en grève à Brabois

Les infirmières anesthésistes ont démarré ce lundi un mouvement de grève qui pourrait durer toute la semaine. Elles réclament la revalorisation de leur statut. Le mot d’ordre est national et il a été particulièrement bien suivi à l’hôpital de Brabois.

Par Christophe GOBIN – Hier à 17:00 | mis à jour hier à 19:25 – Temps de lecture : 2 min  |    |  Vu 4508 fois01 / 06

Trente-six des quarante infirmières anesthésistes des blocs opératoires adultes de l’hôpital de Brabois se sont déclarés en grève. Photo ER /Christophe GOBIN02 / 0603 / 0604 / 0605 / 0606 / 06

https://www.estrepublicain.fr/sante/2021/11/08/semaine-noire-dans-les-blocs-operatoires-les-infirmieres-anesthesistes-en-greve-a-brabois

Mais elle a beau adorer son boulot, cela ne l’empêche pas d’être en grève ce lundi. Elle est même une des chevilles ouvrières du mouvement. Elle n’est pourtant pas syndiquée. Mais elle se démène pour faire connaître ses revendications et celles de ses collègues. Car elle a l’impression que sa profession est « menacée de disparition ». Et cela faute d’un statut attrayant.

Forte mobilisation

Les infirmières anesthésistes suivent en effet deux années de formation supplémentaires pour gagner… 13 € de plus en début de carrière. « Notre combat n’est pas que salarial. C’est avant tout d’obtenir une reconnaissance statutaire de nos compétences et de l’autonomie de notre travail », précise Rommy, une autre IADE nancéienne.

Ces infirmières qui veillent sur le sommeil des patients opérés, ne veulent plus être considérées comme de simples « exécutantes ». Elles avaient déjà poussé un coup de gueule au printemps dernier.

Mais cela n’a débouché sur rien de concret. D’où ce nouveau mouvement de grève. Le mot d’ordre est national et promet « une semaine noire » dans les blocs opératoires. Il a été très suivi à l’hôpital de Brabois. « Trente-six infirmières des blocs adultes sur quarante sont en grève », comptabilise Emilie.

Les grévistes dénoncent des pressions

Ce qui ne signifie pas qu’elle et ses collègues ne travailleront pas. Bien décidée à ne pas déprogrammer les opérations, la direction a en effet pris des « assignations » pour réquisitionner une quinzaine d’infirmières. Ces assignations doivent toutefois être remises en main propre. D’où un jeu du chat et de la souris entre chefs de service et IADE en grève. Les premiers essayant de remettre le document, les seconds tentant d’y échapper.

Mais c’est rarement le chat qui perd à ce petit jeu. Surtout s’il sort ses griffes. Les grévistes assignés ont ainsi dû se résoudre à prendre le chemin des blocs opératoires, tout en dénonçant des « pressions » de la hiérarchie, via des coups de fil perçus comme « culpabilisateurs » sur la prise en charge des patients ou des menaces de non-versement de primes.

« Nous rappelons juste aux agents qu’il y a un programme opératoire chargé en ce moment et nous faisons appelle au sens de la responsabilité de chacun », conteste Jérôme Malfroy, le chef du département ressources humaine de l’hôpital. Reste que la colère gronde de plus en plus fort dans les blocs.

Cholet. La grève se poursuit au service psychiatrique : « On a plus de patients que de lits »

Pour limiter l’impact de la fermeture de l’unité Pinel et de ses 18 lits, la direction du centre hospitalier de Cholet (Maine-et-Loire) solliciterait les autres établissements du Maine-et-Loire et de Loire-Atlantique. De l’ambulatoire serait aussi mis en place dans le service psychiatrique. Des solutions qui inquiètent le personnel pour les emplois et l’accueil des patients.

La grève du personnel en psychiatrie a été reconduite pour deux autres semaines. Une banderole affichée au secteur 8 indique  : « Patients, soignants en danger ! Ici, on ne pourra pas soigner ! » | OUEST-FRANCE

Afficher le diaporamaOuest-France Justine MARTINE.Publié le 08/11/2021 à 18h31Abonnez-vous ÉCOUTER LIRE PLUS TARD PARTAGEZ

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/holet-la-greve-se-poursuit-au-service-psychiatrique-on-a-plus-de-patients-que-de-lits-a65a0870-3f18-11ec-8e27-93fd6fdc67e6

« Au dernier endroit qui accueille la folie, elle n’a plus sa place. Où est-ce que les gens peuvent être fous si l’hôpital ne peut plus les accueillir ? » , interpelle un psychologue représentant le collectif Chaud les psy, du centre hospitalier de Cholet. Depuis trois semaines, le personnel de psychiatrie est en grève. Il tire la sonnette d’alarme sur les fermetures de lits engendrées par le départ de psychiatres. La grève a été reconduite pour quinze jours, ce lundi 8 novembre. Ce qui porte à cinq semaines de grève reconductible.

Depuis septembre 2021, le service a déjà perdu sept lits de l’unité d’accueil de crise et de psychotraumatologie, après le départ du médecin. « Cette unité permettait aux patients en souffrance et ayant des parcours de vie compliqués de ne pas aller en admission. Et maintenant, nous risquons de la perdre » , explique un autre soignant du collectif.

Sur les neuf psychiatres, trois intérimaires ne renouvellent pas leur…Cholet. La grève se poursuit au service psychiatrique : « On a plus de patients que de lits »

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Les urgences de Draguignan fermées toutes les nuits depuis plus de deux semaines faute de personnel

Dimanche 7 novembre 2021 à 18:53 –  Par  Clémentine SabriéFrance Bleu Provence

France BleuDraguignan

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/les-urgences-de-draguignan-fermees-toutes-les-nuits-depuis-plus-de-deux-semaines-faute-de-personnel-1636285029

Depuis le 29 octobre dernier, les urgences du centre hospitalier de la Dracénie sont fermées toutes les nuits de 20h30 à 8h30. Seules les urgences vitales et la maternité sont prises en charge. Une situation inévitable, mais inquiétante pour les soignants et la population.

N’allez plus aux urgences de Draguignan la nuit. Elles sont fermées depuis plus de deux semaines, précisément depuis le 29 octobre dernier. Entre 20h30 et 8h30, le service fonctionne en mode dégradé avec un médecin urgentiste et un médecin du SMUR. Les soignants ne peuvent s’occuper que des urgences vitales et de la maternité. Les autres patients sont dispatchés dans les autres hôpitaux du Var, par exemple Fréjus ou Brignoles. 

On doit prendre des décisions qui peuvent virer au drame

« Si quelqu’un se présente aux urgences, on regarde si on peut le transférer ailleurs ou s’il faut le prendre tout de suite », explique le Dr. Pierre-Emmanuel Lebas, médecin du SMUR du centre hospitalier de la Dracénie. « C’est très stressant », souligne sa collègue Justine, infirmière urgentiste. « On doit prendre des décisions qui peuvent virer au drame pour certains patients qu’on va vouloir réadresser, qu’on n’aurait finalement pas dû. »

Des soignants épuisés et pas assez nombreux

La jeune infirmière se dit épuisée par son rythme de travail et elle n’est pas la seule. Les médecins urgentistes travaillent jusqu’à 100 heures par semaine« On s’aperçoit qu’on rentre chez soit pour dormir et que le lendemain on revient. A un moment, ce flux continu devient difficile à assumer », se désole le Dr. Lebas.

On ne fait même plus mal notre travail, on ne peut plus le faire

Si l’équipe est si fatiguée, c’est parce qu’il n’y a pas assez de personnels. Il manque donc 12 médecins urgentistes sur 18 postes pour que le service fonctionne correctement. La direction de cet hôpital de l’arrière-pays varois peine à recruter des nouveaux médecins. La décision a donc été prise de fermer les urgences la nuit pour cinq semaines. « On ne fait même plus mal notre travail, on ne peut plus le faire, on n’est plus en capacité », témoigne Alain, infirmier psychiatrique aux urgences.

Quel impact sur les autres services ?

« Un manque de personnel organisé sciemment », selon la CGT qui dénonce la réduction et la réorganisation des services pendant la crise du Covid-19. Certains agents étaient à plus de 200 heures supplémentaires par mois, d’après le syndicat.

Au centre hospitalier de la Dracénie, 70% des hospitalisations passent par les urgences. En moyenne, 150 patients se présentent aux urgences la journée et 40 la nuit. Moins de soins pratiqués, ça veut dire que l’hôpital touche moins d’argent. D’autres services pourraient être réduits, notamment la chirurgie et les blocs opératoires.

Les habitants se sentent abandonnés par le service public

Cette situation ne tourmente pas que les soignants. À 40 minutes de route sinueuse au nord de Draguignan, les habitants de Comps-sur-Artuby se sentent en danger. « Où est-ce qu’on va aller ? »se demande Sophie qui tient le bar-tabac du village. « Quelqu’un qui fait un AVC, s’il doit être transféré sur Brignoles ou Saint-Raphaël, c’est catastrophique. On est complètement lésés. » Au delà du sentiment d’abandon, Jean-François est en colère « contre le gouvernement qui fait tout pout que ces gens [les soignants, ndlr.] soient dégoutés de travailler ».

Vendredi soir dernier, il y avait quelques citoyens à la manifestation intersyndicale devant les urgences de Draguignan. Environ 170 personnes étaient rassemblées pour demander plus de moyens financiers et humains. Les syndicats promettent d’organiser un rassemblement tous les vendredis soirs tant que la situation n’aura pas évoluée.

>>> En cas d’urgence dans cette zone, le mieux reste d’appeler le 15

Douai: pourquoi les urgences pédiatriques du centre hospitalier ne peuvent ouvrir que jusqu’à 21 heures après avoir été fermées partiellement depuis le 15 septembre

Partiellement fermé depuis le 15 septembre en raison d’un manque de médecins spécialisés, le service des urgences pédiatriques du centre hospitalier de Douai est de nouveau ouvert tous les jours jusqu’à 21 heures, week-ends et jours fériés inclus. Une réouverture possible grâce à l’embauche de nouveaux soignants.

Andya Gomichon | Publié le 08/11/2021 Partager Twitter

https://www.lavoixdunord.fr/1096081/article/2021-11-08/douai-pourquoi-les-urgences-pediatriques-du-centre-hospitalier-peuvent-ouvrir

Depuis une semaine, les urgences pédiatriques du centre hospitalier de Douai (CHD) sont ouvertes jusqu’à 21 heures la semaine, le week-end et les jours fériés. Depuis la mi-septembre, le service fonctionne en horaires réduits à cause du manque de pédiatres.

De nouveaux soignants

«  Nous sommes heureux de pouvoir allonger les…

Urgences fermées à Laval. « J’ai juste peur qu’on s’y habitue », craint une médecin

Depuis une semaine, les urgences de l’hôpital de Laval, le plus important de la Mayenne, ont fermé leurs portes par manque de personnels. Face à la dégradation de leurs conditions de travail, des soignants appellent l’État et les citoyens à se mobiliser avant d’atteindre le point de non-retour.

Afficher le diaporamaOuest-France 

Mathieu CHARRIER.Publié le 08/11/2021 à 06h21

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/laval-53000/urgences-fermees-a-laval-j-ai-juste-peur-qu-on-s-y-habitue-craint-une-medecin-a98df1ec-3fdf-11ec-9ea1-bed160c91f4d

Depuis lundi 1er novembre, les urgences de l’hôpital de Laval ferment leurs portes, en soirée, par manque de personnels. C’est une première dans l’histoire de l’établissement, le plus important de la Mayenne. « Ici, il n’y a pas de CHU comme à Rennes (Ille-et-Vilaine), note Caroline Brémaud, médecin-cheffe aux urgences lavalloises. Quand on ferme, c’est la qualité de vie de tous les habitants qui baisse. » Le département en compte 307 000.

Lundi soir, jeudi, et puis tout ce week-end, l’accueil aux urgences adultes et traumatologie était donc filtré à partir de 18 h 30, limité aux patients en urgence vitale. Les urgences pédiatriques ont été maintenues ouvertes. « Ça s’est fait en bonne intelligence, souligne Caroline Brémaud. Un patient avec un problème cardiaque s’est présenté à 18 h 45. Bien sûr, on l’a pris en charge. Mais l’ambiance était lourde dans le service. Voir notre tableau des patients blanchir au fil de la nuit… On se demande à quoi on sert. »

Depuis le lundi 1er novembre 2021, les urgences adulte et traumatologie de l’hôpital de Laval (Mayenne) ont été contraintes de fermer en soirée. | MARC OLLIVIER, OUEST-FRANCE

« C’est tout l’hôpital qui va mal »

Selon la médecin, les urgences de Laval tournent avec cinq médecins urgentistes à temps plein. « Il en faudrait au moins seize pour travailler dans de bonnes conditions. » Pour Méryame El Hamdaoui, aide-soignante aux urgences et déléguée syndicale CGT, « si les urgences poussent un cri d’alarme, c’est tout l’hôpital qui va mal ».

« On supprime des lits et on se retrouve avec dix lits disponibles pour trois journées, alors que vingt-deux personnes sont hospitalisées chaque jour en moyenne… » Une partie du personnel de l’hôpital est d’ailleurs en grève illimitée, depuis le 9 octobre, pour dénoncer cette situation.

« Je ne défends pas seulement l’hôpital de Laval mais tout le système de santé français, élargit Caroline Brémaud. La problématique de nos urgences reflète tragiquement l’absence de décision politique depuis des années. » En visite à Laval samedi 23 octobre, le Premier ministre Jean Castex avait pourtant assuré « qu’il n’y aura pas de fermeture des urgences à Laval. C’est la volonté de l’État », une semaine seulement avant la première nuit sans urgences en Mayenne.

« Une parenthèse dans le chaos »

La médecin évoque « un chien qui se mord la queue ». « Les soignants reviennent au travail sur leurs vacances, sans compter les heures. Tout le monde s’épuise. Les conditions se dégradent. On peine à recruter. Il faut arrêter de nous dire que ça va passer. »

La direction de l’hôpital a annoncé vendredi 6 novembre un retour à la normale en soirée, à compter du mercredi 10, grâce à l’activation de la réserve sanitaire. « Une parenthèse dans le chaos, souffle la médecin. Ça va durer deux semaines et après ? Si ça va mieux chez nous, ça va sûrement moins bien ailleurs. »PUBLICITÉ

Le plus dur à encaisser pour Caroline Brémaud, « le fatalisme, l’indifférence ». « Fermer des urgences, ça paraît impensable. Et puis ça arrive et la Terre continue de tourner. J’ai juste peur qu’on s’y habitue. »

CHU de Rennes : les soignants du service des urgences en grève à partir de lundi 

Le préavis de grève prendra effet lundi 15 novembre 2021, « pour une durée indéterminée », indiquent ce mercredi les soignants, qui réclament plus d’effectifs et de matériels

https://actu.fr/bretagne/rennes_35238/chu-de-rennes-les-soignants-du-service-des-urgences-en-greve-a-partir-de-lundi_46338981.html.

Les soignants du service des urgences du CHU de Rennes ont déposé un préavis de grève. Ils demandent à leur direction plus de moyens.
Les soignants du service des urgences du CHU de Rennes ont déposé un préavis de grève. Ils demandent à leur direction plus de moyens. (©Actu Rennes)

Par Clémence DemayPublié le 10 Nov 21 à 16:43 Actu RennesMon actuSuivre

Le ton monte d’un cran aux urgences du CHU de Rennes. Le service, qui est confronté depuis l’été à une affluence record, avec une moyenne de 200 patients accueillis chaque jour, sera perturbé à partir de lundi 15 novembre 2021 en raison d’un mouvement de grève des soignants.

« Épuisés » physiquement et psychologiquement, ces derniers réclament à la direction des créations de postes, une transformation des horaires ou encore des lits supplémentaires. 

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Des soignants réquisitionnés

Dans les faits, le service restera ouvert au public. « Étant un service de soins, cela ne changera rien pour les usagers car nous serons sûrement réquisitionnés pour venir travailler malgré la grève », témoigne un soignant auprès d’Actu Rennes.

Seul le nombre de soignants présents pourrait être abaissé.

Peut-être qu’ils ne réquisitionneront pas tout le monde et que nous serons encore en sous-effectif, ce qui n’arrangera rien pour les patients, qui risquent d’attendre encore plus longtemps…Un soignant des urgences

Et cette situation pourrait durer dans le temps puisque cette grève est reconductible, expliquent le syndicat Sud Santé Sociaux d’Ille-et-Vilaine et les Collectifs Inter Hôpitaux et Inter Urgences dans un communiqué.

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Manque de bras et de matériels

Les revendications des soignants sont multiples. Elles portent d’abord sur la création de postes d’aides-soignants, d’infirmiers, de médecins, de jour et de nuit et « de manière pérenne », mais aussi sur la transformation des horaires de travail (ex : passer de l’horaire dit « atypique » 12h-22h à un horaire de 7h-19h).

Ils demandent également le renouvellement du matériell’augmentation du nombre de lits d’hospitalisation ou encore la présence de « personnel de sécurité 24 heures sur 24 pour faire face aux violences et travailler en sécurité ».

Il y a quelques jours, Fred Delagrée, infirmier, confiait notamment à Actu Rennes :

Certains patients peuvent se montrer agressifs. On reçoit des insultes, parfois des coups. On – à la fois les soignants et les patients – est en insécurité parce qu’on ne peut pas garantir une prise en charge correcte. On est parfois à la limite de la maltraitance. Quant au côté préventif, il passe complètement à la trappe.Fred DelagréeInfirmier aux urgences du CHU de Rennes

Avranches. La situation se dégrade aux urgences du centre hospitalier

Hôpital. L’accueil aux urgences du centre hospitalier d’Avranches s’est fortement dégradé depuis déjà plusieurs mois. En cause, un effectif insuffisant de médecins urgentistes.

Publié le 10/11/2021 à 11h40 – Par Thierry Valoi 

https://www.tendanceouest.com/actualite-390204-avranches-la-situation-se-degrade-aux-urgences-du-centre-hospitalier

Avranches. La situation se dégrade aux urgences du centre hospitalier
Le Dr Loïc Mignot, président de commission médicale, et le Dr Arnaud Joly, responsable des urgences du centre hospitalier d’Avranches-Granville.

Au centre hospitalier d’Avranches, l’accueil aux urgences s’est fortement dégradé depuis déjà plusieurs mois. Une tension palpable dans la plupart des hôpitaux de France.

Le site manchois, lui, a été victime d’une vague de départ de médecins depuis un an.

Aujourd’hui, la situation n’est plus tenable, alors qu’une soixantaine de patients franchissent les portes des urgences quotidiennement, s’inquiète Arnaud Joly, médecin urgentiste et responsable des urgences au centre hospitalier d’Avranches Granville.

Actuellement, le service ne tient que grâce au dévouement et aux sollicitations d’autres médecins pour assurer le travail.

De son côté, la direction ne peut que constater l’effondrement des effectifs aux urgences, elle fait appel régulièrement à l’intérim et lance constamment des recrutements sans effets positifs pour le moment. Elle est en lien avec l’Agence régionale de santé et les hôpitaux voisins pour résoudre ce problème.

Une situation qui peut entraîner des fermetures temporaires des lignes de Smur notamment.

Sarthe. À l’hôpital du Bailleul la fermeture des urgences de nuit est prolongée jusqu’au 22 novembre

Le service d’urgences du Bailleul ne reprendra pas du service le 15 novembre 2021. La direction du Pôle santé Sarthe et Loir du Bailleul prolonge la fermeture jusqu’au 22 novembre. Sans se prononcer sur la suite.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/le-bailleul-72200/sarthe-a-l-hopital-du-bailleul-la-fermeture-des-urgences-de-nuit-est-prolongee-jusqu-au-22-novembre-b19d89dc-4233-11ec-9cad-cf24de244b96

Les urgences de l’hôpital du Bailleul ne fonctionneront pas, la nuit, avant le 23 novembre 2021. | OUEST-FRANCE

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Ouest-France Publié le 10/11/2021 à 16h19

Énième fermeture au Pôle santé Sarthe et Loir du Bailleul (Sarthe). Ce mois-ci, le service des urgences ne fonctionne pas les nuits du 8 au 15 novembre 2021, annonçait récemment la direction.

Visiblement, le problème de personnel n’a pas pu être résolu à court terme puisque la direction a envoyé un nouveau communiqué de presse, ce mercredi 10 novembre, en ajoutant de nouvelles dates de fermeture.

Les urgences de nuit resteront finalement fermées jusqu’au 22 novembre de 20 h 30 à 8 h 30. Une permanence des soins ambulatoire est accessible en appelant le 116 117. En cas d’urgence, appelez le centre 15.

Tarn-et-Garonne : les urgences de Moissac fermeront la nuit dès le 1er décembre

Le service des urgences de l’hôpital de Moissac dans le Tarn-et-Garonne restera fermé la nuit de 20h à 8h. Une décision applicable dès le 1er décembre. La direction et l’ARS l’ont confirmé ce mardi aux élus du bassin.

Publié le 09/11/2021 à 15h45 •  Mis à jour le 09/11/2021 à 19h40

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/tarn-et-garonne/montauban/tarn-et-garonne-les-urgences-de-moissac-fermeront-la-nuit-des-le-1er-decembre-2327602.html

Faute de médecin, les urgences de Moissac dans le Tarn-et-Garonne fermeront la nuit à partir du 1er décembre 2021.
Faute de médecin, les urgences de Moissac dans le Tarn-et-Garonne fermeront la nuit à partir du 1er décembre 2021. • © FTV

Tarn-et-GaronneMontauban

La rumeur qui courait depuis plusieurs semaines est donc confirmée. Les urgences de l’hôpital de Moissac dans le Tarn-et-Garonne vont fermer leurs portes dés le 1er décembre de 20 heures jusqu’à 8 heures du matin. https://www.google.com/maps/embed?pb=!1m14!1m8!1m3!1d11459.787509733704!2d1.0880958!3d44.1050881!3m2!1i1024!2i768!4f13.1!3m3!1m2!1s0x0%3A0x40fca28d742623bf!2sCentre%20Hospitalier%20Intercommunal%20Castelsarrasin!5e0!3m2!1sfr!2sfr!4v1636466730115!5m2!1sfr!2sfr

Réunion d’information avec les élus

Ce mardi 9 novembre 2021, c’est lors d’une réunion entre la direction de l’établissement, l’Agence Régionale de Santé, le sous-préfet et les élus que la décision a été officialisée. 

L’ARS avait convié les élus à l’Ehpad de Castelsarrasin pour les informer de la mise en place imminente de cette mesure. Dans moins de trois semaines, il n’y aura donc plus de service de soins la nuit sur le secteur. Seule une équipe du SMUR, détachée de l’hôpital de Montauban, gérera les urgences vitales.

Le maire RN de Moissac, Romain Lopez, a qualifié cette décision « d’injuste et de gravissime ». 

Si jamais, il arrive quelque chose aux malades pendant leur transfert vers l’hôpital de Montauban, nous porterons plainte collectivement contre l’Etat et l’ARSRomain Lopez, maire RN de Moissac

Le manque de médecins

La pénurie de médecins urgentistes sur les centres hospitaliers de Moissac et Montauban obligerait la direction à repenser son organisation au niveau départemental. Pour bien fonctionner, le service nécessite 38 « équivalents temps plein » de médecins. Et actuellement, il manquerait 14 postes de médecins urgentistes sur le département du Tarn-et-Garonne.

Une manifestation devant la sous-préfecture

La décision entraîne beaucoup d’inquiétude et d’incompréhension. Un rassemblement d’opposants à la fermeture des urgences la nuit a eu lieu ce mardi 9 novembre à 17h30 devant la sous-préfecture de Castelsarrasin. Deux à trois cents personnes étaient rassemblées, des agents hospitaliers, des élus et des habitants.

Ils ont évoqué leurs préoccupations et leur crainte de voir disparaître la deuxième équipe du SMUR de Montauban. Une délégation de quatre personnes, dont le président du Comité de défense du Centre hospitalier de Castelsarrasin-Moissac, a été reçue à la sous-préfecture. 

UD CGT 82

5 novembre, 15:06

·Partagé avec Public

POPULATION EN DANGER FERMETURE LA NUIT DES URGENCES DE MOISSAC SUPPRESSION D’UNE LIGNE SMUR SUR LE CH DE MONTAUBAN

Par manque de médecins urgentistes, voilà le scandaleux résultat d’une gestion comptable de la santé publique… depuis des décennies, toute la panoplie de stratégies mortifères à été déployée pour priver l’Hôpital de ces moyens…

• Des coupes budgétaires aberrantes et un OMDAN sciemment sous dimensionné.

• Des diminutions de personnel paramédical, médical mais aussi administratif et technique drastiques…

• Des conditions de travail toujours plus difficiles conduisant certains soignants au suicide.

• Des salaires parmi les plus bas d’Europe et le gel du point d’indice pendant des années.

• Des fermetures de lits, de services et même d’établissements même en pleine pandémie !

• Une offre de soin très inégale d’un territoire à l’autre et très en dessous des besoins des populations.

En moyenne, le service des urgences de Moissac reçoit une quinzaine de patients en demande de soins urgents chaque nuit…

-Auront-ils le temps de se rendre jusqu’aux urgences de Montauban ?

 -Avec quel moyen de transport ? Pompiers, Ambulances… ?

Les Urgences de Montauban sont déjà sous tension avec plus de 130 passages par 24h et les délais de prises en charge peuvent allés jusqu’à 6 à 7 heures en fonction des critères de gravité des patients mais aussi en fonction de la capacité d’hospitalisation dans les services souvent saturés…

La Santé de nos enfants, de nos ainés…Votre Santé n’a pas de prix !

Notre Santé n’est pas un coût, défendons la !

Aux urgences du Mans, tenir bon malgré la désertification médicale

Par  Camille Stromboni  (envoyée spéciale au Mans)

https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/11/14/aux-urgences-du-mans-tenir-bon-malgre-la-desertification-medicale_6102001_3224.html

Publié aujourd’hui à 05h00

REPORTAGE

Alors que les quatre services d’urgence autour de la capitale de la Sarthe sont sous forte tension, le fragile équilibre habituel est bousculé en cette rentrée post-Covid, avec notamment des chiffres de fréquentation en augmentation.

« Je vais vous installer dans un lit, monsieur », répète une infirmière, avec le ton ferme mais bienveillant du soignant. Derrière le rideau, un vieil homme va être transféré du brancard sur lequel il est allongé vers un lit, porté par plusieurs personnels de santé. Soit un support plus confortable. Au centre hospitalier du Mans, dans la « salle de transit » des urgences, destinée aux patients en attente de résultats ou d’une hospitalisation dans les étages, on reste parfois plus longtemps que prévu. Plus encore peut-être ces dernières semaines, alors que l’activité du service explose, mais que le nombre de places dans l’hôpital, lui, ne bouge pas. « Cette nuit, plusieurs personnes ont dû dormir là… ce n’est pas idéal pour l’intimité et la surveillance », reconnaîtl’urgentiste Clara Gobert, derrière laquelle une dizaine de patients sont installés, allongés ou assis, aux quatre coins de la pièce, ce lundi 8 novembre.

Il y a quelques jours à peine, le service a franchi son record de fréquentation, avec 229 passages en vingt-quatre heures, contre 166 en moyenne avant la crise du Covid-19. Après un été tendu dans ces services qui souffrent d’une forte pénurie de médecins, la rentrée a été tout sauf normale, malgré l’accalmie sur le front du Covid. « La reprise a été pire que l’été et ça, ce n’est pas habituel,résume l’urgentiste Jöel Pannetier, référent médical des projets territoriaux du groupement hospitalier du territoire de la Sarthe. L’activité ne fait que monter»

Dans les couloirs du Service des Urgences du Centre Hospitalier du Mans, des patients alités attendent la suite de leur prise en charge, faute de lits disponibles dans les salles dédiées. Le 08/11/2021, Camille Gharbi pour Le Monde.

Pour le médecin, il y a un effet « post-Covid », avec ces malades chroniques qui atterrissent aux urgences après des retards de prise en charge, mais l’explication est ailleurs : les quatre services d’urgences des alentours se trouvent dans le rouge. Au Bailleul, on ferme désormais quasiment toutes les nuits, à La Ferté-Bernard, de temps en temps la nuit et jusqu’à vingt-quatre heures parfois, de même qu’à Saint-Calais et à Château-du Loir. Du jamais-vu dans ce territoire sarthois où les difficultés ne sont pourtant pas nouvelles, avec une désertification médicale qui va de l’hôpital aux médecins généralistes – 60 000 habitants n’ont pas de médecin traitant – jusqu’aux spécialistes.

Mais quelques départs d’urgentistes ici et là dans ces services qui comptent une quarantaine de postes vacants sur 80, contre 30 avant la crise, et un marché de l’intérim médical toujours plus rude, ont suffi à bousculer le fragile équilibre maintenu jusqu’ici. Une tension qui touche de nombreux territoires du pays, à entendre les représentants des urgentistes, avec des fermetures qui se multiplient depuis la rentrée dans ces services, dont la promesse est pourtant d’être ouverts « vingt-quatre heures sur vingt-quatre ». Il suffit de regarder un peu plus loin, en Mayenne, au centre hospitalier de Laval, pour voir les urgences fermer de manière inédite plusieurs nuits par semaine depuis la rentrée.

Dans les couloirs du Service des Urgences, certains patients examinés par les urgentistes attendent plusieurs heures que des lits se libèrent dans les services où ils doivent être hospitalisés. Le 08/11/2021, Camille Gharbi pour Le Monde.

Mécanique bien rodée

Installé derrière son bureau au Mans, le docteur Pannetier imprime ce qu’il surnomme le « tableau de la pénurie » du jour. Selon le nombre de médecins présents dans chacun des quatre autres services sarthois, l’activité est calibrée de « normale » à « adaptée », faisant varier le type de patients pouvant être accueillis, en allant jusqu’à la fermeture. « On en arrive à des choses qu’on n’aurait pas pensé faire un jour », dit-il en souriant, avant de traverser la salle de régulation du SAMU, où le nombre des appels s’élève désormais à près d’un millier par jour, soit 200 de plus qu’avant la crise. Cette organisation graduée permet de garder au maximum les services ouverts, quand bien même tous les médecins nécessaires ne sont pas là : « On est un laboratoire d’idées, on n’a pas le choix ! »

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Chargé des patients les plus graves pour l’après-midi, le docteur Gobert, aux traits légèrement tirés, slalome dans le couloir entre les brancards le long des murs. « On avait l’impression qu’on allait pouvoir souffler un peu à la rentrée, mais ce n’est pas le casc’est vrai que ça pèse sur le moral, avoue la jeune femme, qui débute sa semaine avec pas moins de soixante heures en perspective. Heureusement, on est une équipe soudée, mais ça ne va pas être jouable à ce rythme trop longtemps. » Cent trente-deux passages s’affichent au compteur dans le service, à 15 h 30.

Depuis le poste de soin, l’équipe médicale coordonne le suivi simultané d’une trentaine de patients. Ce jour-là, à 15h30, le service comptabilise déjà 132 passages depuis minuit. Le 08/11/2021, Camille Gharbi pour Le Monde.

Malgré l’affluence, l’atmosphère est calme, dans une mécanique bien rodée qui part de l’accueil et du tri à l’entrée, pour déterminer le niveau de gravité de chacun, jusqu’aux secteurs d’attente pour les patients « couchés », les chaises pour les « valides », les box et les chambres.

Lire l’enquête Après la crise, encore la crise : la Pitié-Salpêtrière à bout de souffle

« On a battu des records de fréquentation, mais pas du temps d’attente », soutient le chef du service, Lionel Imsaad, qui sort de réunion et va poursuivre dans quelques heures avec sa nuit de garde. « Les gardes sont plus denses », reconnaît l’homme de 38 ans, qui se veut « optimiste », loin de tout « discours misérabiliste ». A l’heure où il parle, la durée d’attente des patients – après le tri de gravité effectué à l’entrée par une infirmière – reste inférieure à trois heures.

Problématique des déserts médicaux

Le service tient le coup, mais cela a un prix : l’équipe médicale, qui compte neuf postes vacants sur 40 – soit le même chiffre qu’avant la crise sanitaire –, a cumulé six mille heures supplémentaires, alors que l’année n’est pas terminée. Mille de plus que sur la totalité de l’année 2019. « Forcément, c’est difficile », reconnaît Lionel Imsaad. La moyenne d’âge des praticiens est de 33 ans : « Les gens se crament vite aux urgences »,dit celui qui a la chance de « bien dormir ». En novembre, la voilure a dû être réduite, malgré la fréquentation en hausse, pour préserver la ressource médicale : le nombre de médecins est repassé de six à cinq sur la journée.

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Difficile de ne pas voir une forme d’absurdité à accueillir toujours plus de patients au Mans, dans un service de plus en plus sous-dimensionné, alors qu’ils pourraient être accueillis dans de meilleures conditions dans les centres périphériques, comme le veut l’éternel problème des « déserts médicaux » dont la charge se reporte à proximité. D’ores et déjà, les urgentistes tentent le plus possible d’organiser le renvoi des patients qui ont besoin d’être hospitalisés dans l’établissement à côté de chez eux, après leur passage aux urgences du Mans. Un projet d’équipe « territoriale » est en préparation, avec des médecins qui pourraient effectuer une partie de leur service dans les autres hôpitaux en souffrance.

Le Dr Lionel Imsaad, 38 ans, médecin urgentiste et chef du Service des Urgences du Centre Hospitalier du Mans, dans les couloirs du service. Le 08/11/2021, Camille Gharbi pour Le Monde.

Pendant qu’il déambule dans l’ancien secteur « Covid », le docteur Imsaad l’assure : lui est ses collègues tentent de « tirer toutes les ficelles ». Il montre aussi cette nouvelle « zone » créée en novembre pour les patients les plus âgés, en collaboration avec les gériatres et les pharmaciens. Un système de « fast pass »pour une population dont la « mortalité peut être corrélée au temps passé dans le couloir ». « L’urgence vitale, les patients les plus graves, ça ne nous pose pas de problème », pointe-t-il, c’est tout le reste qui peut rendre le quotidien de l’urgentiste, confronté à son impuissance, insupportable.

« Plan blanc » en psychiatrie

Deux semaines plus tôt, l’hôpital psychiatrique de la Sarthe est passé en « plan blanc », synonyme de grande tension. « Quand on voit des patients qui attendent chez nous une place en psychiatrie pendant un jour, deux jours… cinq jours ! C’est là où il y a une perte de sens pour un soignant, parce qu’on a fait notre boulot aux urgences, mais là, on ne sait plus faire », poursuit le docteur Imsaad. Cette problématique des « lits d’aval » pour placer les patients est récurrente aux urgences. « On est le service qui met en lumière tous les dysfonctionnements, là où ça se cristallise. »

Lire aussi « Lutte contre les déserts médicaux, combat pour une santé accessible à chacun, préservation de l’hôpital public : voilà l’ébauche d’un projet »

Du côté des soignants, plus que de la cadence, on parle d’abord de cette « charge mentale »« Le service est toujours densément rempli. Pour nous, c’est un peu la même chose, qu’il y ait 10 ou 40 patients en salle d’attente, résume Aurélien, infirmier de 34 ans. La différence, c’est l’atmosphère de travail, plus anxiogène parce que les gens attendent, c’est aussi passer sa journée à s’excuser, et rentrer parfois chez soi le soir en se disant qu’on a fait de la merde parce que l’outil hospitalier ne nous donne pas les moyens de faire notre travail. »

Il est 17 h 30, l’heure du second pic d’arrivées de patients de la journée. Une nouveauté, depuis que les autres services sarthois ferment la nuit.

Pénurie

Hôpitaux de Paris : «Tous les jours, on refuse des victimes d’AVC»

L’hôpital français craque de toutes parts. En première ligne, les unités neurovasculaires de Paris, mises en place pour mieux prendre en charge les victimes d’AVC. Avec un tiers de lits fermés et un sous-effectif chronique, la sécurité des patients n’est pas assurée.

https://www.liberation.fr/societe/sante/hopitaux-de-paris-tous-les-jours-on-refuse-des-victimes-davc-20211113_VWA5MZV6EVD5PPJ23CS7YEU3DA/

Manifestation devant l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris en avril 2020. Comme le reste des services hospitaliers, les unités neurovasculaires (UNV) conçues pour s’occuper des victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont elles aussi dans le rouge. (Cyril ZANNETTACCI/VU pour Libération)

par Estelle Aubinpublié le 13 novembre 2021 à 19h57

«Dans quelques mois, on peut avoir un effondrement de l’hôpital», affirmait vendredi sur France Info Rémi Salomon, le président de la commission médicale de l’AP-HP. Fermeture de lits, manque de personnel, employés fatigués par les heures supplémentaires et un incessant turn-over… On sait les hôpitaux de Paris à vif. On sait moins que les unités neurovasculaires (UNV) des services hospitaliers spécialement conçues pour s’occuper des victimes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont eux aussi dans le rouge. A Paris, 71 des 258 lits ont été bâchés, soit 30 %. Et 50 % des postes d’infirmiers ne sont pas pourvus.

Conséquence : bon nombre de malades ne sont pas pris en charge à temps, ce qui augmente inévitablement les risques de handicap et de mortalité. Et ce alors même que les UNV, développées depuis une trentaine d’années, réduisent de 25 % ces deux comorbidités, selon trente études internationales. La France en dénombre 140 sur son territoire.

«Chaque minute compte. Chaque seconde, le malade perd des milliers de neurones», martèle Sophie Crozier, neurologue à l’UNV de la Pitié-Salpêtrière de Paris (XIIIe …

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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